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Par hopla33, le 19/08/2010
Changement de décor de
David Lodge
Chaque génération s'instruit pour gagner assez d'argent pour instruire la génération suivante, et personne en définitive ne se sert véritablement de son éducation.
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La vie en sourdine de
David Lodge
Qu’est-ce qui peut expliquer ce fléau proliférant de Noël ? Quand j’étais enfant, le jour de Noël et Boxing Day étaient des jours de fête et ensuite la vie reprenait son cours normal, mais maintenant Noël se poursuit sans relâche jusqu’au premier de l’an, fête plus stupide encore, de sorte que tout le pays est en fait paralysé pendant au moins dix jours, abruti d’avoir bu trop d’alcool, dyspeptique pour avoir trop mangé, fauché pour avoir acheté de cadeaux inutiles, lassé et irritable d’être resté confiné à la maison avec des membres de la famille casse-pieds et des enfants pleurnichards, les yeux au carré à force de regarder de vieux films à la télévision. C’est à n’en pas douter le pire moment de l’année pour prendre de longues vacances forcées puisque le temps est plus que jamais sinistre et que les heures d’ensoleillement sont les plus courtes.
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Par litolff, le 05/11/2010
La vie en sourdine de
David Lodge
La cécité est une affliction plus grande que la surdité. Si j’avais à choisir entre les deux, je choisirais la surdité, je l’admets. Mais ces deux infirmités sensorielles n’ont pas entre elles que des différences de degré. Culturellement, symboliquement, elles sont antithétiques. Le tragique par opposition au comique. Le poétique par opposition au prosaïque. Le sublime par opposition au ridicule.
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Par hopla33, le 19/08/2010
Changement de décor de
David Lodge
Le plancher craquait, la plomberie geignait et hoquetait, les charnières des portes grinçaient et les fenêtres claquaient dans leurs cadres. Le bruit était assourdissant. Morris apporta sa contribution par un long pet qui faillit le soulever du matelas. S'était sa façon habituelle de saluer le jour nouveau ...
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La vie en sourdine de
David Lodge
Le silence est neutre, un état de latence. Les sons ont du sens, ils véhiculent de l’information ou communiquent un plaisir esthétique. Le bruit est laid et dépourvu de sens. La surdité transforme tant de sons en bruits que vous préférez opter pour le silence.
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Par Madimado, le 17/12/2010
Pensées secrètes de
David Lodge
La littérature se nourrit du malheur. Elle a besoin de conflirs, de déceptions, de transgressions.
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Par urbanbike, le 30/03/2010
La vie en sourdine de
David Lodge
« Ma pile est morte, ai-je dit. Tu veux que j’en mette une nouvelle ? C’est un peu délicat dans le noir.
- Non, pas la peine », a répondu Fred comme elle n’arrête pas de dire ces temps-ci. Il lui arrive par exemple d’entrer dans mon bureau pendant que je travaille sur l’ordinateur sans porter mon appareil parce qu’il transforme le murmure apaisant du clavier en un cliquetis gênant aussi bruyant qu’une vieille Remington, et de me dire quelque chose que je n’entends pas et, en une fraction de seconde, il me faut faire un choix : interrompre la conversation pendant que je cherche à tâtons la pochette de mon appareil et que j’installe les oreillettes, ou bien tenter d’improviser sans ça ; généralement, j’essaie d’improviser, et le dialogue se déroule plus ou moins de la façon suivante :
Fred : Mur mur mur.
Moi : Quoi ?
Fred : Mur mur mur.
Moi (cherchant à gagner du temps) : Ah ah.
Fred : Mur mur mur.
Moi (essayant de deviner le contenu du message) D’accord.
Fred (surprise) : Quoi ?
Moi : Qu’as-tu dit ?
Fred : Pourquoi as-tu dit « d’accord », si tu n’as pas entendu ce que j’ai dit ?
Moi : Attends que je mette mon appareil.
Fred : Non, pas la peine. Ce n’est pas important.
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Par litolff, le 05/11/2010
Thérapie de
David Lodge
Il paraît qu'à l'intérieur de tout homme gros il y en a un maigre qui lutte pour sortir, et j'entends ses plaintes étouffées chaque fois que je me regarde dans la glace de la salle de bains. D'ailleurs, ce n'est pas seulement la forme de mon torse qui me tracasse, et il n'y a pas que le torse, si l'on va par là. J'ai la poitrine couverte de quelque chose qui ressemble à une paille de fer de la taille d'un paillasson, et qui monte jusqu'à la pomme d'Adam : si je porte une encolure ouverte, des vrilles vigoureuses surgissent par en haut comme les végétations à croissance accélérée venues de l'espace dans les vieux feuilletons de science-fiction.
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La vie en sourdine de
David Lodge
j'ai senti une onde de tristesse me parcourir en pensant à la fragilité de notre entreprise sur la vie, à la facilité avec laquelle les traces que nous laissons à la surface de la terre s'effacent. Tony Harrison a dit cela en quelques vers: l'ambulance, le corbillard, les commissaires -priseurs dépouillent de toute vie cette maison aimée. les trésors durement gagnés de cinquante années devenus soudain pacotille et enlevés en l'espace d'une journée.
Apparemment la tour penchée de Pise a commencé à pencher dès qu'ils ont atteint le troisième étage et les étages suivants one été construits d'un diamètre progressivement plus petit pour compenser.
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Par Yuko, le 13/07/2010
La Chute du British Museum de
David Lodge
Camel et Pond échangèrent un regard qui en disait long.
Je te l'ai dit, dit Camel. Ca ne tourne plus rond chez Appleby.
- Je vois, dit Pond. Il va devenir l'un de ces excentriques du Museum. Plus tôt qu'on ne croit, il circulera en chaussons, traînant les pieds et marmonnat dans une barbe.
- C'est une forme spéciale de névrose du chercheur, dit Camel. Il n'est plus capable de faire la distinction entre la vie et la littérature.
- Oh si, je peux, dit Adam. Dans la littérature, on fait surtout l'amour et on fait peu d'enfants. Dans la vie, c'est l'inverse.
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