> Marianne Millon (Traducteur)

ISBN : 2742744630
Éditeur : Actes Sud (2003)


Note moyenne : 3.85/5 (sur 53 notes) Ajouter à mes livres
Un éphèbe est retrouvé mort dans les rues d'Athènes. Son ancien mentor à l'Académie sollicite les services d'un fin limier : Héraclès Pontor, le Déchiffreur d'Enigmes. Le philosophe platonicien et cet Hercule Poirot à l'antique s'emploient avec passion à trouver la Véri... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par lehane-fan, le 12 janvier 2012

    lehane-fan
    Il est des livres dont l'on parle aisément , sans forcer et d'autres qui demandent un effort beaucoup plus soutenu lorsque vient le temps du bilan . La Caverne des idées fait , sans conteste , partie de ces derniers...
    Tramaque , ephebe brillant de l'Académie ( le premier qui dit : des Neufs en arborant le p'tit sourire extatique du ravi de la creche , aura une tapette ;) , est retrouvé mort , dévoré par les loups . Petit probleme , il n'a ni galette , ni petit pot de beurre et ne ressemble en rien à un certain Rouge , Petit Chaperon de son prénom . L'enquete s'annonce plus difficile que prévue . Pour ce faire , Diagoras , son mentor , plus enclin à envisager la these du meurtre que celle du casse-croute animalier , théorie semblant déja faire l'unanimité , décide de faire appel à Héracles Pontor , le Déchiffreur d'Enigmes ! Terme legerement pompeux qui prendra tout son sens au fil du récit...
    Ce qui frappe , de prime abord , c'est l'intelligence narrative . Somoza maitrise et son récit et sa structure . Fin mélange de philosophie ( sans jamais etre rébarbative ! ) et de littérature léchée , Somoza l'orfevre fait dans le haut de gamme ! Il taille le mot , cisele le propos pour délivrer une enquete aussi aboutie que complexe ! Parfait rendu d'une Athenes plus vraie que nature . L'immersion est complete .
    L'histoire déroule , aidée en cela par quelques notes judicieuses de bas de page généreusement mises à la disposition du lecteur par le gentil traducteur . Et là je dis , ATTENTION , entrée imminente dans la quatrieme dimension ! le prétendu traducteur , qui n'est autre que ce fou-fou de Somoza , devient partie intégrante de l'histoire , sorte de poupée gigogne pour le coup , de récit dans le récit . S'appuyant sur l'eidesis...comment , pardon , késako ? Là , je me gausse , ne pas connaitre un tel procédé pourtant inculqué dès bac + 36 , s'en est presque risible....Je me LOL à donf !
    Eidesis : technique littéraire inventée par les écrivains grecs classiques pour transmettre des clés ou des messages secrets dans leurs oeuvres . Répétition de métaphores ou de mots qui , isolés par un lecteur averti , forment une idée ou une image indépendante du texte originel . Fastoche non ?...C'est ainsi que le prétendu traducteur ( fou-fou Somoza ) , traduisant le texte millénaire qu'est La Caverne..en temps réel et nous faisant part de son ressenti en bas de page , en vient à développer ce sentiment prégnant qu'il fait partie intégrante de ce récit , qu'il en est un des maillons . Somoza entremele brillamment enquete et paranoia aigue pour faire de ce roman un véritable OLNI : objet littéraire...
    Tout se tient , se recoupe et l'on ne peut que s'incliner devant la profondeur de l'auteur . Lecture à plusieurs niveaux , mise en abyme de haut vol !
    Les pérégrinations de Pontor et Diagoras , sorte de Laurel et Hardy de la Grece Antique , leurs joutes verbales , leurs échanges philosophiques se boivent comme du p'tit lait . L'imbrication du traducteur et sa possible adhésion au récit scotche véritablement un lecteur tenu en haleine par cette nouvelle donne . La fin est cohérente tout en proposant une vision de la lecture tres loin d'etre inintéréssante !
    Meme si j'avoue m'etre parfois égaré , cette caverne propose une expérience de lecture peu commune qui légitime pleinement sa découverte ! Entrée gratuite pour les enfants de - de 40 ans...
    3.5 / 5
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    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 11 avril 2012

    Woland
    La Caverna de las Ideas
    Traduction : Marianne Millon

    Voici un auteur dont, à notre humble avis, on ne parle pas assez. Dans la majeure partie de ses romans, pour autant que nous avons pu en juger, il y a toujours un assassinat ou à tout le moins une énigme mais l'enquête, qu'elle soit menée par une autorité régulière ou par des amateurs, amène peu à peu le lecteur à découvrir un thème qui n'a rien à voir avec le genre policier.
    "La Caverne des idées" constitue une démonstration parfaite de ce que nous venons d'avancer.
    L'action se situe dans la Grèce antique, plus précisément à Athènes, Athènes où Platon enseigne encore dans sa célèbre Académie - nous nous trouvons donc à peu près au IVème siècle avant J. C. L'un des élèves, Tramaque, est retrouvé mort en forêt, apparemment déchiré par les loups. Mais Héraclès Pontor, le Déchiffreur d'Enigmes de la ville, désormais assez célèbre pour ne plus se contenter de résoudre les énigmes que viennent lui rapporter les visiteurs de la Pythie ou d'autres oracles fameux, ne partage pas l'avis général : pour lui, Tramaque a été assassiné. Et lorsque Diagoras, le mentor de Tramaque à l'Académie, également insatisfait des conclusions de l'enquête, lui propose de dissiper les ombres qui entourent le décès de son ancien élève, Héraclès accepte.
    Le lecteur se prend très vite au jeu. Fasciné, avide de connaître la clef de cette mort et de celles qui vont la suivre, il lui devient difficile de s'arracher à ces pages qui se révèlent de plus en plus complexes. Pourtant, dès le départ, Somoza a pris le risque de le déstabiliser ou d'égarer son attention. En effet, il nous présente d'un côté le récit intitulé "La Caverne des idées" comme une histoire arrachée au grec ancien par un traducteur aussi érudit qu'anonyme. Et de l'autre, nous lisons les annotations du Traducteur : hanté par sa propre recherche des images eidétiques* cachées dans le texte, il commence par découvrir çà et là des phrases menant aux Douze Travaux d'Hercule ("Héraclès" en grec), puis constate avec surprise - et aussi avec une peur qui va croissant - que le texte qu'il traduit paraît l'apostropher directement ...
    Cette mise en abyme, véritable clef de l'oeuvre et dont le lecteur suit avec passion les développements successifs, trouve son enchâssement final dans l'épilogue de "La Caverne des idées", épilogue où se révèle enfin l'identité de l'auteur du texte grec. Car lui aussi était jusque là demeuré anonyme - ou plutôt le lecteur le connaissait sans le savoir.
    Les deux intrigues parallèles - celle dont Héraclès est le héros et celle où le Traducteur prend en quelque sorte sa place - sont menées avec une rare maestria. C'est un jeu de miroirs, de reflets et de mirages parmi lesquels la Vérité apparaît pourtant bel et bien - un peu plus loin que le milieu du roman - mais sans que, chose pourtant si habituelle, nous la reconnaissions comme telle. C'est un jeu qui absorbe, qui entête - c'est un jeu qui laisse pantois et ravi.
    Attention : "La Caverne des idées" n'est pas un livre à entamer si vous risquez d'être souvent dérangé dans votre lecture. En dépit d'un style simple, plus classique que dans les autres romans de Somoza, sans doute en raison du contexte Antiquité/Athènes, en dépit aussi de la grande fluidité avec laquelle l'auteur manie ses marionnettes, leurs discours et leurs idées, cela reste un livre exigeant qu'on ne peut lire sans s'interroger sur toutes sortes de choses : l'apparence et la réalité bien sûr mais aussi l'idée et les mots, l'action et la réflexion - voire le fanatisme. Enfin, cette "Caverne des Idées" est une critique fine, réfléchie et non dépourvue de malice non de la philosophie mais de certains philosophes et de leurs excès.
    Courez vous procurer ce livre, lisez-le et revenez donc nous dire s'il vous a ébloui autant que nous.
    * : l'eidesis est un procédé littéraire inventé par Somoza pour les besoins de son livre mais que le Traducteur déclare être une pratique assez courante dans la littérature grecque antique. Cette technique consiste pour un auteur à transmettre des clefs ou des messages secrets dans ses oeuvres - de fiction ou non - en y répétant des métaphores ou des mots qui, repris et isolés par le lecteur averti, donneraient une image - et une idée - indépendante du texte originel et n'ayant probablement rien à voir avec le sujet de celui-ci.
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    • Livres 5.00/5
    Par Lukes, le 26 avril 2011

    Lukes
    L'histoire commence comme une intrigue policière au temps de Platon : un éphèbe est retrouvé mort dans les rues d'Athènes. Sa mort, annoncée comme l'oeuvre des loups, laisse son mentor perplexe. Celui-ci fait alors appel à Héraclès Pontor, celui que l'on nomme le Déchiffreur d'Énigmes - sorte de Sherlock Holmes des temps anciens – pour découvrir ce qui est véritablement arrivé au mort. Car les indices ne trompent pas le fin limier : il s'agit bien d'un meurtre.
    Mais déjà, quelques notes en bas de page nous indiquent que cette intrigue policière est un récit ancien en cours de traduction. le traducteur nous indique que les premières lignes du texte sont manquantes, et on comprend alors qu'il découvre l'histoire du récit en même temps que nous-mêmes. La tentation peut être grande d'ignorer ces quelques notes en bas de page : grave erreur ! Celles-ci font partie intégrante du roman et vont prendre de l'ampleur au fur et à mesure de l'histoire. Car c'est bien là toute l'originalité du livre : il nous offre deux histoires en une.
    Mais qu'est-ce qu'il raconte ? me direz-vous. Patience, je m'explique : le traducteur, alors qu'il progresse dans le récit (et que l'on progresse avec lui), pense découvrir dans l'histoire… une eidesis !
    Une quoi ???
    Une eidesis ! Allez, bonne âme que je suis, je vous l'explique (je peux faire mon malin, j'ai lu le bouquin et apprit ce qu'était une eidesis) : il s'agit d'un message caché dans un texte. Certains mots peuvent ainsi détonner par rapport au reste du texte et attirer l'attention du lecteur. Ces quelques mots formeront alors un message caché à l'intérieur du texte original. On peut par exemple proclamer son amour pour quelqu'un au sein d'un texte décrivant la beauté de la nature. Une personne non-initiée ou inattentive passera alors à côté du véritable message véhiculé par le texte.
    Voilà donc que le traducteur pense découvrir une eidesis au sein de l'enquête menée par Héraclès. le voilà devenu enquêteur à son tour. Il travaille pour découvrir le sens caché de ce texte, il travaille dur, dans la solitude de son bureau, sa caverne à lui, et peu à peu… il croit se retrouver lui-même dans l'eidesis. C'est bien de lui qu'il s'agit, se persuade-t-il, c'est bien de sa vie dont on parle, c'est lui-même qui prend vie dans ce récit. La peur le paralyse, la tension monte, mais c'est déjà trop tard, il veut savoir si ce texte le mènera au bord de la folie ou s'il trouvera des réponses.
    Vous l'aurez compris, « La Caverne des idées » est bien plus qu'un simple polar. Les divers niveaux de lecture forment un tout cohérent et terriblement efficace. Les deux histoires – imbriquées l'une dans l'autre – sont passionnantes. Ce livre nous permet de nous plonger dans l'époque de la Grèce antique, des temples, des éphèbes aux corps de dieux, des affrontements entre les différentes écoles philosophiques… Un livre difficile à résumer, mais à conseiller. Précisons que l'auteur est psychiatre. Cela n'a sans doute rien à voir, mais quand on voit l'ampleur du roman, on ne peut pas ne pas y songer ;-)


    Lien : http://lukesblog.fr/2010/05/la-caverne-des-idees-jose-carlos-somoza/
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    • Livres 4.00/5
    Par petite_fleur, le 10 novembre 2011

    petite_fleur
    Polar ? On pourrait se le demander. Alors, oui, il y a des cadavres et un enquêteur. Mais cela suffit-il ? Car il est surtout question de philosophie et de littérature, au sens d'un questionnement sur le livre, son auteur, son traducteur, son lecteur et les idées qu'il véhicule. Car l'auteur joue avec son lecteur. Dès la première phrase : toutes les notes du traducteur sont de l'auteur ! Eh oui, l'auteur prend la voix du traducteur, et s'adresse parfois à lui, ainsi qu'à son lecteur directement.
    Si au début, c'est l'enquête sur la mort de Tramaque, jeune éphèbe retrouvé déchiqueté dans les rues d'Athènes, qui pousse à lire, au fur et à mesure que le traducteur se fait plus présent, c'est surtout sur lui que se porte l'intérêt du lecteur. Car le traducteur se trouve aux prises d'un texte ancien, La Caverne des idées, dont il cherche les images eidétiques (procédé sorti de la tête de Somoza et qui n'a aucune légitimité historique), c'est-à-dire cachées dans chaque chapitre, tirées des 12 travaux d'Hercule. Il fait donc part de ses réflexions au lecteur par l'intermédiaire de notes de bas de pages. Au cours de son travail, de drôles de phénomènes se produisent : des intrus entrent dans sa propriété la nuit, le personnage principal du texte sur lequel il travaille semble s'adresser directement à lui… Les notes deviennent de plus en plus nombreuses ; on sent le traducteur soumis au stress, devenir irrationnel. L'enquête d'Héraclès le Déchiffreur avançant doucettement, sans rebondissement, le lecteur s'inquiète de la santé du traducteur et de ce qui lui arrive. Jusqu'aux dernières lignes, en forme d'apothéose, ou tout est remis en question !
    Alors, ce livre est loin d'être facile à lire, ce qui explique mon temps incroyablement long de lecture. Bourré de références en tout genre, avec deux histoires qui s'entremêlent, il faut prendre son temps, savourer les mots, les idées abordées. Il se déguste par petites bouchées, un peu fastidieuses peut être parfois, notamment vers la moitié du roman. Mais la fin lie totalement le lecteur au roman, avide de connaître le fin mot de l'histoire. ..

    Lien : http://nourrituresentoutgenre.blogspot.com/2011/11/la-caverne-des-id..
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    • Livres 5.00/5
    Par Malaura, le 28 avril 2011

    Malaura
    La Caverne des idées est un manuscrit racontant l'investigation policière d'Héraclès Pontor, le Déchiffreur d'Enigmes et de Diagoras le philosophe, mentor à l'Académie de Platon. le meurtre d'un éphèbe a réuni les 2 hommes épris de vérité.L'esprit rationnel de l'un et le plato- nicisme de l'autre vont éclairer un bien nébuleux mystère.Mais le tra- ducteur du manuscrit a lui aussi un grand mystère à résoudre,celui de découvrir le sens caché du texte et son écho dans sa propre existence.
    La façon dont Somoza construit cet étourdissant édifice fictionnel est proprement époustouflante et c'est avec délectation que le lecteur pénètre l'univers de cet auteur de génie où s'entrecroisent tout ce qui définit la littérature: intrigue,suspense, réflexion philosophique, interprétation du texte (la fameuse "édéisis").Avec la même frénésie que le personnage du traducteur, on s'ingénie à chercher,déchiffrer, deviner jusqu'à douter de notre propre réalité, captivé, envoûté...épris !
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 11 avril 2012

    [...] ... - "C'est curieux, "[dit le professeur], "mais Montalo a consacré les dernières années de sa vie à l'étude des textes eidétiques : il a traduit bon nombre d'entre eux et a élaboré la version définitive de plusieurs originaux. Je dirais même qu'il était obsédé par l'eidesis. Et ce n'est pas rien : je connais des collègues qui ont consacré leur vie à découvrir la clef d'une oeuvre éidétique. Je t'assure qu'elles peuvent devenir le pire venin qu'offre la littérature" - il se gratta une oreille. "Ne crois pas que j'exagère : moi-même, lorsque je traduisais certaines d'entre elles, je ne pouvais éviter de rêver des images que je découvrais. Elles te jouent parfois de mauvais tour. Je me rappelle un traité astronomique d'Alcée de Quiridon où l'on répétait, sous toutes ses variantes, le mot "rouge", presque toujours accompagné de deux autres : "tête" et "femme." Eh ! bien, je me suis mis à rêver d'une belle femme rousse ... Son visage ... j'ai même pu le voir ... me tourmentait" - il fit une grimace. "J'ai fini par apprendre, par un autre texte qui m'est tombé par hasard entre les mains, qu'une ancienne maîtresse de l'auteur avait été condamnée à mort dans un jugement injuste : le pauvre homme avait dissimulé sous une eidesis l'image de sa décapitation. Tu peux imaginer quelle terrible surprise j'ai eue ... Ce beau fantôme aux cheveux roux ... soudain transformé en une tête fraîchement coupée ruisselant de sang" - il haussa les sourcils et me regarda, comme pour m'inviter à partager sa désillusion. "Ecrire est étrange, mon ami : à mon avis la première activité la plus étrange et terrible à laquelle un homme puisse se livrer est l'écriture", et il ajouta, en retrouvant son sourire parcimonieux : "Lire est la deuxième ...

    - Mais au sujet de Montalo ...

    - Oui, oui. Il est allé beaucoup plus loin dans son obsession de l'eidesis. Il pensait que les textes eidétiques pouvait constituer une théorie irréfutable de la théorie des Idées de Platon. Je suppose que tu la connais ...

    - Naturellement," répliquai-je. "Tout le monde la connaît. Platon affirmait que les idées existaient indépendamment de nos pensées. Il disait que c'étaient des entités réelles, et même beaucoup plus réelles que les êtres et les objets."

    (...)

    - "Oui," [dit Aristide] en hésitant. "Montalo croyait que si un texte eidétique quelconque évoquait chez tous les lecteurs la même idée cachée, cela prouverait que les idées possèdent une existence propre. ... [...]
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  • Par Woland, le 11 avril 2012

    [...] ... - "Philotexte te salue, maître Platon, et se tient à ta disposition", dit Eudoxos. "Il a voyagé autant que toi, et je t'assure que sa conversation est du plus grand intérêt ...

    - Comme la viande que nous avons dégustée aujourd'hui," répliqua Polyclète.

    Il y eut des rires mais tous savaient que les commentaires banals ou privés, qui avaient jusqu'alors constitué l'essence de la réunion, devaient céder le pas, comme dans tout bon symposium, à une discussion réfléchie et au fructueux échange d'opinions, d'un côté à l'autre de la salle. Les commensaux s'étaient répartis en cercle, allongés sur de confortables divans, et les élèves les servaient comme de parfaits esclaves. Personne ne prêtait beaucoup d'attention à la présence silencieuse, bien que notoire, du Déchiffreur d'Enigmes : sa profession était célèbre, mais beaucoup la considéraient comme vulgaire. Par contre un mouvement croissant s'était créé autour de Philotexte de Chersonèse, un mystérieux petit vieillard dont le visage était dissimulé par la pénombre occasionnée par les rares lampes de la pièce, ami du mentor Eudoxos, et par le philosophe Crantor, du dêmos de Pontor, "ami du mentor Diagoras", comme il l'avait dit lui-même, arrivé depuis peu à Athènes après un grand périple dont tous attendaient le récit avec une grande impatience. Maintenant, avec le travail infatigable des langues, qui se tordaient pour nettoyer les canines pointues des restes de viande, restes qui seraient ensuite emportés par du vin aromatisé qui stimulait le palais, le moment était venu de satisfaire la curiosité qu'inspiraient ces deux visiteurs.

    - "Philotexte est écrivain," poursuivit Eudoxos, "et il connaît tes Dialogues et les admire. Et puis, il semble investi par Apollon du pouvoir de l'oracle de Delphes ... Il a des visions ... Il assure qu'il a vu le monde du futur, et que ce dernier, par certains aspects, s'accommode de tes théories ... [...]
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  • Par mireille.lefustec, le 01 novembre 2011

    Lire n'est pas réfléchir seul,c'est dialoguer. Mais le dialogue de la lecture est un dialogue platonique: ton interlocuteur est une idée. Cependant,ce n'est pas une idée figée: en dialoguant avec elle,tu la modifies, tu la fais tienne,tu en viens à croire en son existence indépendante.
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  • Par xavier3, le 16 octobre 2009

    "Non, mais qu'est-ce que lire ? Mon père était écrivain, et il le savait : quand on écrit, on crée des images qui par la suite, éclairées par d'autres yeux, se révèlent sous d'autres formes, impensables pour le créateur."
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  • Par mireille.lefustec, le 01 novembre 2011

    Quad un texte possède une "eidesis" très forte,les images en viennent à obséder à tel point le lecteur ,qu'elles l'impliquent d'une certaine façon dans l'oeuvre. Nous ne pouvons pas être obsédés par quelque chose sans ressentir en même temps que nous faisons partie de ce quelque chose.
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