AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Note moyenne 4.3 /5 (sur 32 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Phnom-Penh
Biographie :

Tour à tour apprenti lapidaire, enfant de troupe et bénévole auprès d'adolescents en difficulté, Jean Bury travaille comme traducteur dans une micro-entreprise proche de la SCOP. Il a publié une trentaine de nouvelles et sept romans. Nommé en 2015 pour le prix Mythologica de la meilleure nouvelle et le prix Masterton du meilleur roman, il a été deux fois lauréat du prix Alain le Bussy pour Humanologie (2016) et Triton sur le rivage de sable (2017).

Ses thèmes actuels sont la surveillance dans les sociétés hyperconnectées, l'épuration sociale dans les grandes villes mondialisées et les enfants soldats. Admirateur de Ravel, de Debussy et de John Coltrane, il ne manque jamais une occasion d'évoquer la musique dans ses histoires.

Tout en restant attaché à Maupassant, Conrad et Balzac, il a un goût très vif pour la littérature de l'imaginaire. Il ne voit aucun paradoxe à avoir lu tout Proust et tout Noragami.

+ Voir plus
Source : Arkuiris, Site de l'auteur
Ajouter des informations
Bibliographie de Jean Bury   (18)Voir plus

étiquettes

Citations et extraits (8) Ajouter une citation
dariodo   21 septembre 2020
Terre zéro de Jean Bury
Christophe se présenta au fumoir et s'arrêta sur le pas une seconde, le temps de jauger les personnes présentes. Sa mère, dans le fauteuil de cuir biche qui jouxtait le Pleyel Ruhlman, présidait le cercle : Clémence Delois, Pierre Denant, Alban Peyrefitte, le strict minimum. Tous tenaient un verre aux reflets beige ambre foncé.

— Entre, Christophe, et sers-toi aussi. Ce whisky vient de Bourgogne, si tu m'en crois, mais il t'étonnera. Quinze ans, avec des saveurs de tabac blond et d'herbes séchées. Un rien de douceur en note finale, mais de la puissance.

Le jeune homme inclina la tête, se servit une dose confortable et vint s'asseoir à égale distance de sa mère et de Denant.

— Je suppose que tu n'as pas passé les tests médicaux exigés par le professeur Raynaud ?

— Plus tard, mère.

— Tu sais quelles séquelles tu risques pour t'être exposé ainsi au champ de Stase ?

— Oui, mère, je sais. J'irai. Plus tard.

Un bref silence. Quelques lampées furent avalées, comme pour donner une contenance à l'atmosphère elle-même.

— Nous avons eu le plus grand mal à te faire venir, reprit doucement Élisabeth Vrécourt.

— Thomas était vidé, répondit tranquillement Christophe, nullement sur la défensive ; j'ai juste pansé ses plaies, je l'ai fait manger et je l'ai veillé pendant qu'il s'endormait.

— Comment va-t-il ? demanda Clémence.

— Physiquement, il se remet très vite. Je m'y attendais. Mais il a l'air très affecté par ce qu'il a vu.

— Et c'est pour ça que nous devons l'interroger au plus vite.

— Bien sûr, mère ! s'exclama Christophe, le timbre un peu dur ; nous l'interrogerons. Quand je dirai que c'est possible, pas avant.

Froide, Mme Vrécourt reprit fermement :

— Je partage tes inquiétudes pour cet enfant, Christophe. Mais tu saisis tout de même l'enjeu de cette expédition. Tout repose sur ce qu'il peut nous dire.

— Oui, mère, mais Thomas est revenu dans un épouvantable état de délabrement physique et moral. On va lui offrir un répit.

— Christophe, nous ne sommes plus à l'heure de nous renseigner. Le temps est écoulé. Nous devons agir.

Christophe ouvrit la bouche, mais n'eut pas le temps de parler.

— Avec votre permission ? intervint Denant.

Assentiment muet d'Élisabeth.

— Tu vas tenter de me convaincre, Pierre, toi aussi ? le devança Christophe ; tu veux me persuader que l'intérêt du plus grand nombre prime sur celui de l'individu, qu'il faut savoir faire des sacrifices, et bla bla bla…

— Non, je me demandais juste si tu en avais parlé avec le petit.

Court silence.

— Qu'est-ce que tu veux dire ?

— Que le gamin a l'âge de se faire ses opinions. Quand on a décidé de l'envoyer en Terre Zéro, il était conscient des risques et ça ne l'a pas arrêté une seconde. Il a peut-être envie de continuer le combat, lui. Tout de suite.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
dariodo   21 septembre 2020
Le roi de la colline de Jean Bury
Thibault resta tétanisé une seconde. La lumière envahissait tout le tunnel et sa progression vers les deux gamins, malgré sa lenteur, semblait inéluctable.

Le jeune garçon se ressaisit, attrapa Claire par les épaules et la projeta derrière lui, sans douceur, le plus loin possible de l'entité lumineuse qui avançait toujours. La petite fille tomba au sol sans un cri, et déjà Thibault portait la main à la ceinture pour y récupérer sa lampe à faisceau condensé. Il n'eut pas le temps de s'en servir. Comme la première fois, l'ennemi propulsa avec une extraordinaire vigueur ses tentacules d'outre-lumière vers l'adolescent. Le premier le frappa si durement au poignet qu'il lâcha la lampe, et sa seule arme alla rouler plus loin. La chose avait gagné en puissance depuis leur dernière rencontre. Ses tentacules, plus solides, plus précis, mieux coordonnés, s'abattirent sur le garçon avec une rare violence. Sous le choc, il chuta à genoux, les mains déjà ligotées derrière lui et le buste, les bras, tout le torse de la ceinture aux épaules, enserrés dans un filet. Trois tentacules restaient suspendus devant lui, à quelques centimètres de son visage, ondulant légèrement, en attente, comme pour l'achever s'il tentait quoi que ce soit. La bête avait appris. Cette fois, elle ne laisserait pas la moindre possibilité d'action au jeune garçon.

Elle avançait toujours.

Thibault, saisi de terreur, s'efforçait de réfléchir à toute vitesse. Impossible de bouger, impossible même de tourner la tête tant son buste semblait coulé dans un bloc de granit. Doucement, pour ne déclencher aucune réaction de défense de l'ennemi, il appela :

— Claire !

Pas de réponse. La fillette était derrière son dos, il ne pouvait rien voir, il ne l'entendait pas. Il essaya encore, à peine plus fort :

— Claire ! Claire, tu m'entends ?

Cette fois, du coin de l'œil, il entrevit la petite silhouette qui avançait lentement sur sa droite. Elle progressait en silence, surplombant le garçon toujours à genoux. Elle ne le regardait pas, elle avait les yeux fixés sur la lumière qui glissait toujours dans leur direction.

— Claire ! cria Thibault effrayé.  Claire ! Ne va pas vers elle !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
dariodo   21 septembre 2020
Le roi de la colline de Jean Bury
De la chambre du Régent, un cri terrible, inhumain, retentit brusquement. La Banshee releva la tête – et Thibault aussi se demanda qui du Seigneur des vampires ou de Gaël venait de hurler. Mais lui parvint à garder assez de sang-froid pour profiter de la diversion. Il mit tout ce qui lui restait de forces dans un prodigieux mouvement du torse qui propulsa son ennemi à trois pas. Il se redressa maladroitement, mais aussi vite qu'il le pouvait. Cette fois, il voulait battre l'ennemi de vitesse.

Un coup de veine extraordinaire le servit brusquement. Il comprit ce qu'il devait faire et bondit comme un fou sur la Banshee pour tenter de l'immobiliser à son tour, l'avant-bras sur la gorge. Il rata sa prise, mais ça n'avait pas d'importance. Il suffisait que le poids de son corps immobilise le vampire une seconde. Juste une seconde.

Le temps de récupérer le pistolet, à cinq centimètres duquel la Banshee était tombée.

Son adversaire n'avait pas vu l'arme et ne comprit pas ce que Thibault avait en tête. Elle ouvrit sa mâchoire, crocs luisants. C'est exactement le geste qu'espérait Thibault. Il enfourna le pistolet dans la bouche du vampire et entrevit un regard de surprise et de terreur avant de vider son chargeur. Huit balles à tête creuse. Des balles aux ultraviolets. La Banshee n'eut même pas le temps de pousser un cri avant de se désintégrer en poussière sur la moquette.

Thibault ne resta pas admirer son œuvre. Il changea son chargeur tout en se précipitant vers la chambre du Régent. Il prit à peine le temps de ramasser la carte magnétique du Cercle au sol, pour refermer la porte derrière lui et gagner quelques minutes si les renforts survenaient. Avant même de franchir le seuil, il avait concentré toutes ses pensées sur Gaël et tentait de reprendre mentalement contact avec le gamin.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Khiad   28 juin 2017
Faon de Jean Bury
Axe sourit une nouvelle fois, ironique, mais presque avec sympathie.

- Votre foi en vos hommes vous honore, mon commandant. Mais si l’un d’eux lève son arme sur moi, il passera le reste de sa courte vie à s’imaginer qu’il est un ver de terre.
Commenter  J’apprécie          10
Khiad   28 juin 2017
Faon de Jean Bury
- Pardon, mon lieutenant, j’ai pas pu m’en empêcher. C’est seulement que... ça n’a pas de sens. On ne garde pas des paranoïaques légers ou des adolescents à problèmes, ici. On garde un démon.

- Je sais. C’est comme plonger quelqu’un dans une fosse à requins en pensant qu’il s’en sortira parce qu’il pêche à la ligne.
Commenter  J’apprécie          00
fabledheartless   25 juin 2017
Faon de Jean Bury
Non. Ca ne sert à rien. Nous nous épuisons à lutter contre des chimères. Nous mourons pour combattre des illusions. Des distorsions de la réalité. Aussitôt qu’on les a détruites, d’autres sont créées. Ca ne lui coûte rien à elle. Nous, Ca nous prend tout.
Commenter  J’apprécie          00
liliaza   03 octobre 2017
Faon de Jean Bury
C'est comme plonger quelqu'un dans une fosse à requins en pensant qu'il s'en sortira parce qu'il pêche à la ligne.
Commenter  J’apprécie          00
fabledheartless   25 juin 2017
Faon de Jean Bury
On a beau vivre et lutter à son rythme, on ne s'habitue jamais à l'impossible.
Commenter  J’apprécie          00

Acheter les livres de cet auteur sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox