ISBN : 220505970X
Éditeur : Dargaud (2007)


Note moyenne : 4.54/5 (sur 97 notes) Ajouter à mes livres
Pourquoi tant d'hommes et de femmes sont-ils conduits à tout laisser derrière eux pour partir, seuls, vers un pays mystérieux, un endroit sans famille ni amis, où tout est inconnu et l'avenir incertain ? Cette bande dessinée silencieuse est l'histoire de tous les immigr... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par meyeleb, le 09 novembre 2011

    meyeleb
    "Je ne lis jamais de BD".
    Je suis arrivée comme ça, avec mes a priori bien ancrés, l'air de dire : rangez vos trucs là, ce n'est pas pour moi. L'air provoc', histoire de voir où ça mènerait. Elle a souri (ma bibliothécaire), elle est partie farfouiller dans un rayon, puis m'a tendu "Là où vont nos pères" en ajoutant :
    " Il n'y avait pas de mots pour tant d'émotions, alors Shaun Tan n'a laissé que des images. Vous devriez être à la hauteur..."
    Voilà comment on commence à lire des BD... :o)
    Je ne mettrai donc pas de mots là où l'auteur lui-même n'en a pas mis, il a su traduire par ses dessins seuls, chargés d'une alchimie de visages expressifs et de situations symboliques, tout ce que peut représenter l'exil.
    Je me contenterai d'évoquer une double page que j'ai longuement déchiffrée, une page de rêves, d'attentes : 60 vignettes illustrant chacune un morceau de ciel avec des nuages, dans le ton sépia de l'album, des morceaux de ce ciel interminable qui traduit l'éloignement, l'exil.
    Cette BD est magnifique, qu'on se le dise! Bon, promis, jamais je ne dirai plus jamais...
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    Critique de qualité ? (20 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par chartel, le 23 mai 2008

    chartel
    Cet album est remarquable par son graphisme tout d'abord, se rapprochant du trait réaliste permettant de confronter la fiction à l'histoire de nos sociétés, et aussi par sa couleur, rappelant la sépia des photos de famille mises à l'abri du temps dans une petite boîte en fer posé au fond d'une commode poussiéreuse.
    Mais ce récit qui pourrait se comprendre comme un témoignage d'une expérience individuelle dans un espace précis est, au contraire, libéré de toutes restrictions spatiale, temporelle et humaine par l'absence de référence de temps, de lieu et d'identité. Cette tendance au récit universel est accentuée par son cadre qui s'apparente à un décor de science-fiction, expression d'un imaginaire riche et futuriste.
    Enfin, cette oeuvre est un véritable exercice de maître pour un auteur de BD puisque le texte y est totalement absent. Ce choix permet au lecteur de s'identifier au protagoniste de l'histoire, un homme contraint de quitter sa famille et son pays, confronté à de nouveaux codes, une nouvelle langue, de nouvelles règles et s'appuyant avant tout sur l'image pour trouver sa place dans ce nouvel environnement.
    Bravo au jury du Festival Angoulême 2008!
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    InColdBlog
    En pleine nuit, avec pour seul bagage sa modeste valise dans laquelle il a pris soin de glisser la photographie de sa famille, un homme arrive à la gare. Il abandonne sa femme et sa fille sur le quai et monte seul dans le train.
    Pour quelles raisons les quitte-t-il ? Part-il définitivement ? Où va-t-il ? Après son voyage en train, il embarque sur un énorme paquebot, en compagnie de centaines d'autres, comme lui, et arrive enfin à destination, dans ce pays inconnu où il vient "en éclaireur" trouver une vie meilleure et libre.
    Mais son voyage loin de s'achever ne fait que commencer : il va devoir s'acclimater à ce nouveau monde, comprendre les rouages de cette société qu'il ne connaît pas, en apprendre la langue et les usages pour pouvoir se bâtir une vie nouvelle. Dans cette ville impressionnante, il va rencontrer d'autres migrants comme lui, qui l'aideront et lui conteront leurs parcours.
    Histoire sans paroles. La langue universelle existe. Shaun Tan l'a trouvée : le dessin, plus fort que l'Esperanto ou l'Anglais. Là où vont nos pères en est une parfaite démonstration qui finira de convaincre les plus incrédules.
    Véritable OGNI (objet graphique non identifié), ce livre n'est pas tout à fait une bande dessinée, car il n'y a aucun texte, ni phylactère (ce n'est pas une maladie honteuse, mais le nom "savant" désignant une bulle de texte, ça en jette hein ?) mais bien plus qu'un simple recueil d'illustrations, car Shaun Tan fait preuve d'une puissance narrative et d'une maîtrise du découpage exceptionnelles.
    En réussissant à nous mettre dans la peau d'un migrant et à nous faire ressentir cette condition si particulière, Tan réalise un vrai coup de force. Comme le héros de son récit initiatique, il nous plonge dans un univers onirique, à la lisière du rêve et du cauchemar, où l'introduction du fantastique ne fait que souligner sa difficulté d'appréhender ce monde étrange, si proche et pourtant si différent de celui qu'il vient de quitter. Comme le héros, nous sommes éberlués par ce que nous voyons, déconcertés par chaque nouveau détail du quotidien devenu obstacle à surmonter, désespérés et abattus par notre difficulté à communiquer et à nous faire comprendre. On se retrouve déraciné, perdu au milieu d'un monde qui n'est pas sans rappeler Les temps modernes de Chaplin, Metropolis de Fritz Lang ou l'univers de Salvador Dali.
    Toute l'émotion de Là où vont nos pères passe donc par le dessin, rien que le dessin. Un dessin réaliste, d'une grande douceur, triste même par moments, uniquement décliné dans les tons sépia, noir et blanc, comme les vieux albums photos de famille. Pour le rendre encore plus efficace, Shaun Tan a pris soin de rendre son récit universel et intemporel : les vêtements ne sont pas datés, les visages ne sont ni tout à fait caucasiens ni tout à fait asiatiques, les villes sont trop oniriques pour ressembler à des lieux existants (même si l'arrivée du paquebot rappelle fort New York et Ellis Island), l'alphabet utilisé dans ce nouveau monde est constitué de symboles graphiques bizarres…
    Là où vont nos pères est un ouvrage d'une grande beauté formelle où se succèdent des illustrations pleine page, voire double page, et des planches découpées d'une multitude de vignettes. Il est vivement conseillé de prendre le temps d'observer, de détailler chaque illustration. Cet album a demandé quatre années de travail à Shaun Tan qui s'est notamment inspiré du récit de son père, qui a quitté la Malaisie en 1960 pour rejoindre l'Australie. Peut-être est-ce la raison pour laquelle il a pris le parti d'une vision idéalisée de l'immigration.
    Parallèlement au livre, une pièce de théâtre a été créée : The Arrival (titre original de l'album, plus fidèle à l'esprit du récit à mon avis) dont j'ai joint quelques images dans le diaporama ci-dessous.

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/L%C3%A0%20o%C3%B9%20vont%20n..
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    • Livres 4.00/5
    Par Melopee, le 26 janvier 2012

    Melopee
    Cela faisait quelques temps que je lorgnais sur cette BD aux dessins tout bonnement grandioses. Ce qui m'a le plus intriguée, c'est qu'elle est sans texte et que cet aspect muet me semblait toutefois relativement secondaire. Je dis cela dans le sens où les dessins captivent tellement que l'absence de texte n'en parait pas criante. Les détails portés aux personnages, aux lieux et à l'imaginaire rendent le décor somptueux : tout est à la fois évident et suggéré. C'est extrêmement impressionnant ce qu'a fait Shaun Tan !
    J'ai lu cette BD une première fois, très à l'affût des expressions, des objets, de l'environnement. Une seconde fois, je l'ai parcouru avec mon ami qui s'est impressé d'imaginer le texte pouvant accompagner les images. Cette autre approche s'est avérée amusante car son champ de vision se trouvait parfois différer du mien. Quoi qu'il en soit, comme l'ont dit Shan_Ze et Marion, le thème central est celui de l'émigration. On suit le parcours d'un homme quittant femme et enfant pour se lancer sur de nouvelles terres à la recherche d'un monde meilleur. On le suit dans un univers onirique où des bêtes étranges sont les anges gardiens, où on se déplace à bord d'engins volants de toutes sortes. Et s'esquisse à nous un autre monde quelque part un peu effrayant car complètement inconnu, avec de nouveaux usages, un nouveau langage, de nouveaux codes. C'est un peu excitant tout autant que dépaysant et déstabilisant.
    Une vraie belle BD que je conseillerai sans hésiter et que je pourrais acheter sans problème. En effet, les dessins en pleine page sont juste magnifiques et j'y suis restée scotchée un long moment !
    Cela donne des envies de voyages et prête volontiers à davantage rêver car dedans les avions en papier sont capables de voler !
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par mimienco, le 26 juin 2009

    mimienco
    4ème de couverture: Pourquoi tant d'hommes et de femmes sont-ils conduits à tout laisser derrière eux pour partir, seuls, vers un pays mystérieux, un endroit sans famille ni amis, où tout est inconnu et l'avenir incertain ? Cette bande dessinée silencieuse est l'histoire de tous les immigrés, tous les réfugies, tous les exilés, et un hommage à ceux qui ont fait le voyage.
    Mon opinion: gros gros coup de coeur!!! Dans cette BD magistralement dessinée, Shaun Tan nous livre une histoire singulière (celle d'un homme qui émigre dans un autre pays dans l'espoir d'une vie meilleure), et tellement universelle à la fois, partagée par des milliers d'individus qui par leur force de vie sont prêts à tout pour vivre, être libre, être heureux.
    Par un dessin d'une grande qualité et très onirique, Shaun Tan rend hommage à tous ces voyageurs en se faisant le conteur de leur histoire! Ce qui est d'autant plus époustouflant, c'est qu'il n'y a aucun texte dans cette BD! Tout passe par l'image! Par une maîtrise parfaite du dessin et du découpage, Shaun Tan nous livre un récit bouleversant d'émotions! On passe des heures à regarder ces planches qui nous livrent tant de messages et regorgent de détails dans cette couleur sépia si douce et nostalgique !
    C'est simplement magnifique!
    Vraiment chers lecteurs, c'est un gros coup de coeur pour moi alors je n'ai qu'un conseil: lisez-le!
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)

Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 01 septembre 2007
    Lecture jeune, n°123 - L’histoire est simple, universelle, intemporelle et rend hommage à la faculté d’adaptation de l’être humain. Un homme quitte sa famille et son pays menacé, en quête d’une terre plus sûre. Le thème de l’émigration est au cœur du message de cet ouvrage. Le mode narratif tout en images évoque celui de l’américain Chris Van Allsburg. Comme lui, Shaun Tan invente un monde empreint d’onirisme qui fait de cette bande dessinée muette un récit fantastique et un conte initiatique. La force narrative réside dans la fluidité des images et les évocations qu’elles suscitent chez le lecteur. Les teintes sépia renforcent l’oscillation de l’histoire entre rêve et réalité. L’album évoque le passé, le présent et, on l’espère, un futur meilleur. Loin de tout pathos, il respire la fraîcheur d’autant que Shaun Tan lui insuffle une intelligence candide. Ce remarquable travail, qui s’inspire en partie de la vie du père de l’auteur, parlera à toutes les générations. Note : L’auteur sino-australien Shaun Tan a reçu en 2001 le prix du meilleur artiste aux World Fantasy Awards de Montréal et en 2003 le prix Octogones du Centre International d’Etudes en Littérature jeunesse pour son album L’arbre rouge (Compagnie créative, 2003). Il a également apporté sa contribution aux studios Pixar (Toy Story, Nemo, Cars…) et Blue Sky (L’âge de glace). Sonia Seddiki

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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 23 mars 2011

    5 visuels disponibles sur le site de l'éditeur :

    http://www.dargaud.com/ou-vont-nos-peres/ou-vont-nos-peres,2750.html
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