> René Char (Autre)
> Louis Forestier (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070319555
Éditeur : Gallimard (1973)


Note moyenne : 4.51/5 (sur 39 notes) Ajouter à mes livres
Si l'on devait citer le poète qui a exercé l'influence la plus profonde sur la poésie du début du XXe siècle, il faudrait nommer Rimbaud. Avec plus de hardiesse encore que Baudelaire, il a étendu le champ d'exploration de la poésie. Avant lui, l'expérience poétique étai... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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  • Par michelayala, le 19 mai 2012

    michelayala
    Dans une notice, voici ce que j'ai pu y lire: «Les Illuminations ont le voile mystérieux de l'énigme. La critique littéraire s'interroge toujours sur la date de composition de ces proses rimbaldiennes. le point est important: il détermine l'optique que l'on a de l'ascension créatrice d'Arthur RIMBAUD. Les Illuminations sont-elles l'exercice du Voyant qui les aurait composées avant Une saison en enfer, ou la flore géniale d'un esprit qui a dépassé les hantises adolescentes pour s'aboucher au souffle redécouvert de la poésie vraie?»
    Ce passage paraît difficile à saisir mais il l'est moins après la lecture, que dis-je, plutôt le contexte d'écriture des Illuminations.
    Tout d'abord, Les Illuminations est un recueil de poèmes dont la rédaction a duré trois années.
    Rimbaud était lié à Verlaine, ce n'est un secret pour personne, et ces longs voyages faits entre eux à travers l'Europe ont favorisé leur amour, mais aussi l'écriture, beaucoup de concertation, d'effusion parfois. On parle aussi d'adolescence, mais il faut se souvenir aussi que RIMBAUD a écrit la plus grande partie de son œuvre poétique entre 16 et 20 ans. Son écriture était aussi violente et impulsive que son caractère, sa jeunesse libérée, son mal-être surtout. Souvenez-vous du «bateau ivre», ou bien «le dormeur du val»?
    Malgré ça tout n'est pas saisissable chez le poète, parfois déroutant, pourrions-nous dire.
    Considérons «Barbare» par exemple. «Les brasiers et les écumes. La musique, virement des gouffres et choc des glaçons aux astres… ». Faute d'avoir pu déchiffrer cette énigme de mots, le lecteur ne peut aller au bout des intentions pourtant très construites de RIMBAUD.
    A défaut de savoir, nous sommes condamnés à rester à la surface de son livre.
    Nous devinons un texte à la tournure paradoxale, des propos ambigus, un réquisitoire ardent, enfin le rêve fou d'un monde nouveau.
    Déjà, on pressent que Rimbaud est à la recherche de formes nouvelles du langage.
    Poète maudit comme on eut parlé de lui, RIMBAUD n'en reste pas moins un poète hors norme dont l'œuvre ressemble à sa vie, c'est-à-dire incluant une notion de défi, de mystère, certainement valeur de combat.
    Les textes du poète constituerait-il la clé de voute de la poésie française? Nous n'en sommes pas loin.
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Citations et extraits

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  • Par LiliGalipette, le 19 juin 2011

    « Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s’ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient.

    Un soir, j’ai assis la Beauté sur mes genoux. — Et je l’ai trouvée amère. — Et je l’ai injuriée.

    Je me suis armé contre la justice.

    Je me suis enfui. Ô sorcières, ô misère, ô haine, c’est à vous que mon trésor a été confié !

    Je parvins à faire s’évanouir dans mon esprit toute l’espérance humaine. Sur toute joie pour l’étrangler j’ai fait le bond sourd de la bête féroce.

    J’ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre la crosse de leurs fusils. J’ai appelé les fléaux, pour m’étouffer avec le sable, le sang. Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l’air du crime. Et j’ai joué de bons tours à la folie.

    Et le printemps m’a apporté l’affreux rire de l’idiot.

    Or, tout dernièrement m’étant trouvé sur le point de faire le dernier couac ! j’ai songé à rechercher la clef du festin ancien, où je reprendrais peut-être appétit.

    La charité est cette clef. — Cette inspiration prouve que j’ai rêvé !

    « Tu resteras hyène, etc…, » se récrie le démon qui me couronna de si aimables pavots. « Gagne la mort avec tous tes appétits, et ton égoïsme et tous les péchés capitaux. » Ah ! j’en ai trop pris : — Mais, cher Satan, je vous en conjure, une prunelle moins irritée ! et en attendant les quelques petites lâchetés en retard, vous qui aimez dans l’écrivain l’absence des facultés descriptives ou instructives, je vous détache ces quelques hideux feuillets de mon carnet de damné.




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  • Par LiliGalipette, le 19 juin 2011

    « Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s’ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient.

    Un soir, j’ai assis la Beauté sur mes genoux. — Et je l’ai trouvée amère. — Et je l’ai injuriée.

    Je me suis armé contre la justice.

    Je me suis enfui. Ô sorcières, ô misère, ô haine, c’est à vous que mon trésor a été confié !

    Je parvins à faire s’évanouir dans mon esprit toute l’espérance humaine. Sur toute joie pour l’étrangler j’ai fait le bond sourd de la bête féroce.

    J’ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre la crosse de leurs fusils. J’ai appelé les fléaux, pour m’étouffer avec le sable, le sang. Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l’air du crime. Et j’ai joué de bons tours à la folie.

    Et le printemps m’a apporté l’affreux rire de l’idiot.

    Or, tout dernièrement m’étant trouvé sur le point de faire le dernier couac ! j’ai songé à rechercher la clef du festin ancien, où je reprendrais peut-être appétit.

    La charité est cette clef. — Cette inspiration prouve que j’ai rêvé !

    « Tu resteras hyène, etc…, » se récrie le démon qui me couronna de si aimables pavots. « Gagne la mort avec tous tes appétits, et ton égoïsme et tous les péchés capitaux. » Ah ! j’en ai trop pris : — Mais, cher Satan, je vous en conjure, une prunelle moins irritée ! et en attendant les quelques petites lâchetés en retard, vous qui aimez dans l’écrivain l’absence des facultés descriptives ou instructives, je vous détache ces quelques hideux feuillets de mon carnet de damné.




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  • Par LiliGalipette, le 19 juin 2011

    J’ai de mes ancêtres gaulois l’œil bleu blanc, la cervelle étroite, et la maladresse dans la lutte. Je trouve mon habillement aussi barbare que le leur. Mais je ne beurre pas ma chevelure.

    Les Gaulois étaient les écorcheurs de bêtes, les brûleurs d’herbes les plus ineptes de leur temps.

    D’eux, j’ai : l’idolâtrie et l’amour du sacrilège ; — oh ! tous les vices, colère, luxure, — magnifique, la luxure ; — surtout mensonge et paresse.

    J’ai horreur de tous les métiers. Maîtres et ouvriers, tous paysans, ignobles. La main à plume vaut la main à charrue. — Quel siècle à mains ! — Je n’aurai jamais ma main. Après, la domesticité même trop loin. L’honnêteté de la mendicité me navre. Les criminels dégoûtent comme des châtrés : moi, je suis intact, et ça m’est égal.

    Mais ! qui a fait ma langue perfide tellement, qu’elle ait guidé et sauvegardé jusqu’ici ma paresse ? Sans me servir pour vivre même de mon corps, et plus oisif que le crapaud, j’ai vécu partout. Pas une famille d’Europe que je ne connaisse. — J’entends des familles comme la mienne, qui tiennent tout de la déclaration des Droits de l’Homme. — J’ai connu chaque fils de famille !

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  • Par ignatus-reilly, le 03 juin 2010

    J'ai de mes ancêtres gaulois l'œil bleu blanc, la cervelle étroite et la maladresse dans la lutte Je trouve mon habillement aussi barbare que le leur. Mais je ne beurre pas ma chevelure.
    Les Gaulois étaient des écorcheurs de bêtes, les brûleurs d'herbe les plus ineptes de leur temps.
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  • Par Margotte, le 25 mai 2010

    On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
    - Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
    Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
    - On va sous les tilleuls verts de la promenade.
    Rimbaud, Roman (Poésies)
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