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Anthologie poétique amoureuse0Ajouter à mes livres
« Un beau corps de femme est la meilleure lampe de chevet », assure le Mauricien Malcolm de Chazal, qui ajoute : « Dormir à deux rend la nuit moins opaque. » De tout temps, les poètes ont considéré l'amour comme la suprême illumination, l'orage désiré, la minuterie tran... > voir plus
Au bout de l’amour il y a l’amour.
Au bout du désir il n’y a rien.
L’amour n’a ni commencement ni fin.
il ne naît pas, il ressuscite.
il ne rencontre pas. Il reconnaît.
il se réveille comme après un songe
dont la mémoire aurait perdu les clefs.
il se réveille les yeux clairs
et prêt à vivre sa journée.
Mais le désir insomniaque meurt à l’aube
après avoir lutté toute la nuit.
Parfois l’amour et le désir dorment ensemble.
Et ces nuits-là on voit la lune et le soleil.
Aujourd’hui dans tes bras j’ai demeuré pâmée,
Aujourd’hui, cher Tirsis, ton amoureuse ardeur
Triomphe impunément de toute ma pudeur
Et je cède aux transports dont mon âme est charmée.
Ta flamme et ton respect m’ont enfin désarmée;
Dans nos embrasements, je mets tout mon bonheur
Et je ne connais plus de vertu ni d’honneur
Puisque j’aime Tirsis et que j’en suis aimée.
Ô vous, faibles esprits, qui ne connaissez pas
Les plaisirs les plus doux que l’on goûte ici-bas,
Apprenez les transports dont mon âme est ravie!
Une douce langueur m’ôte le sentiment,
Je meurs entre les bras de mon fidèle Amant,
Et c’est dans cette mort que je trouve la vie.
Je vous aime, mon corps, qui fûtes son désir,
Son champ de jouissance et son jardin d’extase
Où se retrouve encor le goût de son plaisir
Comme un rare parfum dans un précieux vase.
Je vous aime, mes yeux, qui restiez éblouis
Dans l’émerveillement qu’il traînait à sa suite
Et qui gardez au fond de vous, comme en deux puits,
Le reflet persistant de sa beauté détruite.
Je vous aime, mes bras, qui mettiez à son cou
Le souple enlacement des languides tendresses.
Je vous aime, mes doigts experts, qui saviez où
Prodiguer mieux le lent frôlement des caresses.
Je vous aime, mon front, où bouillonne sans fin
Ma pensée à la sienne à jamais enchaînée
Et pour avoir saigné sous sa morsure, enfin,
Je vous aime surtout, ô ma bouche fanée.
Je vous aime, mon cœur, qui scandiez à grands coups
Le rythme exaspéré des amoureuses fièvres,
Et mes pieds nus noués aux siens et mes genoux
Rivés à ses genoux et ma peau sous ses lèvres.
Lorsque tu iras aux collines de mai
voir se lever une lune de cuivre,
un grand genêt d’abeilles jaillira,
bourdonnant de mon cœur entre tes bras,
en mémoire de moi.
Lorsque livrée aux lumières des plages.
tu fouleras les sables d’autrefois,
un bel oiseau d’écume chantera
comme un cristal dans le soleil des âges,
en mémoire de moi.
Lorsqu’endormie, à toi-même donnée,
environnée du vol des souvenirs,
la nuit sera ta blanche solitude,
un silence de fleur s’éveillera
en mémoire de moi.
Lorsqu’étrangère, en une ville de douleur,
l’aube durcira tes paupières,
les douces larmes d’une pluie d’été
te berceront de musiques lointaines,
en mémoire de moi.