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ISBN : 2070367622
Éditeur : Gallimard (1976)


Note moyenne : 4.39/5 (sur 227 notes) Ajouter à mes livres
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Epanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara...
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maint... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par cicou45, le 09 juillet 2011

    cicou45
    Recueil de 95 textes et poèmes dont certains sont en prose et d'autres en vers libres. Je crois que c'est ce qui m'a avant tout poussé à venir découvrir ce livre car Prévert ne se borne pas à respecter les règles établies dans l'art de la poésie, si l'on peut réellement parler de règles puisqu'en poésie tout est permis et il le prouve admirablement ici. Comme tout poète, Prévert a ses thèmes de prédilection et il nous parle avant tout de sa haine envers la guerre et contre toute autre forme de violence mais aussi d'amour sous toutes ses formes, que ce soit d'amour pour une femme, amour de la vie ou encore amour de l'Art. Ces textes sont délectables et se doivent d'être appréciés à leur juste valeur. Aussi, ce livre ne se lit pas comme un roman. Vous pouvez très bien commencer par la fin ou par le milieu ou encore simplement commencer par les poème's qui vous inspirent, qui seront probablement variables selon les époques de votre vie, mais en tous cas, je vous invite vivement à venir y jeter un coup d'oeil. A découvrir !
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    • Livres 5.00/5
    Par kikobaus, le 24 juin 2011

    kikobaus
    Prévert est un révolutionnaire !
    Révolution de la forme d'abord : de la poésie sans rimes et sans alexandrins, c'est comme les femmes au tournant du XXème siècle perdant leur corset, elles n'en restent pas moins femmes, il n'en reste pas moins poète. Et tout à coup, tout devient possible, nous avons tous envie de laisser libre cours à notre part poète. Ah, c'est sûr, on n'a pas le talent de ce Prévert, mais comme c'est bon d'oser !
    Révolution du fond aussi : Prévert enchante un réel très palpable, loin des thèmes éthérés. Ah certes d'amour il est beaucoup question, mais il prend chair. Et puis ce sont des thèmes nouveaux et engagés : la guerre, la hiérarchie, la bourgeoisie...
    Mais au fond, ne sont-ce pas sa fraicheur sa fantaisie, voire sa loufoquerie qui nous le rendent si sympathique et proche de nous ?
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    • Livres 5.00/5
    Par Saint-Luc, le 31 mars 2011

    Saint-Luc
    Prévert, c'est un mythe pour chacun.
    Pour moi, qui ait eu la grande chance de le connaître un peu et de l'approcher souvent lorsqu'il habitait cité Véron, non loin de la place Blanche, amoureux que j'étais d'un petit rat de l'opéra qui prenait des cours de danse dans le même immeuble que le poète, pour moi donc, c'est avant tout un parisien illuminé.
    Parisien, il l'était dans son comportement, son grand amour du café croissants du matin, sa gouaille féroce mais jamais gratuite, dans l'amour de sa clope.
    Illuminé, parce qu'il était, avant toutes choses, profondément tolérant (exception faite des pisses-froids et des messieurs à opinions définitives), illuminé car qui mieux que lui a su rendre en si peu de mots une atmosphère?
    Personne pour l'égaler.
    Paroles est le plus connu de ses rares bouquins mais aussi le meilleur.
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    • Livres 5.00/5
    Par campagne, le 09 juin 2011

    campagne
    un livre qui a la nostalgie de l'enfance, qu'on peut lire de temps en temps, tous les poèmes sont beaux, le gout de l'école primaire ou j'avais appris par coeur -
    pour faire le portrait d'un oiseau-ressort avec un pincement au coeur! je connais toujours se poème par coeur.
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    • Livres 5.00/5
    Par charlottelit, le 26 août 2011

    charlottelit
    un bijou, une petite merveille, un excellent souvenir notre cheminement lui et moi dans la lessive rouge sang,
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Citations et extraits

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  • Par Ludivine, le 09 février 2008

    Le cancre

    Il dit non avec la tête
    Mais il dit oui avec le coeur
    Il dit oui à ce qu'il aime
    Il dit non au professeur
    Il est debout
    On le questionne
    Et tous les problèmes sont posés
    Soudain le fou rire le prend
    Et il efface tout
    Les chiffres et les mots
    Les dates et les noms
    Les phrases et les pièges
    Et malgré les menaces du maître
    Sous les huées des enfants prodiges
    Avec des craies de toutes les couleurs
    Sur le tableau noir du malheur
    Il dessine le visage du bonheur.

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  • Par Cielvariable, le 12 janvier 2012

    FLEURS ET COURONNES

    Homme
    Tu as regardé la plus triste la plus morne de toutes les fleurs de la terre
    Et comme aux autres fleurs tu lui as donné un nom
    Tu l'as appelée Pensée.
    Pensée
    C'était comme on dit bien observé
    Bien pensé
    Et ces sales fleurs qui ne vivent ni ne se fanent jamais
    Tu les as appelées immortelles...
    C'était bien fait pour elles...
    Mais le lilas tu l'as appelé Lilas
    Lilas c'était tout à fait ça
    Lilas...Lilas...
    Aux marguerites tu as donné un nom de femme
    Ou bien aux femmes tu as donné un nom de fleur
    C'est pareil.
    L'essentiel c'était que ce soit joli
    Que ça fasse plaisir...
    Enfin tu as donné les noms les plus simples à toutes les fleurs simples
    Et la plus grande la plus belle
    Celle qui pousse toute droite sur le fumier de la misère
    Celle qui se dresse à côté des vieux ressorts rouillés
    A côté des vieux chiens mouillés
    A côté des vieux matelas éventrés
    A côté des baraques de planches où vivent les sous-alimentés
    Cette fleur tellement vivante
    Toute jaune toute brillante
    Celle que les savants appellent Hélianthe
    Toi tu l'as appelée soleil
    ...Soleil...
    Hélas! hélas! hélas et beaucoup de fois hélas!
    Qui regarde le soleil hein ?
    Qui regarde le soleil ?
    Personne ne regarde plus le soleil
    Les hommes sont devenus ce qu'ils sont devenus
    Des hommes intelligents...
    Une fleur cancéreuse tubéreuse et méticuleuse à leur boutonnière
    Ils se promènent en regardant par terre
    Et ils pensent au ciel
    Ils pensent... ils pensent...ils n'arrètent pas de penser...
    Ils ne peuvent plus aimer les véritables fleurs vivantes
    Ils aiment les fleurs fanées les fleurs séchées
    Les immortelles et les pensées
    Et ils marchent dans la boue des souvenirs dans la boue des regrets
    Ils se traînent
    A grand-peine
    Dans les marécages du passé
    Et ils traînent...ils traînent leurs chaînes
    Et ils traînent les pieds au pas cadencé...
    Ils avancent à grand-peine
    Enlisés dans leurs champs-élysées
    Et ils chantent à tue-tête la chanson mortuaire
    Oui ils chantent
    A tue-tête
    Mais tout ce qui est mort dans leur tête
    Pour rien au monde ils ne voudraient l'enlever
    Parce que
    Dans leur tête
    Pousse la fleur sacrée
    La sale maigre petite fleur
    La fleur malade
    La fleur aigre
    La fleur toujours fanée
    La fleur personnelle...
    ...La pensée...

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  • Par ArnaudP, le 15 février 2011

    Où vas-tu beau geôlier
    Avec cette clé tachée de sang
    Je vais délivrer celle que j'aime
    S'il en est encore temps
    Et que j'ai enfermée
    Tendrement cruellement
    Au plus secret de mon désir
    Au plus profond de mon tourment
    Dans les mensonges de l'avenir
    Dans les bêtises des serments
    Je veux la délivrer
    Je veux qu'elle soit libre
    Et même de m'oublier
    Et même de s'en aller
    Et même de revenir
    Et encore de m'aimer
    Ou d'en aimer un autre
    Si un autre lui plait
    Et si je reste seul
    Et elle en allée
    Je garderai seulement
    Je garderai toujours
    Dans mes deux mains en creux
    Jusqu'à la fin des jours
    La douceur de ses seins modelés par l'amour.

    - Chanson Du Geôlier -
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  • Par charlottelit, le 18 septembre 2011

    la lessive p 104
    oh la terrible et surprenante odeur de viande qui meurt
    cette odeur vient du pavillon où demeure monsieurt edmond
    chef de famille, chef de bureau,
    il répète sa formule favorite :
    il faut laver son linge sale en famille
    le chat voudrait bien s'en aller
    tout cela lui lève le coeur
    mais la porte est cadenassée
    alors le pauvre petit chat dégueule

    soudain de longs sanglots et le petit chat met
    ses pattes sur ses oreilles pour ne pas entendre
    ce bruit
    parce qu'il aime la fille

    c'est elle qui crie, elle est nue, elle crie, elle pleure
    et d'un coup de brosse à chiendent sur la tete
    le père la rappelle à la raison

    elle a une tache la fille de la maison
    et toute la famille la plonge, la replonge
    elle saigne, elle hurle
    elle ne veut pas dire le nom ...

    et le père hurle aussi : que tout ceci reste entre nous

    la fille est piétinée ; l'enfant naturel ...
    le chef de famille et de bureau
    met son couvre chef et s'en va
    les pieds du chef de famille sont rouges
    mais les chaussures sont bien cirées
    il vaut mieux faire envie que pitié. p 106
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  • Par Cielvariable, le 12 janvier 2012

    CHANSON DES ESCARGOTS QUI VONT À L'ENTERREMENT

    À l'enterrement d'une feuille morte
    Deux escargots s'en vont
    Ils ont la coquille noire
    Du crêpe autour des cornes
    Ils s'en vont dans le noir
    Un très beau soir d'automne
    Hélas quand ils arrivent
    C'est déjà le printemps
    Les feuilles qui étaient mortes
    Sont toutes ressuscitées
    Et les deux escargots
    Sont très désappointés
    Mais voilà le soleil
    Le soleil qui leur dit
    Prenez prenez la peine
    La peine de vous asseoir
    Prenez un verre de bière
    Si le coeur vous en dit
    Prenez si ça vous plaît
    L'autocar pour Paris
    Il partira ce soir
    Vous verrez du pays
    Mais ne prenez pas le deuil
    C'est moi qui vous le dis
    Ça noircit le blanc de l'oeil
    Et puis ça enlaidit
    Les histoires de cercueils
    C'est triste et pas joli
    Reprenez vos couleurs
    Les couleurs de la vie
    Alors toutes les bêtes
    Les arbres et les plantes
    Se mettent à chanter
    A chanter à tue-tête
    La vraie chanson vivante
    La chanson de l'été
    Et tout le monde de boire
    Tout le monde de trinquer
    C'est un très joli soir
    Un joli soir d'été
    Et les deux escargots
    S'en retournent chez eux
    Ils s'en vont très émus
    Ils s'en vont très heureux
    Comme ils ont beaucoup bu
    Ils titubent un petit peu
    Mais là-haut dans le ciel
    La lune veille sur eux.

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Elisabeth, Brouettes & Cie, lit "Etranges étrangers" in "Paroles" de Jacques Prévert (Éditions Folio Gallimard, 1976) Dans le cadre de "A vous de lire !" © Des auteurs aux lecteurs, 2010








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