Dans une notice, voici ce que j'ai pu y lire: «
Les Illuminations ont le voile mystérieux de l'énigme. La critique littéraire s'interroge toujours sur la date de composition de ces proses rimbaldiennes. le point est important: il détermine l'optique que l'on a de l'ascension créatrice d'
Arthur RIMBAUD.
Les Illuminations sont-elles l'exercice du Voyant qui les aurait composées avant
Une saison en enfer, ou la flore géniale d'un esprit qui a dépassé les hantises adolescentes pour s'aboucher au souffle redécouvert de la poésie vraie?»
Ce passage paraît difficile à saisir mais il l'est moins après la lecture, que dis-je, plutôt le contexte d'écriture des
Illuminations.
Tout d'abord,
Les Illuminations est un recueil de poèmes dont la rédaction a duré trois années.
Rimbaud était lié à
Verlaine, ce n'est un secret pour personne, et ces longs voyages faits entre eux à travers l'Europe ont favorisé leur amour, mais aussi l'écriture, beaucoup de concertation, d'effusion parfois. On parle aussi d'adolescence, mais il faut se souvenir aussi que
RIMBAUD a écrit la plus grande partie de son œuvre poétique entre 16 et 20 ans. Son écriture était aussi violente et impulsive que son caractère, sa jeunesse libérée, son mal-être surtout. Souvenez-vous du «bateau ivre», ou bien «le dormeur du val»?
Malgré ça tout n'est pas saisissable chez le poète, parfois déroutant, pourrions-nous dire.
Considérons «Barbare» par exemple. «Les brasiers et les écumes. La musique, virement des gouffres et choc des glaçons aux astres… ». Faute d'avoir pu déchiffrer cette énigme de mots, le lecteur ne peut aller au bout des intentions pourtant très construites de
RIMBAUD.
A défaut de savoir, nous sommes condamnés à rester à la surface de son livre.
Nous devinons un texte à la tournure paradoxale, des propos ambigus, un réquisitoire ardent, enfin le rêve fou d'un monde nouveau.
Déjà, on pressent que
Rimbaud est à la recherche de formes nouvelles du langage.
Poète maudit comme on eut parlé de lui,
RIMBAUD n'en reste pas moins un poète hors norme dont l'œuvre ressemble à sa vie, c'est-à-dire incluant une notion de défi, de mystère, certainement valeur de combat.
Les textes du poète constituerait-il la clé de voute de la poésie française? Nous n'en sommes pas loin.