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Note moyenne 3.47 /5 (sur 16 notes)

Né(e) à : Limoux , le 22-11-1921
Mort(e) le : 1-07-2004
Biographie :

Professeur à la faculté de médecine de Toulouse, puis titulaire de la chaire d’anthropologie physique au Collège de France, Jacques Ruffié a étudié des marqueurs génétiques sanguins qui lui ont notamment permis de mieux comprendre l’origine et les migrations de différents groupes humains, créant ainsi une discipline nouvelle, l’hématologie géographique. Il a également analysé, grâce à l’étude des hémotypes, les mécanismes de l’hominisation.
Esprit passionné, ayant pris une part active dans la Résistance, Jacques Ruffié a su donner à l’anthropologie un éclairage très original et fécond.

Source : http://www.academie-sciences.fr
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Citations et extraits (8) Ajouter une citation
Tom_Otium   24 janvier 2016
Le sexe et la mort de Jacques Ruffié
L’avantage du comportement territorial est trop évident pour que l’on y insiste : il cantonne chaque couple ou groupe de reproduction dans son propre domaine et diminue donc les chances d’affrontement et de conflit. Si chacun reste chez soi, la paix règne.
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Tom_Otium   24 janvier 2016
Le sexe et la mort de Jacques Ruffié
toute société de sapiens cherche presque toujours non seulement à dépasser ses frontières, mais encore à imposer aux autres sa propre culture, toujours considérée comme supérieure. Cet « impérialisme culturel » est connu depuis la préhistoire
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gazellll   12 février 2020
La transfusion sanguine de Jacques Ruffié
La fréquence relativement élevée du groupe O, l'importance le plus souvent assez faible des anticorps du donneur injectés au receveur firent que, dans les débuts du 1er conflit mondial, lorsque les grands blessés saignés à blanc exigeaient une transfusion d'urgence, le premier donneur venu faisait l'affaire. Entre la quasi certitude d'une mort par hémorragie foudroyante et le risque incertain d'un accident par incompatibilité immunitaire, le médecin n'hésitait pas. Entre 2 maux il faut choisir le moindre.

Tout changea lorsque, presque simultanément (1915), Hustin en Belgique, Lewisohn et Weil à New York, Agote en Argentine, Jeanbrau et Hédon à Montpellier, démontrèrent comment une solution de citrate de soude à 0.2% pouvait conserver le sang incoagulable, sans présenter d'inconvénient pour le receveur. Dès lors, il devint possible d'effectuer à l'avance le groupage du sang maintenu à l'état liquide et mis en bouteilles. Il pouvait être bien contrôlé au préalable et conservé en glacière pendant plusieurs jours.

Ce procédé, généralisé dès 1917 par les armées alliées, mit à la disposition des postes chirurgicaux situés près de la ligne de front la quantité de sang nécessaire pour intervenir rapidement auprès des grands blessés, sans devoir pour cela immobiliser un grand nombre de donneurs bénévoles, dont le groupe sanguin n'était pas toujours connu. A partir de ce moment, on put sauver les traumatisés les plus graves. Beaucoup de grands mutilés promis naguère à une mort certaine purent survivre, la transfusion sanguine pratiquée rapidement après l'accident donnant un répit suffisant pour transporter le patient dans un service chirurgical et pratiquer sur lui l'intervention salvatrice. C'est un officier canadien, Oswald H Robertson, qui organisa la première banque de sang aux armées et mit à la disposition du corps expéditionnaire anglais le sang qui était nécessaire. La France suivit son exemple.

En 1916, Rous et Turner ajoutent un sucre, le dextrose, à la solution anticoagulante, ce qui permet de "nourrir" les cellules et de prolonger le délai de conservation. Malgré son intérêt évident, la méthode de Rous et Turner ne fut pas immédiatement appliquée. Elle sera reprise par Mollison et ses collaborateurs à partir de 1940. En effet, quand on stérilise les flacons contenant la solution anticoagulante avant la prise de sang, le glucose se caramélise. Il faudra attendre 1943 pour que Loutit et ses collaborateurs démontrent que l'adjonction d'un peu d'acide citrique à la solution évite cet inconvénient. Dès lors, cette préparation, dite ACD (Acide citrique + citrate de sodium + dextrose), s'impose partout. On l'utilise encore aujourd'hui, avec quelques variantes tendant à accroître la durée de conservation du globule rouge (SAG : sodium - adénine - glucose; ou SAGM : mannitol en plus). On peut ainsi conserver le sang jusqu'à 30 ou 40 jours contre 4 au début de 1915. Cette conservation de longue durée permet désormais l'auto-transfusion chez les sujets devant subir une intervention chirurgicale programmée à l'avance, et qui deviennent leur propre donneur de sang, à raison de plusieurs auto-prélèvements effectués dans les semaines ou les jours qui précédent.
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Tom_Otium   24 janvier 2016
Le sexe et la mort de Jacques Ruffié
Sur le plan sexuel, le sapiens est favorisé. Il est disponible en permanence, ce qui présente des avantages (plus grande probabilité de reproduction) et des inconvénients (présence constante du fait sexuel tout au long de la vie, sans période de répit). Cette situation est exceptionnelle.
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Tom_Otium   24 janvier 2016
Le sexe et la mort de Jacques Ruffié
La foule anonyme des grandes agglomérations isole, en fait, l’individu, enserré au milieu d’un grand nombre d’inconnus. Cette situation est puissamment anxiogène. En même temps, toutes les croyances religieuses, naguère refuges contre l’inquiétude, s’affaiblissent.
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gazellll   13 février 2020
La transfusion sanguine de Jacques Ruffié
La place du tiers-monde.

Nous avons dit comment les grandes firmes commerciales avaient longtemps importé du plasma des pays les plus pauvres, où l'on trouvait en abondance des donneurs payés à des taux dérisoires. Dans les pays riches, elles se tournaient aussi vers les classes les plus défavorisées. Malgré des mesures sévères édictées par un certain nombre de gouvernements, mais souvent non appliquées, il semble que du plasma du Brésil, de Colombie, de Belize, de Haïti, du Lesotho, du Mexique, de Panama, des Philippines, de Porto Rico, de Thaïlande, de Taiwan, ait été depuis longtemps vendu et traité aux USA, puis en Allemagne et au Japon, ce dernier interdisant d'exporter le plasma japonais, toujours maintenu hors commerce et utilisé seulement pour les besoins de l'archipel. On estime que, au cours de la décennie 1970, de 20% à 25% du plasma traité aux USA provenait du tiers-monde , et, en 1980, la Fédération panaméricaine des donneurs bénévoles estimait à 2 millions de litres par an la quantité de plasma prélevée en Amérique du Sud et pénétrant de façon plus ou moins régulière en Amérique du Nord. Quand aux volumes fournies par l'Asie ou l'Afrique, ils sont toujours demeurés inconnus.

Les réseaux.

La plupart des firmes commerciales disposent de leurs propres centres de plasmaphérèse. Soucieuses de respectabilité, elles appliquent les règles édictées par les Etats et surveillent d'assez près la santé de leurs donneurs. Mais il est arrivé souvent que cette source de ravitaillement ne leur suffise pas. Sans trop le dire, elles ont alors sous-traité avec des officines dont le seul rôle était de fournir du plasma. Certaines d'entre elles travaillaient avec sérieux, s'entourant d'un minimum de garanties quant à la qualité du produit délivré. D'autres, plus ou moins clandestines, se sont montrées moins exigeantes. Elles ont opéré dans les pays les plus pauvres, ce qui leur permettait de s'assurer des bénéfices rapides et massifs. Et les règlements, quand ils existaient, étaient facilement tournés par la corruption des fonctionnaires locaux. Des complicités ont même parfois été ménagées à l'échelon le plus élevé de l'Etat. Et les filières clandestines n'étaient pas très éloignées de celles qui étaient empruntées par les armes, l'or ou la drogue.

D'ailleurs, on a souvent fait appel aux mêmes hommes, rompus à ce genre d'action secrète, bénéficiant de complicités un peu partout, s'attachant les consciences par l'argent, la menace ou le chantage. Des itinéraires précis ont été mis sur pied avec, à chaque point sensible, un ou plusieurs "honorables correspondants" chargés de surveiller l'acheminement de la marchandise et de parer à tout incident. Au départ, la véritable destination et la nature du produit n'étaient pas indiquées sur les caisses. On les acheminait vers un aéroport international où les étiquettes étaient changées, sous l'oeil des douaniers rendu complaisants puis complices du système.

C'est ainsi que du plasma qualifié de "jus de fruit" a atteint plusieurs fois les USA sans encombre. Il est arrivé que les services d'espionnage, toujours à l'affût de bons indicateurs et pour lesquels compte avant tout le renseignement, soient en relation avec ces réseaux polyvalents qui se révèlent souvent efficaces dans le recueil d'informations. Ils sont protégés par certaines polices, qui font toujours passer la lutte contre la drogue avant celle qui vise à contrôler l'origine du plasma. D'où l'importance, pour le FBI et les services spécialisés, d'utiliser certains indicateurs, quitte à fermer les yeux sur des activités illégales mais jugées par eux secondaires...
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Tom_Otium   24 janvier 2016
Le sexe et la mort de Jacques Ruffié
L’homme est avant tout un animal intelligent, capable de résoudre logiquement, par la technique, ses propres problèmes sans attendre une réponse biologique, longue à venir et toujours incertaine.
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Tom_Otium   24 janvier 2016
Le sexe et la mort de Jacques Ruffié
Si la mort inquiète, le cadavre rassure.
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