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> Marianne Millon (Traducteur)

ISBN : 2742766693
Éditeur : Actes Sud (2007)


Note moyenne : 3.71/5 (sur 205 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Isolée sur un atoll de l'océan Indien, la fine fleur de la physique mondiale est en quête du Graal. Elle œuvre à un ambitieux projet fondé sur la théorie des cordes, qui permettrait d'ouvrir le temps. S'ils parviennent avec ravissement à contempler le passé de l'humanit... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Eric75, le 11 mai 2013

    Eric75
    José Carlos Somoza a intitulé son roman « Zigzag », titre traduit en français « La Théorie des cordes ». Après l'avoir lu, je me demande encore bien pourquoi. Ce titre-alibi permet certes de colorer d'un vernis scientifique un techno-thriller dont l'action se déroule dans le milieu très sélect de la recherche fondamentale. La véritable théorie des cordes est une théorie encore en construction, mystérieuse, peu connue du grand public, se déclinant en multiples variantes, s'appuyant sur des conjectures et un formalisme essentiellement mathématique ; La Théorie des cordes ne peut s'enorgueillir aujourd'hui d'aucune vérification expérimentale. On peut donc en dire ce que l'on veut…
    José Carlos Somoza s'engouffre dans une double brèche : l'inexistence de projets expérimentaux, et le vide béant laissé par l'absence de roman explorant le sujet. Dans son roman, il lui suffit de renommer « théorie du séquoia » une nième théorie des cordes, qui peut bien s'accommoder d'une variante de plus, pour permettre à l'un de ses personnages d'en revendiquer la paternité, puis de donner une vague explication sur la lecture des cordes du temps – qui n'ont aucun rapport avec la véritable théorie, mais permettent à bon compte de visualiser le passé – et le tour est joué !
    Je rassure définitivement celles et ceux qui se sont émus du titre français, se demandant s'il fallait s'y connaître un chouia en science physique pour pouvoir apprécier le roman et avoir un diplôme d'Harvard ou du M.I.T. en poche pour le comprendre… Que nenni !
    Ce roman, au titre si « scientifique », est en fait un thriller de science-fiction. Mais quel thriller !
    Il s'agit de mon premier Somoza. Et si le reste de sa production tient aussi bien la corde, ce ne sera sans doute pas le dernier.
    Elisa Robledo peut se prévaloir de deux domaines d'excellence : la physique et… son physique. Sorte d'Angelina Jolie dotée du cerveau d'Einstein et d'Hawking réunis (non, ce n'est pas mon fantasme, mais c'est visiblement celui de Somoza), cette bombe atomique se balade plus souvent qu'à son tour en tenue légère, façon Lara Croft en débardeur et minishort, bravant la chaleur et le danger dans des laboratoires surchauffés situés au beau milieu de l'océan indien, dont la clim comme par un fait exprès tombe régulièrement en panne suite aux catastrophes en série dictées par le scénario. Sa mission : sauver sa peau et celle de ses camarades…
    Or, Elisa n'était pas destinée à assumer le destin d'une aventurière provocante. Sa devise au début du roman pourrait être « pour vivre heureuse, vivons cachée ». Elle reste d'ailleurs un mystère pour ses collègues et amis qui ne comprennent pas pourquoi une personnalité si brillante et si parfaite se contente de donner des cours dans une (minable) école privée pour étudiants blasés. Elle tente de se faire oublier et occulte son passé.
    Mais alors qu'elle croyait échapper à ce passé, celui-ci va ressurgir brutalement à la lecture d'un simple article de journal qui lui saute au visage tel un petit Alien Facehugger bondissant de son œuf, et qui va bouleverser la suite de son existence. Car elle se sent désormais en danger de mort et décide de reprendre un combat abandonné dix années plus tôt.
    José Carlos Somoza revisite avec panache le mythe de Frankenstein, qui lui-même revisitait le mythe de Prométhée (vous me suivez ?). Avec le « Prométhée moderne » de Mary Shelley, l'homme défie Dieu en créant la vie, et la Créature se retourne contre son créateur. Somoza reprend le même thème et invente l'une des créatures les plus terrifiantes – et je pèse mes mots – de la science-fiction actuelle : j'ai nommé Zigzag, qui peut faire passer le Gritche d'Hypérion pour un vulgaire assemblage de boîtes de conserves et les monstres de la mythologie lovecraftienne pour une famille d'aimables batraciens annonçant la météo. Zigzag est un être pervers et cruel, d'origine mystérieuse, aux desseins insondables, aux pouvoirs illimités, qui semble être doué d'ubiquité et développer une inexplicable addiction aux carnages sanguinolents, ciblant notre groupe de scientifiques de haut niveau.
    Les scientifiques ont ouvert la boîte de Pandore, et ils vont s'en mordre les doigts.
    Les commanditaires de l'opération ont évalué les profits potentiels d'une telle arme de destruction massive, et ils souhaitent ne pas en rester là, il suffirait de poursuivre les recherches, de maîtriser la bête et tout ira bien. Humm… à votre avis ? Zigzag mettra rapidement fin à ces illusions.
    Mais d'où vient ce Zigzag ? Qui l'a créé ? Jusqu'au bout, on ne saura presque rien sur son origine, et c'est bien sur cette ultime énigme que les scientifiques survivants devront se pencher s'ils veulent parvenir à sauver leur peau. Une seule certitude : Zigzag est le fruit de leurs expériences passées sur la théorie du séquoia. Mais la recherche de la vérité va s'avérer d'autant plus complexe et difficile à mener que les chercheurs en question seront décimés les uns après les autres.
    Avant d'embarquer dans la lecture de ce roman, assurez-vous de la fermeture de vos portes et de vos fenêtres, et glissez le plus gros couteau de votre cuisine sous votre oreiller. La Théorie des cordes est un roman qui accroche d'emblée le lecteur et propose plusieurs niveaux de lecture (le thriller proprement dit, une réflexion sur l'éthique scientifique, une autre sur la nature humaine…) ; José Carlos Somoza aime les intrigues bien ficelées et possède assurément plusieurs cordes à son arc.
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    • Livres 3.00/5
    Par MonsieurChat, le 24 juillet 2013

    MonsieurChat
    Oui, étonnant bouquin qui commence non pas par un prologue mais deux. Aussi frustrant l'un que l'autre, ça appate fort le client ! Et puis on continue par le premier chapitre qui titre 'L'Appel'. Comme il est question d'universitaire et d'école, on suppose que la superbe brune que l'on imagine facilement comme une Kate Beckinsale avec des cheveux longs et bouclés (bouclés, pas sûr que ça aille à Kate, peu importe quand c'est une brune canon, c'est Kate que j'imagine ; mais je m'égare...), on suppose donc que ce professeur va faire l'appel. Ce qui se fait dans les établissements publics d'enseignement, non ? Alors voilà qu'en plus, juste après ce titre, on nous annonce qu'il est telle heure et qu'il va se passer quelque chose de terrible dans 6 minutes 13 secondes. Là, franchement, j'ai un peu décroché. J'ai toujours considéré le langage comme un outil de communication, donc, quelque part, je m'attends à ce qu'une information, si elle est donnée, soit en relation de cause à effet avec le reste de ce qui apparaît dans le chapitre. Ce que que je veux dire, c'est que l'auteur ne donne aucune raison de commencer à cet instant-là et d'instaurer un délai. Avec précisément cette durée. A quoi sert-elle ? Est-ce qu'il faut lire le livre en temps réel ? Il nous est donné officiellement 6 minutes 13 secondes pour avaler à très grande vitesse les pages qui nous séparent de l'évènement annoncé mais pas défini quoique qualifié ? Dans ce cas-là, il faut être plus explicite. Par exemple, qu'est-ce qui se passe si on traine un peu dans la lecture et que l'on dépasse le temps imparti ? On doit sauter des pages pour être pile poil au rendez-vous ? Et même ! Combien de pages ? Et puis personne n'a dit qu'il fallait s'armer d'un chronomètre pour lire ce bouquin... enfin bon, c'est du grand n'importe quoi ! Dans le genre pisse copie, je préfère encore Guy des Cars... Me voila donc devant cette heure arbitraire au degré zéro de l'information et je suis déjà en train de me dire que ce bouquin pourrait facilement perdre quelques pages si tout le reste suit le même modèle. Et puis je comprends : c'est juste un effet. Même pas un effet de style. Juste un effet. Comme au cinéma quand les héros sont dans une voiture avec un chat et une bombe à retardement dans un parking en sous-sol. le réalisateur se débrouille pour que l'on voit le chronomètre et que les chiffres défilent à toute vitesse. Est-ce qu'il faut couper le fil bleu ou le fil rouge ? C'est une forme de manipulation : cette annonce installe un chronomètre sur mon écran intérieur perso celui où je me projette le film de l'histoire que me raconte le romancier. Pour que l'adrénaline monte en flèche ! Sauf que moi, ça ne me fait pas monter l'adrénaline : ça me stresse !! Parce que ça me brouille la comprenette cette histoire de timing ! ça me laisse pas tranquille !! Pourquoi 6 minutes 13 exactement ? Pourquoi pas 7 ? ou 5 ? ou 20 ? ou n'importe quoi ?! Non mais ... et 13 secondes... en plus ! Je n'ai pas envie de savoir ce qui va se passer plus loin, j'ai besoin de savoir pourquoi il faut commencer là, précisément à 11h12. Pourquoi ce repère dans le temps est-il important ? ou alors il ne l'est pas... outre la manipulation mentale, il y a peut-être une connotation à envisager. L'auteur me dit indirectement " mon p'tit gars, j'écris sur la physique et, donc, je vais être rigoureux comme doit l'être un scientifique - et je sais que tu as déjà pris connaissance du postscriptum où je remercie un certain nombre de physiciens d'avoir relu mon texte pour vérifier que je ne disais pas trop de bêtises - alors sors le caméscope JVC, Marty, et enregistre ce qui se passe. Il est 11h12 précisément et ceci est une expérience temporelle...
    Moi (en Mickael Fox, je laisse un moment ma fourrure de chat pour celle du renard) :
    - Mais Doc, pourquoi 11h12, précisément ?
    Le Doc (en fait, Somoza en doc Braun) :
    - Aucune importance, Marty ! C'est le hasard ! ça ne s'explique pas. Comme les constantes de l'univers, peu importe que ce soit 11h12 ou 11h13, c'est un fait précis, un évènement correctement situé dans le temps. Comme les limites d'un référentiel. C'est objectif ! Pas d'interprétation possibles, pas de poésie, pas de métaphore ou d'allégorie. Des jalons qui marquent un cadre de référence où se déploie notre réalité."
    Moi (en Mickael Fox... pas convaincu mais diplomate) :
    - C'est vous le doc, Doc. C'est vous qui savez."
    Je me colle le caméscope sur l'épaule et je commence à filmer - en clair, je lis la suite. Et voilà le doc, sous les traits de cette charmante doctoresse qui me fait la leçon sur les dimensions imbriquées ou supplémentaires. Il y a même un dessin, vraiment dans les pages du livre. Plusieurs. La pédagogie ça fonctionne mieux avec des images. Je filme sans piper mot mais bon, c'est quand même le retour de Mal Dessiné ou de Patafil... en plus, c'est même pas cohérent : il est question d'un exemple où un bonhomme en 2D gagne des euros en 3D. Mieux, ce petit personnage, met ses économies sous clé. Déjà, si on accepte les données de base d'un univers qui n'aurait vraiment que deux dimensions, bravo ! pour plusieurs raisons : premièrement, c'est une sorte de génie ou de mutant capable de manipuler un objet qui n'appartient pas à son univers. Faut être logique car soit on a seulement deux dimensions et notre monnaie est aussi en deux dimensions, soit on est déjà conscient de l'existence d'une autre dimension supplémentaire, voire même d'un autre univers avec trois dimensions celui-là, puisqu'on y fait frapper monnaie (seconde raison de saluer l'exploit : le petit bonhomme en fil de fer 2D a quand même réussi à organiser une transaction commerciale entre deux univers). Autre question à laquelle il faudrait apporter une réponse : combien d'épaisseur d'univers en 2D faut-il empiler pour obtenir l'épaisseur dans la troisième dimension d'une pièce d'un euro ? Je conjecture une infinité ce qui me paraît quand même beaucoup (l'équation à poser serait du type combien de fois faut-il que j'ajoute zéro pour obtenir quelque chose ? Pour un mathématicien, ça n'a pas de sens, pour Raymond Devos, c'est une autre histoire sachant qu'avec une fois rien, on a rien avec deux fois rien on a toujours rien mais avec trois fois rien on peut faire quelque chose !!) et rend totalement délirant le prix de revient de fabrication d'une telle pièce... et puis surtout comment, un personnage en deux dimensions aurait-il pu empiler ces épaisseurs (qui n'existe pas soit dit encore en passant) dans cette dimension supplémentaire dont il ignore tout. Bon, hum.... comme exemple de cours de ce qui est présenté comme une héroïne qui serait en quelque sorte la fille cachée d'Albert Einstein et de Stephan Hawkins, je trouve que c'est un peu faiblard... Mais faut pas trop s'étonner, ça sent l'improvisation à plein nez ! D'ailleurs, elle se met à lire le journal pendant le cours ! Voilà qui signe son manque de sérieux et donne encore une image peu reluisante du corps enseignant.
    Jusque là - vingt pages - je ne suis pas enthousiaste sur la qualité du bouquin. Pourtant des livres avec des contenus pédagogiques intéressants, j'en ai eu sous la main. Par exemple, j'ai appris à faire de la trigonométrie appliquée avec l'île Mystérieuse, à résoudre un labyrinthe sans erreur possible dans le Nom de la Rose et ça marche vraiment (un agrégé de math a donné cette solution ultime dans l'émission On n'est Pas que des Cobayes il y a quelques temps). A programmer en basic - il y a plus d'un quart de siècle quand j'ai commencé l'informatique - un logiciel d'anagramme dans le Pendule de Foucault. Mais là, je dois avouer que je suis un peu déçu et que plutôt que d'avancer dans la découverte du livre, j'ai plutôt eu envie de faire partager mon ressenti à ce sujet.
    Post Scriptum
    Sans rien révéler de l'intrigue, le reste du livre ressemble aux vingt premières pages : le paradoxe des dimensions imbriquées les unes dans les autres - ce qui pourrait se concevoir si la plus petite se trouve dans la plus grande - ne semble pas trop gêner l'auteur qui développe une théorie des cordes où une corde unique et indivisible pourrait contenir à volonté un ensemble de cordes infiniment plus grand. Mais si elle est indivisible comment peut-elle contenir toutes les autres ? Il ne faut trop espérer de la cohérence dans tout cela. On est plutôt dans du fantastique moyennement horrifique quoique le suspense soit peu soutenu par une écriture poussive qui conduit à un dénouement encore moins crédible que l'argument scientifique. Il y avait peut-être de quoi faire une nouvelle mais l'étirer sur six cents pages, quelle drôle d'idée ? Vraiment pas le bouquin que j'emmènerais sur une ile déserte ...
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 17 avril 2012

    Woland
    Zigzag
    Traduction : Marianne Millon

    A ce jour, c'est le roman de Somoza que nous avons le plus apprécié, avec "La Caverne des idées." On notera que la fameuse "Théorie des Cordes" dont il prête la trouvaille à l'un de ses héros, le physicien David Blanes, n'est pas une mais multiple. Ceux qui le désirent - et qui ont le niveau suffisant pour ce faire - pourront en apprendre un peu plus sur la page que lui consacre Wikipédia. Soulignons enfin que certains lecteurs reprochent à Somoza de n'avoir rien compris à la question scientifique qu'il prenait pour point de départ - ou en tous cas pas grand chose. Mais de toutes façons, son livre est un roman, par conséquent une oeuvre littéraire de fiction et, si certains points de vue de la physique ont pu en inspirer l'intrigue, la chose s'arrête là. On lit un roman pour se distraire et pour rêver, pas pour subir un cours de physique quantique à chaque page que l'on tourne.
    Le premier atout de "La Théorie des cordes" est sa construction : intelligente, habile, elle va crescendo et empêche le lecteur de relâcher son attention. Avec une histoire qui regorge de meurtres perpétrés, semble-t-il, par une entité invisible, il était important de trouver le bon rythme, celui qui dévoile les faits dans un ordre logique si ce n'est chronologique et tout en préservant le mystère ultime. Somoza l'a trouvé avec un tel bonheur que les quelques pages réservées aux explications scientifiques n'indisposent jamais son lecteur. le style est vif, la construction haletante et presque cinématographique, les personnages suffisamment complexes pour prétendre chacun, à un moment ou à l'autre, à figurer comme le suspect principal. En un mot comme en cent, on ne s'ennuie pas une minute et l'on a soif de connaître la clef de l'énigme.
    Le thème tient à la fois de la Science-Fiction et du Fantastique. Un groupe de scientifiques, réunis sur une île retirée, réussit à isoler certaines "cordes du temps". Pour simplifier, disons qu'ils parviennent, mais sans aucune machine, à se téléporter dans le passé et à conserver une trace de leur "voyage." Quand ils les visualisent, ces traces, que l'on pourrait comparer très, très grossièrement à une bande cinématographique, révèlent des "trous" : ainsi, le visage d'une femme vue à Jérusalem au temps du Christ n'est qu'un trou béant. En outre, le fait de regarder ces scènes issues du passé semble provoquer, chez les spectateurs, une profonde sensation d'angoisse et de malaise. L'opération est donc officiellement arrêtée ... Mais, comme toujours dans ce genre de situations, certains membres de l'équipe ne sont pas d'accord et continuent à travailler en cachette. C'est de cette manière que survient le premier assassinat ...
    Nous ne vous en dirons pas plus car ce serait, à notre avis, gâcher le plaisir que vous seriez susceptibles d'éprouver en lisant "La Théorie des cordes." A moins que vous ne soyez d'esprit plus scientifique que littéraire, allez-y de confiance : c'est un roman passionnant et parfaitement maîtrisé.
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    • Livres 5.00/5
    Par Claudepuret, le 07 avril 2013

    Claudepuret
    Superbe roman de Somoza, magnifiquement construit, dans lequel tout commence par un article qui nous ramène dix ans en arrière, alors que l'on pouvait contempler le passé et trouver des réponses à des questions qui n'ont jamais cessé de tarauder l'humanité.
    Véritable thriller, plein de suspense et de rebondissements, La Théorie des cordes nous fait voyager dans plusieurs univers et on se laisse porter par le génie narratif de Somoza jusqu'au dénouement final.
    L'un de mes préférés de cet auteur qui a rendu la clef de l'abîme si décevant...
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    • Livres 4.00/5
    Par lillou, le 02 novembre 2010

    lillou
    Ce livre m'a été fortement conseillé, et pourtant la quatrième de couverture m'a incitée à le reposer plusieurs fois : « la fine fleur de la physique mondiale isolée sur un atoll de l'océan Indien » ne m'attirait pas du tout… Heureusement que j'ai fini par me lancer !
    Au centre du roman, la brillantissime et très belle Elisa Robledo, professeur de physique théorique dans une petite université de Madrid, un parcours professionnel loin d'être à la hauteur de ses capacités exceptionnelles. Enterrée dans ce poste obscur, toujours seule, elle mène une vie d'une terrifiante monotonie et un terrible poids semble peser sur ses épaules. Mais cet ennui latent vole en éclat quand Elisa tombe sur un article qui la terrifie.
    Elle se remémore alors les événements incroyables survenus dix ans auparavant, en 2006, alors que jeune étudiante suivant le séminaire du professeur Blanes, elle avait été recrutée pour intégrer son équipe d'élite et travailler sur la fameuse « théorie des cordes » qui permettrait d'« ouvrir le temps ». L'idée ? Il est impossible de voyager dans le temps mais, grâce à la « théorie du Séquoia », on pourrait obtenir des images du passé. Procédé encore bancal, et surtout dont on ne mesure pas « l'Impact », le choc psychologique à court et moyen terme – et ses conséquences – encouru par celui qui visionne de telles images aberrantes : la crucifixion du Christ pour ne citer qu'un exemple.
    Un terrible drame, sur lequel se lève lentement le voile, force les financiers de ces improbables expériences à interrompre le programme. L'équipe est dispersée et chacun de ses membres doit s'engager à ne jamais contacter l'un des autres participants.
    Ce qu'a appris Elisa par le journal, c'est la mort douteuse de l'un d'eux. Rapidement, pour briser la spirale qui les supprime un à un, elle s'efforce de souvenir de tout, même du plus enfoui, pour comprendre ce qui s'est réellement produit sur cette île perdue, et comprendre aussi les rêves étranges qui la torturent depuis… Aidée de Victor Lopera, son collègue et ancien condisciple à l'université, elle se lance dès lors dans une incroyable enquête, nous révélant lentement ce qu'il s'est passé il y a dix ans.
    Surtout, ne pas s'effrayer devant l'aspect scientifique du roman : certes, les développements à ce sujet son parfois denses, mais l'écriture de José Carlos Somoza les rend tout à fait compréhensibles.
    Quelques petits regrets néanmoins : des personnages souvent caricaturaux (on attend davantage de cet auteur ancien psychanalyste) ; et un « tic » stylistique horripilant, l'usage de « cliffhangers » pour clore certains paragraphes et insister lourdement sur le suspense - tendance à l'insistance qui se retrouve parfois dans une écriture légèrement trop appuyée, comme recherchant l'effet. On oublie toutefois assez rapidement ces bémols.
    Au final, un thriller scientifique aux tendances quasi paranormales très prenant et efficace. Et une belle réflexion sur les limites de la science et de la toute-puissance de l'homme.
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Citations et extraits

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  • Par Anis0206, le 16 septembre 2014

    La science est la seule à savoir, la seule à émettre un verdict. Sans elle, nous croirions toujours que le Soleil tourne autour de nous et que la Terre ne bouge pas

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  • Par Anis0206, le 12 septembre 2014

    la vérité ne se dit jamais, elle se fait. La seule chose qui a besoin d’être dite est le mensonge.

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  • Par Anis0206, le 10 septembre 2014

    le seul paradis qui existe sur la Terre, l’unique qui mérite vraiment un tel nom, consiste à pouvoir vivre avec qui l’on aime.

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  • Par Anis0206, le 06 septembre 2014

    Les scientifiques ne poursuivent pas la vérité : c’est la vérité qui les poursuit.

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  • Par Eric75, le 11 mai 2013

    Sans qu'elle le sût, il ne restait que douze secondes avant que sa vie toute entière volât en éclats.
    (...)
    Elle ouvrit le journal à la page centrale, au hasard, et le lissa.
    - Imaginez que cette feuille est un plan dans l'espace...
    Elle baissa la tête pour séparer la feuille des autres sans abîmer le journal.
    Et elle le vit.
    L'horreur est très rapide. Nous sommes capables d'être effrayés avant même d'en avoir conscience. Nous ignorons encore pourquoi, et déjà nos mains tremblent, notre visage pâlit ou notre estomac rétrécit comme un ballon dégonflé. Le regard d'Elisa s'était posé sur l'un des gros titres dans l'angle supérieur droit de la feuille et, avant même de vraiment comprendre ce que cela signifiait, une brutale décharge d'adrénaline la paralysa.
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