Marguerite Coadou, ancien inspectrice de police reconvertie comme libraire, décide de passer quelques jours de vacances dans une vallée perdue des Alpes. Elle recueille une jeune femme blottie dans l'obscurité du chalet mais dans la nuit, alors que des hommes et des chiens parcourent la neige, sa protégée s'enfuit. Elle ne peut qu'assister à une véritable chasse à courre dans la neige. Son instinct de policier prévalant, Margot poursuit les deux véhicules des agresseurs et les suit jusqu'en Italie. Fatiguée par son périple, elle se plante dans un mur pour reprendre conscience dans une clinique dirigée par le docteur Giasetti. Par la fenêtre elle reconnaît, stationnés sur le parking, les deux véhicules qu'elle avait pris en chasse. L'assistant du professeur, un ponte dans sa spécialité, n'est autre que l'un des agresseurs de sa protégée, Irina, qui fuyait son pays de l'Est. Si le commandant de la police de Turin sous des dehors affables, prend les déclarations de Margot pour des affabulations, il n'en est pas de même pour l'inspecteur Pietramorta qui la croit. Et ce ne serait-ce que pour se venger de ses collègues et supérieurs hiérarchiques qui le dédaignent, lui l'homme du sud qui traîne des casseroles à ses basques. D'autres personnages gravitent dans ce roman, apportant leurs pierres à l'édifice construit par
Yannick Letty : Votso, le réfugié Albanais en mal de papiers qui travaille dans un garage de Modane, pressuré par son patron ; Valentina et ses consoeurs de convoi pressées de quitter les ex-pays de l'URSS afin de s'installer en Italie ou en France avec l'espoir de trouver une vie meilleure que celle à laquelle elles étaient promises malgré leurs diplômes.
Poupées russes est tout autant un suspense qu'un livre axé sur les agissements des passeurs, ces trafiquants de viande humaine, ainsi que sur celui de médecins qui bafouent leur déontologie sous couvert de recherches. le rôle joué par les personnages secondaires est aussi important, sinon plus, que celui de Marguerite Coadou dans ce livre âcre, parfois poignant, dépeignant un univers sordide mais réel et quotidien. Un roman actuel en dehors des thèmes souvent exploités. Pour son troisième roman noir,
Yannick Letty fait fort, très fort, et je suis persuadé qu'il se fera rapidement un nom dans la littérature policière.
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