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> Madeleine Rolland (Traducteur)
> André Topia (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253005967
Éditeur : Le Livre de Poche (1974)


Note moyenne : 4/5 (sur 408 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Jeune paysanne innocente placée dans une famille, Tess est séduite puis abandonnée par Alec d'Urberville, un de ses jeunes maîtres. L'enfant qu'elle met au monde meurt en naissant.
Dans la puritaine société anglaise de la fin du XIXe siècle, c'est là une faute ir... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 11 septembre 2012

    LiliGalipette
    Pour avoir découvert qu'il est le descendant de l'illustre lignée des chevaliers d'Urberville, John Durbeyfield se pique de noblesse et envoie sa fille Tess entre les griffes d'un lointain cousin et véritable séducteur. La jeune fille a plus d'éducation et d'honnêteté que ses parents et se réclamer d'une lointaine parente lui fait horreur. « L'orgueil de Tess lui rendait le rôle de parente pauvre particulièrement antipathique. » (p. 45) Mais pour offrir son aide à sa famille, elle accepte la place que lui propose Alec d'Urberville et subit son odieuse séduction.
    Plusieurs années plus tard, pensant avoir expié sa faute et pouvoir mener une vie nouvelle, elle prend une place d'aide dans une laiterie et y rencontre Angel Clare, fils de pasteur qui apprend le métier de fermier. En dépit de l'affection réciproque qui la lie au jeune homme, Tess s'estime inférieure et déclassée et elle met longtemps à accepter la demande en demande de son amoureux. « Je ne veux pas me donner le grand bonheur de vous promettre d'être à vous parce que je suis sûre que je ne dois pas le faire. » (p. 227) Quand elle se rend enfin aux tendres arguments d'Angel et que le mariage approche, Tess craint que sa faute passée nuise à son bonheur futur. « Je ne me sens pas tranquille. […] Je puis être châtiée plus tard de toute cette chance par un tas de malheurs. » (p. 267) Foncièrement honnête, Tess ne peut s'empêcher d'avouer son ancienne souillure à Angel. Répondant ainsi aux mauvais présages qui ont entouré les noces des deux jeunes gens, l'aveu est un cataclysme. Angel sera long à pardonner la faute et la confession tardive. de son côté, Tess se désole une nouvelle fois de ses errances passées et attend sans espoir le pardon de son époux. « Elle pleura sur l'homme aimé, dont le jugement soumis aux conventions sociales avait causé tous ces derniers chagrins. » (p. 387)
    Tess est d'autant plus vertueuse qu'elle a péché et s'est repentie. Elle est une victime expiatoire à plusieurs degrés : elle expie d'abord pour avoir été séduite dans sa jeunesse, mais elle expie également pour toute la lignée des d'Urberville dont elle est pourtant la digne héritière au vu de sa noblesse de cœur. John Durbeyfield et son épouse Joan se piquent de grandeur et échafaudent des projets imbéciles sur des ambitions avinées, grossières et paresseuses qui causent la perte de Tess. « C'est bon d'être parent à un carrosse, même si vous roulez pas dedans. » (p. 33) Contrairement à son père qui se donne du Sir John, Tess mérite cette ascendance glorieuse à qui elle redonne un lustre et une fraîcheur toute naturelle. le roman célèbre d'ailleurs la nature et la pureté d'avant le progrès et critique fortement les machines agricoles qui dénaturent le travail et dévoient les hommes.
    Je voulais lire ce roman depuis longtemps et je ne suis pas déçue. Voilà un très bon roman anglais du 19° siècle sans rapport avec ceux de Jane Austen que j'apprécie beaucoup par ailleurs. La critique de la société y est moins ironique, plus franche et plus sinistre. Tess d'Urberville est une héroïne sacrifiée pour laquelle – c'est très palpable – son auteur a beaucoup d'affection. Impossible de ne pas compatir aux nombreux malheurs de la jeune fille. La plume de Thomas Hardy est solide et puissante. Si la morale distillée tout au long du texte a de quoi agacer par son côté définitif, il faut souligner qu'elle était parfaitement novatrice pour l'époque et c'est bien ce qui a valu à Tess d'Urberville d'être si largement censuré lors de sa publication.
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    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 13 juin 2012

    juliette2a
    "Tess D'urberville" est l'un de ces livres que l'on peut difficilement oublier...J'ai vraiment adoré ce roman ; son histoire captivante nous mène au fin fond de l'Angleterre, dans le petit village de Marlott, John Durbeyfield vient d'apprendre par le pasteur Tringham qu'il est le descendant de la vieille famille des Urberville, composé de chevaliers et autres grands conquérants. Sir John va alors raconter cette nouvelle à sa femme et ses enfants et Tess, l'aînée, va devoir se rendre chez une famille parente située près de Kingsbere. Elle y rencontre donc Alec, son cousin, qui, après l'avoir séduite, l'abandonne. Tess, humiliée et méprisant désormais Alec, donne naissance à un enfant qui meurt peu de temps après.
    Voulant oublier définitivement sa vie passée, elle se fait engager dans la laiterie de Talbothays où elle fait la connaissance de trois autres laitières : Marianne, Izz et Retty ainsi que de celui dont elle va s'éprendre, Angel Clare. le bonheur arrive enfin pour Tess, cependant, le malheur viendra vite gâcher ses premiers émois amoureux et l'éloignera de celui qu'elle aime...
    Quelle bonne surprise ! J'ai particulièrement aimé l'évolution de la vie de Tess, cette pauvre héroïne si malchanceuse, avec une préférence, j'avoue pour les époques "Le Renouveau" et "La Conséquence", les plus belles, d'après moi, et bien évidemment les plus heureuses du roman. Quant aux personnages, j'ai ressenti beaucoup de pitié à l'égard de Tess, mais je me suis finalement attachée à elle ; de même, Angel a été pour moi un personnage attachant. Enfin, les trois laitières, Liza-Lou et Mrs. Joan Durbeyfield m'ont aussi touchées.
    Pour conclure, je voudrais dire que ce magnifique roman, bien que tragique, est un véritable chef-d'oeuvre de la littérature anglaise, dont l'auteur, Thomas Hardy, est, pour toujours, entré dans la lignée des brillants écrivains.
    A lire absolument !
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    • Livres 5.00/5
    Par ElizaLectures, le 17 janvier 2012

    ElizaLectures
    Décidément, les quatrièmes de couverture font parfois de ces raccourcis ! Reprenons : la famille de Tess Durbeyfield, jeune paysanne du Wessex, apprend par hasard qu'elle descend d'une grande et noble famille normande du temps de la fondation de l'Angleterre, les D'Urberville. Alors que la famille est dans la misère du fait d'une certaine indolence des parents, ils décident d'envoyer Tess chez une riche Madame D'Urberville habitant dans les alentours, afin d'être prise sous sa protection au titre de parente éloignée. A son arrivée, Tess sera surtout accueillie puis assaillie par son fils, Alec D'Urberville. Bien que Tess garde ses distances avec le jeune aristocrate, celui-ci profite d'un moment de faiblesse de sa part. Plusieurs mois plus tard, Tess, revenue chez ses parents, employée aux travaux des champs allaite péniblement un bébé. Lorsque celui meurt quelques jours après, elle décide de tourner le dos à son passé qui la ronge et part travailler dans une ferme dans une autre vallée, là où personne ne connaîtra son histoire. Et elle rencontre Angel Clare…
    Cette lecture fut longue, douloureuse, mais intense. J'ai ressenti vivement le style de Thomas Hardy, tout en sobriété et en psychologie, et en même temps, il a la capacité de convoquer devant nos yeux des tableaux champêtres ravissants. Car c'est un des contrastes forts sur lequel est basé le livre que l'évocation d'une sorte d'âge d'or des campagnes anglaises, avant l'arrivée des “machines” et du chemin de fer. Les jeunes paysannes dansent en bande dans les prés fleuris et les bois résonnent encore des accents druidesques des premiers temps. Et au milieu de cet univers clos, Tess et son destin tragique. Un peu plus éduquée que le reste de sa famille, elle parcourt le roman profondément marquée par sa faute, dont elle sent toute l'ampleur par sa morale et son honnêteté naturelles. Ce sont d'ailleurs ces traits de caractère, alliée à sa beauté innocente et sa simplicité, qui attireront sur elle les regards d'Angel, jeune fils de pasteur, qui verra en elle l'idéal de la jeune paysanne, complètement à l'opposé de la jeune fille des villes que ses parents veulent lui voir épouser.
    Dans ce roman, Thomas Hardy prend résolument la cause des femmes. En décrivant la descente aux enfers de Tess, il pointe du doigt sa dépendance totale aux deux hommes qui jalonneront sa route. Et comme aucun ne se montre à la hauteur (eh oui, même pas Angel !), chacun à sa façon, c'est Tess qui en subit plus que tout autre les conséquences. C'est en apprenant que le roman n'avait pu paraître que censuré à sa sortie, notamment sur l'épisode avec Alec D'Urberville, où l'on a forcé Hardy à dire que d'Urberville avait promis à Tess le mariage au moment où il profite d'elle, que je me suis rendue compte de la modernité de ce roman et de l'engagement de son auteur, alors même que cet épisode n'est absolument pas décrit dans le livre, juste suggéré. Traces de l'éducation d'Hardy, on retrouve dans le roman beaucoup de connotations religieuses : Tess elle-même n'a jamais été très croyante, mais beaucoup de personnages secondaires sont pasteurs et Hardy utilise souvent des comparaisons bibliques. On ne tombe jamais dans le pathos, on est toujours dans l'empathie, et ça marche, pour moi en tout cas (j'ai l'impression que ce roman ne fait pas du tout l'unanimité !).
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    • Livres 5.00/5
    Par MissG, le 28 août 2013

    MissG
    "On a péché contre vous plus que vous n'avez péché vous-même. ", là réside sans doute la synthèse du personnage de Tess, jeune héroïne de Thomas Hardy au destin tragique.
    Jeune paysanne du Wessex ayant reçu une éducation, Tess oscillera toute sa vie entre deux mondes, celui des paysans et de la terre dont elle est issue : "Pour elle, le monde était le val de Blackmoor et les races, ses habitants.", et celui d'une bourgeoisie victorienne dans lequel elle ne se fera jamais une place ;
    Inconsciente de sa beauté et de la sensualité qu'elle dégage, elle attirera deux hommes que tout oppose : Alec d'Urberville qui ne l'utilisera que pour son bon plaisir et Angel Clare qui l'idéalisera et la rejettera, une fois sa faute avouée.
    Si l'un est un parasite, l'autre est un dilettante, mais ils se rejoignent en ce que ni l'un ni l'autre ne saura apprécier Tess à sa juste valeur : "Tess n'était pas une créature insignifiante dont on pouvait se jouer, quitte à la rejeter ensuite, mais une femme, vivant sa vie précieuse, de proportions aussi imposantes pour elle que l'est pour le plus puissant monarque la sienne propre.".
    Sous-titré "Une femme pure", Tess l'est sûrement, bien qu'elle n'ait pas été épargnée par la vie et surtout qu'elle se soit laissée abuser dans ses amours : "Si Tess avait deviné la portée de cette rencontre, elle eût pu demander pourquoi la fatalité voulait qu'elle fût aperçue et convoitée ce jour-là par l'homme qui n'était pas fait pour elle, et non par quelque autre, par celui qui eût été désirable à tous égards, autant que l'humanité peut en fournir de ce genre ; et cependant, parmi ceux qu'elle avait rencontrés, l'homme qui se serait rapproché le plus de cet idéal ne conservait d'elle qu'une impression passagère, à demi oubliée.".
    Thomas Hardy dresse-là le portrait d'une jeune femme entre deux époques, partagée entre son éducation religieuse et son côté païen, entre le monde de la campagne et celui de la bourgeoisie.
    Il est extrêmement difficile de ne pas s'attacher à Tess, bien au contraire.
    Le lecteur s'y attache d'autant plus facilement que Thomas Hardy a tout fait pour ne pas charger son héroïne.
    Même Angel Clare est de cet avis pendant un temps : "La distinction ne consiste pas dans l'habitude facile d'un tas de conventions méprisables, mais dans l'assurance d'être au nombre de celles qui sont loyales, honnêtes, justes, pures, gracieuses et de bonne renommée … comme vous, chère Tess !", avant de se rétracter et de revenir sur ses propos, pour de nouveau revenir sur sa décision quand il comprend et accepte enfin toute la noblesse d'âme de Tess : "Elle aurait donné sa vie pour vous. Je ne pourrais pas faire plus.".
    Quant à Alec d'Urberville, c'est un homme infect à tout point de vue qui use et abuse de sa puissance et de sa force de conviction pour satisfaire son plaisir égoïste : "J'ai été une fois votre maître ; je serai encore votre maître. Si vous êtes la femme de quelqu'un, vous êtes la mienne !".
    Mais "Tess d'Urberville" est aussi un Roman résolument moderne sur son époque, avec une Tess fille-mère ce qui n'était pas si courant à l'époque, sans parler du concubinage dans lequel elle va vivre.
    J'ai d'ailleurs été surprise par l'aspect osé de certaines situations de l'héroïne en les remettant dans le contexte de l'époque.
    C'est une histoire dure et triste, plus d'une fois j'ai eu mal au cœur pour Tess et j'ai limite maudit Angel Clare pour son attitude, mettant en lumière la société anglaise puritaine du XIXème siècle.
    De plus, le récit contient beaucoup de notes pour expliquer les textes ou coutumes auxquels Thomas Hardy fait référence tout au long de son récit.
    Le style n'est pas forcément très abordable tout de suite, la petite taille des caractères n'aidant pas, mais il devient très vite beau et les difficultés s'estompent.
    Je conseille de le lire d'abord en français avant de se lancer dans la version originale qui pour le coup est complexe et pourrait en refroidir plus d'un, ce qui fut mon cas il y a quelques années.
    Quant au découpage de l'histoire, il est fait en fonction des périodes charnières de la vie de Tess et donne du rythme au récit.
    Au cours de la lecture, je revoyais des images du film de Roman Polanski et une fois la lecture achevée, j'ai envie de revoir ce film vu il y a plusieurs années et dont il ne me reste que des souvenirs.
    "Tess d'Urberville" est un Roman incontournable à plus d'un titre, reflétant l'univers social de l'Angleterre du XIXème siècle à travers le personnage d'une jeune fille pure qui sera pourtant mal aimée tout au long de sa vie.

    Lien : http://lemondedemissg.blogspot.fr/2013/08/tess-durberville-de-thomas..
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    • Livres 4.00/5
    Par nekomusume, le 27 mars 2012

    nekomusume
    Je viens de refermer le livre avec regret. Contrairement à nombre de ses contemporains, j'ai eu beaucoup de plaisir à lire ce livre. Sans se livrer à des descriptions interminables, il nous dépeint la vie des campanes anglaises avec justesse et précision. Les scènes sont bucoliques, on aurait presque envie de traire les vaches ou de marcher à travers champs comme Tess.
    Les personnages sont justes et complexes. On suit cette jeune fille, on s'attache à sa vie, ses manquements, ses espoirs, ses craintes. Naïvement séduite par un libertin au sortir de l'enfance, elle ne se jugera jamais digne d'inspirer à nouveau l'amour. Et pourtant elle est tellement naturelle, modeste, elle se juge tellement durement, qu'à aucun moment elle ne peut paraitre mauvaise, comme elle se décrit elle-même. C'est une héroïne moderne, qui a succombé à la tentation avant de connaitre l'amour. Comment pourrait-elle vivre au milieu de ses contemporains qui la jugent ? Elle sera éternellement sur les routes, en quête d'un endroit où enfin elle pourra trouver le bonheur. Hélas celui-ci est conditionné à l'amour d'Angel. Figure tellement rigide, archétype de cette société, qui rejette la tradition familiale, les conventions habituelles de sa classe mais rejettera Tess dès qu'elle lui avouera sa faute. Adoptant d'un bloc les préjugés de son époque, il fera leur malheur à tout deux.
    Autant Angel possède toutes les qualités pour en faire un mari idéal, autant son intransigeance est démesurée en ce qui concerne Tess. Toutefois, leur rupture est autant due à Tess : autant l'aveu paraissait inévitable compte tenu de son caractère, autant ses réticences à le supplier, sa soumission aux décisions de son mari ont empêchés une réconciliation. Sa fierté l'empêchant de demander de l'aide à ses beaux-parents la conduira d'abord à expier sa faute en augmentant ses souffrances, l'abandon de son mari ne lui suffisant apparemment pas. Seulement en se mettant dans cette situation précaire, elle se trouve particulièrement vulnérable pour son séducteur, réapparu inopinément dans sa vie.
    Alec D'urberville est un personnage curieux ; libertin mais attiré par Tess, au point que l'on pourrait le croire amoureux, constant dans son attirance même si il ne cherche pas à s'établir honnêtement. Malgré un passage mystique dans lequel il tente de trouver la rédemption, dès qu'il revoit Tess il replonge dans ses anciens travers et n'aura de cesse de poursuivre Tess jusqu'à ce qu'elle cède. Jouant de ses peurs profondes de ne jamais revoir Angel ; s'arrangeant pour être la providence pour sa famille qui est sa plus grande préoccupation, il révèle un côté manipulateur implacable sous des dehors amicaux. Son plus grand crime aux yeux de Tess sera pourtant de médire d'Angel quand il réapparait.
    Tess qui jusque là avait subit son séducteur, subit la cours et les demande en mariage d'Angel, subit la punition imposée par son mari, subit sa famille toujours dans le besoin, subit à nouveau son séducteur pour mettre sa famille à l'abri au point de se désincarner, se rebellera enfin contre Alec et contre la vie qui lui impose tant de souffrance. Seulement son geste sera passionnel, désespéré et plein d'amour. Une subite crise de folie et en même temps une pleine conscience de ses actes. Enfin elle pourra vivre quelques jours de bonheur avec son amour avant le dénouement tragique qu'elle accepte par avance. Ses dernières pensées seront encore une fois pour sa sœur afin de la protéger et pour transcender ainsi son amour.
    Les personnages de Tess et d'Angel sont particulièrement torturés par le carcan social de l'époque et leurs tentatives d'émancipation. Cela les rends attachant et l'on se prend à espérer une issue favorable à cette situation inextricable. Et pourtant, on sait que c'est impossible. Les quelques jours idylliques seront suffisant pour racheter les erreurs passée, et la tendresse finale avant la fin tragique de notre héroïne.
    J'ai quitté ce livre avec une grosse émotion, le regret que ce soit déjà terminé, que cela se termine ainsi, ne voyant pas comment ça aurait pu finir autrement… bref une impression durable, profonde.
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Citations et extraits

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  • Par Meduzantic, le 10 juin 2011

    Tout à coup, un après-midi, regardant sa beauté dans la glace, elle se mit à penser qu’il existait encore une date bien plus importante pour elle, la date de sa propre mort, quand ses charmes auraient disparu : jour caché, invisible et sournois parmi tous ceux de l’année, qui passait devant elle sans donner de signe et n’en était pas moins sûrement là. Quel était-il ? Pourquoi, quand venait chaque année, ne sentait-elle pas le frisson de cette froide et familière rencontre ?
    Comme Jeremy Taylor, elle songeait que, dans l’avenir, ceux qui l’auraient connue diraient : « C’est le tant…, le jour où est morte cette pauvre Tess Durbeyfield », et ces mots ne leur sembleraient pas étranges. De ce jour destiné à être le terme de son voyage dans le temps à travers les âges, elle ne connaissait ni le mois ni la semaine ni la saison ni l’année.
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  • Par Jooh, le 31 juillet 2014

    -Avez-vous pas dit que les étoiles étaient des mondes, Tess ?
    -Oui.
    -Tous pareils au nôtre ?
    -Je ne sais pas ; mais je le pense. Elles ont l’air quelquefois de ressembler aux pommes de notre vieil arbre du jardin : la plupart saines et splendides ; quelques-unes tachées.
    -Sur laquelle est-ce que nous vivons : une belle ou une tachée ?
    -Une tachée.
    -C’est très malheureux que nous soyons pas tombés sur une bonne, quand il y en avait tant d’autres !
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  • Par Gwordia, le 30 mars 2011

    Ainsi commença l'aventure. Si Tess avait deviné la portée de cette rencontre, elle eût pu demander pourquoi la fatalité voulait qu'elle fût aperçue et convoitée ce jour-là par l'homme qui n'était pas fait pour elle, et non par quelque autre, par celui qui eût été désirable à tous égards, autant que l'humanité peut en fournir de ce genre ; et cependant, parmi ceux qu'elle avait rencontrés, l'homme qui serait le plus rapproché de cet idéal ne conservait d'elle qu'une impression passagère, à demi oubliée.

    Dans l'exécution malhabile du plan habile et sage des choses, celui qui doit venir vient rarement à l'appel ; l'être que l'on aimerait n'arrive guère à l'heure de l'amour. La Nature dit bien peu souvent à sa pauvre créature : "Regarde !" à l'instant où ce regard pourrait conduire au bonheur ; et au cri de "Où es-tu ?" elle ne répond "Ici !" qu'une fois le jeu de cache-cache devenu lassant et fastidieux. On voudrait savoir si une intuition plus délicate, une interaction plus intime du mécanisme social qui, pour le moment, nous secoue de droite et de gauche, ne corrigeront pas ces anachronismes, quand nous serons parvenus au faîte et à l'apogée du progrès humain ; mais comment prophétiser un tel âge d'or, et même le croire possible !
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  • Par Jooh, le 01 août 2014

    Elle n’avait plus conscience du temps ni de l’espace. L’exaltation qu’elle faisait naître, en fixant une étoile, la saisissait maintenant à l’insu de sa volonté ; elle ondulait sur les notes grêles de la mauvaise harpe, et les harmonies passaient en elle comme des brises, lui faisant venir les larmes aux yeux. Elle croyait voir les notes flotter avec le pollen, et l’humidité lui semblait les pleurs du jardin, ému par ces accents.
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  • Par Aela, le 07 novembre 2012

    Pourquoi ne m’avez-vous pas dit qu’il y avait du danger avec les hommes ?
    Pourquoi ne m’avez-vous pas avertie ?
    Les dames savent contre quoi se défendre parce qu’elles lisent des romans qui leur parlent du danger qu’il y a avec les hommes.

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