Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 2012029973
Éditeur : Hachette (2013)


Note moyenne : 4.09/5 (sur 216 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Jeune paysanne innocente placée dans une famille, Tess est séduite puis abandonnée par Alec d'Urberville, un de ses jeunes maîtres. L'enfant qu'elle met au monde meurt en naissant.
Dans la puritaine société anglaise de la fin du XIXe siècle, c'est là une faute ir... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (31)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 11 septembre 2012

    LiliGalipette
    Pour avoir découvert qu'il est le descendant de l'illustre lignée des chevaliers d'Urberville, John Durbeyfield se pique de noblesse et envoie sa fille Tess entre les griffes d'un lointain cousin et véritable séducteur. La jeune fille a plus d'éducation et d'honnêteté que ses parents et se réclamer d'une lointaine parente lui fait horreur. « L'orgueil de Tess lui rendait le rôle de parente pauvre particulièrement antipathique. » (p. 45) Mais pour offrir son aide à sa famille, elle accepte la place que lui propose Alec d'Urberville et subit son odieuse séduction.
    Plusieurs années plus tard, pensant avoir expié sa faute et pouvoir mener une vie nouvelle, elle prend une place d'aide dans une laiterie et y rencontre Angel Clare, fils de pasteur qui apprend le métier de fermier. En dépit de l'affection réciproque qui la lie au jeune homme, Tess s'estime inférieure et déclassée et elle met longtemps à accepter la demande en demande de son amoureux. « Je ne veux pas me donner le grand bonheur de vous promettre d'être à vous parce que je suis sûre que je ne dois pas le faire. » (p. 227) Quand elle se rend enfin aux tendres arguments d'Angel et que le mariage approche, Tess craint que sa faute passée nuise à son bonheur futur. « Je ne me sens pas tranquille. […] Je puis être châtiée plus tard de toute cette chance par un tas de malheurs. » (p. 267) Foncièrement honnête, Tess ne peut s'empêcher d'avouer son ancienne souillure à Angel. Répondant ainsi aux mauvais présages qui ont entouré les noces des deux jeunes gens, l'aveu est un cataclysme. Angel sera long à pardonner la faute et la confession tardive. de son côté, Tess se désole une nouvelle fois de ses errances passées et attend sans espoir le pardon de son époux. « Elle pleura sur l'homme aimé, dont le jugement soumis aux conventions sociales avait causé tous ces derniers chagrins. » (p. 387)
    Tess est d'autant plus vertueuse qu'elle a péché et s'est repentie. Elle est une victime expiatoire à plusieurs degrés : elle expie d'abord pour avoir été séduite dans sa jeunesse, mais elle expie également pour toute la lignée des d'Urberville dont elle est pourtant la digne héritière au vu de sa noblesse de cœur. John Durbeyfield et son épouse Joan se piquent de grandeur et échafaudent des projets imbéciles sur des ambitions avinées, grossières et paresseuses qui causent la perte de Tess. « C'est bon d'être parent à un carrosse, même si vous roulez pas dedans. » (p. 33) Contrairement à son père qui se donne du Sir John, Tess mérite cette ascendance glorieuse à qui elle redonne un lustre et une fraîcheur toute naturelle. le roman célèbre d'ailleurs la nature et la pureté d'avant le progrès et critique fortement les machines agricoles qui dénaturent le travail et dévoient les hommes.
    Je voulais lire ce roman depuis longtemps et je ne suis pas déçue. Voilà un très bon roman anglais du 19° siècle sans rapport avec ceux de Jane Austen que j'apprécie beaucoup par ailleurs. La critique de la société y est moins ironique, plus franche et plus sinistre. Tess d'Urberville est une héroïne sacrifiée pour laquelle – c'est très palpable – son auteur a beaucoup d'affection. Impossible de ne pas compatir aux nombreux malheurs de la jeune fille. La plume de Thomas Hardy est solide et puissante. Si la morale distillée tout au long du texte a de quoi agacer par son côté définitif, il faut souligner qu'elle était parfaitement novatrice pour l'époque et c'est bien ce qui a valu à Tess d'Urberville d'être si largement censuré lors de sa publication.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 38         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 13 juin 2012

    juliette2a
    "Tess D'urberville" est l'un de ces livres que l'on peut difficilement oublier...J'ai vraiment adoré ce roman ; son histoire captivante nous mène au fin fond de l'Angleterre, dans le petit village de Marlott, John Durbeyfield vient d'apprendre par le pasteur Tringham qu'il est le descendant de la vieille famille des Urberville, composé de chevaliers et autres grands conquérants. Sir John va alors raconter cette nouvelle à sa femme et ses enfants et Tess, l'aînée, va devoir se rendre chez une famille parente située près de Kingsbere. Elle y rencontre donc Alec, son cousin, qui, après l'avoir séduite, l'abandonne. Tess, humiliée et méprisant désormais Alec, donne naissance à un enfant qui meurt peu de temps après.
    Voulant oublier définitivement sa vie passée, elle se fait engager dans la laiterie de Talbothays où elle fait la connaissance de trois autres laitières : Marianne, Izz et Retty ainsi que de celui dont elle va s'éprendre, Angel Clare. le bonheur arrive enfin pour Tess, cependant, le malheur viendra vite gâcher ses premiers émois amoureux et l'éloignera de celui qu'elle aime...
    Quelle bonne surprise ! J'ai particulièrement aimé l'évolution de la vie de Tess, cette pauvre héroïne si malchanceuse, avec une préférence, j'avoue pour les époques "Le Renouveau" et "La Conséquence", les plus belles, d'après moi, et bien évidemment les plus heureuses du roman. Quant aux personnages, j'ai ressenti beaucoup de pitié à l'égard de Tess, mais je me suis finalement attachée à elle ; de même, Angel a été pour moi un personnage attachant. Enfin, les trois laitières, Liza-Lou et Mrs. Joan Durbeyfield m'ont aussi touchées.
    Pour conclure, je voudrais dire que ce magnifique roman, bien que tragique, est un véritable chef-d'oeuvre de la littérature anglaise, dont l'auteur, Thomas Hardy, est, pour toujours, entré dans la lignée des brillants écrivains.
    A lire absolument !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 29         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Passionlectures, le 17 janvier 2012

    Passionlectures
    Décidément, les quatrièmes de couverture font parfois de ces raccourcis ! Reprenons : la famille de Tess Durbeyfield, jeune paysanne du Wessex, apprend par hasard qu'elle descend d'une grande et noble famille normande du temps de la fondation de l'Angleterre, les D'Urberville. Alors que la famille est dans la misère du fait d'une certaine indolence des parents, ils décident d'envoyer Tess chez une riche Madame D'Urberville habitant dans les alentours, afin d'être prise sous sa protection au titre de parente éloignée. A son arrivée, Tess sera surtout accueillie puis assaillie par son fils, Alec D'Urberville. Bien que Tess garde ses distances avec le jeune aristocrate, celui-ci profite d'un moment de faiblesse de sa part. Plusieurs mois plus tard, Tess, revenue chez ses parents, employée aux travaux des champs allaite péniblement un bébé. Lorsque celui meurt quelques jours après, elle décide de tourner le dos à son passé qui la ronge et part travailler dans une ferme dans une autre vallée, là où personne ne connaîtra son histoire. Et elle rencontre Angel Clare…
    Cette lecture fut longue, douloureuse, mais intense. J'ai ressenti vivement le style de Thomas Hardy, tout en sobriété et en psychologie, et en même temps, il a la capacité de convoquer devant nos yeux des tableaux champêtres ravissants. Car c'est un des contrastes forts sur lequel est basé le livre que l'évocation d'une sorte d'âge d'or des campagnes anglaises, avant l'arrivée des “machines” et du chemin de fer. Les jeunes paysannes dansent en bande dans les prés fleuris et les bois résonnent encore des accents druidesques des premiers temps. Et au milieu de cet univers clos, Tess et son destin tragique. Un peu plus éduquée que le reste de sa famille, elle parcourt le roman profondément marquée par sa faute, dont elle sent toute l'ampleur par sa morale et son honnêteté naturelles. Ce sont d'ailleurs ces traits de caractère, alliée à sa beauté innocente et sa simplicité, qui attireront sur elle les regards d'Angel, jeune fils de pasteur, qui verra en elle l'idéal de la jeune paysanne, complètement à l'opposé de la jeune fille des villes que ses parents veulent lui voir épouser.
    Dans ce roman, Thomas Hardy prend résolument la cause des femmes. En décrivant la descente aux enfers de Tess, il pointe du doigt sa dépendance totale aux deux hommes qui jalonneront sa route. Et comme aucun ne se montre à la hauteur (eh oui, même pas Angel !), chacun à sa façon, c'est Tess qui en subit plus que tout autre les conséquences. C'est en apprenant que le roman n'avait pu paraître que censuré à sa sortie, notamment sur l'épisode avec Alec D'Urberville, où l'on a forcé Hardy à dire que d'Urberville avait promis à Tess le mariage au moment où il profite d'elle, que je me suis rendue compte de la modernité de ce roman et de l'engagement de son auteur, alors même que cet épisode n'est absolument pas décrit dans le livre, juste suggéré. Traces de l'éducation d'Hardy, on retrouve dans le roman beaucoup de connotations religieuses : Tess elle-même n'a jamais été très croyante, mais beaucoup de personnages secondaires sont pasteurs et Hardy utilise souvent des comparaisons bibliques. On ne tombe jamais dans le pathos, on est toujours dans l'empathie, et ça marche, pour moi en tout cas (j'ai l'impression que ce roman ne fait pas du tout l'unanimité !).
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 9         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par nekomusume, le 27 mars 2012

    nekomusume
    Je viens de refermer le livre avec regret. Contrairement à nombre de ses contemporains, j'ai eu beaucoup de plaisir à lire ce livre. Sans se livrer à des descriptions interminables, il nous dépeint la vie des campanes anglaises avec justesse et précision. Les scènes sont bucoliques, on aurait presque envie de traire les vaches ou de marcher à travers champs comme Tess.
    Les personnages sont justes et complexes. On suit cette jeune fille, on s'attache à sa vie, ses manquements, ses espoirs, ses craintes. Naïvement séduite par un libertin au sortir de l'enfance, elle ne se jugera jamais digne d'inspirer à nouveau l'amour. Et pourtant elle est tellement naturelle, modeste, elle se juge tellement durement, qu'à aucun moment elle ne peut paraitre mauvaise, comme elle se décrit elle-même. C'est une héroïne moderne, qui a succombé à la tentation avant de connaitre l'amour. Comment pourrait-elle vivre au milieu de ses contemporains qui la jugent ? Elle sera éternellement sur les routes, en quête d'un endroit où enfin elle pourra trouver le bonheur. Hélas celui-ci est conditionné à l'amour d'Angel. Figure tellement rigide, archétype de cette société, qui rejette la tradition familiale, les conventions habituelles de sa classe mais rejettera Tess dès qu'elle lui avouera sa faute. Adoptant d'un bloc les préjugés de son époque, il fera leur malheur à tout deux.
    Autant Angel possède toutes les qualités pour en faire un mari idéal, autant son intransigeance est démesurée en ce qui concerne Tess. Toutefois, leur rupture est autant due à Tess : autant l'aveu paraissait inévitable compte tenu de son caractère, autant ses réticences à le supplier, sa soumission aux décisions de son mari ont empêchés une réconciliation. Sa fierté l'empêchant de demander de l'aide à ses beaux-parents la conduira d'abord à expier sa faute en augmentant ses souffrances, l'abandon de son mari ne lui suffisant apparemment pas. Seulement en se mettant dans cette situation précaire, elle se trouve particulièrement vulnérable pour son séducteur, réapparu inopinément dans sa vie.
    Alec D'urberville est un personnage curieux ; libertin mais attiré par Tess, au point que l'on pourrait le croire amoureux, constant dans son attirance même si il ne cherche pas à s'établir honnêtement. Malgré un passage mystique dans lequel il tente de trouver la rédemption, dès qu'il revoit Tess il replonge dans ses anciens travers et n'aura de cesse de poursuivre Tess jusqu'à ce qu'elle cède. Jouant de ses peurs profondes de ne jamais revoir Angel ; s'arrangeant pour être la providence pour sa famille qui est sa plus grande préoccupation, il révèle un côté manipulateur implacable sous des dehors amicaux. Son plus grand crime aux yeux de Tess sera pourtant de médire d'Angel quand il réapparait.
    Tess qui jusque là avait subit son séducteur, subit la cours et les demande en mariage d'Angel, subit la punition imposée par son mari, subit sa famille toujours dans le besoin, subit à nouveau son séducteur pour mettre sa famille à l'abri au point de se désincarner, se rebellera enfin contre Alec et contre la vie qui lui impose tant de souffrance. Seulement son geste sera passionnel, désespéré et plein d'amour. Une subite crise de folie et en même temps une pleine conscience de ses actes. Enfin elle pourra vivre quelques jours de bonheur avec son amour avant le dénouement tragique qu'elle accepte par avance. Ses dernières pensées seront encore une fois pour sa sœur afin de la protéger et pour transcender ainsi son amour.
    Les personnages de Tess et d'Angel sont particulièrement torturés par le carcan social de l'époque et leurs tentatives d'émancipation. Cela les rends attachant et l'on se prend à espérer une issue favorable à cette situation inextricable. Et pourtant, on sait que c'est impossible. Les quelques jours idylliques seront suffisant pour racheter les erreurs passée, et la tendresse finale avant la fin tragique de notre héroïne.
    J'ai quitté ce livre avec une grosse émotion, le regret que ce soit déjà terminé, que cela se termine ainsi, ne voyant pas comment ça aurait pu finir autrement… bref une impression durable, profonde.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 24 décembre 2007

    Woland
    Tess of the d'Urbervilles
    Traduction : Madeleine Rolland
    Quelquefois, le romancier tombe amoureux de son héros, que celui-ci soit ou non du même sexe que lui. le phénomène est très curieux parce que, au départ, le héros ou l'héroïne ne se distingue pas des autres héros ou héroïnes du même type. Il est un héros, et puis c'est tout. Mais lorsque le romancier s'enflamme pour lui, tout change et il se transforme soit en saint, soit en archétype, parfois même il devient les deux. Ainsi en est-il de Tess Durbeyfield ou plutôt d'Urberville.
    Tess est la fille aînée d'un revendeur de poules nommé John Durbeyfield à qui, lorsque commence le roman - à la construction impeccable - le pasteur du coin vient de révéler qu'il descend en droite ligne de l'antique famille des d'Urberville, qui avaient suivi le Bâtard de Normandie dans sa conquête de l'Angleterre.
    Durbeyfield et sa femme, Joan, ont l'idée assez saugrenue et tout-à-fait irresponsable d'envoyer Tess se réclamer de ce noble lien de parenté auprès de la vieille Mme d'Urberville qui vit à Kingsbere. Ce qu'ils ignorent, c'est que cette dame, aveugle depuis de longues années, s'appelait en réalité Stroke et ne s'était vu adjoindre la particule des d'Urberville à son patronyme qu'après que son mari l'eût rachetée après extinction de la famille. En outre, Tess ne la rencontre pas directement mais tombe sur son fils, Alec d'Urberville, beau garçon cynique et jouisseur qui, séduit par la beauté de la jeune fille, l'engage pour s'occuper de la basse-cour qui est la marotte de sa mère tout en lui faisant croire qu'il est, de fait, son cousin.
    Bien que Tess n'éprouve pour lui que méfiance, d'Urberville parvient à ses fins et il la garderait bien pour maîtresse si elle ne prenait la décision de s'enfuir pour retourner chez ses parents où elle accouche d'un petit garçon qu'elle baptisera elle-même, à sa mort, du nom de "Chagrin." (Oui, ça peut paraître mélo mais le plus étonnant, dans ce livre au style très, très moderne, c'est que justement, bien loin d'user du mélodrame, Thomas Hardy lui préfère une sobriété bien éloignée du XIXème siècle.)
    Après la mort de l'enfant, Tess reprend la route et se loue à la vaste laiterie des Cricks où le Hasard la remet en présence d'Angel Clare, fils de pasteur en révolte contre les usages de la société où il est né et qui rêve de se faire agriculteur et non pasteur, ainsi que le souhaitaient ses parents. Au tout début du livre, le jour même où le pasteur Tringham apprenait ses origines familiales au père de Tess, celle-ci avait dansé à une réunion villageoise et Angel, qui passait par là avec ses frères, était resté à contempler le spectacle.
    Mais alors qu'il ne l'avait pour ainsi dire pas remarquée lors de cette première rencontre, cette fois-ci, peu à peu, il tombe amoureux d'elle et lui demande de l'épouser ...
    Nous n'en sommes alors qu'à la moitié de ce livre qui se dévore sans effort tant le style se déroule en souplesse devant le lecteur, en parfaite harmonie avec les paysages ruraux du sud de l'Angleterre où Hardy plantait en général ses intrigues. La fin, on s'en doute - et on le sait si on a déjà vu l'admirable version filmée que donna de cette oeuvre majeure de son auteur le cinéaste Roman Polanski, en 1979 - est loin d'être heureuse . Mais il n'y en avait pas d'autre pour cette histoire toute drapée de la hiératique et cruelle beauté des tragédies grecques.
    Même si l'on peut estimer que Hardy, né à la campagne, idéalise un peu trop le monde rural, il ne reste qu'à s'incliner devant le courage et la virulence avec lesquels il vilipende non seulement la société et le sort qu'elle fait aux femmes mais aussi ceux qui, armés des meilleures intentions, il est vrai, tentent de les réformer sans avoir pris la précaution de se réformer eux-mêmes.
    Un grand, un très grand livre. De ceux que toute bibliothèque se doit d'honorer. ;o)
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la critique

> voir toutes (50)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Meduzantic, le 10 juin 2011

    Tout à coup, un après-midi, regardant sa beauté dans la glace, elle se mit à penser qu’il existait encore une date bien plus importante pour elle, la date de sa propre mort, quand ses charmes auraient disparu : jour caché, invisible et sournois parmi tous ceux de l’année, qui passait devant elle sans donner de signe et n’en était pas moins sûrement là. Quel était-il ? Pourquoi, quand venait chaque année, ne sentait-elle pas le frisson de cette froide et familière rencontre ?
    Comme Jeremy Taylor, elle songeait que, dans l’avenir, ceux qui l’auraient connue diraient : « C’est le tant…, le jour où est morte cette pauvre Tess Durbeyfield », et ces mots ne leur sembleraient pas étranges. De ce jour destiné à être le terme de son voyage dans le temps à travers les âges, elle ne connaissait ni le mois ni la semaine ni la saison ni l’année.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 13         Page de la citation

  • Par Aela, le 07 novembre 2012

    Pourquoi ne m’avez-vous pas dit qu’il y avait du danger avec les hommes ?
    Pourquoi ne m’avez-vous pas avertie ?
    Les dames savent contre quoi se défendre parce qu’elles lisent des romans qui leur parlent du danger qu’il y a avec les hommes.

    Commenter     J’apprécie          0 26         Page de la citation

  • Par ladyoga, le 26 avril 2013

    Ce jour-là, tandis qu’elle s’avançait dans sa robuste beauté de femme, ses douze ans se lisaient sur ses joues, ses neuf ans étincelaient dans ses yeux, et même de temps à autre sur la courbe de ses lèvres voltigeaient ses cinq ans.
    Cependant peu de gens le voyaient et moins encore y prenaient garde. Un petit nombre, surtout des étrangers, la regardaient longuement en passant, se laissaient momentanément fasciner par sa fraîcheur et se demandaient avec regret s’ils la reverraient, mais elle n’était pour la plupart qu’une belle et pittoresque paysanne, rien d'autre.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la citation

  • Par Carosand, le 26 février 2011

    Pauvres petits ! Me croire l'être le plus misérable de la terre en face d'une misère comme la vôtre ! s'écriait-elle ; et ses larmes coulaient pendant qu'elle tuait tendrement les oiseaux. Je ne sens pas la moindre douleur dans le corps ; je ne suis pas mutilée et je ne saigne pas, et j'ai deux mains pour me nourrir et me vêtir !
    Elle avait honte d'elle même et de sa mélancolie de la nuit, car sa souffrance venait seulement de la conscience de sa condamnation par une loi sociale arbitraire, qui n'avait son fondement dans aucune loi naturelle.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la citation

  • Par Gwordia, le 30 mars 2011

    Ainsi commença l'aventure. Si Tess avait deviné la portée de cette rencontre, elle eût pu demander pourquoi la fatalité voulait qu'elle fût aperçue et convoitée ce jour-là par l'homme qui n'était pas fait pour elle, et non par quelque autre, par celui qui eût été désirable à tous égards, autant que l'humanité peut en fournir de ce genre ; et cependant, parmi ceux qu'elle avait rencontrés, l'homme qui serait le plus rapproché de cet idéal ne conservait d'elle qu'une impression passagère, à demi oubliée.

    Dans l'exécution malhabile du plan habile et sage des choses, celui qui doit venir vient rarement à l'appel ; l'être que l'on aimerait n'arrive guère à l'heure de l'amour. La Nature dit bien peu souvent à sa pauvre créature : "Regarde !" à l'instant où ce regard pourrait conduire au bonheur ; et au cri de "Où es-tu ?" elle ne répond "Ici !" qu'une fois le jeu de cache-cache devenu lassant et fastidieux. On voudrait savoir si une intuition plus délicate, une interaction plus intime du mécanisme social qui, pour le moment, nous secoue de droite et de gauche, ne corrigeront pas ces anachronismes, quand nous serons parvenus au faîte et à l'apogée du progrès humain ; mais comment prophétiser un tel âge d'or, et même le croire possible !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 2         Page de la citation

> voir toutes (57)

Videos de Thomas Hardy

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Thomas Hardy

"Tess d'Urberville" Livre vidéo. Non sous-titré. Non traduit.








Sur Amazon
à partir de :
17,10 € (neuf)

   

Faire découvrir Tess d'Urberville par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (623)

> voir plus

Quiz