AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
3,85

sur 329 notes

Critiques filtrées sur 5 étoiles  
Il s'agit du deuxième livre que je lis de cet auteur espagnol, Somoza, dont la formation de psychiatre contribue sans aucun doute à l'élaboration de récits aussi timbrés que leur auteur. Ce livre à la lecture assez complexe se révèle malsain et surprenant, et nous emmène dans des histoires parallèles reliées par un graphe relevant du jeu littéraire et de l'énigme, voire de la joute. On en ressort avec une perte d'équilibre doublée de quelques interrogations sur les substances dont l'auteur se sert pour sa rédaction. Lecture sympathique et technique parfaitement à mon goût.
Commenter  J’apprécie          60
Quel livre! Je devrais dire quels livres! puisqu'on lit 2 narrations, une, censée se dérouler dans la Grèce antique et l'autre étant un commentaire du traducteur traduisant cette oeuvre. Les deux narrations se font parallèlement d'abord, puis, de plus en plus, un système de miroirs et d'échos se met en place et finalement on se retrouve avec une seule et unique oeuvre, OVNI, à la fois roman policier et historique, philosophique et réflexion sur l'acte de création. Prenant, intelligent, ce roman est à coup sûr est des plus belles surprises parmi mes récentes lectures.
Commenter  J’apprécie          230
Un livre passionnant qui se passe à deux niveaux. de nos jours et pendant l'antiquité.
Héraclès Pontor, le Déchiffreur d'Énigmes enquête sur la mort d'un éphèbe retrouvé dans les rues d'Athènes.
Un traducteur oeuvre dans l'ombre pour traduire cette histoire.

Un livre dans le livre. Un roman qui mêle philosophie et enquête policière au temps de Périclès.

Un clin d'oeil à Hercule Poirot !
Commenter  J’apprécie          00
C'est le livre par excellence. Un livre dans le livre.
L'enquête est passionnante et nous mène dans une quête philosophique.
Commenter  J’apprécie          00
Somoza prend le partie d'un roman adapté à son support; le Livre, et quel livre !
C'est à la fois la boîte de Pandore et un labyrinthe psychotique pour qui croit y trouver la clé de voûte tangible de la fameuse caverne de Platon.
On ne comprend pas bien ce à quoi on assiste avant les 3 dernières pages.
Commenter  J’apprécie          00
Ce livre diablement intelligent présente à la fois une intrigue policière dans l'Athènes classique de l'Antiquité, une dissertation érudite sur le mythe platonicien de la caverne et des idées ainsi qu'une éclairante description de l'"eidesis" ce procédé littéraire utilisé par les auteurs grecs pour transmettre des clés et des messages secrets à travers leurs oeuvres, répétant des métaphores qui, isolées de leur contexte, forment une idée ou une image indépendante du texte original.
Tout commence par la découverte du cadavre d'un jeune homme dévoré par les loups après une partie de chasse solitaire sur le Mont Lycabette.
Diagoras, son professeur à l'Académie, doute que sa mort soit due à des causes naturelles et engage Héraclès, le déchiffreur d'énigmes, lointain ancêtre du sagace détective Hercule Poirot, pour faire la lumière sur les circonstances du décès.
Alors que l'enquête des deux hommes progresse peu à peu, une nouvelle victime est découverte...
Somoza utilise sa parfaite connaissance de l'Antiquité grecque pour donner à son récit une saveur extraordinaire, plongeant le lecteur dans la vie quotidienne athénienne à un moment où la Cité naguère conquérante et invincible au temps de Périclès, a connu la défaite et vit dans l'amertume de la décadence.
Présenté comme un texte antique traduit une première fois par un intellectuel excentrique prématurément disparu, le roman antique "La caverne des idées" est confié à un nouveau traducteur qui va connaître bien des déboires, le mystère du texte traduit, renvoyant à une intrigue bien contemporaine qui fait aussi la part belle au danger ...
Avec la découverte des métaphores cachées dans le texte, qui illustrent les célèbres "travaux d'Hercule", le traducteur vivra une aventure personnelle hors du commun qu'il fera partager au lecteur par les notes en bas de page.
Une chute brillante pour cette histoire qui ne l'est pas moins et qui ne peut que donner envie de retourner à ses chères études et de se plonger à nouveau dans l' héritage antique qui structure encore la pensée aujourd'hui.
Somoza a vraiment réalisé un tour de force hors du commun en alliant avec maestria l'intrigue policière classique à la réflexion philosophique.
Une lecture absolument jubilatoire !
Commenter  J’apprécie          100
Un livre exceptionnel.
Commenter  J’apprécie          00
Dans ce roman, très souvent qualifié de roman policier atypique, Somoza plonge ses lecteurs dans le travail d'écriture et dans son approche de la traduction littéraire, le tout dans une enquête à quatre mains et une narration à plusieurs niveaux. du genre policier, nous avons les cadavres, étrangement mutilés, de trois éphèbes et d'un vieil esclave pédagogue et les investigations menées par un philosophe platonicien et un déchiffreur d'énigme ; mais nous lisons en fait un très vieux texte datant de la Grèce antique, déjà traduit et édité à partir du papyrus originel, qu'un troisième narrateur commente au fur et à mesure qu'il le traduit à son tour. Et peu à peu, les intrigues se mêlent avec la mort mystérieuse du premier traducteur et les péripéties que vit le second… tout en traduisant. En fait, ce n'est pas tout à fait ça, mais je ne veux pas trop divulguer le dénouement…
Tenez-vous surtout pour prévenus qu'il ne faut pas faire l'impasse des notes de bas de page !!!

C'est dans La Caverne des idées que Somoza invente la technique littéraire dite « eidesis » ; selon lui, l' « eidesis » permettrait de transmettre des clés ou des messages secrets dans les oeuvres, en répétant des mots ou des métaphores qui, reconnues par les lecteurs avertis, livreraient un message indépendant du texte originel. le texte est donc riche en images, détails, isotopies ou changement de rythme superflus et déstabilisants ; à noter également les fils conducteurs (ou perturbateurs) des douze travaux d'Hercule et de la jeune fille au lys…
Nous suivons le travail laborieux du traducteur, à la fois narrateur secondaire et personnage à part entière, dans ses doutes, ses hésitations, ses avancées et ses réflexions. le traducteur se fait double du déchiffreur d'énigmes et du philosophe platonicien, convaincu qu'il a « quelque chose des deux personnages » : il est à la fois méticuleux et sensible à la beauté, passionné même. Mais ce n'est pas l'enquête proprement dite qui l'intéresse : il veut résoudre l'énigme eidétique du texte. Ses notes évoluent en une deuxième narration de plus en plus personnelle : de simples précisions, elles deviennent des commentaires de texte, des dialogues avec ses collaborateurs, des tranches de vie.

Dans le texte d'origine, deux courants de pensée s'affrontent ; le déchiffreur d'énigme part toujours des éléments matériels, ne croit que ce qu'il voit et sa méthode est déductive. Ce n'est pas pour rien qu'il s'appelle Héraclès Pontor, nom à la sonorité bien proche d'Hercule Poirot. Il croit plus en l'intelligence qu'en la vertu (au sens antique de qualités morales essentielles, tant dans la vie quotidienne que dans le discours, forme d'excellence et de réalisation du plein potentiel : aretê en grec). Il sait prendre de la distance et rester insensible et pragmatique face aux évènements.
Diagoras de Medonte, son binôme - et employeur - est un philosophe platonicien qui croit au pouvoir de la pensée, corollaire d'une vérité éternelle à rechercher par-delà les inexactitudes et les imperfections de toute science déjà mise en oeuvre.
Naturellement, La Caverne des idées de Somoza possède une intertextualité voisine de l'allégorie de la caverne, développé par Platon dans le livre VII de la République. Ce dernier est d'ailleurs mis en scène dans le roman.

Tout se complique quand le texte original et sa traduction se dédoublent (fameux chapitres VIII en miroir) et quand le livre interpelle directement le Traducteur (avec un T majuscule) avec des « sauts à la deuxième personne » : « ils te regardaient toi ». Il y est question d'un papyrus original décrit comme le récit d'actions et de pensées chargées d'un sens occulte : les vies des personnages ont une signification qui leur échappe mais que le Traducteur décrypte au fur et à mesure : à la fin du texte, seul le Traducteur devrait atteindre à la compréhension ultime… le secret du texte est-il dans les personnages, dans les descriptions, dans les métaphores ? Les idées cachées dans le texte ont-elles une existence propre ?
Le déchiffreur d'énigmes Héraclès Pontor se présente aussi comme un traducteur quand il est confronté aux meurtres énigmatiques : « c'est la partie du texte que je n'ai pas encore traduite, Diagoras… Bien que je puisse t'assurer, modestement, que je ne suis pas un mauvais traducteur ».
Le Traducteur réalise qu'il fait partie du texte qu'il est en train de traduire : d'abord, ce ne sont que des coïncidences mais qui deviennent de plus en plus troublantes, surtout quand un sculpteur présent dans le livre réalise une oeuvre qui est son portrait fidèle et qu'il se retrouve en train de faire l'amour avec une hétaïre et qu'il « [sent] venir un plaisir étrange, asservissant ». Comment faire la part de la réalité et de la « présomption de tous les lecteurs » qui s'identifient à ce qu'il lisent ? Puis, il apprend que le premier traducteur a perdu la raison et qu'il est mort comme le premier éphèbe du livre. Enfin, il se sent épié, puis il est kidnappé et séquestré dans une cellule spartiate par un personnage qui veut qu'on le nomme Anonyme et qui lui intime l'ordre de continuer et terminer sa traduction…

Lire La Caverne des idées est donc l'occasion de réfléchir aux enjeux de la traduction littéraire d'un texte ancien : comment respecter l'esprit du texte original ? Peut-on ou pas améliorer le texte original pour coller aux normes contemporaines ou l'adapter pour qu'il plaise à un lectorat étranger ? A-t-on le droit de couper le texte, de combler les vides dus aux détériorations, d'enlever le côté vieillot, de gommer l'historicité et les marques textuelles qui renvoient au caractère ancien du texte ? Comment mettre en valeur l'originalité et la littérarité du texte ? Ainsi que le souligne Anonyme, «les mots ne sont qu'un ensemble de symboles qui s'accommodent toujours à notre goût ». le traducteur se fait interprète, chasseur d'intertextualité.
Il y aurait aussi d'autres clés de lecture en matière de linguistique. En effet, un texte est identifiable parce qu'on peut le pourvoir de signes, d'indices qui, même s'ils apparaissent chez d'autres auteurs, n'en sont pas moins caractéristiques. Je ne suis pas assez qualifiée pour aller très loin dans une étude de la Caverne des idées en me penchant sur des notions telles que « référent » ou « signifié » ou encore « isotopie » : je laisse cela à des spécialistes de syntaxe et linguistique, mais je sens qu'il a y quelque chose à creuser dans ces domaines-là aussi.

Je ne peux que recommander ce roman… Pour ma part, une claque littéraire !!! Vous savez, quand on reste figé sur un « whoua ! » en ayant tourné la dernière page…
Commenter  J’apprécie          192
Dans l'Athènes de Platon, dont l'Académie fleurit, un des disciples est assassiné. Diagoras, son mentor, fait appel aux talents du Déchiffreur d'Enigmes, Héraklès, pour comprendre comment ce jeune homme a pu s'éloigner et se faire déchiqueter par les loups. Héraklès voit immédiatement que les loups ne sont pas la cause du décès. Un autre jeune Académicien décède, soi-disant de ses auto-mutilations, sous l'effet de l'ivresse, et la piste commence à se préciser...

En réalité, il y a une polyphonie dans le roman. le Déchiffreur, c'est Héraklès, c'est aussi le traducteur du roman de Polytexte de Chersonèse (?!), qui ne cesse de faire des notes sur différents passages, raconte sa perplexité, les phénomènes étranges qu'il observe soit dans sa traduction, soit dans le travail du traducteur qui l'a précédé, Montalo, et qui est mort... dans les mêmes circonstances qu'un des personnages... Il a le sentiment que quelqu'un se joue de lui et lui donne à traduire des pages qui ne sont pas originales... de plus, il s'étonne de trouver des passages eidétiques (mélanges de métaphores et d'allégories) liés aux travaux d'Hercule... En réalité, le roman se lit comme un hiéroglyphe égyptien, avec trois sens : littéral, figuré et spirituel ! Mais c'est dans les théories de Platon autant que dans la littérature qu'il faut chercher une clé de lecture. C'est passionnant, un régal !

Pour l'helléniste que je suis, les noms propres sont très bizarres, pour la plupart, mais je me suis obligée à n'en pas tenir compte.
Lien : http://aufildesimages.canalb..
Commenter  J’apprécie          60
Un polar au style inclassable, où le texte s'emmêle avec les "notes de bas de pages" du "traducteur qui finissent par écrire un contrepoint faisant partie de l'histoire. L'histoire qui même polar et philosophie est un vrai bonheur.
Commenter  J’apprécie          00




Lecteurs (872) Voir plus



Quiz Voir plus

Littérature espagnole au cinéma

Qui est le fameux Capitan Alatriste d'Arturo Pérez-Reverte, dans un film d'Agustín Díaz Yanes sorti en 2006?

Vincent Perez
Olivier Martinez
Viggo Mortensen

10 questions
95 lecteurs ont répondu
Thèmes : cinema , espagne , littérature espagnoleCréer un quiz sur ce livre

{* *}