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ISBN : 2070362388
Éditeur : Gallimard (1972)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 2436 notes)
Résumé :
"Vous ne savez pas ce qui est arrivé? Tous les moteurs d'avions se sont arrêtés hier à la même heure, juste au moment où le courant flanchait partout. Tous ceux qui s'étaient mis en descente pour atterrir sur la terrasse sont tombés comme une grêle. Vous n'avez rien entendu, là-dessous ? Moi, dans mon petit appartement près du garage, c'est bien un miracle si je n'ai pas été aplati. Quand le bus de la ligne 2 est tombé, j'ai sauté au plafond comme une crêpe... Allez... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (157) Voir plus Ajouter une critique
finitysend
finitysend07 janvier 2014
  • Livres 4.00/5
Contrairement aux idées reçues la SF possède une longue histoire en France et voici par exemple un roman écrit et paru sous l'occupation
Ravage campe une panne énergétique brutale dont le lecteur découvrira la causalité lui-même . de cette panne résultera l'effondrement brutal de la civilisation .
Le caractère violent , mouvementé , spectaculaire et brutal de ce contexte est fabuleusement exploité par l'auteur et en toute sincérité on s'y croit sans problèmes.
La variété des situations envisagées est époustouflante cela va de la cage d'escalier d'un immeuble très élevé , en passant par les voitures bloquées au bord de l'autoroute ....
La SF est souvent moins prospective que bien ancrée dans son époque et Barjavel ne fait pas exception .
Le monde de Ravage se replie sur lui-même par obligation et nécessité .
L'auteur cherche à démontrer que le progrès ne doit pas se faire au détriment de certaines valeurs .
Cela ne fait pas de l'auteur un personnage récalcitrant au progrès ou bien rétrograde .
Si vous n'êtes pas d'accord avec Barjavel , allez demander leurs avis aux habitants de Fukushima ou de Tchernobyl ....
Par contre il faudra considérer que ce roman est sorti sous l'occupation , et l'auteur a été contraint de se faire le chantre de la société paysanne ainsi que de valeurs pas vraiment féministes , en rapport étroit entre les femmes et les fourneaux ou avec leur statut de mère ..
Ravage est un excellent moment de lecture.
Un excellent moment d'apocalypse .
C'est un texte bien écrit qui continue de parler à Des lecteurs contemporains et il est superbement construit , alors que la caractérisation est bonne .
Ravage est un excellent moment de lecture.
Un excellent moment d'apocalypse .
Un texte bien écrit qui continue de parler à ses lecteurs contemporains.
Du point de vue effondrement brutal de civilisation ce roman est excellent et saisissant par son aspect très contemporain . On est dans les années 90 , d'une manière hallucinante de crédibilité ..
L'auteur effectivement extrapole de façons crédibles sur les « fondamentaux » de notre civilisation .
Cependant si la société qu'il développe est globalement démocratique , on ne peut pas faire abstraction du contexte historique et politique fascisant qui dominait à l'époque la sortie du roman .
Je tiens à souligner que les femmes sont , du fait de la date de parution du roman , les grandes perdantes de cet univers et cela me dérange .
Personnellement , j'aurais aimé découvrir dans ce texte des pages qui en aurait fait le chantre ( même discret ) de l'égalité des sexes .
Préfigurant ainsi le rehaussement des droits des femmes justement intervenu quelques années plus tard à la libération .
Cela dit , Barjavel n'est pas un écrivain Vichyste et Ravage est un roman du tonnerre !
La narration de l'apocalypse et la route à travers monts et vallées vers la sécurité de la campagne Est un grand moment de SF post-apocalyptique ..
Un aspect du texte qui me dérange et qui est rapport avec l'époque , c'est le gout pour les grands hommes providentiels !
Ils ne manquaient d'ailleurs pas à l'époque et il y en avait pour toutes les providences imaginables . hum !
Un détail quand même ! Je voudrais véritablement insister sur le fait que :
Le monde futuriste imaginé par l'auteur est fascinant !
Ces rubans d'automobiles , les phares à pertes de vue , ces immenses immeubles c'est follement contemporain , cet univers urbain coupé des campagnes aussi , en 1942 :
C'était visionnaire et c'est impressionnant !
C'est tout simplement intégralement notre univers jusque le début des années 90 !
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fredho
fredho12 avril 2013
  • Livres 4.00/5
Nous sommes en l'an 2052, le monde a évolué dans une société robotisée, l'homme est devenu dépendant d'une technologie hyper sophistiquée, chaque individu est assisté par une machine qui répond à leur besoin et le soulage de tout effort physique. Tout est à portée de main... la technologie est dorénavant le culte de l'Homme !
Un soir, une panne d'électricité inexpliquée plonge toute la civilisation terrienne dans le noir.
Plus rien ne fonctionne, l'homme se retrouve privé de toute source d'énergie en conséquence plus de lumière, plus de moyens de déplacement et plus d'eau...
C'est la panique, la peur domine et l'homme se livre à une barbarie extrême, survivre devient une priorité absolue, les clans se forment, s'affrontent, s'entretuent, à cela vient s'ajouter le choléra.
La nature reprend ses droits et l'homme sa vraie nature...
A Paris, un énorme incendie détruit la capitale et emporte avec elle une partie des habitants, la ville ne ressemble plus qu'à un paysage apocalyptique.
François, un étudiant en chimie agricole accompagné de son amie d'enfance Blanche qu'il aime en secret, prend l'initiative de former un groupe de femmes et d'hommes dans l'optique de fonder une nouvelle civilisation basée sur le retour à la terre (sans technologie). Avec le groupe, il décide de rejoindre la Provence, son village natal où ses parents et de braves paysans vivent encore à l'ancienne.
Mais le voyage sera long et douloureux dans l'enfer d'un monde en ruine, François et ses compagnons devront affronter la chaleur torride, la faim, la soif et la sauvagerie des hommes.
Au cours de l'expédition François se montrera dominant, pragmatique et sans pitié...
Cette nouvelle civilisation que désire François ressemblera-t-elle à l'image édénique que se fait l'Homme ?
Un roman qui vous projette dans une ambiance apocalyptique, Barjavel a su planter le décor, on s'y croirait. le thème d'une vie sans technologie paraît inimaginable, dans cette aventure fictive, l'auteur nous transporte dans une atmosphère moyenâgeuse où l'être humain est confronté au dur labeur.
Une réflexion sur la technologie, pourrait-on faire un retour en arrière et revenir à une vie rudimentaire, sachant que l'Homme a inventé et construit des machines pour soulager nos peines dans la tâche.
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Rouletabille
Rouletabille28 septembre 2013
  • Livres 3.00/5
Ravage, le fameux ravage,roman de science fiction. Je dirais roman d'anticipation, cet adjectif me semble mieux convenir que le terme générique de science fiction. Certes pendant les premières pages, Barjavel décrit le Paris de 2052 avec une certaine clairvoyance, notamment la dépendance absolue de l'Homme aux machines, le culte de la société de l'apparence, la société des loisirs et des spectacles, le renoncement à tout effort inutile ( songez donc marcher à pied 5 min est un drame pour un personnage !) mais aussi des idées bien senties comme cette histoire de lait arrivant dans les robinets comme l'eau ! Et pourquoi pas après tout. L'anticipation la plus juste reste l'évolution agricole, l'agriculture remplacée par les chimistes pour nourrir la population... on y est !
Mais ensuite il s'agit d'un roman épique avec toutes les problématiques de la survie, des sacrifices dépassant largement le cadre de la science fiction.
Le milieu du récit est le plus intéressant correspondant à la chute de Paris, j'ai adoré les réunions du gouvernement, j'en conviens tout ce qui touche de près ou de loin l'univers des coulisses du pouvoir me fascine c'est comme ça, la foule en délire en plein doute.
J'ai eut un peu de mal avec les premières pages, il faut se familiariser avec cet environnement, surtout j'ai du mal à conceptualiser, à imaginer les immeubles de la citée à la sauce Barjavel : on aurait donc une sorte d'un seul bloc immense faisant office à la fois d'habitation, de jardin, de salle de spectacle, de cabinet médical... Bref j'arrive pas à voir à quoi ça peut ressembler, brouillard total dans esprit, aucune image, aucun décor ne me vient.
La force de ce récit reste l'opposition puissante entre ce monde bourré de technologie, ce monde futuriste et les moeurs qui elles ont plutôt fait un retour vertigineux vers les pratiques du moyen âge ! le ton entre les amoureux est digne de la grande bourgeoisie XVIII, " nous allons si tu veux prendre les nouvelles", plus aristos tu meurs, aucune femme au gouvernement, le héros ne promet rien d'autre à sa belle le statut de femme de foyer avec l'apothéose finale puisque dans la société post ravage, le héros charismatique impose la polygamie, réduit la femme à un rôle de reproductrice.
La relation François / Jérôme est intéressante en ce sens qu'elle se retrouve inversée avec l'apocalypse. Jérôme riche, très riche, rien ni personne ne lui résiste aime Banche, l'amie d'enfance de François. Mais Jérôme est perdu face à la perte de l'électricité et devient une sorte de subordonnée de François, son domestique docile. François dirige tout et ce n'est qu'un début... Voir Jérôme qui avait le seul mérité d'être un héritier dans cette situation m'a bien amusé.
Autre point fort du livre, la parfaite maitrise par Barjavel des temps du passé, le passé simple et l'imparfait sont brillamment utilisés rendant la lecture agréable parfois envoutante.
En revanche, quelques partis du récit m'ont moins convaincu comme la description du Paris artistique ou encore lors de leur fuite de Paris, le passage sur la maison des fous un peu long. Quelques descriptions sont également à rallonge.
Pour finir, je souligne une phrase magnifique, peut être l'une des plus belles que j'ai lu : " nous allons avoir besoin désormais de valeurs plus solides" (pour évoquer l'argent), il serait temps en effet...
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ibon
ibon14 mars 2013
  • Livres 4.00/5
Paris en 2052 vu par Barjavel en 1942.
J'ai savouré l'exercice d'imagination incroyable dont fait preuve l'auteur: les détails sur les transports, l'organisation de la ville, du domicile avec même un espace réservé aux morts, la psychiatrie en 2052...
C'est donc un roman d'anticipation très dense et que j'ai trouvé crédible.
Pourtant tout ce progrès n'est pas présenté comme un progrès pour l'homme. Bien au contraire. Barjavel croit davantage aux fondamentaux comme la valeur de l'effort manuel et le retour à la terre, sans mécanisation...
Alors Barjavel imagine un désastre à ce monde de 2052: plus d'électricité. Il s'ensuit un enchaînement d'événements dévastateurs, d'où le titre, superbement décrits.
François Deschamps est le héros. Au départ, il me plaît bien, dans la tour infernale où il sauve sa promise ou sur la route quand il mène énergiquement un convoi mais la suite m'a intrigué et surpris. Je ne veux pas dévoiler ces quelques détails (qui tuent) mais ce héros vire carrément tyrannique et cruel, avec l'aval de l'auteur, ce qui m'a déplu.
A part cela, c'est une lecture apocalyptique que l'on n'oublie pas.
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lecassin
lecassin04 mai 2012
  • Livres 5.00/5
« Ravage ».
Cet ouvrage est, avec « La Nuit des temps », le plus connu et le plus emblématique de l'auteur. On est en 2052, à Paris. Sur le thème « L'homme, s'il oublie qu'il est un homme... », Barjavel construit sa première fin du monde.
La société qu'il décrit dans le Paris du XXIème siècle est mécanisée à outrance. L'individu, assisté dans chacun de ses gestes quotidiens par la technologie, vit totalement coupé de mère nature. C'est alors que l'électricité disparaît...
S'ensuit une régression terrible qui ramène l'homme au Néolithique, tant matériellement que socialement : c'est la loi de la jungle dans un monde en proie à aux flammes, à la famine et aux inévitables réflexes de survie.
François, d'origine rurale décide de migrer vers le sud et le village de son enfance, accompagné de Blanche qu'il aime en secret, et de quelques compagnons pour y fonder un monde meilleur basé sur les principes fondamentaux du retour à la terre…
D'aucuns ont vu dans cette dystopie, une adhésion de René Barjavel aux orientations pétainistes, telles que le retour à la terre, la célébration du travail et de l'effort, le patriarcat ... Mais pour moi, Barjavel n'est pas un idéologue. On aurait tord de chercher dans ce qui est considéré par beaucoup d'autres comme un de ses chefs-d'oeuvre, l'intension de sa part d'une théorisation d'idées nauséabondes ; même en arguant de quelques fréquentations douteuses qui peuvent lui être reprochées dans ces années troublées ; notamment sa participation (brève) à « Je suis partout ».
J'ai lu cet ouvrage à quinze ans et en garde le même souvenir qu'à la lecture du « Meilleur des mondes » de Huxley lu à la même époque : la prise de conscience de la possibilité d'une littérature dont je ne soupçonnais même pas l'existence…
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Citations & extraits (75) Voir plus Ajouter une citation
Asturiano8Asturiano822 août 2016
Les péniches, chalands à moteurs, remorqueurs, barques légères s'étaient échoués. Sur les ponts de ces bâtiments rampaient quelques êtres humains, trop épuisés pour se tenir sur leurs jambes, rescapés de l'enfer et du mal noir, la plupart nus, tous squelettiques, à bout de forces, demi-cadavres dans l'attente de la mort. Quelques-uns étaient étendus près de l'eau, ou dans l'eau même. Certains ne bougeaient plus, endormis ou morts. D'autres se groupaient autour d'un cadavre, le dépeçaient de la dent et de l'ongle, demandaient un prolongement de vie aux restes de chair de celui que la vie venait de quitter. De ce grouillement que la lune peignait d'une lumière sans relief ne s'élevait pas un cri, pas un mot qui rappelât que ces larves avaient été des hommes, mais un concert bas de grognements, de sons inachevés, chuchotés, de bruits de bouches qui mâchent et boivent, de clapotis d'eau, et de mains, de cuisses, de ventres nus qui se traînent. Une odeur de vase, de poisson crevé, de charogne et d'excréments montait jusqu'aux narines des cinq compagnons hallucinés, qui n'arrivaient pas à s'arracher à ce spectacle. Ils comparaient leur propre misère à cette horreur. Nus, mais debout, maigres, affamés, las, mais décidés à la lutte, ils étaient loin de cette déchéance atroce. Ils n'avaient pas renoncé. Ils étaient encore des hommes.
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Asturiano8Asturiano822 août 2016
- Ecoutez, M'sieur Portin, nous, on est là, on sait pas, et on veut savoir. Vous, vous savez, la Science ... Il faut nous dire. Qu'est-ce qui se passe ? Quand est-ce que ça va finir ?
Le vieillard, péniblement, se leva de son fauteuil.
Il tremblait.
- Mes bons amis ... dit-il.
Sa voix aigrelette ne portait pas à plus de dix mètres.
- Mes bons amis, je ne peux rien vous dire, je ne sais rien. On n'a jamais vu ça. Notre science est une science expérimentale. Or, le phénomène qui vient de se produire ne correspond à rien de ce que nous savons. C'est en violant toutes les lois de la Nature et de la logique que l'électricité a disparu. Et, l'électricité morte, il est encore plus invraisemblable que nous soyons vivants. Tout cela est fou.
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Asturiano8Asturiano822 août 2016
De nouveau, Seita se sentit saisi par l'angoisse de l'inexplicable. Des choses graves se passaient. Mais lesquelles ? Il se redressa. Après tout, n'était-il pas à l'abri de tout ? La guerre ? Il serait mobilisé sur place par le ministère de la Propagande. Quelles belles émissions, dramatiques, sensationnelles, il pourrait monter !
La révolution ? Son avion stratosphérique de course, construit spécialement pour lui, l'emmènerait en peu de temps, sans danger de poursuite, jusqu'aux antipodes, si c'était nécessaire. Où qu'il se posât, il trouverait un compte en banque au nom de Seita.
Rassuré, il se prit à rire.
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Asturiano8Asturiano822 août 2016
Sa bouche aux lèvres minces souriait rarement. Le sourire appartient aux enfants, et aux hommes qui leur ressemblent. Pour ceux dont l'esprit est occupé de choses d'importance, sourire est du temps perdu.
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Asturiano8Asturiano822 août 2016
Elle se renversa avec un soupir d'aise dans la profonde banquette, ferma les yeux. Elle était très légèrement grise. Elle pensait à l'homme qu'elle venait de quitter. Elle ne le trouvait ni beau, ni très sympathique, ni attirant d'aucune façon. Mais tout le monde lui appartenait.
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La série tv Revolution inspirée de Ravage.
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