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Citations sur Ravage (12)


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  • Par Sly le 06/05/2011


    Les hommes ont libéré les forces terribles que la nature tenait enfermées avec précaution. ils ont cru s'en rendre maîtres. Ils ont nommé cela le Progrès. c'est un progrès accéléré vers la mort. Ils emploient pendant quelque temps ces forces pour construire, puis un beau jour, parce que les hommes sont des hommes, c'est-à-dire des êtres chez qui le mal domine le bien, parce que le progrès moral de ces hommes est loin d'avoir été aussi rapide que le progrès de leur science, ils tournent celle-ci vers la destruction.

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  • Par Sly le 04/05/2011


    Le destin demande qu'on le force.

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  • Par juliette2a le 23/10/2011


    « François Deschamps soupira d’aise et déplia ses longues jambes sous la table.
    Pour franchir les deux cents kilomètres qui le séparaient de Marseille, il avait traîné plus d’une heure sur un voie secondaire et supporté l’ardeur du soleil dans le wagon tout acier d’un antique convoi rampant. Il goûtait maintenant la fraîcheur de la buvette de la gare Saint-Charles. Le long des murs, derrière des parois transparentes, coulaient des rideaux d’eau sombre et glacée. Des vibreurs corpusculaires entretenaient dans la salle des parfums alternés de la menthe et du citron. Aux fenêtres, des nappes d’ondes filtrantes retenaient une partie de la lumière du jour. Dans la pénombre, les consommateurs parlaient peu, parlaient bas, engourdis par un bien-être que toute phrase prononcée trop fort eût troublé… »

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  • Par Sly le 07/05/2011


    Nous vivons dans un univers que nous croyons immuable parce que nous l'avons toujours vu obéir aux mêmes lois, mais rien n'empêche que tout puisse se mettre brusquement à changer, que le sucre devienne amer, le plomb léger, et que la pierre s'envole au lieu de tomber quand la main lâche. nous ne sommes rien, mon jeune ami, nous ne savons rien....

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  • Par Sly le 07/05/2011


    De son corps qu'il n'avait jamais senti si présent, il éprouvait maintenant le poids de chair et de sang. A chaque choc du talon sur les marches, ses muscles semblaient vouloir s'arracher de ses os, ses viscères donnaient des coups de bélier contre ses côtes et contre la peau de son ventre, ses genoux cherchaient à plier, à céder sous ce poids qui les écrasait, toute sa chair demandait à échapper au contrôle de son esprit, pour obéir enfin, librement, à la force qui la sollicitait.
    Il lui semblait que s'il s'abandonnait, le temps d'un éclair son corps allait se défaire en une multitude de billes joyeuses qui allaient se mettre à rouler, bondir, interminablement, cascadantes, jusqu'au centre de la terre.

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  • Par LSH le 15/11/2009


    Une des premières mesures qu'il leur fit adopter fut la destruction des livres. Il a organisé des équipes de recherches, qui fouillent les ruines tout au long de l'année. Les livres trouvés pendant les douze mois sont brûlés solennellement au soir du dernier jour du printemps, sur les places des villages. A la lueur des flammes, les chefs de village expliquent aux jeunes gens rassemblés qu'ils brûlent là l'esprit même du mal.
    Pour faciliter l'enseignement de l'écriture, François a fait conserver quelques livres de poésie :
    « Ce sont, a-t-il dit, des livres qui ne furent dangereux qu'à leurs auteurs. »
    L'art de l'écriture est réservé à la classe privilégiée des chefs de village. L'écriture permet la spéculation de pensée, le développement de raisonnements, l'envol des théories, la multiplication des erreurs. François tient à ce que son peuple reste attaché aux solides réalités. Pour évaluer ses récoltes, et compter ses enfants et ses bêtes, le paysan n'a pas besoin d'aligner des chiffres par tranches de trois.

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  • Par Folfaerie le 23/01/2011


    Une multitude fuyait dans les rues, hurlait, fuyait vers le nord, fuyait devant l'enfer. Il n'y avait plus de respect, plus d'amour, plus de famille. Chacun courait pour sa peau

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  • Par Sly le 11/05/2011


    De ce grouillement que la lune peignait d'une lumière sans relief ne s'élevait pas un cri, pas un mot qui rappelât que ces larves avaient été des hommes, mais un concert bas de grognements, de son inachevés, chuchotés, de bruits de bouches qui mâchent et boivent, de clapotis d'eau,et de mains, de cuisses, de ventres nus qui se traînent. Une odeur de vase, de poisson crevé, de charogne et d'excréments montait jusqu'aux narines des cinq compagnons hallucinés, qui n'arrivaient pas à s'arracher à ce spectacle.
    Nus, mais debout, maigres, affamés, las, mais décidés à la lutte, ils étaient loin de cette déchéance atroce. ils n'avaient pas renoncé. Ils étaient encore des hommes.

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  • Par Sly le 11/05/2011


    La selle lui brûle les fesses. Un tisonnier rouge lui laboure les reins. Une forge ronfle dans son estomac. Ses poumons soufflent des flammes. ses mains crépitent d'étincelles. il voudrait se jeter au bas de ce cheval incandescent qui marche, trotte, l'emporte dans la nuit de feu. il ne peut. les flammes les ont soudés. Ils galopent de plus en plus vite, comme la tempête, de toutes leurs pattes, douze, vingt, cent, dans un grand bruit de casseroles, de marteaux sur des enclumes, marteaux-pilons, mille aciéries n plein travail sur du fer rouge. ils traînent une queue de flammes comme une comète.

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  • Par LSH le 15/11/2009


    François leva la tête. Il s'aperçut qu'il tenait par le bras un inconnu. Legrand avait disparu, happé par la foule et l'obscurité.
    François lâcha l'inconnu, haussa les épaules. Tout cela n'avait d'ailleurs plus d'importance. La mort subite des moteurs rendait à l'homme et au globe terrestre leurs dimensions respectives. En une seconde, l'Amérique, tout à l'heure si proche, venait de reprendre sa place ancienne, au bout du monde. Si cet état de chose durait, nul ne saurait avant de longues années ce qui s'était passé là-bas ce soir. Chacun allait se retrouver dans un univers à la mesure de l'acuité de ses sens naturels, de la longueur de ses membres, de la force de ses muscles. L'Empereur Robinson entrait dans la légende. La réalité, pour chaque Parisien, se bornait désormais à la maison, à sa rue, à sa ville.

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