Par René Barjavel

Note moyenne : 3.94/5 (sur 140 notes)
Gallimard 1972
ISBN : 2070362388  
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De l'autre côté de la Seine une coulée de quintessence enflammée atteint, dans les sous-sols de la caserne de Chaillot, ancien Trocadéro, le dépôt de munitions et le laboratoire de recherches des poudres. Une formidable explosion entrouvre la colline. Des pans de murs, des colonnes, des rochers, des tonnes de débris montent au-dessus du fleuve, retombent sur la foule agenouillée qui râle son adoration et sa peur, fendent les crânes, arrachent les membres, brisent les os. Un énorme bloc de terre et de ciment aplatit d'un seul coup la moitié des fidèles de la paroisse du Gros-Caillou. En haut de la Tour, un jet de flammes arrache l'ostensoir des mains du prêtre épouvanté.

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Critiques et avis sur Ravage


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    • Livres 3.00/5
    Par Diasphine, 2008-08-16 12:16:50

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    Totalement d'accord avec Nanou2008 :

    Le début est vraiment bien fait avec la déliquescence progressive mais finalement très rapide, non seulement des villes, mais aussi en fin de compte de tout le monde moderne. Ne subsiste à la fin que le village "originel" qui a conservé un certain mode de vie archaïque, et ce n'est pas pour rien que c'est le village natal du héros



    Mais, à l'arrivée, c'est un roman aux idées très réactionnaires (attention, il y a quelques spoilers dans les mots qui suivent) :

    - L'origine de la tragédie reste mystérieuse, mais ressemble beaucoup à une intervention divine.

    - Je ne sais trop quel sens on peut donner à "la maladie des vierges", mais au moins permet-elle d'être certain que Blanche est encore "pure" HA ha ! Pratique...

    - Et surtout la misogynie et la vision très traditionnelle du rôle et de la place de la femme dans la société :

    Le personnage de Blanche : écervelée, qui se laisse prendre au jeu de l'argent et de la célébrité (alors que son ami, bien sûr, garde la tête froide). Et les autres personnages féminins sont tous du même acabit.



    A la fin, Comme par hasard, il reste plus de femmes que d'hommes, ce qui favorise la polygamie masculine, le contraire n'était pas du tout envisageable semble-t-il.

    Et malgré cette majorité écrasante de femmes, on en arrive à une société totalement patriarcale où la femme est soumise et se contente d'accomplir, docile, sa mission : reproduire l'espèce !

    C'est cette image finale de ce nouveau monde "idéal" (parce qu'il est bien présenté comme ça) que le roman pèche le plus et agace.
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    • Livres 0.00/5
    Par leiloune, 2010-04-27 23:45:37

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    Un roman tout à fait apocalyptique où l'on suit le parcourt semé d'embûches d'un groupe de survivant après ce qui s'apparente à une sorte d'écroulement de leur monde.

    Barjavel se fait ici dénonciateur de l'avancée technologique à outrance. Paru en 1943, le roman paraît toutefois très moderne et visionnaire. Les personnages sont parfaitement construits et le rythme est haletant. On a véritablement l'impression de cheminer en compagnie de ces hommes qui tentent d'échapper à la mort et de se reconstruire.



    Deux bémols malgré tout : - je n'ai pas vraiment adhéré à la fin du livre. Barjavel nous avait habitué à plus d'originalité et à moins de manichéisme et de mièvrerie. Une sorte de fièvre réactionnaire semble s'être emparé de lui au moment d'écrire l'épilogue. Cependant, il me semble qu'il faille prendre en compte l'époque où le livre a été écrit pour mieux l'appréhender.

    - des touches (plus ou moins grandes) de misogynie ici ou là ( 2 femmes seulement dans le groupe de survivant : une vierge et une femme enceinte ...) dommage.



    A lire quand même !
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    • Livres 3.00/5
    Par Well-read-kid, 2010-03-07 14:30:39

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    Récit difficile que celui de ce livre : il commence par une description d'un monde où plus personne ne sait rien faire de ses mains, où la machine règne en maître, où l'électricité est vitale. Un monde asséché par le réchauffement climatique, où la vie de l'homme est simplifiée au maximum. Puis, tout coupe et Barjavel montre avec talent comment, peu à peu, les hommes paniquent, pillent, tuent, redeviennent des bêtes. Il explique à quel point les hommes sont démunis sans technologie, et comment les ravages subis par la terre la pousse à la révolte. Nos héros vivent tout, le meurtre, la mort de leurs compagnons, la faim, la soif, les cadavres, les incendies, les hallucinations. Cruel récit de ce petit groupe de rescapé qui assiste, impuissant, à la mort du monde qu'ils ont toujours connus. Paris devient un immense charnier, où le choléra et le feu s'installent. L'homme, dans ses retranchements, n'a plus rien d'humain. Barjavel nous enjoint, dans ce livre, de prendre un peu plus soin de cette Terre à laquelle on prête peu d'attention au quotidien, de se méfier de la technologie, et de notre dépendance à celle-ci. Qui sait, Ravage pourrait être une histoire vraie.

    Lien : http://well-read-kid.skyrock.com
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    • Livres 5.00/5
    Par madamecharlotte, 2010-02-21 16:48:16

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    Terrifiant récit de ce qui pourrait être la fin du monde. Arrivée à un stade de son évolution où les machines et l’électricité sont partie prenante de la vie, l’humanité s’est éloignée depuis longtemps de la nature et des choses simples. Assistée par les derniers exploits de la science, elle dépend des inventions de l’homme, à tous les niveaux. Mais le jour où l’électricité ne rempli plus son rôle, le jour où tout s’arrête, l’humanité entame sa descente inéluctable, et doit survivre par elle-même. Ravagé par des catastrophes en chaîne et sans plus aucun moyen d’y faire face, le monde est plongé dans une ère apocalyptique où chacun cherche à sauver sa peau, à n’importe quel prix.

    Le livre est passionnant, l’histoire vraiment cauchemardesque, le propos percutant. Comment renaitre après une chute si vertigineuse ? faut-il recommencer les mêmes erreurs en croyant mieux faire, ou tout rejeter en bloc pour préserver la vie ?

    Le dénouement m’a laissée sans voix, c’est un livre puissant et plein d’idées.

    Du très bon Barjavel.
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    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita, 2009-12-22 20:22:42

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    Paris, 2052. François Deschamps, 22 ans, attend les résultats d’un concours pour entrer dans une grande école de chimie. Il va revoir son amie d’enfance, dont il est secrètement amoureux, Blanche Rouget. Cette dernière a été engagée par Jérôme Seita, directeur artistique de Radio-300, comme chanteuse. Mais Seita empêche Blanche de revoir François. Attirée par une vie matérielle facile et aisée, elle se laisse tenter par les fiançailles avec cet homme. C’était sans compter sur la pugnacité de François et la rébellion de la nature face au monde à la technologie très sophistiquée et aux intentions belliqueuses. Une panne d’électricité définitive s’abat sur le monde entier, le paralysant et le détruisant progressivement. François, accompagné de Blanche et d’un petit groupe d’individus, tente de fuir vers Vaux, en Provence, son village d’origine. Ils traversent un pays de cendres. Parviendront-ils à destination ?



    Un roman titré « Ravage » qui porte bien son titre tant il est noir et contient bien peu d’espoir. Les morts s’accumulent au fil des pages, disparaissant de manière plutôt horrible. Un passage glace d’effroi par son réalisme et la précision de ses descriptions : les humains du XXIème siècle ont inventé des « Conservatoires », sortes de musées refroidis à –30°C, où sont conservés les défunts dans des postures de vie quotidienne, musées intégrés dans les appartements des plus riches, abrités derrière une vitre. Que se passe-t-il si l’électricité disparaît ?… J’ai apprécié, comme dans « Le voyageur imprudent » du même auteur, la précision et la beauté – parfois noire cependant – des descriptions de Barjavel. Ce dernier dénonce dans son ouvrage l’inconséquence technologique de l’humanité et sa nature belliqueuse. Sans l’électricité, l’homme n’est plus rien, il doit gravir à pied, par exemple, les centaines d’étages des immeubles, se déplacer par lui-même, sans l’assistance de véhicules motorisés. La panne d’électricité entraîne un retour à l’état de nature et déchaîne les instincts primitifs des hommes. J’ai aimé l’imagination prolifique de l’auteur mais sa vision du monde du futur fait froid dans le dos…
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Citations et extraits de Ravage


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  • Par leiloune, 2010-04-27 23:45:38

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    De l'autre côté de la Seine une coulée de quintessence enflammée atteint, dans les sous-sols de la caserne de Chaillot, ancien Trocadéro, le dépôt de munitions et le laboratoire de recherches des poudres. Une formidable explosion entrouvre la colline. Des pans de murs, des colonnes, des rochers, des tonnes de débris montent au-dessus du fleuve, retombent sur la foule agenouillée qui râle son adoration et sa peur, fendent les crânes, arrachent les membres, brisent les os. Un énorme bloc de terre et de ciment aplatit d'un seul coup la moitié des fidèles de la paroisse du Gros-Caillou. En haut de la Tour, un jet de flammes arrache l'ostensoir des mains du prêtre épouvanté.
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  • Par LSH, 2009-11-15 19:14:45

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    Une des premières mesures qu'il leur fit adopter fut la destruction des livres. Il a organisé des équipes de recherches, qui fouillent les ruines tout au long de l'année. Les livres trouvés pendant les douze mois sont brûlés solennellement au soir du dernier jour du printemps, sur les places des villages. A la lueur des flammes, les chefs de village expliquent aux jeunes gens rassemblés qu'ils brûlent là l'esprit même du mal.
    Pour faciliter l'enseignement de l'écriture, François a fait conserver quelques livres de poésie :
    « Ce sont, a-t-il dit, des livres qui ne furent dangereux qu'à leurs auteurs. »
    L'art de l'écriture est réservé à la classe privilégiée des chefs de village. L'écriture permet la spéculation de pensée, le développement de raisonnements, l'envol des théories, la multiplication des erreurs. François tient à ce que son peuple reste attaché aux solides réalités. Pour évaluer ses récoltes, et compter ses enfants et ses bêtes, le paysan n'a pas besoin d'aligner des chiffres par tranches de trois.
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  • Par LSH, 2009-11-15 19:14:21

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    François leva la tête. Il s'aperçut qu'il tenait par le bras un inconnu. Legrand avait disparu, happé par la foule et l'obscurité.
    François lâcha l'inconnu, haussa les épaules. Tout cela n'avait d'ailleurs plus d'importance. La mort subite des moteurs rendait à l'homme et au globe terrestre leurs dimensions respectives. En une seconde, l'Amérique, tout à l'heure si proche, venait de reprendre sa place ancienne, au bout du monde. Si cet état de chose durait, nul ne saurait avant de longues années ce qui s'était passé là-bas ce soir. Chacun allait se retrouver dans un univers à la mesure de l'acuité de ses sens naturels, de la longueur de ses membres, de la force de ses muscles. L'Empereur Robinson entrait dans la légende. La réalité, pour chaque Parisien, se bornait désormais à la maison, à sa rue, à sa ville.
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