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ISBN : 2070367622
Éditeur : Gallimard (1976)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 1628 notes)
Résumé :
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Epanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara...
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant...

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Critiques, Analyses & Avis (99) Voir plus Ajouter une critique
Malaura
Malaura14 septembre 2012
  • Livres 4.00/5
C'est…
De l'amour à la mort,
De la vie et du temps,
Des saisons, des chansons,
Des mots tendres, des jurons,
De la guerre et des « Pater Noster »,
Et des épiphanies et des Paris la nuit,
C'est tout un « inventaire »,
Et c'est un univers « Place du carrousel » ou à la « rue de Seine »,
« La lanterne magique » de Prévert.
C'est…
Des saynètes, des histoires, des pièces et des sketches,
Des complaintes à rengaines, refrains à entonner, chansons à fredonner,
Pour geôlier amoureux, pour escargots en deuil…
Et des effets de style et des faits stylisés, vers libres et pieds nickelés.
Et des rimes à rire et puis des jeux de mots,
« Quartier libre » pour humour noir et pitreries,
« Ordre nouveau » pour calembours et contrepèteries.
« Devinettes aimables, farces du bon vieux temps »,
« Composition française » et leçon de syntaxe,
En « page d'écriture » ou en « écritures saintes »,
Pour « Cancre » à « Alicante ».
Et puis aussi des métaphores ou bien encore des anaphores qui se font aphorismes,
Et des associations, et des répétitions, des allitérations sans altération,
De « grandes inventions » langagières doublées d'un parler populaire,
Un art de la tournure, le sens de la formule, un brin de parodie dans la caricature.
Et des images et des allégories,
Et puis de la musique, des notes qui s'envolent,
Et puis de la peinture, des couleurs, des symboles,
Des cages que l'on ouvre et de la liberté
Sans frein ni fin, sans tabou ni « sacrosaint ».
Des palabres, des palabres…
En plaidoyers, en plaidoiries, en prédications, en homélies, en harangues, en causeries…
Et des mots tout cela, rien que des mots,
Des paroles… mais signées Prévert
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Tempuslegendae
Tempuslegendae12 novembre 2012
  • Livres 5.00/5
On reconnait volontiers l'homme mégotant du bout des lèvres, sa casquette posée sur une tête ronde aux grands yeux verts. Il nous regarde de son air inquisiteur, moqueur: le titi des années 30 n'a rien perdu de sa superbe; son allure d'enfant qu'il n'a jamais voulu quitter en rendrait jaloux plus d'un. Il a su rester jeune, et c'est tant mieux. Parfois, j'ai envie de l'appeler le Gabin de la poésie, mais ceci n'appartient qu'à moi. Qui est ce poète des temps modernes, dont l'oeuvre est le lieu d'une véritable rénovation du langage poétique? Osons le dire, Monsieur PRÉVERT a bousculé de son génie la «poésie pure», désormais baptisée dans la dépendance de l'événement. le poète ne joue sur aucun mot, pour lui, aucune phrase n'est gratuite, son travail est si méticuleux qu'il nettoie tout sur son passage quitte à démystifier ce qui ne l'a jamais été. Pour un enfant des rues dont la culture n'a pas été gratifiée par le rang, on en déduit vite une autodidaxie aiguë. Jeune surréaliste, il connaîtra de nombreux succès, tant sur les planches qu'au cinéma. Bref, son engouement et son talent séduisent à tout va. Activités multiples, mais qui toutes relèvent du même élan, pour dire, pour montrer, et pour écrire. Dans ses «Paroles», on peut lire par exemple ceci: «Je suis allée au marché aux oiseaux et j'ai acheté des oiseaux pour toi mon amour. Je suis allé au marché aux fleurs et j'ai acheté des fleurs pour toi mon amour. Je suis allé au marché à la ferraille et j'ai acheté des chaînes, des lourdes chaînes pour toi mon amour. Et puis je suis allé au marché aux esclaves et je t'ai cherchée mais je ne t'ai pas trouvée mon amour».
Chez PRÉVERT, chaque mot a sa place, rien n'est laissé au hasard. Rolland de Rebéville avait qualifié ses textes de «poésie intempestive». Peut-être parce que «ses paroles» refusent dans le fond toute spéculation intellectuelle. Peut-être aussi parce que les hommes ont tendance à se perdre dans leurs pensées; en s'isolant du monde extérieur, ils se coupent de toute possibilité d'émerveillement et de colère, en un mot, de passion, face aux vicissitudes d'un monde actuel, aux «pépins de la réalité».
PREVERT écrit une «poésie vivante» qu'un hebdomadaire avait définie comme suit: «La poésie, c'est un des plus vrais, un des plus utiles surnoms de la vie».Vraiment, chapeau bas au journaliste qui avait écrit ceci.
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paroles
paroles21 janvier 2013
  • Livres 5.00/5
De quoi parle t'on ici ?
De la pluie et du beau temps ? Bien sûr.
De guerre et de violence ? Aussi, hélas, le monde n'est pas sage.
D'enfant et de cancre ? Cela arrive parfois.
D'amour ? Toujours.
De fête et de banquet ? Quand sonne l'heure.
Et bien sûr d'un raton laveur...
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isabelleisapure
isabelleisapure29 avril 2016
  • Livres 5.00/5
Une douce musique, la nostalgie de l'adolescence, les premiers émois amoureux.
Un coeur qui s'accélère…
Souvenirs, souvenirs…
Paroles, c'est tout cela et bien plus encore.
J'ai gardé la première édition en poche de ce recueil de poèmes.
Ouvert, fermé, lu, relu, les pages ont jauni et sont cornées et moi j'ai vieilli et je me souviens :
« Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sur Brest ce jour-là »
Je ne suis pas Barbara, je ne suis pas à Brest, mais je n'ai pas oublié !
J'ai aimé et j'aime toujours ces « Paroles »
Paroles de guerre et de violence :
« Il y a de grandes flaques de sang sur le monde
où s'en va-t-il tout ce sang répandu
Est-ce la terre qui le boit et qui se saoule
drôle de saoulographie alors
si sage... si monotone... »
Paroles d'amour :
« Une orange sur la table
Ta robe sur le tapis
Et toi dans mon lit
Doux présent du présent
Fraîcheur de la nuit
Chaleur de ma vie. »
Paroles d'enfance :
« Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le coeur
Il dit oui à ce qu'il aime
Il dit non au professeur »
Je ne suis pas une grande lectrice de poésie, mais Prévert m'a accompagné tout au long de ma vie.
J'aime relire ces textes, le soir avant de m'endormir ou à n'importe quel moment selon mon humeur.
Mon préféré, pour finir, je l'ai lu, tellement lu que je n'ai plus besoin du texte, ma mémoire en est imprégnée.
PARIS AT NIGHT
Trois allumettes une à une allumées dans la nuit
La première pour voir ton visage tout entier
La seconde pour voir tes yeux
La dernière pour voir ta bouche
Et l'obscurité tout entière pour me rappeler tout cela
En te serrant dans mes bras. »
+ Lire la suite
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michfred
michfred17 août 2015
  • Livres 5.00/5
Prévert est sans doute un de mes poètes préférés, c'est aussi un des poètes les plus populaires, le plus récité, le plus chanté, le plus aimé des grands et des petits, des sophistiqués et des simples....
Mais expliquer un poème de Prévert c'est l'éteindre, le mettre en boîte comme ces beaux papillons qu'on épingle et qui ne voleront plus.
Alors...lisons Prévert, disons Prévert, chantons Prévert. Sans l'expliquer, sans l'analyser. Gardons-lui sa vie, sa couleur, ses ailes de papillon..
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Citations & extraits (160) Voir plus Ajouter une citation
gouelangouelan18 août 2016
Le Retour au pays

C’est un Breton qui revient au pays natal
Après avoir fait plusieurs mauvais coups.
Il se promène devant les fabriques à Douarnenez
Il ne reconnaît personne
Personne ne le reconnaît
Il est très triste.
Il entre dans une crêperie pour manger des crêpes
Mais il ne peut pas en manger
Il y a quelque chose qui les empêche de passer
Il paye
Il sort
Il allume une cigarette
Mais il ne peut pas la fumer.
Il y a quelque chose
Quelque chose dans sa tête
Quelque chose de mauvais
Il est de plus en plus triste
Et soudain il se met à se souvenir
Quelqu’un lui a dit quand il était petit
« Tu finiras sur l’échafaud »
Et pendant des années,
Il n’a jamais osé rien faire
Pas même traverser la rue
Pas même partir sur la mer
Rien, absolument rien.
Il se souvient
Celui qui avait tout prédit, c’est l’oncle Grésillard
L’oncle Grésillard qui portait malheur à tout le monde
La Vache !
Et le Breton pense à sa soeur
Qui travaille à Vaugirard
À son frère mort à la guerre
Pense à toutes les choses qu’il a vues
Toutes les choses qu’il a faites
La tristesse se serre contre lui
Il essaie une nouvelle fois
D’allumer une cigarette
Mais il n’a pas envie de fumer
Alors il décide d’aller voir l’oncle Grésillard
Il y va
Il ouvre la porte
L’oncle ne le reconnaît pas
Mais lui le reconnaît
Et il lui dit : « Bonjour oncle Grésillard »
Et il lui tord le cou
Et il finit sur l’échafaud à Quimper
Après avoir mangé deux douzaines de crêpes
Et fumé une cigarette.
+ Lire la suite
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ManouBManouB20 août 2016
L'automne

Un cheval s'écroule au milieu d'une allée
Les feuilles tombent sur lui
Notre amour frissonne
Et le soleil aussi
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gouelangouelan18 août 2016
Le contrôleur

Allons allons
Pressons
Allons allons
Voyons pressons
Il y a trop de voyageurs
Trop de voyageurs
Pressons pressons
H y en a qui font la queue
Il y en a partout
Beaucoup
Le long du débarcadère
Ou bien dans les couloirs du ventre de leur mère
Allons allons pressons
Pressons sur la gâchette
Il faut bien que tout le monde vive
Alors tuez-vous un peu
Allons allons
Voyons
Soyons sérieux
Laissez la place
Vous savez bien que vous ne pouvez pas rester là
Trop longtemps
Il faut qu’il y en ait pour tout le monde
Un petit tour on vous l’a dit
Un petit tour du monde
Un petit tour dans le monde
Un petit tour et on s’en va
Allons allons
Pressons pressons
Soyez polis
Ne poussez pas.
+ Lire la suite
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ManouBManouB20 août 2016
Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le coeur
Il dit oui à ce qu'il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur

Le cancre
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ManouBManouB20 août 2016
...
Ils m'ont tiré au mauvais sort
par les pieds
et m'ont jeté dans la charrette des morts
des morts tirés des rangs
des rangs de leur vivant
numéroté
leur vivant hostile à la mort
Et je suis là près d'eux
vivant encore un peu
tuant le temps de mon mal
tuant le temps de mon mieux.

Complainte du fusillé
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Videos de Jacques Prévert (98) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacques Prévert
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=44525&motExact=0&motcle=&mode=AND
LE MASQUE MEXICAIN
Nouvelles
Marie-Thérèse Bitaine de la Fuente
Archipels
JEUNESSE
Un Stradivarius dans un écrin rouge, une vieille lettre intacte, une clé USB volée, un précieux masque mexicain... Un inventaire à la Prévert ? Non, des nouvelles, empreintes de poésie, ancrées dans le quotidien qui basculent dans l'insolite ou le drame.


ISBN : 978-2-343-04100-1 ? octobre 2014 ? 68 pages
Prix éditeur : 10,5 ? 9,98 ?
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