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> Marianne Millon (Traducteur)

ISBN : 2742766693
Éditeur : Actes Sud (2007)


Note moyenne : 3.77/5 (sur 146 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Isolée sur un atoll de l'océan Indien, la fine fleur de la physique mondiale est en quête du Graal. Elle œuvre à un ambitieux projet fondé sur la théorie des cordes, qui permettrait d'ouvrir le temps. S'ils parviennent avec ravissement à contempler le passé de l'humanit... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Eric75019, le 11 mai 2013

    Eric75019
    José Carlos Somoza a intitulé son roman « Zigzag », titre traduit en français « La Théorie des cordes ». Après l'avoir lu, je me demande encore bien pourquoi. Ce titre-alibi permet certes de colorer d'un vernis scientifique un techno-thriller dont l'action se déroule dans le milieu très sélect de la recherche fondamentale. La véritable théorie des cordes est une théorie encore en construction, mystérieuse, peu connue du grand public, se déclinant en multiples variantes, s'appuyant sur des conjectures et un formalisme essentiellement mathématique ; La Théorie des cordes ne peut s'enorgueillir aujourd'hui d'aucune vérification expérimentale. On peut donc en dire ce que l'on veut…
    José Carlos Somoza s'engouffre dans une double brèche : l'inexistence de projets expérimentaux, et le vide béant laissé par l'absence de roman explorant le sujet. Dans son roman, il lui suffit de renommer « théorie du séquoia » une nième théorie des cordes, qui peut bien s'accommoder d'une variante de plus, pour permettre à l'un de ses personnages d'en revendiquer la paternité, puis de donner une vague explication sur la lecture des cordes du temps – qui n'ont aucun rapport avec la véritable théorie, mais permettent à bon compte de visualiser le passé – et le tour est joué !
    Je rassure définitivement celles et ceux qui se sont émus du titre français, se demandant s'il fallait s'y connaître un chouia en science physique pour pouvoir apprécier le roman et avoir un diplôme d'Harvard ou du M.I.T. en poche pour le comprendre… Que nenni !
    Ce roman, au titre si « scientifique », est en fait un thriller de science-fiction. Mais quel thriller !
    Il s'agit de mon premier Somoza. Et si le reste de sa production tient aussi bien la corde, ce ne sera sans doute pas le dernier.
    Elisa Robledo peut se prévaloir de deux domaines d'excellence : la physique et… son physique. Sorte d'Angelina Jolie dotée du cerveau d'Einstein et d'Hawking réunis (non, ce n'est pas mon fantasme, mais c'est visiblement celui de Somoza), cette bombe atomique se balade plus souvent qu'à son tour en tenue légère, façon Lara Croft en débardeur et minishort, bravant la chaleur et le danger dans des laboratoires surchauffés situés au beau milieu de l'océan indien, dont la clim comme par un fait exprès tombe régulièrement en panne suite aux catastrophes en série dictées par le scénario. Sa mission : sauver sa peau et celle de ses camarades…
    Or, Elisa n'était pas destinée à assumer le destin d'une aventurière provocante. Sa devise au début du roman pourrait être « pour vivre heureuse, vivons cachée ». Elle reste d'ailleurs un mystère pour ses collègues et amis qui ne comprennent pas pourquoi une personnalité si brillante et si parfaite se contente de donner des cours dans une (minable) école privée pour étudiants blasés. Elle tente de se faire oublier et occulte son passé.
    Mais alors qu'elle croyait échapper à ce passé, celui-ci va ressurgir brutalement à la lecture d'un simple article de journal qui lui saute au visage tel un petit Alien Facehugger bondissant de son œuf, et qui va bouleverser la suite de son existence. Car elle se sent désormais en danger de mort et décide de reprendre un combat abandonné dix années plus tôt.
    José Carlos Somoza revisite avec panache le mythe de Frankenstein, qui lui-même revisitait le mythe de Prométhée (vous me suivez ?). Avec le « Prométhée moderne » de Mary Shelley, l'homme défie Dieu en créant la vie, et la Créature se retourne contre son créateur. Somoza reprend le même thème et invente l'une des créatures les plus terrifiantes – et je pèse mes mots – de la science-fiction actuelle : j'ai nommé Zigzag, qui peut faire passer le Gritche d'Hypérion pour un vulgaire assemblage de boîtes de conserves et les monstres de la mythologie lovecraftienne pour une famille d'aimables batraciens annonçant la météo. Zigzag est un être pervers et cruel, d'origine mystérieuse, aux desseins insondables, aux pouvoirs illimités, qui semble être doué d'ubiquité et développer une inexplicable addiction aux carnages sanguinolents, ciblant notre groupe de scientifiques de haut niveau.
    Les scientifiques ont ouvert la boîte de Pandore, et ils vont s'en mordre les doigts.
    Les commanditaires de l'opération ont évalué les profits potentiels d'une telle arme de destruction massive, et ils souhaitent ne pas en rester là, il suffirait de poursuivre les recherches, de maîtriser la bête et tout ira bien. Humm… à votre avis ? Zigzag mettra rapidement fin à ces illusions.
    Mais d'où vient ce Zigzag ? Qui l'a créé ? Jusqu'au bout, on ne saura presque rien sur son origine, et c'est bien sur cette ultime énigme que les scientifiques survivants devront se pencher s'ils veulent parvenir à sauver leur peau. Une seule certitude : Zigzag est le fruit de leurs expériences passées sur la théorie du séquoia. Mais la recherche de la vérité va s'avérer d'autant plus complexe et difficile à mener que les chercheurs en question seront décimés les uns après les autres.
    Avant d'embarquer dans la lecture de ce roman, assurez-vous de la fermeture de vos portes et de vos fenêtres, et glissez le plus gros couteau de votre cuisine sous votre oreiller. La Théorie des cordes est un roman qui accroche d'emblée le lecteur et propose plusieurs niveaux de lecture (le thriller proprement dit, une réflexion sur l'éthique scientifique, une autre sur la nature humaine…) ; José Carlos Somoza aime les intrigues bien ficelées et possède assurément plusieurs cordes à son arc.
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    • Livres 5.00/5
    Par Claudepuret, le 07 avril 2013

    Claudepuret
    Superbe roman de Somoza, magnifiquement construit, dans lequel tout commence par un article qui nous ramène dix ans en arrière, alors que l'on pouvait contempler le passé et trouver des réponses à des questions qui n'ont jamais cessé de tarauder l'humanité.
    Véritable thriller, plein de suspense et de rebondissements, La Théorie des cordes nous fait voyager dans plusieurs univers et on se laisse porter par le génie narratif de Somoza jusqu'au dénouement final.
    L'un de mes préférés de cet auteur qui a rendu la clef de l'abîme si décevant...
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    • Livres 4.00/5
    Par TwiTwi, le 16 juillet 2012

    TwiTwi
    Elisa Robledo est physicienne et enseigne dans une université madrilène lorsqu'elle lit un article de journal qui la bouleverse. Plus tard, un coup de fil reçu la met dans tous ses états. Les deux sont en lien avec des évènements survenus 10 ans auparavant sur une île de l'Océan Indien où elle travaillait avec d'autres scientifiques sur un projet archisecret impliquant La Théorie des cordes et la possibilité de voir le passé.
    La Théorie des cordes, malgré son titre qui fait peur à ceux qui n'y comprennent rien à la physique, est un roman très prenant. Il est construit comme un thriller, avec un suspens halletant, corde sur laquelle l'auteur a d'ailleurs un peu trop tendance à tirer avec des avertissements "attention, il va se passer un truc" trop fréquents. Par exemple :
    Utilisé avec parcimonie, ce procédé permet de faire monter la tension, mais quand il est utilisé fréquemment, cela a tendance à faire retomber le gâteau. Ou à ce que l'on soit pour finir déçu par ce qui se passe finalement. Rien que pour ces fameuses six minutes, le même procédé va être utilisé plusieurs fois (5 minutes, 12 secondes), tout ça pour arriver à la lecture d'un article de journal qui va bouleverser le personnage. Article dont bien sûr on ne connaitra pas le contenu sur le moment : il faut bien entretenir le suspens.
    Mis à part ce défaut mineur, ce livre se lit avec une facilité déconcertante, l'écriture est très fluide et c'est bien écrit/traduit. Les explications plus scientifiques ne sont jamais rébarbatives ni incompréhensibles (ce qui constituait ma crainte principale avant de commencer ma lecture). le récit est très prenant et tient la route du début à la fin, malgré de nombreux flashback. L'angoisse, voire la terreur, est omniprésente dans ce roman et est très bien rendue.
    La Théorie des cordes traite avec brio du thème du scientifique qui ouvre la boîte de Pandore, qui se laisse emporter par ses découvertes, puis se rend compte tout d'un coup qu'il y a un problème et se retrouve dans l'incapacité de refermer la boîte après y avoir remis le contenu qui s'en était échappé. Un page-turner intelligent à emmener dans son sac de plage.

    Lien : http://ledragongalactique.blogspot.fr/2012/07/la-theorie-des-cordes-..
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 17 avril 2012

    Woland
    Zigzag
    Traduction : Marianne Millon

    A ce jour, c'est le roman de Somoza que nous avons le plus apprécié, avec "La Caverne des idées." On notera que la fameuse "Théorie des Cordes" dont il prête la trouvaille à l'un de ses héros, le physicien David Blanes, n'est pas une mais multiple. Ceux qui le désirent - et qui ont le niveau suffisant pour ce faire - pourront en apprendre un peu plus sur la page que lui consacre Wikipédia. Soulignons enfin que certains lecteurs reprochent à Somoza de n'avoir rien compris à la question scientifique qu'il prenait pour point de départ - ou en tous cas pas grand chose. Mais de toutes façons, son livre est un roman, par conséquent une oeuvre littéraire de fiction et, si certains points de vue de la physique ont pu en inspirer l'intrigue, la chose s'arrête là. On lit un roman pour se distraire et pour rêver, pas pour subir un cours de physique quantique à chaque page que l'on tourne.
    Le premier atout de "La Théorie des cordes" est sa construction : intelligente, habile, elle va crescendo et empêche le lecteur de relâcher son attention. Avec une histoire qui regorge de meurtres perpétrés, semble-t-il, par une entité invisible, il était important de trouver le bon rythme, celui qui dévoile les faits dans un ordre logique si ce n'est chronologique et tout en préservant le mystère ultime. Somoza l'a trouvé avec un tel bonheur que les quelques pages réservées aux explications scientifiques n'indisposent jamais son lecteur. le style est vif, la construction haletante et presque cinématographique, les personnages suffisamment complexes pour prétendre chacun, à un moment ou à l'autre, à figurer comme le suspect principal. En un mot comme en cent, on ne s'ennuie pas une minute et l'on a soif de connaître la clef de l'énigme.
    Le thème tient à la fois de la Science-Fiction et du Fantastique. Un groupe de scientifiques, réunis sur une île retirée, réussit à isoler certaines "cordes du temps". Pour simplifier, disons qu'ils parviennent, mais sans aucune machine, à se téléporter dans le passé et à conserver une trace de leur "voyage." Quand ils les visualisent, ces traces, que l'on pourrait comparer très, très grossièrement à une bande cinématographique, révèlent des "trous" : ainsi, le visage d'une femme vue à Jérusalem au temps du Christ n'est qu'un trou béant. En outre, le fait de regarder ces scènes issues du passé semble provoquer, chez les spectateurs, une profonde sensation d'angoisse et de malaise. L'opération est donc officiellement arrêtée ... Mais, comme toujours dans ce genre de situations, certains membres de l'équipe ne sont pas d'accord et continuent à travailler en cachette. C'est de cette manière que survient le premier assassinat ...
    Nous ne vous en dirons pas plus car ce serait, à notre avis, gâcher le plaisir que vous seriez susceptibles d'éprouver en lisant "La Théorie des cordes." A moins que vous ne soyez d'esprit plus scientifique que littéraire, allez-y de confiance : c'est un roman passionnant et parfaitement maîtrisé.
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    • Livres 4.00/5
    Par lillou, le 02 novembre 2010

    lillou
    Ce livre m'a été fortement conseillé, et pourtant la quatrième de couverture m'a incitée à le reposer plusieurs fois : « la fine fleur de la physique mondiale isolée sur un atoll de l'océan Indien » ne m'attirait pas du tout… Heureusement que j'ai fini par me lancer !
    Au centre du roman, la brillantissime et très belle Elisa Robledo, professeur de physique théorique dans une petite université de Madrid, un parcours professionnel loin d'être à la hauteur de ses capacités exceptionnelles. Enterrée dans ce poste obscur, toujours seule, elle mène une vie d'une terrifiante monotonie et un terrible poids semble peser sur ses épaules. Mais cet ennui latent vole en éclat quand Elisa tombe sur un article qui la terrifie.
    Elle se remémore alors les événements incroyables survenus dix ans auparavant, en 2006, alors que jeune étudiante suivant le séminaire du professeur Blanes, elle avait été recrutée pour intégrer son équipe d'élite et travailler sur la fameuse « théorie des cordes » qui permettrait d'« ouvrir le temps ». L'idée ? Il est impossible de voyager dans le temps mais, grâce à la « théorie du Séquoia », on pourrait obtenir des images du passé. Procédé encore bancal, et surtout dont on ne mesure pas « l'Impact », le choc psychologique à court et moyen terme – et ses conséquences – encouru par celui qui visionne de telles images aberrantes : la crucifixion du Christ pour ne citer qu'un exemple.
    Un terrible drame, sur lequel se lève lentement le voile, force les financiers de ces improbables expériences à interrompre le programme. L'équipe est dispersée et chacun de ses membres doit s'engager à ne jamais contacter l'un des autres participants.
    Ce qu'a appris Elisa par le journal, c'est la mort douteuse de l'un d'eux. Rapidement, pour briser la spirale qui les supprime un à un, elle s'efforce de souvenir de tout, même du plus enfoui, pour comprendre ce qui s'est réellement produit sur cette île perdue, et comprendre aussi les rêves étranges qui la torturent depuis… Aidée de Victor Lopera, son collègue et ancien condisciple à l'université, elle se lance dès lors dans une incroyable enquête, nous révélant lentement ce qu'il s'est passé il y a dix ans.
    Surtout, ne pas s'effrayer devant l'aspect scientifique du roman : certes, les développements à ce sujet son parfois denses, mais l'écriture de José Carlos Somoza les rend tout à fait compréhensibles.
    Quelques petits regrets néanmoins : des personnages souvent caricaturaux (on attend davantage de cet auteur ancien psychanalyste) ; et un « tic » stylistique horripilant, l'usage de « cliffhangers » pour clore certains paragraphes et insister lourdement sur le suspense - tendance à l'insistance qui se retrouve parfois dans une écriture légèrement trop appuyée, comme recherchant l'effet. On oublie toutefois assez rapidement ces bémols.
    Au final, un thriller scientifique aux tendances quasi paranormales très prenant et efficace. Et une belle réflexion sur les limites de la science et de la toute-puissance de l'homme.
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Citations et extraits

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  • Par Eric75019, le 11 mai 2013

    Sans qu'elle le sût, il ne restait que douze secondes avant que sa vie toute entière volât en éclats.
    (...)
    Elle ouvrit le journal à la page centrale, au hasard, et le lissa.
    - Imaginez que cette feuille est un plan dans l'espace...
    Elle baissa la tête pour séparer la feuille des autres sans abîmer le journal.
    Et elle le vit.
    L'horreur est très rapide. Nous sommes capables d'être effrayés avant même d'en avoir conscience. Nous ignorons encore pourquoi, et déjà nos mains tremblent, notre visage pâlit ou notre estomac rétrécit comme un ballon dégonflé. Le regard d'Elisa s'était posé sur l'un des gros titres dans l'angle supérieur droit de la feuille et, avant même de vraiment comprendre ce que cela signifiait, une brutale décharge d'adrénaline la paralysa.
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  • Par Woland, le 17 avril 2012

    [...] ...
    17

    - Pourquoi ?

    - Parce que l'histoire n'est pas le passé. L'histoire a déjà eu lieu mais le passé est en train de se produire. Si cette table n'avait pas été faite un jour par un menuisier, elle ne serait pas ici aujourd'hui. Si les Grecs ou les Romains n'avaient pas existé, ni toi ni moi ne serions pas là, ou nous n'y serions pas de la même façon. Et si je n'étais pas né il y a soixante-sept ans, tu n'en aurais pas quinze aujourd'hui et tu ne serais pas cette si jolie jeunette que tu es. Ne l'oublie jamais : tu es parce que d'autres ont été.

    - Tu n'es pas le passé, grand-père.

    - Bien sûr que si, et tes parents aussi ... Toi-même, tu es ton propre passé, Elisa. Ce que je veux te dire, c'est que le passé constitue notre présent. Ce n'est pas une simple "histoire" : c'est une chose qui arrive, qui est en train d'arriver. Nous ne pouvons pas le voir, ni le sentir, ni le modifier, mais il nous accompagne toujours, comme un fantôme. Et il décide de nos vies, et peut-être de nos morts. Tu sais ce que je pense parfois ? C'est une pensée un peu bizarre mais je vois que tu es très intelligente, avec toutes ces mathématiques que tu connais, et tu me comprendras. Les gens disent souvent, avec une certaine crainte : "Le passé n'est pas mort." Mais tu sais ce qui m'effraie le plus, Eli ? Non pas que le passé ne soit pas mort, mais qu'il soit capable de nous tuer ... ... [...]
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  • Par Sesheta, le 22 septembre 2012

    Les expériences mystérieuses peuvent être indélébiles, mais, en même temps, et paradoxalement, les détails dont nous nous souvenons sont peut-être infimes, sans rapport, voire stupides. Notre degré d’excitation imprime au fer dans notre mémoire des perceptions déterminées, mais les empêche en même temps d'être les plus adaptées pour décrire objectivement l'ensemble.

    (p.190)
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  • Par Woland, le 17 avril 2012

    [...] ... - "Il y a des images.

    - Des deux échantillons ?

    - Oui." - Blanes arrêta les commentaires d'un geste. "La première correspond à trois ou quatre cordes isolées quelque part sur la terre ferme, il y a quelques quatre mille sept-cent billions de secondes. C'est-à-dire cinquante millions d'années.

    - Période jurassique", murmura Jacqueline Clissot, comme en transe.

    - "C'est ça. Et ce n'est pas la meilleure nouvelle. Dis-lui, toi, Colin."

    Colin Craig, qui n'avait pas perdu son image de dandy en jeans et T-shirt même durant les derniers jours, épuisants, ajusta ses lunettes et regarda Jacqueline Clissot comme s'il comptait l'inviter à dîner.

    - "L'analyse démontre qu'il y a des créatures vivantes de grande taille."

    L'ordinateur qui digitalisait les images des cordes était programmé pour détecter des formes, le déplacement d'objets, dans le but de sélectionner la présence éventuelle d'êtres vivants.

    (...)

    - "L'autre image correspond à la ville de Jérusalem il y a plus de soixante-douze millions de secondes. Notre calcul la situe autour du début d'avril de l'an trente-trois de notre ère ...

    - Mois de Nisan du calendrier hébraïque." Marini fit un clin d'oeil à Reinhard Silberg : tout le monde regardait maintenant le professeur allemand.

    - "Il y a aussi des créatures vivantes," dit Blanes. "Elles sont nettes. L'ordinateur considère que, avec une probabilité de quatre-vingt-dix-neuf virgule cinq pour cent, ce sont des êtres humains. ... [...]
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  • Par Sesheta, le 31 août 2012

    Le temps est étrange, en effet. Il emporte les choses vers un lieu lointain auquel nous ne pouvons pas accéder, mais, de là, elles continuent à exercer leur effet magique sur nous.

    (ch.11, p.171)

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