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Le chant de Dolorès de
Wally Lamb
« Dans quelle mesure le dilemme de Hamlet nous renvoie-t-il à la condition de l’homme moderne ? » a demandé ma prof de littérature. Devant moi, les autres élèves toussaient et soupiraient, ne s’arrêtant d’écrire que pour secouer leur main engourdie. Je savais ce qu’elle attendait : elle voulait qu’on lui parle d’aliénation –du sentiment de solitude et d’abandon. Elle voulait qu’assise à ma table sur mesures –parce que j’étais trop grosse pour les pupitres normaux- je m’apitoie sur Hamlet. Tout au long de l’année ses yeux m’avaient évitée, comme si je n’existais pas. J’étais le monstre invisible. Mais moi, je me fichais royalement de ce connard de Hamlet et de son dilemme à la con. Celui qui me faisait pitié, c’était le vieux roi, le fantôme, celui qui avait bu le poison et était mort alors que les autres continuaient à vivre comme si de rien n’était.
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Le chant de Dolorès de
Wally Lamb
- Tu ne me connais pas ? Bien sûr que si. Je ne comprends pas où tu veux en venir.
- Je veux dire qu’il y a des choses que je ne sais pas sur toi, comme… Par exemple, je ne sais pas comment grand-père et toit vous vous êtes rencontrés. Quel genre de vie vous avez eue.
Elle a soupiré, écœurée.
- Bon, je sais bien que tous tes psycho-machinchoses t’ont fait du bien. Ils t’ont aidée à oublier ce que ce tordu du second t’avait fait. Et la mort de ta mère… Mais ton grand-père et moi on a travaillé dur toute notre vie, et rien d’autre. On n’avait pas le temps de se poser des questions à cette époque-là. De couper les cheveux en quatre. Il y a de l’eau qui a coulé sous les ponts depuis. J’en ai oublié les trois quarts.
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Par naisyl44, le 02/07/2012
Le chagrin et la grâce de
Wally Lamb
les gens qui traînent les autres comme des sous hommes ne doivent pas s'étonner que le pain qu'ils ont jeté sur l'eau leur revienne empoisonné
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Par line70, le 23/03/2011
Le chant de Dolorès de
Wally Lamb
Les gens gâchent leur bonheur - c'est ce qui me rend triste. Les gens ont une trouille bleue d'être heureux.
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Par marmarly, le 16/08/2012
Le chagrin et la grâce de
Wally Lamb
Vous avez tué mon fils, madame Quirk, et chaque jour vous m'arrachez le coeur de la poitrine. Parce que, de la même façon que vous ne connaitrez jamais la profondeur de l'amour d'une mère, vous ne connaitrez jamais la profondeur de sa souffrance quand elle doit enterrer son enfant.
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Le chant de Dolorès de
Wally Lamb
Le problème, quand on est sous l’eau, c’est que tôt ou tard on est obligé de remonter à la surface.
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Le chant de Dolorès de
Wally Lamb
De retour dans la salle de repos, j’ai dîné à la lueur de la torche électrique. Deux Sprite achetés dans le distributeur, et un sachet géant de noix de macadamia. Comme dessert j’ai mangé un rouleau de caramels et des boules de coco. Je les ai mangées comme j’avais l’habitude de le faire à Easterly : j’ôtais d’abord le chapeau, puis je faisais deux entailles dans la croûte avec les incisives. Après quoi, je prenais une gorgée de soda et je laissais la meringue fondre dans ma bouche. Le rituel m’a réconfortée et déçue à la fois. On avait beau faire, on était toujours la même personne, quelles que soient les circonstances.
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Le chant de Dolorès de
Wally Lamb
Lorsqu’elle a parlé ses yeux étaient brillants de larmes.
- Moi aussi, j’ai peur. Peur que tu finisses comme moi.
Ca, c’était la meilleure. C’était mon drame personnel. Pourquoi fallait-il qu’elle rapporte tout à elle ?
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Le chant de Dolorès de
Wally Lamb
Développer des photos a eu sur moi un effet thérapeutique. Tous ces gens qui nous envoyaient leurs photos à développer étaient incroyablement confiants et vulnérables. Ils vous donnaient leurs nom et adresse en indiquant quels clichés ils voulaient garder –des bébés assis sur leurs pots ; des aïeux en train de fêter leur anniversaire de mariage ; des amants à demi nus endormis dans un lit. Quand c’était la pause, on pouvait sortir et écouter les vagues – je fermais les yeux et les visages radieux des photos continuaient à défiler dans ma tête.
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Par litolff, le 23/06/2010
Le chagrin et la grâce de
Wally Lamb
Ce week-end là, à Denver, j'entrai dans une librairie. Je voulais fouiner pour le plaisir. Au lieu de ça, je ressortis avec une brassée de livres pour Velvet.
Elle les lut tous : Tolkien, Ursula K. Le Guin, H.G. Wells. Elle rechigna d'abord devant Dickens, mais après avoir dévoré tout le reste, elle s'attaqua à De grandes espérances. "Je croyais que ça serait nul, mais non, me dit-elle à mi-lecture. Ce mec a tout pigé.
- Pigé quoi ?
- Comment les adultes foutent la merde dans la tête des gosses.
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