Louise et Juliette s’aiment d’un amour de sœurs inébranlable. Elles ont bâti autour d’elles une carapace d’amour et de complicité que rien ne pouvait briser. Pourtant, lorsque la guerre éclate, elles se retrouvent presque malgré elles dans des camps opposés. Louise a ép... > voir plus
J'ai vraiment adoré le style de l'auteur, tout en pudeur et en émotions. Je n'ai pourtant pas de soeur, mais j'ai pourtant pu entrapercevoir la force des liens du sang, de l'amour inconditionnel qui lie deux êtres. Car c'est vraiment ça : inconditionnel. Malgré la guerre, la trahison, l'absence, la différence, la distance, la souffrance, elles restent avant toute chose des soeurs, des âmes soeurs. et ce, tout en étant des femmes et des mères fidèles à leurs convictions pourtant si opposées. Une belle histoire d'amour donc, et également un récit de guerre touchant, bien que différent des histoires que j'ai pu lire traditionnellement sur la déportation et le fascisme. On lit ici la guerre sous l'Occupation française qui engendre toujours ce questionnement sur la collaboration, la résistance et la possibilité de trouver un terrain "neutre" entre les deux.
Premier roman de Catherine Servan-Schreiber et j'espère pas le dernier.
Ce roman retrace le destin de deux sœurs pendant la guerre 39-45, deux sœurs dont l'une a un mari juif, tandis que l'autre a un mari qui a choisi la collaboration. Il nous transporte au cœur de cette guerre et son climat particulier ou chacun dénonce son voisin dans une France occupée. Un vrai beau roman.
"Ce fut à ce moment-là que Juliette tourna la tête. Leurs regards se croisèrent sans qu'elles bougent, ni l'une, ni l'autre. Chacune figée dans leurs douleurs,dans leurs interrogations contradictoires. Puis, doucement, Juliette se leva et vint enlacer sa soeur sur le trottoir. Sans rien dire, mais avec les gestes familiers de l'enfance. Elles étaient ensevelies sous un flot de souvenirs. Chacune les siens, sans savoir si c'était les mêmes. Il y en avait assez pour deux, elles pouvaient partager. Plus rien de ce qu'elles avaient prévu de se dire ne leur revenait à l'esprit."
"Ils sont tous devenus fous", dit-elle avec son petit sourire en coin.... Elle refuse d'aller a la mairie ou au commissariat se faire enregistrer comme juive et préfère ne plus sortir. Que c'est triste ! Eva, si téméraire, a peur de tout maintenant et veut mourir avant qu'il ne défoncent sa porte pour lui demander ses papiers. Crois-tu qu'ils iront jusque-là? Paul dit que non et je préfère le croire !
"-Mazaltov...murmura Jaqueline malgré elle.
-C'est de l'hébreu, s'étonna Louise
-L'hébreu et le yiddish me reviennent quand je parle toute seule. C'est à dire tout le temps. C'est le port de l'étoile jaune qui fait remonter les souvenirs... Comme attirés par le petit soleil cousu sur mon manteau...
-Je ne savais pas que vous étiez juive. Vous l'étiez si peu et...
-Et?
-Et maintenant vous l'êtes tellement...
-C'est la "métamorphose nazie"... "