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Critiques filtrées sur 5 étoiles  
Pig
Donc il aura fallu presque trente-cinq ans pour traduire PIG en français en sachant que le premier Kenneth Cook (cinq matins de trop) est sorti en 2006 . Mieux vaut tard que jamais et ce roman d'aventure sans aucun moment de relâche est tout simplement extraordinaire de simplicité et d'intelligence littéraire.
On connait les nouvelles, les koalas, les crocos, les wombats, les marsupiaux bourrés mais cette fois le récit s'élève au niveau de l'épopée avec une incroyable noblesse.
Un cochon sauvage peut-il être intelligent, peut-il déjouer les pièges des hommes, peut-il concevoir des plans d'attaque, avoir l'esprit de vengeance ?
La réponse est oui.
Les héros humains ou animaux sont des héros et les bagarres sont dignes de John Ford.
Les personnages sont vraiment sympathiques. le père, le fils se comprennent comme des potes et ont de l'humour.
L'aventurière est belle et courageuse.
La bête est à la hauteur.
6 étoiles si possible.

A lire tout de suite entre deux niaiseries
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Quel cochon !!! Un très bon livre de Kenneth Cook, peut-être mon préféré de tous ceux déjà lus. Un face à face entre l'homme et l'animal... et quel animal ! Et à noter, un personnage féminin bien présent, plutôt rare dans ces histoires du bush.
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Il est australien, pèse la bagatelle de 500 kilos, court aussi vite qu'un taureau de corrida, est reconnaissable à la rayure blanche qui zèbre ses soies noires et à sa défense gauche plus longue et plus acérée que la droite. Lui, c'est un cochon retourné à l'état sauvage, un cochon féral dans le lexique du bush australien, La bête pour le traducteur de Kenneth Cook.

Direction la région d'Adalone dans la Nouvelle Galles du Sud en Australie. Les éleveurs sont confrontés à des hordes de cochons sauvages qui déciment leurs troupeaux. Parmi ces cochons sauvages, on en trouve un, le « Roi de la savane » : « La bête était acculée à la muraille, face aux chiens. Pour la première fois, les hommes la voyaient distinctement. C'était un énorme sanglier de plus d'un mètre au garrot. Debout, il aurait avoisiné les deux mètres. Il était couvert de longues soies d'un noir intense, à l'exception d'une raie blanche qui partait de son oreille gauche, descendait sur le côté de sa hure jusqu'à son groin pour s'arrêter à sa défense. Côté gauche, sa défense faisait au moins vingt centimètres tandis que la droite était plus courte de trois ou quatre centimètres. Sa gueule baveuse et ses mâchoires maculées d'écume lui donnaient une apparence grotesque. La rayure blanche et la longueur inégale des défenses ajoutaient à la bête une touche repoussante, presque obscène. » (p.11)

Ce cochon-sanglier est devenu affreusement méchant… il piétine les chiens-molosses, éventre les chevaux, s'évade avec perte et fracas des tentatives d'encerclement menées par les fermiers.
C'est alors qu'intervient Alan Treval du National Departement of Conservation. Il arpente le bush australien pour étudier les animaux marrons du territoire. Un cochon marron ou féral, apprend-on, est un cochon domestique relâché dans la nature ou qui s'est échappé de son enclos et qui de fait retourne partiellement ou complètement à l'état sauvage. Il débarque chez Tom Robbins, fermier dont les terres sont des concessions que l'Etat souhaite récupérer et transformer en parc national. Mais auparavant, Alan Treval est missionné pour des recherches sur les cochons ensauvagés et le meilleur moyen de les supprimer. Accompagné de son fils, le garde forestier s'installe à proximité des marais et commence son étude, non sans compter fleurette à Anne Robbins, la belle-fille du propriétaire terrien.
Et il suffit d'un piège à cochons pour que Treval et son fils fassent connaissance avec le sanglier monstrueux. Un cochon rusé et qui fait preuve d'une cruauté impitoyable. S'engage alors une traque mi-animale mi-humaine où la rage n'émane pas forcément du bipède. Une traque à la vie à la mort où les humains devront faire preuve d'ingéniosité pour tenter de vaincre ce cochon peu amène.
Treval, écologiste dans l'âme et scientifique de formation, refuse toute forme d'anthropomorphisme vis-à-vis de ce cochon hors-norme : « Je ne pense pas qu'un cochon soit venu sauver les autres. Ce qui a pu se passer, et je dis bien « a pu », c'est un autre genre de scénario : un gros cochon sauvage est entré en force dans le piège, attiré par les carcasses. Il a détruit le grillage, créant un trou par lequel les autres cochons sont sortis. Ce qui ne veut pas du tout dire qu'il ait volontairement pratiqué ce trou pour libérer ses congénères. » (p. 73)

Au fil des pages, Treval passe d'une capture éventuelle pour étudier ce cochon féral à une volonté de débarrasser les marais de ce cochon-tueur :
» – Bien sûr que ce bâtard se venge ! éructa Robbins. Je l'ai regardé bien en face, l'enfoiré, et je vous le dis : j'ai vu de la haine. Ce n'est pas un cochon comme les autres ! » (p. 217)

Et Kenneth Cook va s'amuser durant tout le roman à transformer le duel de Treval et du cochon XXL en jeu du chat et de la souris dans le grand bush australien… Mêlant écologie et suspense, La bête est un vrai page-turner ! Il faut bien avouer que ce cochon rappelle furieusement le sanglier meurtrier du film d'horreur australien Razorback, sorti en 1984. Et on se demande vraiment comment cette traque à la bête du Gévaudan australien va finir.

Un drôle de thriller écrit par Kenneth Cook, cet écrivain-journaliste-réalisateur-scénariste considéré comme l'un des principaux écrivains australiens contemporains. Ce roman fut publié en 1980 sous le titre Pig mais il n'a pas pris une ride ! Et il faut remercier les éditions Autrement qu'ils l'ont fait traduire en français en 2014 seulement… Et si la thématique animale vous plaît, l'auteur est assez prolifique sur les animaux autochtones australiens ! Koalas, kangourous, wombats ont la part belle dans ses romans. de quoi découvrir l'Australie en restant dans le fond de son canapé !


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