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ISBN : 2210740576
Éditeur : Magnard (2014)


Note moyenne : 3.91/5 (sur 883 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Sous le pont Mirabeau coule la SeineEt nos amoursFaut-il qu'il m'en souvienneLa joie venait toujours après la peine Ces vers du "Pont Mirabeau", comme ceux de "La Chanson du mal-aimé" ou de "Zone", tous issus du recueil Alcools ont fait la fortune littér... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Poiesis, le 30 septembre 2012

    Poiesis
    Le temps de sa lecture, ce recueil m'a rendue à moi-même. Parmi ses pages, s'étend l'empreinte de l'automne. Comme un bonheur en sursis, comme un cri envers tout ce qui s'éloigne et ne cesse de choir à nos yeux. J'aime Apollinaire, immodérément et pour bien des raisons. Ses rythmes parfois déstructurés, son lyrisme inépuisable ainsi que ses images mentales me collent à la peau. Et quoiqu'un peu sottement, il m'a semblé à travers Alcools l'avoir toujours connu.
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    • Livres 5.00/5
    Par vincentf, le 01 juillet 2010

    vincentf
    Tension entre le moderne et l'ancien, peut-être. Est-ce ce qui touche dans Apollinaire ? Il y a de ça. Il y a d'abord les mots, répétés ou pierres précieuses déposées au coin d'un poème, d'une incantation magique, alchimie, chocs. Comme souvent, le commentaire sur la poésie est vain. Il suffirait de citer, de ne pas se creuser la tête, même si l'on ne voit pas tout, même si l'analyse en groupe des "Colchiques" a été un chouette moment. La poésie, celle d'Apollinaire, si simple si l'on veut bien ne pas tenter de l'intellectualiser, n'est rien d'autre, rien de plus et rien de moins, qu'un dépôt de formules, magiques ou triviales, dans notre esprit.
    Lire la poésie comme on va à la pêche, tirer un mot, un vers, l'accrocher à notre âme, "soleil cou coupé", ou "Mon Automne éternelle ô ma saison mentale". Encore : "C'est la lune qui cuit comme un oeuf sur le plat", "Ecoutez mes chants d'universelle ivrognerie". La poésie d'Apollinaire est cocktail d'Alcools plus ou moins forts dont on se laisse imprégner à l'envie, un petit verre par ci, un petit verre par là, et mine de rien, on s'en soûle, on voit le monde autrement, on vit plus intensément. Fulgurance du regard du chat, croisé en titubant, au coeur de la nuit : "Je souhaite dans ma maison : / Une femme ayant sa raison, / Un chat passant parmi les livres, / Des amis en toute saison / Sans lesquels je ne peux pas vivre".
    Boire sa vie comme une eau de vie, un poème d'Apollinaire en tête, la voix de Léo Ferré, le souvenir d'une Annie qui rendait fou, et se dire que la joie, jadis, et demain, et toujours, venait toujours après la peine et que sous les ponts de Paris, qui bêlent ce matin, coule la Seine, et nos amours, et que les femmes paissent parfois ce grand pré mal fleuri par l'automne que deviennent, fatalement, les poètes un brin trop sensibles. Ou trop simples.
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    • Livres 5.00/5
    Par ThierryCABOT, le 30 décembre 2012

    ThierryCABOT
    Paul Guth avait selon moi plutôt raison : "La postérité ramène Apollinaire à sa vraie nature de joueur de luth".
    A "Calligrammes", j'ai ainsi toujours préféré "Alcools" et les Poèmes dont souvent le lecteur fait son miel, sont loin d'être les plus audacieux dans la forme.
    "Elle ne retient, ajoutait Paul Guth, qu'un mal aimé qui soupire, un contemplateur des jours enfuis avec la Seine sous le pont Mirabeau, un éveilleur du passé mêlant à ses amours ou à ses peines les souvenirs de la mythologie ou de l'histoire comme Villon ou Du Bellay."
    L'auteur de "Histoire de la littérature française" notait fort justement que Guillaume Apollinaire s'était quelquefois montré capable de "visions magiques, irradiant, tels des aérolithes." Mais il voyait surtout en lui "un musicien des blancheurs, des fluidités et des songes, mi-Italien, mi-"Scythe", c'est-à-dire Parisien, qui invente de nouvelles langueurs et de neuves transparences."
    Quand l'on s'attache aux vers d'Apollinaire les plus fréquemment cités, force est d'admettre en effet que même s'ils prennent quelques libertés avec les canons classiques, ceux-ci par bien des aspects restent de facture traditionnelle.
    Si le surréalisme - mot forgé de toutes pièces par Apollinaire lui-même - n'est nullement absent de ses oeuvres, il semble bien en vérité que c'est vers le poète intimiste, mélodieux, sensible et profond que se tournent la plupart de nos contemporains.
    Et c'est là qu'à mes yeux Apollinaire est le plus grand. Au détour d'un alexandrin d'une exquise fraîcheur ou d'un octosyllabe d'une rare musicalité, le lecteur tout à coup est emporté ailleurs. En nous parlant de lui, ce merveilleux poète nous invite à plonger en nous-mêmes. Il devient le réceptacle de nos errements, de nos troubles, de nos mélancolies. Avec un "toucher de vers" stupéfiant de délicatesse, Apollinaire nous fait des confidences qui sont beaucoup plus proches de l'art verlainien que des fulgurances d'André Breton. Sa voix tendrement magique résonne en nous comme une flûte secrète. On s'accroche à ses mots chargés d'émotion. Nous lui sommes reconnaissants d'exprimer si bien ce que nous n'avons jamais su dire.
    Apollinaire est irremplaçable.

    Lien : http://www.p-o-s-i-e.over-blog.net
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    • Livres 4.00/5
    Par ay_guadalquivir, le 31 mars 2011

    ay_guadalquivir
    Je redécouvre ce recueil avec un oeil curieux. Entre des lignes à la facture classique (Sous le pont Mirabeau...), le tournant du siècle est là, ainsi que ses influences. Des textes aux sujets variés, tantôt personnels (A la Santé), étranges (Réponse des Cosaques Zaporogues au Sultan de Constantinople), naturalistes (Colchiques), ils révèlent toujours une sorte d'inquiétude, de tension, d'angoisse un peus sourde. Je suis surpris à cette lecture, l'atmosphère particulière que construit Apollinaire, une sorte d'univers cohérent fait de touches d'étrangeté. Difficile d'y lire au premier abord un ensemble cohérent, et pourtant, il en sort une impression d'ensemble par petites touches. Des impressions Rhénanes entre autres qui m'ont surpris. Un bestiaire digne des poètes du XVIIème tout à fait étrange. Je m'y replonge!
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    • Livres 5.00/5
    Par JacobBenayoune, le 08 novembre 2013

    JacobBenayoune
    Les poètes sont peu nombreux, mais les grands poètes sont rares. Et Apollinaire, à mon avis, en est un.
    La poésie d'Apollinaire est située entre deux temps majeurs, le XIXème et le XXème siècles. Une transition incontournable. C'est le vol (le moment de cet acte) de l' "Oiseau tranquille (au vol inverse)" de la poésie symboliste vers la poésie surréaliste. Car "à la fin tu es las de ce monde ancien".
    La lecture de ce recueil est fort agréable. Ce n'est ni une poésie naïve au métaphores consommées, ni une poésie rebutante par sa complexité exagérée et fade. Au contraire, c'est un recueil qui vous entoure de plaisir une fois ouvert comme ces boîtes à merveilles.
    Dans ce recueil, j'ai trouvé un peu de tout; le lyrisme, le romantisme, le symbolisme, la mythologie, le fantastique, la modernité...Cela s'explique parfaitement puisque ce recueil est issu d'un travail de quinze ans! Une recherche du nouveau, avec des Poèmes sans ponctuation (procédé déjà utilisé par Mallarmé) aussi variés (des vers libres, des vers classiques...) de thèmes différents (amour, industrie, fuite du temps, mort, l'identité...). On a le plaisir de retrouver là un carrefour entre tous les poètes français qu'on a adorés (Verlaine, Lamartine, Baudelaire...) tout cela mélangé et modifié habilement.
    Je me souviens toujours de ces vers magnifiques:
    Un jour je m'attendais moi-même
    Je me disais Guillaume il est temps que tu viennes
    Pour que je sache enfin celui-là que je suis
    Moi qui connais les autres

    Un recueil à lire et à relire toujours avec le même plaisir!
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Citations et extraits

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  • Par zaphod, le 17 octobre 2014

    Je passais au bord de la Seine
    Un livre ancien sous le bras
    Le fleuve est pareil à ma peine
    Il s'écoule et ne tarit pas
    Quand donc finira la semaine

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  • Par Poiesis, le 30 novembre 2011

    Cortège

    Oiseau tranquille au vol inverse oiseau
    Qui nidifie en l'air
    A la limite où notre sol brille déjà
    Baisse ta deuxième paupière la terre t'éblouit
    Quand tu lèves la tête

    Et moi aussi de près je suis sombre et terne
    Une brume qui vient d'obscurcir les lanternes
    Une main qui tout à coup se pose devant les yeux
    Une voûte entre vous et toutes les lumières
    Et je m'éloignerai m'illuminant au milieu d'ombres
    Et d'alignements d'yeux des astres bien-aimés

    Oiseau tranquille au vol inverse oiseau
    Qui nidifie en l'air
    A la limite où brille déjà ma mémoire
    Baisse ta deuxième paupière
    Ni à cause du soleil ni à cause de la terre
    Mais pour ce feu oblong dont l'intensité ira s'augmentant
    Au point qu'il deviendra un jour l'unique lumière
    Un jour
    Un jour je m'attendais moi-même
    Je me disais Guillaume il est temps que tu viennes
    Pour que je sache enfin celui-là que je suis
    Moi qui connais les autres
    Je les connais par les cinq sens et quelques autres
    Il me suffit de voir leurs pieds pour pouvoir refaire ces gens à milliers
    De voir leurs pieds paniques un seul de leurs cheveux
    Ou leur langue quand il me plaît de faire le médecin
    Ou leurs enfants quand il me plaît de faire le prophète
    Les vaisseaux des armateurs la plume de mes confrères
    La monnaie des aveugles les mains des muets
    Ou bien encore à cause du vocabulaire et non de l'écriture
    Une lettre écrite par ceux qui ont plus de vingt ans
    Il me suffit de sentir l'odeur de leurs églises
    L'odeur des fleuves dans leurs villes
    Le parfum des fleurs dans les jardins publics
    O Corneille Agrippa l'odeur d'un petit chien m'eût suffi
    Pour décrire exactement tes concitoyens de Cologne
    Leurs rois-mages et la ribambelle ursuline
    Qui t'inspirait l'erreur touchant toutes les femmes
    Il me suffit de goûter la saveur du laurier qu'on cultive pour que j'aime ou que je bafoue
    Et de toucher les vêtements
    Pour ne pas douter si l'on est frileux ou non
    O gens que je connais
    Il me suffit d'entendre le bruit de leurs pas
    Pour pouvoir indiquer à jamais la direction qu'ils ont prise
    Il me suffit de tous ceux-là pour me croire le droit
    De ressusciter les autres
    Un jour je m'attendais moi-même
    Je me disais Guillaume il est temps que tu viennes
    Et d'un lyrique pas s'avançaient ceux que j'aime
    Parmi lesquels je n'étais pas
    Les géants couverts d'algues passaient dans leurs villes
    Sous-marines où les tours seules étaient des îles
    Et cette mer avec les clartés de ses profondeurs
    Coulait sang de mes veines et fait battre mon cœur
    Puis sur terre il venait mille peuplades blanches
    Dont chaque homme tenait une rose à la main
    Et le langage qu'ils inventaient en chemin
    Je l'appris de leur bouche et je le parle encore
    Le cortège passait et j'y cherchais mon corps
    Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
    Amenaient un à un les morceaux de moi-même
    On me bâtit peu à peu comme on élève une tour
    Les peuples s'entassaient et je parus moi-même
    Qu'ont formé tous les corps et les choses humaines

    Temps passés Trépassés Les dieux qui me formâtes
    Je ne vis que passant ainsi que vous passâtes
    Et détournant mes yeux de ce vide avenir
    En moi-même je vois tout le passé grandir

    Rien n'est mort que ce qui n'existe pas encore
    Près du passé luisant demain est incolore
    Il est informe aussi près de ce qui parfait
    Présente tout ensemble et l'effort et l'effet
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  • Par Orphea, le 15 mai 2009

    Le pont Mirabeau

    Sous le pont Mirabeau coule la Seine
    Et nos amours
    Faut-il qu’il m’en souvienne
    La joie venait toujours après la peine

    Vienne la nuit sonne l’heure
    Les jours s’en vont je demeure

    Les mains dans les mains restons face à face
    Tandis que sous
    Le pont de nos bras passe
    Des éternels regards l’onde si lasse

    Vienne la nuit sonne l’heure
    Les jours s’en vont je demeure

    L’amour s’en va comme cette eau courante
    L’amour s’en va
    Comme la vie est lente
    Et comme l’Espérance est violente

    Vienne la nuit sonne l’heure
    Les jours s’en vont je demeure

    Passent les jours et passent les semaines
    Ni temps passé
    Ni les amours reviennent
    Sous le pont Mirabeau coule la Seine

    Vienne la nuit sonne l’heure
    Les jours s’en vont je demeure
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  • Par Eve-Yeshe, le 04 mai 2014

    "Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
    Des dames regardaient du haut de la montagne
    Vous êtes si jolies mais la barque s'éloigne
    Qui donc a fait pleurer les saules riverains

    Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
    Les pétales tombés des cerisiers de mai
    Sont les ongles de celle que j'ai tant aimée
    Les pétales flétris sont comme ses paupières

    Sur le chemin du bord du fleuve lentement
    Un ours un singe un chien menés par des tziganes
    Suivaient une roulotte traînée par un âne
    Tandis que s'éloignait dans les vignes rhénanes
    Sur un fifre lointain un air de régiment

    Le mai le joli mai a paré les ruines
    De lierre de vigne vierge et de rosiers
    Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
    Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes"
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  • Par Philippe-rodolphe, le 15 novembre 2012

    Crépuscule

    A Mademoiselle Marie Laurencin

    Frôlée par les ombres des morts
    Sur l'herbe où le jour s'exténue
    L'arlequine s'est mise nue
    Et dans l'étang mire son corps

    Un charlatan crépusculaire
    Vante les tours que l'on va faire
    Le ciel sans teinte est constellé
    D'astres pâles comme du lait

    Sur les trétaux l'arlequin blême
    Salue d'abord les spectateurs
    Des sorciers venus de Bohême
    Quelques fées et les enchanteurs

    Ayant décroché une étoile
    Il la manie à bras tendu
    Tandis que des pieds un pendu
    Sonne en mesure les cymbales

    L'aveugle berce un bel enfant
    La biche passe avec ses faons
    Le nain regarde d'un air triste
    Grandir l'arlequin trismégiste
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