Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique


> René Char (Autre)
> Louis Forestier (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070319555
Éditeur : Gallimard (1973)


Note moyenne : 4.36/5 (sur 158 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Comment lire Rimbaud aujourd'hui ?

Collégien trop précoce; adolescent trop pervers; poète trop différent; mystique trop incroyant ou incroyant trop mystique; aventurier trop cupide. Tout est démesure chez Rimbaud; rien n'y est indifférent. Le lecteur ne p... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

Critiques, analyses et avis (2)

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par Tempuslegendae, le 30 décembre 2013

    Tempuslegendae
    Il y a quelques années, presque jour pour jour, je me souviens avoir visité ce que fut la maison d'Arthur RIMBAUD à Charleville- Mézières, le fief du poète. Je me rappelle aussi d'avoir lu un poème qui m'avait beaucoup ému, il s'agissait des «Etrennes des Orphelins»:
    «La chambre est pleine d'ombre; on entend vaguement
    De deux enfants le triste et doux chuchotement.
    Leur front se penche, encore alourdi par le rêve,
    Sous le long rideau blanc qui tremble et se soulève…
    - Au dehors les oiseaux se rapprochent frileux;
    Leur aile s'engourdit sous le ton gris des cieux;
    Et la nouvelle Année, à la suite brumeuse,
    Laissant trainer les plis de sa robe neigeuse,
    Sourit avec des pleurs, et chante en grelottant…
    En sortant du musée, demeure éternelle de Rimbaud, je longeais le bord de la Meuse rejoignant la Place Ducale et je me souviens qu'il faisait froid ce jour-là, intensément froid…
    Et je pensais à ce poète maudit, moqueur des «bavures de pipeaux», n'hésitant pas à faire sauter la paralysante citadelle de la Poésie française située au belvédère lyrique de son époque. Car, sans nul doute, en répudiant la langue morte de ses ancêtres poètes, Rimbaud trouvait enfin la sienne, propre, il devenait enfin apte à se faire voyant et voleur de feu, ici briseur de glace. Il savait désormais que, pour reprendre les termes mêmes de la Lettre du voyant, qu'«inspecter l'invisible et entendre l'inouï» est bien «autre chose que reprendre l'esprit des choses mortes».
    Je préfère rester lucide, et me dire qu'après ça il n'y a rien à rajouter, seulement nous rappeler que la littérature sait à sa façon formuler ses vœux les meilleurs , sans ne jamais oublier personne.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          9 21         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par zenzibar, le 24 février 2013

    zenzibar
    "L'homme aux semelles de vent", "l'étoile filante", "le Mozart de la poésie française", pas difficile même pour un apprenti,critique de présenter Arthur Rimbaud et sa trilogie culte, Poésies, Illuminations et Une saison en enfer. Aujourd'hui encore Rimbaud demeure une énigme malgré de nombreuses études qui lui ont été consacrées. Sa place dans le panthéon littéraire demeure incertaine, toujours difficile à classer. Ses Poésies constituent quelques unes des plus belles pages de la poésie française : "le dormeur du val" , "sensations", "voyelles" ....et son chef d'œuvre "Le bateau Ivre". Des poèmes en vers ou en prose créatifs, flamboyants, puissants.
    Au risque de passer pour un iconoclaste C'est grâce à la lecture de Rimbaud que j'ai découvert que la poésie ce n'était pas de la comptabilité de vers, de pieds, de syllabes, qu'un poète ce n'était pas un rédacteur d'actes notariés "jolis"
    Rimbaud un OVNI incandescent encore aujourd'hui
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 2         Page de la critique

> voir toutes (12)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par LiliGalipette, le 19 juin 2011

    « Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s’ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient.

    Un soir, j’ai assis la Beauté sur mes genoux. — Et je l’ai trouvée amère. — Et je l’ai injuriée.

    Je me suis armé contre la justice.

    Je me suis enfui. Ô sorcières, ô misère, ô haine, c’est à vous que mon trésor a été confié !

    Je parvins à faire s’évanouir dans mon esprit toute l’espérance humaine. Sur toute joie pour l’étrangler j’ai fait le bond sourd de la bête féroce.

    J’ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre la crosse de leurs fusils. J’ai appelé les fléaux, pour m’étouffer avec le sable, le sang. Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l’air du crime. Et j’ai joué de bons tours à la folie.

    Et le printemps m’a apporté l’affreux rire de l’idiot.

    Or, tout dernièrement m’étant trouvé sur le point de faire le dernier couac ! j’ai songé à rechercher la clef du festin ancien, où je reprendrais peut-être appétit.

    La charité est cette clef. — Cette inspiration prouve que j’ai rêvé !

    « Tu resteras hyène, etc…, » se récrie le démon qui me couronna de si aimables pavots. « Gagne la mort avec tous tes appétits, et ton égoïsme et tous les péchés capitaux. » Ah ! j’en ai trop pris : — Mais, cher Satan, je vous en conjure, une prunelle moins irritée ! et en attendant les quelques petites lâchetés en retard, vous qui aimez dans l’écrivain l’absence des facultés descriptives ou instructives, je vous détache ces quelques hideux feuillets de mon carnet de damné.




    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la citation

  • Par LiliGalipette, le 19 juin 2011

    « Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s’ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient.

    Un soir, j’ai assis la Beauté sur mes genoux. — Et je l’ai trouvée amère. — Et je l’ai injuriée.

    Je me suis armé contre la justice.

    Je me suis enfui. Ô sorcières, ô misère, ô haine, c’est à vous que mon trésor a été confié !

    Je parvins à faire s’évanouir dans mon esprit toute l’espérance humaine. Sur toute joie pour l’étrangler j’ai fait le bond sourd de la bête féroce.

    J’ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre la crosse de leurs fusils. J’ai appelé les fléaux, pour m’étouffer avec le sable, le sang. Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l’air du crime. Et j’ai joué de bons tours à la folie.

    Et le printemps m’a apporté l’affreux rire de l’idiot.

    Or, tout dernièrement m’étant trouvé sur le point de faire le dernier couac ! j’ai songé à rechercher la clef du festin ancien, où je reprendrais peut-être appétit.

    La charité est cette clef. — Cette inspiration prouve que j’ai rêvé !

    « Tu resteras hyène, etc…, » se récrie le démon qui me couronna de si aimables pavots. « Gagne la mort avec tous tes appétits, et ton égoïsme et tous les péchés capitaux. » Ah ! j’en ai trop pris : — Mais, cher Satan, je vous en conjure, une prunelle moins irritée ! et en attendant les quelques petites lâchetés en retard, vous qui aimez dans l’écrivain l’absence des facultés descriptives ou instructives, je vous détache ces quelques hideux feuillets de mon carnet de damné.




    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 2         Page de la citation

  • Par LiliGalipette, le 19 juin 2011

    J’ai de mes ancêtres gaulois l’œil bleu blanc, la cervelle étroite, et la maladresse dans la lutte. Je trouve mon habillement aussi barbare que le leur. Mais je ne beurre pas ma chevelure.

    Les Gaulois étaient les écorcheurs de bêtes, les brûleurs d’herbes les plus ineptes de leur temps.

    D’eux, j’ai : l’idolâtrie et l’amour du sacrilège ; — oh ! tous les vices, colère, luxure, — magnifique, la luxure ; — surtout mensonge et paresse.

    J’ai horreur de tous les métiers. Maîtres et ouvriers, tous paysans, ignobles. La main à plume vaut la main à charrue. — Quel siècle à mains ! — Je n’aurai jamais ma main. Après, la domesticité même trop loin. L’honnêteté de la mendicité me navre. Les criminels dégoûtent comme des châtrés : moi, je suis intact, et ça m’est égal.

    Mais ! qui a fait ma langue perfide tellement, qu’elle ait guidé et sauvegardé jusqu’ici ma paresse ? Sans me servir pour vivre même de mon corps, et plus oisif que le crapaud, j’ai vécu partout. Pas une famille d’Europe que je ne connaisse. — J’entends des familles comme la mienne, qui tiennent tout de la déclaration des Droits de l’Homme. — J’ai connu chaque fils de famille !

    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 2         Page de la citation

  • Par ignatus-reilly, le 03 juin 2010

    J'ai de mes ancêtres gaulois l'œil bleu blanc, la cervelle étroite et la maladresse dans la lutte Je trouve mon habillement aussi barbare que le leur. Mais je ne beurre pas ma chevelure.
    Les Gaulois étaient des écorcheurs de bêtes, les brûleurs d'herbe les plus ineptes de leur temps.

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la citation

  • Par Margotte, le 25 mai 2010

    On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
    - Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
    Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
    - On va sous les tilleuls verts de la promenade.
    Rimbaud, Roman (Poésies)

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la citation







Sur Amazon
à partir de :
6,47 € (neuf)
0,89 € (occasion)

   

Faire découvrir Poésies par :

  • Mail
  • Blog

Découvrez la collection Folio

> voir plus

Lecteurs (626)

> voir plus

Quiz