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ISBN : 2070367622
Éditeur : Gallimard (1976)


Note moyenne : 4.34/5 (sur 1115 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Epanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara...
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maint... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 14 septembre 2012

    Malaura
    C'est…
    De l'amour à la mort,
    De la vie et du temps,
    Des saisons, des Chansons,
    Des mots tendres, des jurons,
    De la guerre et des « Pater Noster »,
    Et des épiphanies et des Paris la nuit,
    C'est tout un « inventaire »,
    Et c'est un univers « Place du carrousel » ou à la « rue de Seine »,
    « La lanterne magique » de Prévert.
    C'est…
    Des saynètes, des Histoires, des pièces et des sketches,
    Des complaintes à rengaines, refrains à entonner, Chansons à fredonner,
    Pour geôlier amoureux, pour escargots en deuil…
    Et des effets de style et des faits stylisés, vers libres et pieds nickelés.
    Et des rimes à rire et puis des jeux de mots,
    « Quartier libre » pour humour noir et pitreries,
    « Ordre nouveau » pour calembours et contrepèteries.
    « Devinettes aimables, farces du bon vieux temps »,
    « Composition française » et leçon de syntaxe,
    En « Page d'écriture » ou en « écritures saintes »,
    Pour « Cancre » à « Alicante ».
    Et puis aussi des métaphores ou bien encore des anaphores qui se font aphorismes,
    Et des associations, et des répétitions, des allitérations sans altération,
    De « grandes inventions » langagières doublées d'un parler populaire,
    Un art de la tournure, le sens de la formule, un brin de parodie dans la caricature.
    Et des images et des allégories,
    Et puis de la musique, des notes qui s'envolent,
    Et puis de la peinture, des couleurs, des symboles,
    Des cages que l'on ouvre et de la liberté
    Sans frein ni fin, sans tabou ni « sacrosaint ».
    Des palabres, des palabres…
    En plaidoyers, en plaidoiries, en prédications, en homélies, en harangues, en causeries…
    Et des mots tout cela, rien que des mots,
    Des Paroles… mais signées Prévert
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    • Livres 5.00/5
    Par Tempuslegendae, le 12 novembre 2012

    Tempuslegendae
    On reconnait volontiers l'homme mégotant du bout des lèvres, sa casquette posée sur une tête ronde aux grands yeux verts. Il nous regarde de son air inquisiteur, moqueur: le titi des années 30 n'a rien perdu de sa superbe; son allure d'enfant qu'il n'a jamais voulu quitter en rendrait jaloux plus d'un. Il a su rester jeune, et c'est tant mieux. Parfois, j'ai envie de l'appeler le Gabin de la poésie, mais ceci n'appartient qu'à moi. Qui est ce poète des temps modernes, dont l'œuvre est le lieu d'une véritable rénovation du langage poétique? Osons le dire, Monsieur PRÉVERT a bousculé de son génie la «poésie pure», désormais baptisée dans la dépendance de l'événement. le poète ne joue sur aucun mot, pour lui, aucune phrase n'est gratuite, son travail est si méticuleux qu'il nettoie tout sur son passage quitte à démystifier ce qui ne l'a jamais été. Pour un enfant des rues dont la culture n'a pas été gratifiée par le rang, on en déduit vite une autodidaxie aiguë. Jeune surréaliste, il connaîtra de nombreux succès, tant sur les planches qu'au cinéma. Bref, son engouement et son talent séduisent à tout va. Activités multiples, mais qui toutes relèvent du même élan, pour dire, pour montrer, et pour écrire. Dans ses «Paroles», on peut lire par exemple ceci: «Je suis allée au marché aux oiseaux et j'ai acheté des oiseaux pour toi mon amour. Je suis allé au marché aux fleurs et j'ai acheté des fleurs pour toi mon amour. Je suis allé au marché à la ferraille et j'ai acheté des chaînes, des lourdes chaînes pour toi mon amour. Et puis je suis allé au marché aux esclaves et je t'ai cherchée mais je ne t'ai pas trouvée mon amour».
    Chez PRÉVERT, chaque mot a sa place, rien n'est laissé au hasard. Rolland de Rebéville avait qualifié ses textes de «poésie intempestive». Peut-être parce que «ses Paroles» refusent dans le fond toute spéculation intellectuelle. Peut-être aussi parce que les hommes ont tendance à se perdre dans leurs pensées; en s'isolant du monde extérieur, ils se coupent de toute possibilité d'émerveillement et de colère, en un mot, de passion, face aux vicissitudes d'un monde actuel, aux «pépins de la réalité».
    PREVERT écrit une «poésie vivante» qu'un hebdomadaire avait définie comme suit: «La poésie, c'est un des plus vrais, un des plus utiles surnoms de la vie».Vraiment, chapeau bas au journaliste qui avait écrit ceci.
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    • Livres 5.00/5
    Par paroles, le 21 janvier 2013

    paroles
    De quoi parle t'on ici ?
    De la pluie et du beau temps ? Bien sûr.
    De guerre et de violence ? Aussi, hélas, le monde n'est pas sage.
    D'enfant et de cancre ? Cela arrive parfois.
    D'amour ? Toujours.
    De fête et de banquet ? Quand sonne l'heure.
    Et bien sûr d'un raton laveur...
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    • Livres 4.00/5
    Par lecassin, le 26 novembre 2014

    lecassin
    « Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
    C’est la meute des honnêtes gens qui fait la chasse à l’enfant »
    C’est avec « Paroles » qu’en 1971, je suis alors en classe de 3ème, je découvre Jacques Prévert. 1971 : année où le poète doit quitter sa résidence à Antibes et s’installe à Omonville-la-Petite, dans la Hague (Cotentin)… Est-ce une coïncidence si cette même année, notre prof de français – dont le nom m’échappe et que j’aurais citée ici avec grand plaisir tant elle contribua par sa gentillesse et sa compétence à ouvrir notre esprit plutôt matheux à la littérature – nous fit étudier et « jouer » « La chasse à l’enfant » ?

    « Paroles », le premier recueil de Prévert, et son premier grand succès : quatre-vingt quinze textes de longueur et de qualité inégales, mais quel régal quand on tombe sur une pépite comme, justement « La chasse à l’enfant », « Barbara », « Pour faire le portrait d’un oiseau », « Déjeuner du matin »… J’en passe bien sûr… quel ravissement !
    « Au-dessus de l'île, on voit des oiseaux
    Tout autour de l'île il y a de l'eau »
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    • Livres 5.00/5
    Par Pingouin, le 24 juin 2012

    Pingouin
    Qui n'a pas déjà entendu parler de Prévert ? Ne serait-ce que de nom, ou pour la fameuse chanson que Gainsbourg nous a offert.
    J'ai retrouvé dans ce recueil beaucoup de poèmes lus distraitement ou appris lorsque j'étais en primaire, mais ceux-ci ne m'avaient pas autant touché. La démarche et le souhait de lecture renforce les émotions que celle-ci nous procure, et j'en ai eu des émotions, à la découverte de ce recueil.

    Ayant vécu la guerre de plein fouet, il est évident que la celle-ci tient une grande place au sein de cet ouvrage, mais tout ce qui s'oppose à elle n'en est que davantage mis en relief. Car ce n'est pas un recueil noir. Prévert ne nous parle de haine que pour mieux nous parler d'amour, n'évoque la mort que pour mieux louer la vie, regrette le passé pour mieux célébrer le présent.
    Si certains poèmes vous donneront un coup au moral donc -si tant est que que la beauté avec laquelle ceux-là sont formulés ne suffise pas à grandement atténuer voire inverser cet effet-, le sentiment de joie et d'émerveillement qui se créera en vous à la lecture des suivants n'en sera que renforcé. Une grande partie du recueil est également consacré au quotidien, il nous apprend à apprécier celui-ci et à s'en réjouir.
    Je pense que le bon poète est celui qui crée en nous des émotions. En considérant la poésie sous cette angle, je peux déclarer à titre personnel que Prévert est un très grand poète.

    Je suis encore un novice en poésie, mais après cette lecture, il ne fait aucun doute que Prévert participera encore à mon apprentissage en ce domaine.
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Citations et extraits

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  • Par MicheleP, le 05 février 2014

    Prévert, ou la joyeuse révolte des années cinquante :

    Ceux qui pieusement
    Ceux qui copieusement
    Ceux qui tricolorent
    Ceux qui inaugurent
    Ceux qui croient
    Ceux qui croient croire
    Ceux qui croa-croa
    Ceux qui ont des plumes
    Ceux qui grignotent
    Ceux qui andromaquent
    Ceux qui dreadnoughtent
    Ceux qui majusculent
    Ceux qui chantent en mesure
    Ceux qui brossent à reluire
    Ceux qui ont du ventre
    Ceux qui baissent les yeux
    Ceux qui savent découper le poulet
    Ceux qui sont chauves à l’intérieur de la tête
    Ceux qui bénissent les meutes
    Ceux qui font les honneurs du pied
    Ceux qui debout les morts
    Ceux qui baïonnette… ont
    Ceux qui donnent des canons aux enfants
    Ceux qui donnent des enfants aux canons
    Ceux qui flottent et ne sombrent pas
    Ceux qui ne prennent pas le Pirée pour un homme
    Ceux que leurs ailes de géant empêchent de voler
    Ceux qui plantent en rêve des tessons de bouteille sur la grande muraille de Chine
    Ceux qui mettent un loup sur leur visage quand ils mangent du mouton
    Ceux qui volent des œufs et n’osent pas les faire cuire
    Ceux qui ont quatre mille huit cent dix mètres de Mont Blanc, trois cents de Tour Eiffel, vingt-cinq centimètres de poitrine et qui en sont fiers
    Ceux qui mamellent de la France
    Ceux qui courent, volent et nous vengent, tous ceux-là, et beaucoup d’autres entraient fièrement à l’Élysée en faisant craquer les graviers, tous ceux-là se bousculaient, se dépêchaient, car il y avait un grand dîner de têtes et chacun s’était fait celle qu’il voulait. (...)
    ("Tentative de description d’un dîner de têtes à Paris-France", publié dans le recueil Paroles en 1946.

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  • Par uzun, le 17 juillet 2014

    LE DESESPOIR EST ASSIS SUR UN BANC
    Dans un square sur un banc
    Il y a un homme qui vous appelle quand on passe
    Il a des binocles un vieux costume gris
    Il fume un petit ninas il est assis
    Et il vous appelle quand on passe
    Ou simplement il vous fait signe
    Il ne faut pas le regarder
    Il ne faut pas l’écouter
    Il faut passer
    Faire comme si on ne le voyait pas
    Comme si on ne l’entendait pas
    Il faut passer presser le pas
    Si vous le regardez
    Si vous l’écoutez
    Il vous fait signe et rien ni personne
    Ne peut vous empêcher d’aller vous asseoir près de lui
    Alors il vous regarde et sourit
    Et vous souffrez atrocement
    Et l’homme continue de sourire
    Et vous souriez du même sourire
    Exactement
    Plus vous souriez plus vous souffrez
    Atrocement
    Plus vous souffrez plus vous souriez
    Irrémédiablement
    Et vous restez là
    Assis figé
    Souriant sur le banc
    Des enfants jouent tout près de vous
    Des passants passent
    Tranquillement
    Des oiseaux s’envolent
    Quittant un arbre
    Pour un autre
    Et vous restez là
    Sur le banc
    Et vous savez vous savez
    Que jamais plus vous ne jouerez
    Comme ces enfants
    Vous savez que jamais plus vous ne passerez
    Tranquillement
    Comme ces passants
    Que jamais plus vous ne vous envolerez
    Quittant un arbre pour un autre
    Comme ces oiseaux.
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  • Par uzun, le 21 juillet 2014

    Un grand orage éclate dans la glace à trois faces
    Avec toutes les flammes de la joie de vivre
    Tous les éclairs de la chaleur animale
    Toutes les lueurs de la bonne humeur
    Et donnant le coup de grâce à la maison désorientée
    Incendie les rideaux de la chambre à coucher
    Et roulant en boule de feu les draps au pied du lit
    Découvre en souriant devant le monde entier
    Le puzzle de l'amour avec tous ses morceaux
    Tous ses morceaux choisis choisis par Picasso
    Un amant sa maîtresse et ses jambes à son cou
    Et les yeux sur les fesses les mains un peu partout
    Les pieds levés au ciel et les seins sens dessus dessous
    Les deux corps enlacés échangés caressés
    L'amour décapité délivré et ravi
    La tête abandonnée roulant sur la tapis
    Les idées délaissées oubliées égarées
    Mises hors d'état de nuire par la joie et le plaisir
    Les idées en colère bafouées par l'amour en couleur
    Les idées terrées et atterrées comme les pauvres rats de
    la mort sentant venir le bouleversant naufrage de
    l'Amour
    Les idées remises à leur place à la porte de la chambre à
    côté du pain à côté des souliers
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  • Par coco4649, le 20 août 2014

    PROMENADE DE PICASSO

    Sur une assiette bien ronde en porcelaine réelle
    une pomme pose
    face à face avec elle
    un peintre de la réalité
    essaie vainement de peindre
    la pomme telle qu'elle est
    mais
    elle ne se laisse pas faire
    la pomme
    elle a son mot à dire
    et plusieurs tours dans son sac de pomme
    la pomme
    et la voilà qui tourne
    dans son assiette réelle
    sournoisement sur elle-même
    doucement sans bouger
    et comme un duc de Guise qui se déguise en bec de gaz
    parce qu'on veut malgré lui lui tirer le portrait
    la pomme se déguise en beau fruit déguisé
    et c'est alors
    que le peintre de la réalité
    commence à réaliser
    que toutes les apparences de la pomme sont contre lui
    et
    comme le malheureux indigent
    comme le pauvre nécessiteux qui se trouve soudain à la
    merci de n'importe quelle association bienfaisante
    et charitable et redoutable de bienfaisance de charité
    et de redoutabilité
    le malheureux peintre de la réalité
    se trouve soudain alors être la triste proie
    d'une innombrable foule d'associations d'idées
    Et la pomme en tournant évoque le pommier
    le Paradis terrestre et Ève et puis Adam
    l'arrosoir l'espalier Parmentier l'escalier
    le Canada les Hespérides la Normandie la Reinette et
    l'Api
    le serpent du Jeu de Paume le serment du Jus de Pomme
    et le péché originel
    et les origines de l'art
    et la Suisse avec Guillaume Tell
    et même Isaac Newton
    plusieurs fois primé à l'Exposition de la Gravitation
    Universelle
    et le peintre étourdi perd de vue son modèle
    et s'endort
    C'est alors que Picasso
    qui passait par là comme il passe partout
    chaque jour comme chez lui
    voit la pomme et l'assiette et le peintre endormi
    Quelle idée de peindre une pomme
    dit Picasso
    et Picasso mange la pomme
    et la pomme lui dit Merci
    et Picasso casse l'assiette
    et s'en va en souriant
    et le peintre arraché à ses songes
    comme une dent
    se retrouve tout seul devant sa toile inachevée
    avec au beau milieu de sa vaisselle brisée
    les terrifiants pépins de la réalité.

    p.232-233

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  • Par uzun, le 11 juillet 2014

    Fille d'acier je n'aimais personne dans le monde
    Je n'aimais personne sauf celui que j'aimais
    Mon amant mon amant celui qui m'attirait
    Maintenant tout a changé est-ce lui qui a cessé de
    m'aimer
    Mon amant qui a cessé de m'attirer est-ce moi ?
    Je ne sais pas et puis qu'est-ce ça peut faire tout ça ?
    Maintenant je suis couchée sur la paille humide de
    l'amour
    Toute seule avec tous les autres toute seule désespérée
    Fille de fer-blanc fille rouillée
    O mon amant mon amant mort ou vivant
    Je veux que tu te rappelles autrefois
    Mon amant celui qui m'aimait et que j'aimais.
    > lire la suite

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