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Note moyenne 3.79 /5 (sur 55 notes)

Nationalité : Venezuela
Né(e) à : Caracas , 1982
Biographie :

Karina Sainz Borgo est une journaliste et auteure.

"La fille de l'Espagnole" ("La hija de la española", 2019) dont l’action se déroule à Caracas, est son premier roman.

Il a fait sensation lors de la Foire du livre de Francfort en octobre 2018, les éditeurs d'une vingtaine de pays en ayant acquis les droits.

Karina Sainz Borgo vit à Madrid.

Twitter : https://twitter.com/karinasainz?lang=fr

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[PENSEZ A ACTIVER LES SOUS-TITRES] Entretien avec Karina Sainz Borgo à l'occasion de la rencontre organisée par Babelio le 12 décembre 2019. Découvrez les mots choisis par l'auteure pour évoquer son roman 'La Fille de l'Espagnol', paru chez Gallimard. Retrouvez toutes les critiques de 'La Fille de l'Espagnol' sur Babelio : https://www.babelio.com/livres/Sainz-Borgo-La-fille-de-lEspagnole/1185527 Abonnez-vous à la chaîne Babelio : http://bit.ly/2S2aZcm Toutes les vidéos sur http://bit.ly/2CVP0zs Suivez-nous pour trouver les meilleurs livres à lire : Babelio, le site : https://www.babelio.com/ Babelio sur Twitter : https://twitter.com/babelio Babelio sur Facebook : https://www.facebook.com/babelio/ Babelio sur Instagram : https://www.instagram.com/babelio_/

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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
raton-liseur   23 janvier 2021
La fille de l'Espagnole de Karina Sainz Borgo
Je voulais être quelqu’un, manger dans une assiette comme celle-là et me servir de couverts. Même si les circonstances avaient fait de moi une hyène, j’avais encore tout de même le droit de ne pas me comporter comme tel. On peut manger de la charogne avec une fourchette et un couteau. (p. 162).
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hcdahlem   03 janvier 2020
La fille de l'Espagnole de Karina Sainz Borgo
Toute mer est un bloc opératoire où un bistouri aiguisé sectionne celles et ceux qui prennent le risque de la traverser. p. 226
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Cannetille   04 juillet 2020
La fille de l'Espagnole de Karina Sainz Borgo
Vivre, un miracle que je ne parviens pas encore à comprendre et qui nous mord avidement avec les crocs de la culpabilité. Survivre fait partie de l’horreur qui voyage avec celui qui fuit. Une bête perfide qui cherche à nous mettre à terre quand elle nous trouve sains et saufs, pour nous faire savoir que quelqu’un méritait plus que nous de continuer à vivre.
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Bazart   18 février 2020
La fille de l'Espagnole de Karina Sainz Borgo
Ce jour là, je suis devenu ma seule et unique famille.Les dernières bribes d'une vie qu'on allait pas tarder à m'arracher à coup de machette. A feu et à sang, comme dans toute cette ville.
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hcdahlem   03 janvier 2020
La fille de l'Espagnole de Karina Sainz Borgo
INCIPIT

Nous avons enterré ma mère avec ses affaires : sa robe bleue, ses chaussures noires à talons plats et ses lunettes à double foyer. Impossible de faire nos adieux autrement. Impossible de dissocier cette tenue de son souvenir. Impossible de la rendre incomplète à la terre. Nous avons tout inhumé, parce que après sa mort il ne nous restait plus rien. Pas même la présence de l’une pour l’autre. Ce jour-là, nous nous sommes effondrées d’épuisement. Elle dans son cercueil en bois ; moi sur la chaise sans accoudoirs d’une chapelle en ruine, la seule disponible parmi les cinq ou six que j’ai cherchées pour organiser la veillée funèbre et que j’ai pu réserver pour trois heures seulement. Plus que de funérariums, la ville regorgeait de fours. Les gens y entraient et en sortaient comme ces pains qui se faisaient rares sur les étagères et pleuvaient dru dans notre mémoire quand la faim revenait.

Si je parle encore au pluriel de ce jour-là, c’est par habitude, parce que les années nous avaient soudées comme les lames d’une épée avec laquelle nous nous défendions. En rédigeant l’inscription pour sa tombe, j’ai compris que la mort commence dans le langage, dans cet acte d’arracher les êtres au présent pour les ancrer dans le passé, pour les réduire à des actions révolues qui ont commencé et fini dans un temps qui s’est éteint. Ce qui fut et ne sera plus. Telle était la vérité : ma mère n’existerait plus que conjuguée d’une autre manière. En l’inhumant, je mettais un terme à mon enfance de fille sans enfants. Dans cette ville à l’agonie, nous avions tout perdu, y compris les mots au temps présent.

Six personnes se sont rendues à la veillée funèbre. Ana a été la première. Elle est arrivée en traînant le pas, soutenue par Julio, son mari. Plus que marcher, Ana semblait traverser un tunnel obscur qui débouchait sur le monde que nous, les autres, habitions. Cela faisait des mois qu’elle suivait un traitement aux benzodiazépines. L’effet commençait à se dissiper. Elle avait à peine assez de gélules pour assurer la dose quotidienne. Comme le pain, l’alprazolam se faisait rare et le découragement se frayait un chemin avec la même force que le désespoir de ceux qui voyaient disparaître ce dont ils avaient besoin pour vivre : les personnes, les lieux, les amis, les souvenirs, la nourriture, le calme, la paix, la raison. « Perdre » était devenu un verbe égalisateur que les Fils de la Révolution brandissaient contre nous.
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Cannetille   04 juillet 2020
La fille de l'Espagnole de Karina Sainz Borgo
Si, petite, c’était une enfant effacée, en grandissant elle n’avait pas non plus réussi à réunir les qualités nécessaires pour s’imposer. Elle donnait l’impression d’habiter une frontière perpétuelle : ni vénézuélienne ni espagnole, ni jolie ni laide, ni jeune ni vieille. Destinée aux limbes où finissent ceux qui n’appartiennent à nulle part. Aurora Peralta souffrait de la malédiction de ceux qui naissent trop tôt dans un pays et arrivent trop tard dans l’autre.
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Cannetille   04 juillet 2020
La fille de l'Espagnole de Karina Sainz Borgo
Une série de coïncidences a fini par nous unir : les horaires de l’université, les matières dans lesquelles nous nous inscrivions… Mais si on me demandait pourquoi nous sommes restées amies toutes ces années, je ne pourrais pas bien en expliquer la raison. C’était comme ce qui transforme les amours en mariages. Souvent, on n’a pas trop le choix et si la compagnie de l’autre n’est pas désagréable, on laisse le temps faire son œuvre.
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docare   24 mars 2020
La fille de l'Espagnole de Karina Sainz Borgo
docare 24 mars 2020

La fille de l'Espagnole de Karina Sainz Borgo

La photographie de couverture qui illustrait la répression militaire et la boucherie nationale avait la taille d'un poster qui occupait toute la première page. Un jeune soldat étendu dans une mare de sang. Je me suis approchée pour regarder son visage en détail.Il m'a fait l'effet d'un être parfait, très beau.La tête inclinée, pendant sur le bord du trottoir.Pauvre, maigre, encore adolescent.Son casque de travers laissait voir une tête ravagée par une balle de FAL.Il était là: étalé comme un fruit écrasé. Un Prince charmant aux yeux baignés de sang. A peine quelques jours plus tard, j'ai eu mes premières règles. J'étais une femme désormais : la tendre aimée d'un beau au bois dormant pour lequel je me mourais à la fois d'amour et de tristesse.Mon premier amoureux et le dernier doudou de mon enfance, recouvert par les restes d'n cerveau qui avait explosé sous la déflagration d'une arme de guerre. Oui, à dix ans, j'étais déjà veuve. A dix anx j'aimais déjà des fantômes.
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Karina Sainz Borgo
docare   24 mars 2020
Karina Sainz Borgo
Et bien qu'elle ne m'ait jamais parlé de cet épisode, j'ai fini par comprendre qu'il s'agissait là d'un des symptômes de la maladie congénitale propre à la classe moyenne vénézuélienne de l'époque : une hybridation entre les tares des descendants d' Espagnols du XIXe siècle et la débandade d'une société dans laquelle chacun portait en lui un mulâtre et un nègre dans le sang. Ce pays où, de tout temps, les femmes ont mis au monde et élevé seules les enfants d'hommes qui n'ont même pas pris la peine d'aller acheter des cigarettes pour ne plus jamais revenir. Le reconnaître, évidemment, faisait partie de la pénitence. Le petit caillou dans l'engrenage de l'escalier escarpé de l'ascension sociale. J'ai grandi entourée de filles.
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hcdahlem   03 janvier 2020
La fille de l'Espagnole de Karina Sainz Borgo
Je n’ai jamais conçu notre famille comme une grande chose. La famille, c’était nous deux, ma mère et moi. Notre arbre généalogique commençait et s’achevait avec nous. À nous deux, nous formions une plante vivace, une sorte d’aloe vera qui pouvait pousser n’importe où. Nous étions petites et veinées, nervurées presque, peut-être pour ne pas souffrir quand on nous arrachait un morceau, voire toutes nos racines. Nous étions faites pour résister. Notre monde reposait sur l’équilibre que nous étions capables de conserver à nous deux. Le reste relevait de l’exceptionnel, de l’accessoire ; nous pouvions donc nous en passer : nous n’attendions rien de personne, nous nous suffisions l’une à l’autre. 
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