ISBN : 2203038799
Éditeur : Casterman (2011)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Comment Yôzô Ôba, si séduisant et conquérant alors qu’il entrait dans l’âge adulte, a-t-il pu devenir moins de dix ans plus tard cet homme décharné, malade et totalement passif que l’on sent osciller au bord du gouffre, à deux doigts d’y basculer ? Telle est l’étrange h... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par Lune, le 21 juin 2011

    Lune
    Un des chefs d'œuvre de la littérature japonaise du 20è siècle : « La déchéance d'un homme » (1948) de Osamu Dazai est ici adapté en toute liberté sous le titre de « Je ne suis pas un homme » par Usumaru Furuya (né en 1968) auteur de bandes dessinées.
    Inquiétante histoire que celle de Yôzô Ôba, beauté trouble du diable, intelligence hors pair, révolte et désespérance presque romantiques s'il n'y avait noirceur et manipulation.
    Furuya, le mangaka, se met en jeu lorsqu'il nous raconte sa découverte d'un journal autobiographique sur internet. En mal d'inspiration, le déclic se fera à la suite de cette rencontre.
    Cela donnera des dessins d'une beauté pareille à celle du héros.
    Le puzzle muselant Yôzô est symbolique de l'être morcelé en déroute (et tellement attachant!).
    L'hyper réalisme nous frappe de plein fouet (l'expressivité des visages, la ville, le suicide à deux...).
    Famille, école, société, fric, amour, tout enferme et empêche de vivre la connaissance réelle de soi.
    Refus de voir (et son pourquoi ignoré...) ce qui pourrait être beau.
    Le projet créatif de Yôzô, notamment grâce à la pureté stimulante de l'enfance, la découverte importante de la première phrase qui ouvre les portes de l'univers dans lequel un auteur souhaite entraîner ses lecteurs, ce nouveau monde qui s'ouvre à lui va-t-il permettre à Yôzô de trouver qui il est, de savoir comment vivre dans un monde d'artifices qu'il n'a que trop côtoyé et qu'il n'a que trop exploité ? Absolu ? Néant ? Purification ? Descente aux enfers ? le deuxième tome nous apportera sans doute, peut-être, une réponse...
    Histoire prenante, dessins sans légendes magnifiquement parlants. L'important est plus loin que les mots. Un diamant noir.
    J'ai découvert cette bande dessinée grâce à Masse Critique et aux Editions Casterman. Un grand merci.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Mei-Amadis, le 27 juin 2011

    Mei-Amadis
    Avec Je ne suis pas un homme, Usamaru Furuya remet au goût du jour La déchéance d'un homme (太宰 治) d'Osamu Dazai, un classique de la littérature japonaise du XXème siècle.
    Tout commence avec un mangaka en manque d'inspiration : Usamaru Furuya (qui devient donc lui-même personnage de son propre manga (oui, c'est un peu compliqué lol)) écume le net, à la recherche d'une idée pour son prochain manga, quand il découvre le blog d'un certain Yozo Ôbo :
    « Il y a eu trop de honte dans ma vie », ainsi débute le récit poignant et autobiographique, qui constituera le témoignage édifiant d'un garçon qui avait tout pour vivre heureux : la richesse, l'amour, le talent, mais qui, en réalité, se sent tel une marionnette, qu'on manipule à loisirs.
    Utilisant un procédé de mise en abyme, Usamaru Furuya se met en scène dans son propre manga pour mieux capter l'attention des lecteurs : comme le mangaka en manque d'inspiration, avide et curieux, on se retrouve vite happé par l'histoire de Yozo.
    Réalisant une adaptation libre de l'œuvre originale d'Osamu Dazai, Furuya ne se contente pas de transposer l'intrigue dans une société plus proche et plus actuelle que la notre, non. En plongeant dans une société où les journaux intimes ont fait place aux blogs sur internet, le mangaka nous rappelle aussi l'universalité de la condition humaine : un siècle plus tard, l'être humain est toujours sujet aux mêmes craintes, celles d'être anormal, de ne pas appartenir au même monde que ses semblables. La déchéance d'un homme est indéniablement un roman atemporel qui traite de la condition humaine et de sa vacuité.
    Je ne suis pas un homme est un manga qui se lit d'une seule traite. On se laisse porter sans peine par l'histoire contée par Yozo. Les graphismes, quant à eux, sont aussi soignés que crus. Ils apportent beaucoup à l'œuvre dans la mesure où le lecteur suit la lente évolution psychologique de Yozo à travers de petits détails physiques. On sent l'état de Yozo se dégrader, vers son irrémédiable déchéance. Charismatique malgré tout, le lecteur tombe sous son charme. le lecteur s'identifie sans mal au héros, opportuniste mais attendrissant par sa détresse, tant et si bien qu'on se surprend à apprécier Yozo malgré ses mauvais côtés.
    Je ne suis pas un homme est donc le récit d'un être humain. Sans fard, empli de réalisme, ce seinen dépeint la vie d'un être humain dans toute sa complexité et sa dureté. A noter qu'une adaptation en animé a elle aussi été faite, en collaboration avec Takeshi Obata (Death Note, Hikaru no Go) Personnellement, j'ai davantage apprécié l'adaptation en manga qu'en animé, moins étrange car peut être un peu plus contemporaine.
    Le second et dernier volume de Je ne suis pas un homme, quant à lui, paraîtra fin août. J'attends le dénouement avec impatience ! Merci aux éditions Casterman et à Babelio pour leur Masse Critique dédié aux BD/mangas qui a su faire mon bonheur !
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Lulu_Off_The_Bridge, le 17 juin 2011

    Lulu_Off_The_Bridge
    « Il y a eu trop de honte dans ma vie ».
    Par ces mots, Furuya, mangaka en panne d'inspiration, pénètre dans l'univers de Yôzô Ôba au hasard de ses errances internétiques. Pages après page, l'artiste se trouve happé dans cette noirceur. Comment le joli garçon de 17 ans a-t-il pu devenir en quelques années un zombie aux joues hâves, solitaire et cynique ? de quelles hontes parle-t-il ? Et surtout, pourquoi Yôzo semble-t-il incapable d'en réchapper ?
    Je ne suis pas un homme, arrivé entre mes mains par le bien de la Masse critique Babelio spéciale BD et c'est tant mieux parce que je lorgnais dessus depuis un moment, est la dernière adaptation du roman La déchéance d'un homme d'Osamu DAZAÏ, écrivain japonais mort en 1948, célèbre autant pour son suicide que pour ses écrits autobiographiques et vigoureusement pessimistes.
    Depuis son enfance, Yôzô se définit comme un bouffon. Celui qui grimace sur les photos, invente des tours de potache pour divertir ses camarades. Être un bouffon lui procure une place, une identité qu'il est incapable de trouver autrement. Yôzô en lui-même est « froid comme une pierre », creux et vide plus qu'insensible. « Bouffon », « pitre », il apparaît toujours comme une marionnette, motif qui court le manga de la première à la quatrième de couverture. Pantin de ses parents, de ses amis, des femmes qu'il se persuade d'aimer. Son joli visage lui sert uniquement à ne pas crever de faim et toute sa personne lui inspire haine et mépris. Il est à ce tire saisissant de noter la différence de dessin entre les personnages secondaires aux visages emplis de défauts et de laideurs, et la parfaite figure de Yôzô, lisse, indifférente, quasi anonyme. Matière inerte, les évènements le transpercent sans pour autant le forcer à réagir et ce qu'il fait de mieux, c'est de se regarder tomber. Déchoir. Se perdre. Et il tombe très bas : sa famille le renie juste assez pour qu'il ne leur fasse pas honte, il concoure à la perte de ceux qui lui viennent en aide, il gâche ses talents, se retrouve en prison, à la rue… Incapable de vivre, il est également incapable de mourir, et ce n'est pas faute d'essayer.
    ous le crayon de Furuya, les issues - l'amitié, l'amour, l'action politique, l'art – se bouchent les unes après les autres, ne restent que le profit, la manipulation, la solitude qui rend égoïste et mauvais. Marionnettes, donc. le récit enchâssé (le mangaka qui lit l'histoire de Yôzô pour y puiser l'inspiration) tendrait à faire pencher le tout vers une forme de rédemption par l'art qui conférerait une valeur exemplaire à la vie du jeune homme… À peine. Il semble d'ailleurs que Yôzô rédige sa biographie par sadisme autodestructeur, pour jouir de la contemplation de son échec autant que pour cracher à la gueule du reste du monde. Les crayonnés et les aplats d'ombre confèrent à l'ensemble une forme de délicatesse triste où toujours surnage le visage inexpressif de Yôzô.
    «Ce premier volume se clôt sur une note en clair obscur, qui laisse Yôzô dans un confort précaire. Je sens que cela ne va pas durer… Vivement le tome 2, prévu pour août 2011.

    Lien : http://luluoffthebridge.blogspot.com/2011/06/book-freak-sessions-usa..
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Katherine, le 05 juillet 2011

    Katherine
    C'est en cherchant une idée de bande dessinée sur Internet que le mangaka Usamaru Furuya tombe sur la page perso de Yôzô Ôba. Il y a trois photos ce ce jeune homme qui poussent à réfléchir : une à l'âge de 6 ans en famille où il se force à sourire (« le méchant sourire forcé du gamin »), une à 17 ans où il apparaît beau gosse, et une à 25 ans où il ressemble à un vieil homme ou même à un zombie. le mangaka est intéressé et ne peut s'empêcher de lire l'histoire du jeune homme.
    « Il y a eu trop de honte dans ma vie ».
    Yôzô Ôba est beau, bon élève et il fait rire tout le monde, mais pour plaire à tout le monde justement, il se force à être un bouffon et il en souffre.
    « Cela faisait dix-sept ans que je faisais ce qu'il faut pour être un bouffon ».
    « Je faisais des blagues débiles et on me prenait pour un mec cool ».
    « Personne n'aime ceux qui ont l'air trop parfaits. Il faut savoir se dévaloriser pour être aimé... ».
    Ayant quitté le giron familial, il vit seul à 17 ans dans un appartement chic de Roppongi à Tôkyô. Il poursuit ses études et s'est inscrit en parallèle aux Beaux-Arts. Mais il va y rencontrer Masao Horiki, 18 ans, qui va l'entraîner sur la mauvaise pente...
    Yôzô Ôba a tout pour être heureux, il est beau, bon élève, né dans une famille aisée, mais il pense qu'il sera détesté alors il « joue » puis se sent manipulé comme une marionnette (on voit ça sur la couverture). Au lieu de prendre sa vie en main et de réussir (mais il ne veut pas réussir comme son père), il va se laisser entraîner avec un immense plaisir et sombrer...
    [...]

    Lien : http://laculturesepartage.over-blog.com/article-je-ne-suis-pas-un-ho..
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Suze, le 26 avril 2012

    Suze
    Librement adapté du roman d'Osamu Dazai, La déchéance d'un homme, ce manga nous offre un beau graphisme et une intrigue solide. Comment un homme, un enfant ayant tout pour lui se laisse emporter par son mal de vivre jusqu'à finir au plus profond de l'abîme humaine.
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Critiques presse (2)


  • ActuaBD , le 03 août 2011
    Librement inspiré d’un roman célèbre, ce diptyque plonge dans la vie sans issue d’un jeune qui a pourtant tout pour plaire... Un manga qui ne ménage pas ses effets, mais impressionne par sa puissance narrative. Le premier tome est incontestablement une réussite.
    Lire la critique sur le site : ActuaBD
  • BoDoi , le 19 juillet 2011
    L’immersion dans la vie de ce jeune homme est riche et prenante, car plausible et bien amenée. Le trait du dessinateur est une nouvelle fois parfaitement maîtrisé et toujours plus recherché.
    Lire la critique sur le site : BoDoi

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Citations et extraits

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  • Par Lune, le 21 juin 2011

    Personne n'aime ceux qui ont l'air trop parfaits. Il faut savoir se dévaloriser pour être aimé...
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  • Par Katherine, le 05 juillet 2011

    Personne n'aime ceux qui ont l'air trop parfaits. Il faut savoir se dévaloriser pour être aimé...
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  • Par Katherine, le 05 juillet 2011

    Cela faisait dix-sept ans que je faisais ce qu'il faut pour être un bouffon.
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par Katherine, le 05 juillet 2011

    Il y a eu trop de honte dans ma vie.
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  • Par Katherine, le 05 juillet 2011

    Je faisais des blagues débiles et on me prenait pour un mec cool.
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