ISBN : 2923416147
Éditeur : Trois Lunes Éditions (2010)


Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres
L’été débute et Delcy Prévost prend la route du Wyoming afin d’y rejoindre son père dans sa maison secondaire. Toutefois, à son arrivée, l’endroit est désert. Entreprenant quelques recherches, elle se heurte aussitôt à un mur de mystère et d’hostilité. Dans cette petite... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par Kamana, le 02 avril 2012

    Kamana
    Une très belle romance pour tous les amoureux du genre mais aussi pour ceux et celles qui ont une passion pour les grands espaces verts américains. Rendez-vous est pris pour les férus de rodéo, de ranchs, de chevaux et de cow-boys surtout ! Hiiii Ha !
    On ne va pas entrer plus avant dans l'histoire, beaucoup est révélé par le synopsis alléchant ci-dessus. Ce qu'on peut dire par contre, c'est que le côté délicieux de ce roman se trouve dans sa longueur pour certains de ces aspects. Tout comme dans la vraie vie, les sentiments amoureux profonds ne se font pas rapidement. Point de coup de foudre en vue devant le premier bel homme charismatique, bien au contraire... Ça sera un long travail d'apprivoisement, si l'on peut parler ainsi de personnes ! Delcy et Jay, vu qu'il est question d'eux, passeront par bien des situations et par toute une palette d'émotions avant de devenir de simples amis. Il faut dire qu'à côté de l'idylle amoureuse, l'histoire offre une part égale au suspense. le mystère sur la disparition du père de Delcy, Pierre Prévost, tient en haleine le lecteur tout du long et certains faits ne manquent pas de rendre méfiante la jeune femme vis à vis du farouche mais néanmoins sublime Jay.
    Alors, il y a tout de même un point qui nous titille pendant un certain temps : le fait que l'héroïne, qui ne manque pourtant pas de sang froid, ne cherche pas plus que ça à savoir ce qu'il est advenu de Pierre et pourquoi tant de dédain dans les yeux des habitants qui semblent la connaître alors qu'elle n'était jamais venue auparavant dans cette région. Certains éléments, au fil de la lecture et surtout en fin, nous amènent à comprendre le pourquoi. Mais tout de même cette situation peut laisser perplexe !
    En dehors de ça, on remarque que l'auteure est une passionnée de chevaux et surtout de rodéos. Elle n'hésitera pas à s'attarder sur une compétition nous expliquant les différentes catégories des prestations qui s'y déroulent. Nous aurons aussi des précisions sur la vie quotidienne d'un ranch par le biais de l'histoire.
    Amoureuse de lettre, Marie-Claude Charland prend soin des descriptions, des détails et des dialogues. Point d'échanges brute de décoffrage ou de joutes verbales de bas étage. Les discussions sont posées, les mots choisis avec mesure. Parfois, on se dit que pour un cow-boy Jay a un parler plutôt soutenu mais on se doit de reconnaître qu'un rancher du XXIème siècle n'est plus comparable à ceux de nos bons vieux westerns !
    Les expressions ou la tournure d'une phrase typiquement québécoises ne sont en rien gênantes pour un lecteur français qui se laissera porter par la beauté du récit, par le jeu des regards et surtout par l'évolution qui s'opère entre Delcy et Jay. D'ailleurs, ces derniers font vraiment la beauté du livre. Leurs caractères bornés, forts sont tout à leur honneur. Elle, citadine jusqu'au bout des ongles se montrera sous un jour qu'elle-même ne pouvait concevoir. Lui, sera de plus en plus fier et en admiration devant tant d'opiniâtreté à ne pas paraître faible face à l'adversité de certaines situations. C'est qu'elle en verra de toutes les couleurs dont beaucoup de sombres... Mais ça à vous de le découvrir !
    Le côté surnaturel du livre est moindre comparé à ce qu'on pouvait s'y attendre mais amènera néanmoins un aspect intéressant au récit nous faisant nous questionner sur bien des points.
    Au final, Dans l'œil du faucon est avant tout une romance pleine d'émotions, nimbée d'un léger voile d'imaginaire, agrémentée d'une bonne dose de suspense qui en ravira plus d'un.
    Pour vous procurer l'ouvrage, regardez en présentation et suivez les liens ;)

    Lien : http://kamanaschronicles.blogspot.fr/2012/04/dans-lil-du-faucon-de-m..
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Citations et extraits

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  • Par Lylou, le 31 août 2010

    Ses paupières étaient lourdes comme si elles étaient demeurées closes pendant un siècle. Il lui fallut du temps pour parvenir à les maintenir ouvertes. Delcy fixa les planches d’un plafond qui avait visiblement connu des jours meilleurs avant que l’on puisse voir au travers le ciel dégagé sans pour autant posséder quelque don de vision à rayons X. Lentement, sa tête pivota et son regard se porta sur la pièce autour. Ainsi plongée dans l’obscurité, celle-ci paraissait minuscule, remplie de meubles et d’objets dont elle ne distinguait que les formes imprécises. Sur le mur, face au lit sur lequel elle se trouvait, une porte aux planches disjointes laissait filtrer les faibles rayons de la lune.
    Ses membres aussi étaient lourds comme s’ils n’avaient pas remué pendant un siècle. Dès qu’elle chercha à bouger, Delcy eut l’impression d’avoir des poids attachés aux poignets, aux chevilles, à chaque articulation. Elle se redressa péniblement et, avec une application déterminée, se hissa sur ses pieds. Le lit de bois, au matelas déformé puant le remugle gémit sous le changement de pression, ce qui l’amena à se demander comment il avait fait pour supporter ne serait-ce que le poids de son corps sans s’effondrer.
    Un mécanisme s’enclencha soudain en elle, semblable à celui qui faisait parfois sentir à une proie qu’on l’épiait. Une sorte d’intuition lui disant de ne pas croire à son apparente solitude dans ce lieu incongru. Elle risqua un pas chancelant en avant, le coeur battant. Les poids à ses chevilles pesaient lourdement. Delcy était persuadée de laisser ses empreintes de pieds sur le plancher comme lorsque l’on marchait sur du ciment frais. S’arrêtant, elle porta une main à son front moite. Elle avait désespérément besoin d’air pur, mais se mit à douter de se rendre un jour jusqu’à la sortie. Ses jambes, maintenant, semblaient en train de se pétrifier.
    L’impression d’être l’objet d’étude d’un quelconque regard suffit toutefois à lui faire puiser la force de continuer à mettre un pied devant l’autre. Un coin de la pièce, beaucoup plus obscur que le reste, entra dans le champ périphérique de son regard. La jeune femme sut alors qu’elle n’était effectivement pas seule. Son sang se glaça en apercevant une masse sombre tapie dans l’ombre. Présence singulière, celle d’un animal plus que d’un humain. Elle accéléra le pas, atteignit la vieille porte qui grinça dans ses gonds rouillés en s’ouvrant sur un perron où la pourriture avait fait ses ravages, sur lequel elle s’engagea avant qu’un bruit dans son dos ne la pétrifie. Affolée, Delcy pivota. L’intérieur obscur de la cabane ne révélait rien. Elle fit un pas à reculons. Son pied aurait dû rencontrer une marche d’escalier, mais il n’y trouva que le vide, le vide à l’infini, comme si après le perron ce n’était qu’un grand trou. Il y avait bien ce billot de bois faisant office de rampe, auquel elle pourrait se retenir, à condition de parvenir à l’agripper, ce qu’elle n’eut pas le temps de faire. Les étoiles basculèrent, dessinant dans le ciel un spectacle de traînées de lumières blanches, telles une myriade d’étoiles filantes qui aurait décollé d’un même élan. La dernière image que Delcy enregistra fut une haute silhouette noire sans visage qui occupait tout l’espace de l’encadrement de la porte.
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