> Madeleine Rolland (Traducteur)
> André Topia (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253005967
Éditeur : Le Livre de Poche (1974)


Note moyenne : 4.18/5 (sur 100 notes) Ajouter à mes livres
Jeune paysanne innocente placée dans une famille, Tess est séduite puis abandonnée par Alec d'Urberville, un de ses jeunes maîtres. L'enfant qu'elle met au monde meurt en naissant.
Dans la puritaine société anglaise de la fin du XIXe siècle, c'est là une faute ir... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Passionlectures, le 17 janvier 2012

    Passionlectures
    Décidément, les quatrièmes de couverture font parfois de ces raccourcis ! Reprenons : la famille de Tess Durbeyfield, jeune paysanne du Wessex, apprend par hasard qu'elle descend d'une grande et noble famille normande du temps de la fondation de l'Angleterre, les D'Urberville. Alors que la famille est dans la misère du fait d'une certaine indolence des parents, ils décident d'envoyer Tess chez une riche Madame D'Urberville habitant dans les alentours, afin d'être prise sous sa protection au titre de parente éloignée. A son arrivée, Tess sera surtout accueillie puis assaillie par son fils, Alec D'Urberville. Bien que Tess garde ses distances avec le jeune aristocrate, celui-ci profite d'un moment de faiblesse de sa part. Plusieurs mois plus tard, Tess, revenue chez ses parents, employée aux travaux des champs allaite péniblement un bébé. Lorsque celui meurt quelques jours après, elle décide de tourner le dos à son passé qui la ronge et part travailler dans une ferme dans une autre vallée, là où personne ne connaîtra son histoire. Et elle rencontre Angel Clare…
    Cette lecture fut longue, douloureuse, mais intense. J'ai ressenti vivement le style de Thomas Hardy, tout en sobriété et en psychologie, et en même temps, il a la capacité de convoquer devant nos yeux des tableaux champêtres ravissants. Car c'est un des contrastes forts sur lequel est basé le livre que l'évocation d'une sorte d'âge d'or des campagnes anglaises, avant l'arrivée des “machines” et du chemin de fer. Les jeunes paysannes dansent en bande dans les prés fleuris et les bois résonnent encore des accents druidesques des premiers temps. Et au milieu de cet univers clos, Tess et son destin tragique. Un peu plus éduquée que le reste de sa famille, elle parcourt le roman profondément marquée par sa faute, dont elle sent toute l'ampleur par sa morale et son honnêteté naturelles. Ce sont d'ailleurs ces traits de caractère, alliée à sa beauté innocente et sa simplicité, qui attireront sur elle les regards d'Angel, jeune fils de pasteur, qui verra en elle l'idéal de la jeune paysanne, complètement à l'opposé de la jeune fille des villes que ses parents veulent lui voir épouser.
    Dans ce roman, Thomas Hardy prend résolument la cause des femmes. En décrivant la descente aux enfers de Tess, il pointe du doigt sa dépendance totale aux deux hommes qui jalonneront sa route. Et comme aucun ne se montre à la hauteur (eh oui, même pas Angel !), chacun à sa façon, c'est Tess qui en subit plus que tout autre les conséquences. C'est en apprenant que le roman n'avait pu paraître que censuré à sa sortie, notamment sur l'épisode avec Alec D'Urberville, où l'on a forcé Hardy à dire que d'Urberville avait promis à Tess le mariage au moment où il profite d'elle, que je me suis rendue compte de la modernité de ce roman et de l'engagement de son auteur, alors même que cet épisode n'est absolument pas décrit dans le livre, juste suggéré. Traces de l'éducation d'Hardy, on retrouve dans le roman beaucoup de connotations religieuses : Tess elle-même n'a jamais été très croyante, mais beaucoup de personnages secondaires sont pasteurs et Hardy utilise souvent des comparaisons bibliques. On ne tombe jamais dans le pathos, on est toujours dans l'empathie, et ça marche, pour moi en tout cas (j'ai l'impression que ce roman ne fait pas du tout l'unanimité !).
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par nekomusume, le 27 mars 2012

    nekomusume
    Je viens de refermer le livre avec regret. Contrairement à nombre de ses contemporains, j'ai eu beaucoup de plaisir à lire ce livre. Sans se livrer à des descriptions interminables, il nous dépeint la vie des campanes anglaises avec justesse et précision. Les scènes sont bucoliques, on aurait presque envie de traire les vaches ou de marcher à travers champs comme Tess.
    Les personnages sont justes et complexes. On suit cette jeune fille, on s'attache à sa vie, ses manquements, ses espoirs, ses craintes. Naïvement séduite par un libertin au sortir de l'enfance, elle ne se jugera jamais digne d'inspirer à nouveau l'amour. Et pourtant elle est tellement naturelle, modeste, elle se juge tellement durement, qu'à aucun moment elle ne peut paraitre mauvaise, comme elle se décrit elle-même. C'est une héroïne moderne, qui a succombé à la tentation avant de connaitre l'amour. Comment pourrait-elle vivre au milieu de ses contemporains qui la jugent ? Elle sera éternellement sur les routes, en quête d'un endroit où enfin elle pourra trouver le bonheur. Hélas celui-ci est conditionné à l'amour d'Angel. Figure tellement rigide, archétype de cette société, qui rejette la tradition familiale, les conventions habituelles de sa classe mais rejettera Tess dès qu'elle lui avouera sa faute. Adoptant d'un bloc les préjugés de son époque, il fera leur malheur à tout deux.
    Autant Angel possède toutes les qualités pour en faire un mari idéal, autant son intransigeance est démesurée en ce qui concerne Tess. Toutefois, leur rupture est autant due à Tess : autant l'aveu paraissait inévitable compte tenu de son caractère, autant ses réticences à le supplier, sa soumission aux décisions de son mari ont empêchés une réconciliation. Sa fierté l'empêchant de demander de l'aide à ses beaux-parents la conduira d'abord à expier sa faute en augmentant ses souffrances, l'abandon de son mari ne lui suffisant apparemment pas. Seulement en se mettant dans cette situation précaire, elle se trouve particulièrement vulnérable pour son séducteur, réapparu inopinément dans sa vie.
    Alec D'urberville est un personnage curieux ; libertin mais attiré par Tess, au point que l'on pourrait le croire amoureux, constant dans son attirance même si il ne cherche pas à s'établir honnêtement. Malgré un passage mystique dans lequel il tente de trouver la rédemption, dès qu'il revoit Tess il replonge dans ses anciens travers et n'aura de cesse de poursuivre Tess jusqu'à ce qu'elle cède. Jouant de ses peurs profondes de ne jamais revoir Angel ; s'arrangeant pour être la providence pour sa famille qui est sa plus grande préoccupation, il révèle un côté manipulateur implacable sous des dehors amicaux. Son plus grand crime aux yeux de Tess sera pourtant de médire d'Angel quand il réapparait.
    Tess qui jusque là avait subit son séducteur, subit la cours et les demande en mariage d'Angel, subit la punition imposée par son mari, subit sa famille toujours dans le besoin, subit à nouveau son séducteur pour mettre sa famille à l'abri au point de se désincarner, se rebellera enfin contre Alec et contre la vie qui lui impose tant de souffrance. Seulement son geste sera passionnel, désespéré et plein d'amour. Une subite crise de folie et en même temps une pleine conscience de ses actes. Enfin elle pourra vivre quelques jours de bonheur avec son amour avant le dénouement tragique qu'elle accepte par avance. Ses dernières pensées seront encore une fois pour sa sœur afin de la protéger et pour transcender ainsi son amour.
    Les personnages de Tess et d'Angel sont particulièrement torturés par le carcan social de l'époque et leurs tentatives d'émancipation. Cela les rends attachant et l'on se prend à espérer une issue favorable à cette situation inextricable. Et pourtant, on sait que c'est impossible. Les quelques jours idylliques seront suffisant pour racheter les erreurs passée, et la tendresse finale avant la fin tragique de notre héroïne.
    J'ai quitté ce livre avec une grosse émotion, le regret que ce soit déjà terminé, que cela se termine ainsi, ne voyant pas comment ça aurait pu finir autrement… bref une impression durable, profonde.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 24 décembre 2007

    Woland
    Tess of the d'Urbervilles
    Traduction : Madeleine Rolland
    Quelquefois, le romancier tombe amoureux de son héros, que celui-ci soit ou non du même sexe que lui. le phénomène est très curieux parce que, au départ, le héros ou l'héroïne ne se distingue pas des autres héros ou héroïnes du même type. Il est un héros, et puis c'est tout. Mais lorsque le romancier s'enflamme pour lui, tout change et il se transforme soit en saint, soit en archétype, parfois même il devient les deux. Ainsi en est-il de Tess Durbeyfield ou plutôt d'Urberville.
    Tess est la fille aînée d'un revendeur de poules nommé John Durbeyfield à qui, lorsque commence le roman - à la construction impeccable - le pasteur du coin vient de révéler qu'il descend en droite ligne de l'antique famille des d'Urberville, qui avaient suivi le Bâtard de Normandie dans sa conquête de l'Angleterre.
    Durbeyfield et sa femme, Joan, ont l'idée assez saugrenue et tout-à-fait irresponsable d'envoyer Tess se réclamer de ce noble lien de parenté auprès de la vieille Mme d'Urberville qui vit à Kingsbere. Ce qu'ils ignorent, c'est que cette dame, aveugle depuis de longues années, s'appelait en réalité Stroke et ne s'était vu adjoindre la particule des d'Urberville à son patronyme qu'après que son mari l'eût rachetée après extinction de la famille. En outre, Tess ne la rencontre pas directement mais tombe sur son fils, Alec d'Urberville, beau garçon cynique et jouisseur qui, séduit par la beauté de la jeune fille, l'engage pour s'occuper de la basse-cour qui est la marotte de sa mère tout en lui faisant croire qu'il est, de fait, son cousin.
    Bien que Tess n'éprouve pour lui que méfiance, d'Urberville parvient à ses fins et il la garderait bien pour maîtresse si elle ne prenait la décision de s'enfuir pour retourner chez ses parents où elle accouche d'un petit garçon qu'elle baptisera elle-même, à sa mort, du nom de "Chagrin." (Oui, ça peut paraître mélo mais le plus étonnant, dans ce livre au style très, très moderne, c'est que justement, bien loin d'user du mélodrame, Thomas Hardy lui préfère une sobriété bien éloignée du XIXème siècle.)
    Après la mort de l'enfant, Tess reprend la route et se loue à la vaste laiterie des Cricks où le Hasard la remet en présence d'Angel Clare, fils de pasteur en révolte contre les usages de la société où il est né et qui rêve de se faire agriculteur et non pasteur, ainsi que le souhaitaient ses parents. Au tout début du livre, le jour même où le pasteur Tringham apprenait ses origines familiales au père de Tess, celle-ci avait dansé à une réunion villageoise et Angel, qui passait par là avec ses frères, était resté à contempler le spectacle.
    Mais alors qu'il ne l'avait pour ainsi dire pas remarquée lors de cette première rencontre, cette fois-ci, peu à peu, il tombe amoureux d'elle et lui demande de l'épouser ...
    Nous n'en sommes alors qu'à la moitié de ce livre qui se dévore sans effort tant le style se déroule en souplesse devant le lecteur, en parfaite harmonie avec les paysages ruraux du sud de l'Angleterre où Hardy plantait en général ses intrigues. La fin, on s'en doute - et on le sait si on a déjà vu l'admirable version filmée que donna de cette oeuvre majeure de son auteur le cinéaste Roman Polanski, en 1979 - est loin d'être heureuse . Mais il n'y en avait pas d'autre pour cette histoire toute drapée de la hiératique et cruelle beauté des tragédies grecques.
    Même si l'on peut estimer que Hardy, né à la campagne, idéalise un peu trop le monde rural, il ne reste qu'à s'incliner devant le courage et la virulence avec lesquels il vilipende non seulement la société et le sort qu'elle fait aux femmes mais aussi ceux qui, armés des meilleures intentions, il est vrai, tentent de les réformer sans avoir pris la précaution de se réformer eux-mêmes.
    Un grand, un très grand livre. De ceux que toute bibliothèque se doit d'honorer. ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par Malice, le 04 août 2010

    Malice
    Ce roman est une œuvre critique sociale ancrée dans la réalité historique qui est celle de l'époque victorienne.Tess est issue d'une famille paysanne une jeune fille innocente. Son père découvre par hasard qu'il est le dernier représentant d'une des plus anciennes lignées de chevaliers de Grande Bretagne, les d'Urbervilles, mais que la branche dont il est issu est déchue. Les parents de Tess envoient leur fille chez par les Stokes-d'Urbervilles, des nobles soient disant parent. Inconsciente et naïve connaissant rien des conventions sociales, elle est aussitôt remarquée par le fils de la maîtresse de maison, l'odieux Alec d'Urberville, un libertin sans morale personnage sombre . Tess se sent perdue , elle s'enfuit et retourne chez ses parents. Elle met au monde un enfant qui meurt rapidement après sa naissance. Notre jeune héroïne ira travailler dans une ferme pour traite les vaches, elle tombe amoureuse d'Angel Care qui à l'inverse d'Alec, a une personnalité lumineuse voir angélique. C'est ensoleillée et fiévreux, les sentiments de Tess et d'Angel Clare se confondent dans le paysage du Wessew. Elle se marie avec lui, et à ce moment là le récit prend un tournant sombre, tourmenté. Mais Tess continue sa route dans le brouillard. Et puis suspense ....
    Ce roman social de Thomas Hardy est un roman initiatique on suit le destin de Tess. Elle va devoir le prendre en main son destin et être confronté à la société puritaine anglaise. Les relations sexuelles en dehors du mariage étaient évidement excusables pour un homme, mais non pour une femme, malheureusement ! Tess est au cœur de l'opposition entre nature et culture, entre spontanéité païenne et éducation chrétienne. C'est un livre romanesque, la passion amoureuse, le récit est bien menée et le style est raffiné, c'est tout simplement magnifique. C'est une grande et belle histoire triste.Thomas Hardy est très proche de son héroïne Tess : femme enfant. Ce roman possède une dimension shakespearienne. Comme dans tous les grands livres de la littérature de l'époque victorienne nombreuses sont les références à Shakespeare mais aussi à la Bible. Car très jeune il va régulièrement à l'église donc il connaît pratiquement par cœur la Bible et le livre de prière en usage dans l'église anglicane.
    Ce roman fut un tournant dans l'œuvre de Thomas Hardy. Pour ce roman il a étudié avec une grande minutie les traditions agricoles de son époque dans la campagne du sud de l' Angleterre.

    Lien : http://livresdemalice.blogspot.com/2008/10/thomas-hardy-tess-dubervi..
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    • Livres 5.00/5
    Par artemis, le 16 juillet 2009

    artemis
    Un livre très prenant !
    Il raconte la vie de Tess D'urberville, à partir du moment où son père apprend que sa généalogie prend ses racines dans la vieille noblesse locale. Cet événement qui semble bien anodin va avoir des répercussions sur l'existence de la jeune Tess. Car son père est convaincu que cette parenté lui donne un droit, et il considère comme naturel de faire appel à la famille noble qui porte le même nom. C'est ainsi que les parents de Tess vont la pousser à aller demander du travail chez son soi-disant cousin, Alec, qui n'est ni plus ni moins qu'un Don Juan.
    Sans vous en révéler plus pour vous laisser profiter de la découverte de ce roman, Tess va croiser au détour de l'histoire de l'hypocrisie, de l'amour, de l'amitié, la souffrance, la misère, le sens de la moral et du devoir.
    Le style de Thomas Hardy est agréable, il ne se disperse pas. Certes, le passage à la laiterie où elle rencontre Angel Clare, l'homme dont Tess tombe amoureuse, est un peu long, mais c'est peut être un des passages les plus buccoliques et les plus joyeux!
    Mais quels malheurs et souffrances Hardy inflige à son héroine dans ce dur monde paysan de l'Angleterre du XIXe siècle !
    Les personnages sont tour à tour attachants (Tess), ambigus (Alec), énervants, touchants, ...
    Tess est une jeune fille puis jeune femme fraîche, naive, innocente, dont les valeurs et les principaux moraux occupent une place majeure dans sa vie. Elle va aussi faire preuve d'amour-propre en refusant de demander de l'aide, de montrer sa vraie misère, en voulant se protéger du blâme de la société, et protéger le nom de son mari. Sa conduite est ainsi souvent dicté par un orgueil reposant sur un intérêt que Tess considère comme extérieur, par un sens développé de la morale et de l'honneur.
    Les relations de Tess avec les autres personnages déterminent beaucoup de ses décisions ou provoquent des réactions faisant avancer l'histoire, pas forcément dans le bon sens pour l'héroine d'ailleurs… Particulièrement avec sa famille : ce sont ses parents qui la poussent à accepter la visite aux D'Urberville, alors que son instinct lui dictait plutôt le contraire. C'est à force de persuasion, et en usant de la corde sensible que ses parents convainquent Tess. En effet, à de nombreuses reprises dans le livre, c'est son envie d'aider sa famille et surtout ses frères et sœurs qui poussent Tess à agir. Elle se sent une responsabilité envers eux qui lui fait préférer l'intérêt de sa famille à son propre intérêt. De ce point de vue, Tess se caractérise par une forte empathie et générosité.
    Sa manière de décrire la condition de la femme à cette époque là est aussi très intéressante. Par exemple le regard porté sur un même fait (par exemple avoir un enfant ou une relation avant le mariage) n'est pas du tout considérer de la même manière qu'il s'agisse d'un homme (tendance à relativiser) ou d'une femme (elle est montrée du doigt et mise au ban de la société). Tess apparaît comme une victime, comme sacrifiée à l'autel de la morale de cette époque, Hardy présentant Tess comme une jeune femme pure et honnête.
    En conclusion, un roman très émouvant et bien écrit que je reconseille vivement !
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Citations et extraits

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  • Par Meduzantic, le 10 juin 2011

    Tout à coup, un après-midi, regardant sa beauté dans la glace, elle se mit à penser qu’il existait encore une date bien plus importante pour elle, la date de sa propre mort, quand ses charmes auraient disparu : jour caché, invisible et sournois parmi tous ceux de l’année, qui passait devant elle sans donner de signe et n’en était pas moins sûrement là. Quel était-il ? Pourquoi, quand venait chaque année, ne sentait-elle pas le frisson de cette froide et familière rencontre ?
    Comme Jeremy Taylor, elle songeait que, dans l’avenir, ceux qui l’auraient connue diraient : « C’est le tant…, le jour où est morte cette pauvre Tess Durbeyfield », et ces mots ne leur sembleraient pas étranges. De ce jour destiné à être le terme de son voyage dans le temps à travers les âges, elle ne connaissait ni le mois ni la semaine ni la saison ni l’année.
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  • Par csapin, le 30 mars 2011

    Ainsi commença l'aventure. Si Tess avait deviné la portée de cette rencontre, elle eût pu demander pourquoi la fatalité voulait qu'elle fût aperçue et convoitée ce jour-là par l'homme qui n'était pas fait pour elle, et non par quelque autre, par celui qui eût été désirable à tous égards, autant que l'humanité peut en fournir de ce genre ; et cependant, parmi ceux qu'elle avait rencontrés, l'homme qui serait le plus rapproché de cet idéal ne conservait d'elle qu'une impression passagère, à demi oubliée.

    Dans l'exécution malhabile du plan habile et sage des choses, celui qui doit venir vient rarement à l'appel ; l'être que l'on aimerait n'arrive guère à l'heure de l'amour. La Nature dit bien peu souvent à sa pauvre créature : "Regarde !" à l'instant où ce regard pourrait conduire au bonheur ; et au cri de "Où es-tu ?" elle ne répond "Ici !" qu'une fois le jeu de cache-cache devenu lassant et fastidieux. On voudrait savoir si une intuition plus délicate, une interaction plus intime du mécanisme social qui, pour le moment, nous secoue de droite et de gauche, ne corrigeront pas ces anachronismes, quand nous serons parvenus au faîte et à l'apogée du progrès humain ; mais comment prophétiser un tel âge d'or, et même le croire possible !
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  • Par Carosand, le 26 février 2011

    Pauvres petits ! Me croire l'être le plus misérable de la terre en face d'une misère comme la vôtre ! s'écriait-elle ; et ses larmes coulaient pendant qu'elle tuait tendrement les oiseaux. Je ne sens pas la moindre douleur dans le corps ; je ne suis pas mutilée et je ne saigne pas, et j'ai deux mains pour me nourrir et me vêtir !
    Elle avait honte d'elle même et de sa mélancolie de la nuit, car sa souffrance venait seulement de la conscience de sa condamnation par une loi sociale arbitraire, qui n'avait son fondement dans aucune loi naturelle.
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  • Par Kittiwake, le 24 mai 2011

    Elle s'exprimait à sa façon naïve, aidée un peu par son éducation primaire, des sentiments que l'on pourrait presque appeler ceux de l''époque : le mal moderne. Il en fut moins étonné en réfléchissant que nous appelons : idées avancées, ce qui n'est en réalité le plus souvent que la définition nouvelle, donnée par la mode à l'aide de mots en logie et en isme des sensations vaguement saisies depuis des siècles
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  • Par Malice, le 04 août 2010

    Quelques robes étaient d'un blanc presque franc ; d'autres d'une pâleur bleuâtre ; d'autres encore (depuis longtemps, sans doute pliées dans les armoires et appartenant aux plus âgées) tiraient sur le livide et rappelaient le temps du roi Georges. En outre, toutes les femmes et toutes les jeunes filles tenaient dans la main droite une baguette, et dans la gauche, un bouquet de fleurs blanches.
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"Tess d'Urberville" Livre vidéo. Non sous-titré. Non traduit.








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