AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2858294496
Éditeur : Vega (2006)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 19 notes)
Résumé :
On peut diviser sommairement l’oeuvre de René Guénon (1886-1951) en 2 grandes parties : d’une part l’exposé purement métaphysique – tel qu’on le découvre par exemple dans les États multiples de l’être ou Le Symbolisme de la croix- et d’autre part la critique du monde moderne qui présuppose d’ailleurs cet éclairage doctrinal.
Orient et Occident – dont la parution en 1924 eut un retentissement considérable dans les milieux intellectuels – appartient à cette sec... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.fr
Citations & extraits (4) Ajouter une citation
enkidu_enkidu_18 janvier 2016
A notre époque, l’élite intellectuelle, telle que nous l’entendons, est donc véritablement inexistante en Occident ; les cas d’exception sont trop rares et trop isolés pour qu’on les regarde comme constituant quelque chose qui puisse porter ce nom, et encore sont-ils en réalité pour la plupart, tout à fait étrangers au monde occidental, car il s’agit d’individualités qui, devant tout à l’Orient sous le rapport intellectuel, se trouvent à peu près, à cet égard, dans la même situation que les Orientaux vivant en Europe, et qui ne savent que trop quel abîme les sépare mentalement des hommes qui les entourent. Dans ces conditions, on est assurément tenté de se renfermer en soi-même, plutôt que de risquer, en cherchant à exprimer certaines idées, de se heurter à l’indifférence générale ou même de provoquer des réactions hostiles ; pourtant, si l’on est persuadé de la nécessité de certains changements, il faut bien commencer à faire quelque chose en ce sens, et tout au moins donner, à ceux qui en sont capables (car il doit y en avoir malgré tout), l’occasion de développer leurs facultés latentes.
(...)
S’il y avait encore, en Occident, des individualités, même isolées, ayant conservé intact le dépôt de la tradition purement intellectuelle qui a dû exister au moyen âge, tout serait grandement simplifié ; mais c’est à ces individualités d’affirmer leur existence et de produire leurs titres, et, tant qu’elles ne l’auront pas fait, il ne nous appartient pas de résoudre la question. A défaut de cette éventualité, malheureusement assez improbable, c’est seulement ce que nous pourrions appeler une assimilation au second degré des doctrines orientales qui pourrait susciter les premiers éléments de l’élite future ; nous voulons dire que l’initiative devrait venir d’individualités qui se seraient développées par la compréhension de ces doctrines, mais sans avoir de liens trop directs avec l’Orient, et en gardant au contraire le contact avec tout ce qui peut encore subsister de valable dans la civilisation occidentale, et spécialement avec les vestiges d’esprit traditionnel qui ont pu s’y maintenir, en dépit de la mentalité moderne, principalement sous la forme religieuse. (pp. 171 & 180)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
enkidu_enkidu_07 janvier 2016
Quoi qu’il en soit de ces prévisions peut-être lointaines, les Occidentaux d’aujourd’hui en sont encore à se persuader que le progrès, ou ce qu’ils appellent ainsi, peut et doit être continu et indéfini ; s’illusionnant plus que jamais sur leur propre compte, ils se sont donné à eux-mêmes la mission de faire pénétrer ce progrès partout, en l’imposant au besoin par la force aux peuples qui ont le tort, impardonnable à leurs yeux, de ne pas l’accepter avec empressement. Cette fureur de propagande, à laquelle nous avons déjà fait allusion, est fort dangereuse pour tout le monde, mais surtout pour les Occidentaux eux-mêmes, qu’elle fait craindre et détester ; l’esprit de conquête n’avait jamais été poussé aussi loin, et surtout il ne s’était jamais déguisé sous ces dehors hypocrites qui sont le propre du « moralisme » moderne. L’Occident oublie, d’ailleurs, qu’il n’avait aucune existence historique à une époque où les civilisations orientales avaient déjà atteint leur plein développement(1) ; avec ses prétentions, il apparaît aux Orientaux comme un enfant qui, fier d’avoir acquis rapidement quelques connaissances rudimentaires, se croirait en possession du savoir total et voudrait l’enseigner à des vieillards remplis de sagesse et d’expérience. Ce ne serait là qu’un travers assez inoffensif, et dont il n’y aurait qu’à sourire, si les Occidentaux n’avaient à leur disposition la force brutale ; mais l’emploi qu’ils font de celle-ci change entièrement la face des choses, car c’est là qu’est le véritable danger pour ceux qui, bien involontairement, entrent en contact avec eux, et non dans une « assimilation » qu’ils sont parfaitement incapables de réaliser, n’étant ni intellectuellement ni même physiquement qualifiés pour y parvenir.

En effet, les peuples européens, sans doute parce qu’ils sont formés d’éléments hétérogènes et ne constituent pas une race à proprement parler, sont ceux dont les caractères ethniques sont les moins stables et disparaissent le plus rapidement en se mêlant à d’autres races ; partout où il se produit de tels mélanges, c’est toujours l’Occidental qui est absorbé, bien loin de pouvoir absorber les autres. Quant au point de vue intellectuel, les considérations que nous avons exposées jusqu’ici nous dispensent d’y insister ; une civilisation qui est sans cesse en mouvement, qui n’a ni tradition ni principe profond, ne peut évidemment exercer une influence réelle sur celles qui possèdent précisément tout ce qui lui manque à elle-même ; et, si l’influence inverse ne s’exerce pas davantage en fait, c’est seulement parce que les Occidentaux sont incapables de comprendre ce qui leur est étranger : leur impénétrabilité, à cet égard, n’a d’autre cause qu’une infériorité mentale, tandis que celle des Orientaux est faite d’intellectualité pure.

Il est des vérités qu’il est nécessaire de dire et de redire avec insistance, si déplaisantes qu’elles soient pour beaucoup de gens : toutes les supériorités dont se targuent les Occidentaux sont purement imaginaires, à l’exception de la seule supériorité matérielle ; celle-là n’est que trop réelle, personne ne la leur conteste, et, au fond, personne ne la leur envie non plus ; mais le malheur est qu’ils en abusent.

(1) Il est possible qu’il y ait eu cependant des civilisations occidentales antérieures, mais celle d’aujourd’hui n’est point leur héritière, et leur souvenir même est perdu ; nous n’avons donc pas à nous en préoccuper ici. (pp. 98-100)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
charnalletcharnallet02 juin 2011
toutes les supériorités dont se targuent les Occidentaux sont purement imaginaires, à l'exception de la seule supériorité matérielle; celle-là n'est que trop réelle, personne ne la leur conteste, et, au fond, personne ne la leur envie non plus; mais le malheur est qu'ils en abusent.
Commenter  J’apprécie          210
enkidu_enkidu_07 janvier 2016
Métaphysique et religion ne sont pas et ne seront jamais sur le même plan ; il résulte de là, d’ailleurs, qu’une doctrine purement métaphysique et une doctrine religieuse ne peuvent ni se faire concurrence ni entrer en conflit, puisque leurs domaines sont nettement différents. Mais, d’autre part, il en résulte aussi que l’existence d’une doctrine uniquement religieuse est insuffisante pour permettre d’établir une entente profonde comme celle que nous avons en vue quand nous parlons du rapprochement intellectuel de l’Orient et de l’Occident ; c’est pourquoi nous avons insisté sur la nécessité d’accomplir en premier lieu un travail d’ordre métaphysique, et ce n’est qu’ensuite que la tradition religieuse de l’Occident, revivifiée et restaurée dans sa plénitude, pourrait devenir utilisable à cette fin, grâce à l’adjonction de l’élément intérieur qui lui fait actuellement défaut, mais qui peut fort bien venir s’y superposer sans que rien soit changé extérieurement. Si une entente est possible entre les représentants des différentes traditions, et nous savons que rien ne s’y oppose en principe, cette entente ne pourra se faire que par en haut, de telle façon que chaque tradition gardera toujours son entière indépendance, avec les formes qui lui sont propres ; et la masse, tout en participant aux bénéfices de cette entente, n’en aura pas directement conscience, car c’est là une chose qui ne concerne que l’élite, et même « l’élite de l’élite », suivant l’expression qu’emploient certaines écoles islamiques.

On voit combien tout cela est éloigné de nous ne savons quels projets de « fusion » que nous regardons comme parfaitement irréalisables : une tradition n’est pas une chose qui peut s’inventer ou se créer artificiellement ; en rassemblant tant bien que mal des éléments empruntés à des doctrines diverses, on ne constituera jamais qu’une pseudo-tradition sans valeur et sans portée, et ce sont là des fantaisies qu’il convient de laisser aux occultistes et aux théosophistes ; pour agir ainsi, il faut ignorer ce qu’est vraiment une tradition, et ne pas comprendre le sens réel et profond de ces éléments que l’on s’efforce d’associer en un ensemble plus ou moins incohérent. (pp. 195-196)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Videos de René Guénon (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de René Guénon
Érik Sablé - René Guénon, le visage de l'éternité .Érik Sablé vous présente son ouvrage "René Guénon, le visage de l'éternité" aux éditions Points. http://www.mollat.com/livres/sable-erik-rene-guenon-passion-eternite-9782757828571.html Notes de Musique : 1-17 Schubert_ Moments Musicaux, Op. 94, d'780 - 6. Allegretto
autres livres classés : métaphysiqueVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Philo pour tous

Jostein Gaarder fut au hit-parade des écrits philosophiques rendus accessibles au plus grand nombre avec un livre paru en 1995. Lequel?

Les Mystères de la patience
Le Monde de Sophie
Maya
Vita brevis

10 questions
177 lecteurs ont répondu
Thèmes : spiritualité , philosophieCréer un quiz sur ce livre