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Les derniers Indiens de
Marie-Hélène Lafon
Les femmes soupiraient à l'épicerie. Il ne venait personne dans nos pays, en plein hiver, on connaissait les voitures, celui ou ceux qui avaient fait ça étaient là, au milieu de tous.
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Par carre, le 04/11/2012
Les pays de
Marie-Hélène Lafon
Il ne fallait d’ailleurs pas faire attendre, de manière générale, dans la vie; faire sans attendre, faire mais pas attendre.
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Par nadejda, le 16/09/2012
Les pays de
Marie-Hélène Lafon
Elle respire sa ville aimée, sa seconde peau, elle hume le fumet familier qu'elle ne parvient pas tout à fait à démêler ; c'est, tout entassé, machine et chair, rouages et sueurs, haleines suries et parfums fatigués sur poussière grasse, c'est animal et minéral à la fois ; c'est du côté du sale et elle se coule dans cette glu, elle prend place s'insère dans le flot. Son pas résolu claque sur le sol dur, ses bottines à lacets et talon bobine sont lustrées comme de petits sabots de cavale d'apparat. La ville s'apprend par le corps et retrouve par lui, le pas sonne et claque comme il ne saurait le faire sur la terre souple de l'autre pays.
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Les pays de
Marie-Hélène Lafon
"Un tel afflux de livres, rassemblés au même endroit, éventuellement sur plusieurs étages, la privait de tout discernement...
C'était trop de tout , et tout à la fois d'un seul coup.
Les livres qu'elle n'avait pas lus, ceux qu'elle ne lirait jamais, et ceux, perfides entre tous,qu'elle aurait du avoir lus, auparavant, dans les lointaines années de sa première vie, tous les livres étaient là, en bataillons réglementaires, en régiments assermentés, offerts et refusés, gardés par des créatures minces et bien vêtues, qui faisaient, à l'entrée des rayons, barrage de leur corps policés et dont la carnation distinguée semblait emprunter à la matière même des ouvrages les plus précieux"
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Les pays de
Marie-Hélène Lafon
Il n’y avait pas de paradis. On avait réchappé des enfances ; en elle, dans son sang, et sous sa peau, étaient infusées des impressions fortes qui faisaient paysages, et composaient le monde, on avait ça en soi, il fallait élargir sa vie, la gagner et l’élargir par le seul et muet truchement des livres.
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Par carre, le 03/11/2012
Les pays de
Marie-Hélène Lafon
Elle avait ajouté aussi que pour ce vent de la neige elle ne connaissait pas d'autres mots que l'écire, ou la burle; elle ne savait pas si c'était français, n'avait jamais cherché dans le dictionnaire, ne le ferait pas, aimant ces mots qui sonnaient étrangement dans l'amphithéâtre dévolu au thème latin.
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Par litolff, le 30/10/2012
Les pays de
Marie-Hélène Lafon
Elle suivait aux Langues Orientales, dont elle parla à Claire en la supposant éclairée sur la question, un cursus tortueux qui l'écartelait entre les subtilités du finno-ougrien supérieur et les affriolants mystères du chinois de la cinquième dynastie.
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Par litolff, le 15/11/2010
L'annonce de
Marie-Hélène Lafon
La nuit de Fridières ne tombait pas, elle montait à l’assaut, elle prenait les maisons les bêtes et les gens, elle suintait de partout à la fois, s’insinuait, noyait d’encre les contours des choses, des corps, avalait les arbres, les pierres, effaçait les chemins, gommait, broyait. Les phares des voitures et le réverbère de la commune la trouaient à peine, l’effleuraient seulement, en vain. Elle était grasse de présences aveugles qui se signalaient par force craquements, crissements, feulements, la n nuit avait des mains et un souffle, elle faisait battre le volent disjoint et la porte mal fermée, elle avait un regard sans fond qui vous prenait dans son étau par les fenêtres, et ne vous lâchait pas, vous les humains réfugiés blottis dans les pièces éclairées des maisons dérisoires.
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Les pays de
Marie-Hélène Lafon
Ce bâtiment (Le Louvre) aussi, c'était quelque chose, on n'en faisait pas le tour, même avec la pyramide en plexiglas, comme le pare-brise des tracteurs modernes, qui datait aussi de Mitterand et s'arrangeait plus ou moins avec le reste qui remontait aux rois, et même au Moyen Age. Il ruminait et brassait cette fatrasie de dates et de périodes, parka ouverte, écharpe dénouée, tête nue, abasourdi d'idiomes entrelacés, ballotté de salle en salle, assis débout, mains croisées dans le dos, vaillant ; le corps penché, planté, il répétait, ils sont beaux les sols ils sont beaux.
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Par litolff, le 29/10/2012
Les pays de
Marie-Hélène Lafon
Avec le fumet sauvage du saint-nectaire pelu et les pages froissées de La Montagne était entré dans la cuisine de Paris un air de là-bas, de l'autre pays, dont le corps de Suzanne avait été traversé.