ISBN : 2356260978
Éditeur : Drugstore (2009)


Note moyenne : 4.06/5 (sur 31 notes) Ajouter à mes livres
Au cœur de la violence conjugale...
Pour tout le monde, c’est un couple ordinaire. Lui est perçu comme le mari idéal, elle comme la femme réservée. Pourtant, une fois la porte de leur appartement fermée, les visages changent. Des bruits sourds, des bleus masqués,... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par chocobogirl, le 09 août 2011

    chocobogirl
    Les Leblon vivent dans un immeuble collectif avec leur petite fille. Les voisins s'inquiètent et s'agacent de l'entendre pleurer tous les soirs. N'y tenant plus, leur voisine décide d'aller prendre des nouvelles auprès de ses parents sous l'oeil indifférent de son compagnon. le père ouvre et explique les scènes de la petite fille pour aller dormir : " Si on commence à marcher dans son jeu, je crois qu'on n'a pas fini. " La voisine repart rassurée.
    Mais le lecteur va vite comprendre que la réalité est tout autre. Inès pleure car sa maman est battue par le père...
    Les pages qui suivent nous permettent de découvrir tout l'envers du décor de la violence conjugale.
    Voilà un album fort sur un sujet difficile.
    J'avais déjà abordé ce thème par un autre album lu précédemment : ...A la folie de Ricard et James, que j'avais trouvé extrêmement bien construit et très "éducatif" sur les ressorts psychologique de cette violence.
    BIen, malgré moi, la lecture d'Inès s'est faite d'une certaine manière en regard de cette lecture.
    Inès est donc la tranche de vie d'une famille et plus précisement d'une femme battue par son mari. le lecteur va la suivre durant 48h et découvrir la violence physique et morale dont fait preuve son compagnon à son égard. Dévalorisant sa femme, la rendant coupable de ses emportements, sa cruauté s'accentue encore plus avec l'alcool. Il ne semble même plus dormir avec elle et la force à avoir des rapports sexuels.
    Sa femme, elle, semble impuissante à faire face. La tentation de partir pour le bien-être de sa petite fille est grande mais l'inconnu, la difficulté, la peur de devoir revenir l'effraie et l'empêche de passer à l'acte.
    Alors Mme Leblon se refugie dans son amour pour sa fille. Les moment passés avec elle sont une source de bonheur et d'oubli de son terrible quotidien. Mais le retour de son mari et l'image pleine de bleus que lui renvoit son miroir la ramène inexorablement à sa souffrance.
    Les proches, eux, semblent peu présents. Les voisins sentent que quelque chose ne va pas mais difficile pour eux d'aller voir plus loin. le collègue qui passe à leur domicile découvre les marques de coups, passe une soirée horrifiante où Mr Leblon traite sa femme pire que tout mais sa proximité avec le mari ne lui permet que de réagir mollement.
    La tension monte crescendo et le drame qui se profile est inévitable.
    Inès est l'histoire d'une femme battue, comme il en existe d'autres malheureusement. Seule face à la violence de son mari, elle peut difficilement réussir à s'en sortir. Les auteurs ont fait le choix de nous montrer juste ces 48h de vie. On ne saura rien de comment le couple en est arrivé là, on ne connaitra pas l'avenir des Leblon et de la petite fille. Au lecteur d'imaginer le pire ou le meilleur.
    On s'immerge malgré tout très facilement dans la vie de cette jeune femme. Les dialogues sont parfois absents et les longues plages de silence qui ponctuent l'histoire font passer autant d'émotion par le non-dit et la pudeur.
    Car Inès finalement joue beaucoup sur l'émotion. le père est abject et ne suscite aucune compassion. La mère est une simple victime. Tout se déroule dans la sphère familiale, en huis-clos. Et c'est peut-être ce qui m'a gêné ici. ...A la folie, dont je vous parlais au début de ce billet, m'a semblé bien plus dense et plus riche au niveau des raisons de cette violence conjugale. Comment en vient-on à frapper sa femme ? POurquoi la femme battue ne part-elle pas ? Comment cache-t'elle les faits à l'extérieur ? Comment les proches doivent réagir face à ce genre de situation ? Ici, rien n'est expliqué. On vous montre abruptement les faits. Pour ma part, je n'ai pas attendu de lire ces albums pour découvrir l'ampleur du phénomène. Ce qui m'intéresse, c'est justement les raisons du pourquoi, de les analyser, de comprendre la passivité qu'on reproche souvent injustement à ces femmes battues.
    Côté dessin, rien à redire. J'ai beaucoup apprécié le graphisme en noir et blanc de Jérôme d'Aviau. le trait est simple mais montre beaucoup d'expressivité. le côté hachuré de certaines textures renforcent l'aspect inquiétant du récit.
    Alors, oui, l'album est excellent, et même nécessaire. Il réussit à aborder un sujet casse-gueule sans tomber dans le larmoyant et le pathos. Il provoque malaise et colère, de manière nécessaire.
    Mais je regrette néanmoins qu'il ne donne pas plus de clés de compréhension sur ce fait qui touche de nombreuses femmes de manière bien trop souvent invisible.
    Le but n'était pas, je suppose, d'expliquer mais de montrer cette violence bien trop cachée, de la dénoncer. Mais je pense qu'un complément d'information, si je puis dire, n'aurait pas nuit à la qualité de cet album.
    Du coup, sa lecture fut pour moi une légère déception mais celà ne m'empêche pas malgré tout de vous recommander cette lecture salutaire.
    On ne parle jamais trop des femmes battues : 1 femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son compagnon...Si cet album permet au moins à quelque personnes de se poser les bonnes questions, il aura rempli son rôle.

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-ines-dauvillier-d-avia..
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    • Livres 5.00/5
    Par melusine1701, le 18 mai 2011

    melusine1701
    Un homme, une femme, une petite fille. Une famille comme tant d'autres. Sauf que le soir, à travers les murs, on entend la petite pleurer et les coups tomber. La jeune femme jongle entre le maquillage qui cache ses bleus et les amis qui n'interviennent pas et font semblant de ne rien voir. D'humiliation en viol conjugal, elle hésite à prendre la seule décision qui peut protéger sa petite fille: partir. Mais pour aller où?
    Dans la bibliothèque municipale de ma petite ville, il y a un fond BD adulte plus que satisfaisant. Cette bande-dessinée était en tête de rayon, mise en valeur. Lorsque je suis passée à la banque d'emprunt, la bibliothécaire m'a avoué qu'il s'agissait d'un coup de coeur. le flair a été juste: j'ai juste dévoré cet album. Pesant, prenant, oppressant, il se passe de mot la plupart du temps. Sobre et réaliste sans être cru, le dessin, en noir et blanc, souligne la dureté et l'ambiance lourde de cette histoire. Cadrages, taille des images, clair-obscur, hors-champs, les planches jouent de toutes les techniques du film noir pour surprendre le lecteur, maintenir la tension et diffuser le malaise. On retient son souffle de la première à la dernière case. Jouant sur la montée progressive de ce climat sans proposer d'autre action qu'un quotidien lugubre, cet album réussit un tour de force sur un sujet difficile.
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    • Livres 5.00/5
    Par Abilene, le 17 mai 2012

    Abilene
    L'histoire se déroule dans un immeuble ordinaire. C'est l'histoire d'un couple ordinaire. Un homme bien sous tous rapports, son épouse plutôt réservée et Inès, leur petite fille. Mais une fois la porte de l'appartement refermée, la réalité est toute autre... La suite ici : http://belle-enfant.over-blog.com/article-34569843.html
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    • Livres 5.00/5
    Par jovidalens, le 16 octobre 2011

    jovidalens
    Cette BD devrait se trouver dans TOUTE salle d'attente.
    Elle aborde un sujet tabou : les femmes battues. Leur prison mais aussi notre incapacité à cerner le problème, à les aider à en sortir.
    Que faire quand nous nous inquiétons des pleurs d'enfants entendus chez nos voisins et que le père nous répond que l'enfant n'arrive pas à s'endormir ?
    Et la culpabilité de la femme battue ?
    On ne peut le croire que lorsque l'on aura entendu une connaissance victime d'un malaise qui s'excuse du dérangement provoqué !
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par marie-bib, le 18 mai 2010

    marie-bib
    Magnifique, un véritable coup de poing. L'auteur nous livre ici l'histoire trop banale d'une femme battue. le dessin, particulièrement expressif, semble être le vecteur idéal pour ressentir les violences subies par cette femme qui n'a pas eu le courage de fuir, et qui laissera une petite fille, Inès, toute seule.
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 17 février 2012
    Lecture Jeune, n°130 - juin 2009 - Inès n'est jamais nommée au fil de cet album. Il s'agit pourtant de la petite fille de ce couple, où le père et mari use de violence à l'égard de sa femme. Plus que les coups, il y a l'humiliation psychologique permanente, les mots qui « frappent », la dépendance financière, etc. Et le roman graphique interroge les personnages - plus ou moins proches - qui gravitent autour de cette cellule familiale. Pourquoi ce silence ? Qui viendra en aide à cette femme et à cette petite Inès qui ne cesse de pleurer ? Les voisins s'inquiètent brièvement, le collègue de travail ne peut pas non plus se voiler la face, mais comment dénoncer cet homme qui semble affable de prime abord ? La bande dessinée décrit un peu plus de 24 heures du quotidien de cette femme, jusqu'à l'issue, inéluctable. Loïc Dauvillier (scénario) et Jérôme d'Aviau (dessin) témoignent ici d'un terrible drame familial avec une économie de dialogues et de scènes. Le trait noir et blanc et la ligne claire proche du manga servent le propos du duo, qui dénonce la violence mais aussi le silence « complice » de l'entourage. Le lecteur est lui aussi amené à s'interroger sur cette situation insoutenable. Enfin, on soulignera le choix du titre pour cet album, Inès, la fille de ce couple, meurtrie indirectement par cette violence, actrice et témoin malgré elle. Quel sera son avenir ? Une lecture cinglante mais nécessaire. Anne Clerc

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Citations et extraits

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  • Par lunch, le 31 août 2010

    pute...
    il l'a encore dit...
    il sait que ça me blesse...
    ... plus que ses coups.
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  • Par Asil, le 04 mai 2012

    Je suis sûre qu'il a vu. Et s'il me demande... comment je me suis fait ça ? Qu'est ce que je vais lui dire ?
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  • Par lunch, le 31 août 2010

    Dis-toi bien que si tu me quittes, tu ne sera plus rien ! Plus personne te sautera !
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