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Note moyenne 3.91 /5 (sur 11 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Boulogne-Billancourt , 1964
Mort(e) le : 25/09/2018
Biographie :

Julien Bosc, né en 1964 à Boulogne-Billancourt, et décédé fin septembre 2018, est poète et éditeur français. Il vit alternativement à Paris et dans la Creuse.
Installé dans la Creuse, il y a fondé en 2013 les éditions le phare du cousseix, du nom du village où il vivait.

Bibliographie :
Ses dernières publications :
De la poussière sur vos cils (2015),
Le Corps de la langue (2016),
La Coupée (2017),
Le Verso des miroirs (2018).
Goutte d'os (2020), Ed. Collodion, à titre posthume.


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Podcast (1)


Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
coco4649   22 janvier 2019
De la poussière sur vos cils de Julien Bosc
HORMIS LES LÈVRES OÙ MOURIR…





Extrait 2



— En équilibre entre deux branches hautes d’un arbre,

j’ai vu, oui, un livre inachevé dont les sept cahiers étaient

cousus par les très fines brindilles jaunes d’un signe.



— Que dit ce livre ?

— Le tourment d’un récit.

— Qui l’a écrit ?

— Une voix perdue.

— Quelle est la première phrase du livre ?

— Celle survivante d’une blessure.

— Et la dernière phrase du livre ?

— Celle d’une énième répétition bégayée de la première ?

— Tel, sûr hélas de ce qu’il avait vu, le choucas replia

ses ailes et se jeta dans le vide ?

— Oui, telle la luciole qui sans cesse va vient d’un côté

l’autre du chemin.

— Quel est le tracé du chemin ?

— Une ligne de fuite.

— Où conduit-elle ?

— Aux tremblants pétales du coquelicot.

— Tel le signet virevoltant dans la nuit ?

— Tel, oui, le visage qui s’efface à contre-jour de la

lumière d’une lampe — condamnée à brûler.

— Tel votre visage ?

—Tel votre visage, oui.



Ah forêt

Ah forêt-de-hêtres

Ah hache dans l’écor-

ce
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coco4649   22 janvier 2019
Je n’ai pas le droit d’en parler de Julien Bosc
ET TOI, QUI ES-TU ?...





Serti par des racines d’héliotropes blancs et mauves,

 un échange ― aux confins du désir :

― Que regardes-tu ?

― Le dais d’ombre par-dessus les pliures de la mémoire.

― Que vois-tu ?

― Rien. La nuit. Une citadelle. Un pont de pierre. Des fougères

 orange ou jaunes le long d’un chemin. Le ciel violet du couchant.

 L’erg silencieux. Une très grande tristesse. Ta solitude. La mienne.

 Rien. La nuit.

― Comment est la nuit ?

― Claustrée, butinée par les abeilles.

― Et la citadelle ?

― Désertée.

― Et le pont de pierre ?

― Ouvert de part en part, délié du présent par la mortelle blessure.

― Et les fougères ?

― En javelles, fauchées par des grêlons de miel.

― Et le couchant, le ciel violet ?

― Et l’erg silencieux ?

― Sans cesse mouvant quoique immuable ?

― Et la très grande tristesse ?

― Amnésique, repliée sur elle-même, en boule.

― Et ma solitude ?

― Semblable à la mienne.

― Et la tienne ?

― Sans égale.

― (Et toi, qui es-tu ?

― La question à laquelle ni toi ni moi ne pouvons répondre.)
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coco4649   30 juin 2020
Le coucou chante contre mon cœur de Julien Bosc
 

 

Nous pourrions dire une forêt

Ou le bord de la mer

Ou la mer

Ou la nuit de la mer la nuit de la forêt

Ou les mois sans pluie les feuilles sèches sous les pieds

Ou les brisures de coquillages

Ou rien

Ou cette porte repeinte couleur ciel quand il est à l’orage

Ou n’être plus là

Ou plus rien plus un mot plus rien que le blanc dans la nuit.
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coco4649   23 mai 2019
La demeure et le lieu de Julien Bosc
MARCHER CHAQUE JOUR…





marcher chaque jour

une heure au moins

souvent pour un aller-retour à la rivière

— que se taisent brouhahas et redites

et viennent

s’ils veulent bien

quelques mots et désordres de phrases qui

au retour

rimeront peut-être à quelque chose    de pas trop

 superflu
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coco4649   01 juillet 2020
Le coucou chante contre mon cœur de Julien Bosc
 

 

Qui pour entendre leurs cris ?

Personne ou si peu

Qui pour les secourir ?

Une poignée

La seule qui pourra dire après

Nous savions tous

Vous avez laissé faire

Les coupables c’est vous

Et vous c’est moi

À qui la langue manque :

Pour dénoncer.
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coco4649   30 juin 2020
Le coucou chante contre mon cœur de Julien Bosc
 

 

L’ivresse du pouvoir

Le dédain de la parole donnée

La compromission des maîtres

Le mépris vis à vis des plus pauvres

L’insanité des mieux pourvus

Les noyés dans l’indifférence

La déportation

Les camps

La mer cimetière

Que regretterais-je ?
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coco4649   30 juin 2020
Le coucou chante contre mon cœur de Julien Bosc
 

 

Le geai des chênes s’est fait une raison et dort contre

  ma joue

Si je prends froid les hirondelles virevoltent autour de

  mon visage

L’évente évente tant que la fièvre n’est tombée

Si la mélancolie survient le coucou chante contre mon

  cœur

Si lui est dans la peine je le berce et console en attendant

  qu’il s’apaise

Ce que je dois à tous ?

La fraternité que le monde a perdue

La tendresse sans forcément demande immédiate de

  retour

N’oubliant pas ce qu’eux seuls savent offrir :

Une multitude de couleurs afin de réjouir l’âme et

  déchirer la nuit
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coco4649   30 juin 2020
Le coucou chante contre mon cœur de Julien Bosc
 

 

N’avez-vous jamais vu ces vagues qui touchent le ciel ?

Ces rouleaux d’écume qui font naître les anges ?

Ces multiples couleurs d’un ciel bleu à l’autre en passant par

  des verts, des noirs, des gris ?

Ces voix graves aiguës venus de qui sait où ?

Ces chants d’un cœur qui conjurent l’impensable ?

Ces bruits de tous les diables ?

Le fin filet de voix de la tempête puis le silence immense ?

Ne les avez-vous entendus ?



Moi si

c’est pourquoi je chante

Sans rien inventer

Faudrait sinon de l’imagination

Ah bienheureux tous ceux qui la possèdent

Je la leur laisse
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coco4649   23 mai 2019
La demeure et le lieu de Julien Bosc
À L’HEURE DU POÈME…





à l’heure du poème

la sale sensation

parfois

de faire feu de tout bois



puis

après coup

hormis ses à-côtés

preuve est là       que rien n’a été dit
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coco4649   22 janvier 2019
De la poussière sur vos cils de Julien Bosc
HORMIS LES LÈVRES OÙ MOURIR…





Extrait 1



Hormis les lèvres où mourir.

Hormis le seuil

(et sa pierre bafouée).

Hormis la porte

(et ses vitres de verre

— caillassées dans la nuit).



À la lisière de la forêt de hêtres, un inaudible dialogue :

— Avez-vous vu le choucas tirer les feuillets du pierrier ?

— En équilibre entre deux branches hautes d’un arbre,

j’ai vu, oui, un livre inachevé dont les sept cahiers étaient

cousus par les très fines brindilles jaunes d’un signe.

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(Le Corbeau et le Renard) - Maître Corbeau, sur un arbre ......... , Tenait en son bec un fromage. Maître Renard, par l'odeur alléché, Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes ........ ! que vous me semblez ......... ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le ......... des hôtes de ces bois

élevé - beau - bien - roi
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