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Note moyenne 3.43 /5 (sur 34 notes)

Nationalité : Côte d'Ivoire
Né(e) à : Abengourou , 1956
Biographie :

Né en 1956 en Côte d'Ivoire, Koffi Kwahulé est à la fois auteur, essayiste, comédien et metteur en scène. Il a commencé sa formation à l'institut National des arts d'Abidjan, l'a poursuivi à l'école Nationale Supérieure des arts et des techniques du Théâtre de Paris (rue Blanche). Il a obtenu un Doctorat d'Études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle Paris III.

Depuis 1977, il a écrit près d'une vingtaine de pièces de théâtres, certaines sont publiées aux éditions Lansman et Théâtrales. Dès ses premiers textes apparaît une écriture forte, qui dynamite l'usage habituel de la langue : écriture charnelle, conçue dans la violence immédiate que peut avoir l'oralité dans sa dynamique de parole abrupte ; écriture musicale, obsédante, brûlante et saccadée comme un rythme enfiévré de jazz.

Traduites en plusieurs langues, ses pièces sont créées en Europe et en Afrique. Les prix se succèdent, de Cette vieille magie noire (1993) aux textes plus récents : Jaz (1998), P'tite souillure (2000) et Big Shoot (2000). Ses oeuvres ont fait l'objet de maintes créations dont les plus récentes sont notamment : Big Shoot, créée à Bruxelles par Myriam Youssef en février-mars 2005 au Zone Urbaine Théâtre de Bruxelles et par Merel van Nes au Festival " Verse Waar " de Breda (Pays-Bas) en juin 2005 ; La Dame du café d'en face (Théâtrales, 1998) par Johan Heldenberg en 2004 au Zuidpool Theater d'Anvers ; Bintou, présentée en 2003 à Bruxelles d'abord au Théâtre 140 par Vincent Goethals, puis par Rosa Gasquet au Théâtre Océan Nord ; P'tite souillure (Théâtrales, 2000) par Eva Salzmannovà en 2003 au DISK de Prague ; Le Masque boîteux (Théâtrales, 2003) mise en scène de Souleymane Koly et Alougbine Dine en 2002 au Glob Théâtre de Bordeaux ; Jaz, par Daniela Giordano en 2000 au Teatro del Fontanone de Rome.

Koffi Kwahulé vient de recevoir le prix Kourouma pour son roman Babyface (éd. Gallimard, 2006) et a été nominé pour le grand prix de la littérature dramatique décerné par le Ministère de la Culture française pour son oeuvre.
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Les Matins - La francophonie dans tous ses états -
A l'occasion du sommet de francophonie de Montreux, La francophonie dans tous ses étatsKoffi Kwahulé, Auteur, essayiste, comédien et metteur en scène ivoirien, auteur de Monsieur Ki (roman, Éditions Gallimard, coll. "Continents noirs", 2010)Abdourahman Waberi, Ecrivain djiboutien d'expression française, auteur Aux Etats-Unis d'Afrique (Jean-Claude Lattès, 2006)Nicolas du four, Journaliste au quotidien suisse le Temps par téléphoneClément du haime, Administrateur de l'OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) par téléphone
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Citations et extraits (7) Ajouter une citation
Bruidelo   02 octobre 2018
L'odeur des arbres et autres pièces de Koffi Kwahulé
Ceux qui campent chaque jour plus loin du lieu de leur naissance, ceux qui tirent chaque jour leur barque sur d’autres rives, savent mieux chaque jour le cours des choses illisibles...

Saint-John Perse
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Charybde2   09 avril 2013
Monsieur Ki. Rhapsodie parisienne à sourire pour caresser le temps de Koffi Kwahulé
Ki, l'autre signe, le premier, ç'a a été cela, la mort de l'oncle Koui Gaspard. Parce qu'il désirait être à ma place. Je t'en ai encore parlé l'autre jour, mais ces histoires-là c'est comme une obsession, une ban-de magnétique qui se déclenche toute seule dans la tête... Mon destin. Par rapport à l'Ancêtre-à-tête-de-cynocéphale. Un honneur qu'il estimait lui revenir. Son destin. Jusqu'au jour de sa mort, l'oncle Koui Gaspard a vécu cette histoire comme une injustice, un affront aveugle. Comment l'Ancêtre-à-tête-de-cynocéphale a-t-il pu me « choisir », moi qui lui avais toujours tourné le dos ? Afin de m'en éloigner le plus possible, du moins à ce que racontait l'oncle Koui Gaspard, ne m'étais-je pas laissé complaisamment « avaler » par l'école des Blancs en accumulant diplômes sur diplômes, jusqu'à Paris, « l'antre même du Blanc » ?

L'asthme fut le second signe. Juste après la première visite de l'Ancêtre-à-la-tête-de-cynocéphale, il y a trois mois. Soudain. Le médecin avait diagnostiqué une allergie au pollen. Mais une lettre du pays, mon père, m'avait prévenu : l'oncle Koui Gaspard a consulté des sorciers. « Il leur a demandé de te priver d'air, de t'asphyxier, de te tuer... »

Mais je ne parlerai pas de cela ; tu n'es pas venu pour entendre ce genre d'histoires. C'est mon affaire. Rassure-toi, je ne t'en parlerai plus. De toute façon, je n'aime pas évoquer ces choses-là. Ça épaissit ma voix, durcit inutilement mes mots. On est là pour déconner, et rien d'autre. Allons donc chercher les mots qui parlent à tue-tête, les mots qui déconnent.
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Charybde2   29 avril 2015
Nouvel an chinois de Koffi Kwahulé
Bon maintenant, monsieur Demontfaucon, j’ai à faire. Ézéchiel se retire de l’entrebâillement de la porte. Mais sa voix le retient par la nuque.

Vous, vous êtes né après. Vous ne pouvez pas comprendre. Ce quartier n’a pas toujours été ainsi. C’était un village ici. Des boucheries. À l’angle de la rue Pasteur il y avait une boucherie qui restait ouverte jusqu’à onze heures, minuit. Vous vous rendez compte, une boucherie ouverte jusqu’à onze heures du soir ! Un village c’était, ce quartier. Des boulangeries, des papeteries, des cafés. Où en vois-tu, désormais, Ézéchiel ? Un village, c’était ici à l’époque. Il n’y avait pas qu’une boulangerie, mais trois, et ces gens ont tout tué avec leur pognon gagné Dieu sait comment. Y a que les Arabes qui ont tenu le coup. Tels des roseaux, leurs petites épiceries ont résisté au souffle du dragon. Comme quoi ! Mais bon, ça reste des Arabes. À la mairie, ils disent qu’ils font ce qu’il faut pour arrêter le mouvement, mais on ne voit rien changer. Jour après jour la gangrène progresse. Maintenant ils remontent et l’avenue Parmentier et le boulevard Voltaire. Putain de confection ! Et le bouquet, c’est que, vous l’avez probablement remarqué, une famille est venue s’installer en face de chez moi. En face de chez moi !

Les voisins de mère, pense Ézéchiel.

Sous mon nez ! Et le maire qui laisse faire ! Mais les gens commencent à réaliser, et ça gronde dans le quartier. Les gens sont à bout. Ça gronde. En silence, mais ça gronde. Aux prochaines municipales, il ne passera pas, le maire. Les gens ne sont pas contents. Il ne passera pas… Votre maman, elle revient quand ?

Aucune idée.

Partout ça râle. La boulangère dit qu’elle ne pourra pas tenir. Les pressions qu’elle subit pour céder le bail ! Le triple, ils lui proposent. Le triple ! Parce qu’ils en ont de l’argent, eux. Et ils sont disposés à payer n’importe quoi, en liquide, et au propriétaire et à la boulangère, pour faire sauter la dernière boulangerie qu’il nous reste. Personne ne sait d’où ils le sortent, tout cet argent, mais ils l’ont à ne plus savoir quoi en faire. Oh ça oui, ils l’ont, leur putain de pognon ! C’est à coup de pognon qu’ils vont nous bouffer ! À coup de pognon ! Et de patience. Parce que c’est rudement patient, un Chinois. C’est pas comme les Arabes. Excités, impatients, toujours prompts à sortir le poignard. Les Arabes c’est encore un autre bazar ; eux, ils sont nés dingues.
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Charybde2   29 avril 2015
Nouvel an chinois de Koffi Kwahulé
Il est revenu un jour de carnaval chinois.

Tout le monde, à Saint-Ambroise, est à chaque fois surpris quand arrive le nouvel an chinois. Entre janvier et février, on le sait plus ou moins. D’une année à l’autre, la date du nouvel an chinois se déplace au gré des humeurs du soleil et de la lune. Ce n’est pas comme le défilé du 14 juillet qui tombera toujours un 14 juillet. Qu’il grêle ou qu’il neige ce juillet-là. Ou l’Armistice, le 11 novembre. Ou la Saint-Valentin, le 14 février.

Contrairement à d’autres endroits de la ville, le nouvel an chinois à Saint-Ambroise avance à tâtons, presque sur la pointe des pieds. En rasant les murs. Comme si les Chinois de Saint-Ambroise ne voulaient pas effaroucher. Même ce jour-là, ne pas déranger. Faire la fête en catimini. Sauf que nouvel an chinois se fête à coups de couleurs criardes, de gongs, de cymbales, de tambours et de pétards. Mais il faut bien se débarrasser des influences mauvaises de l’année qui meurt ! Mais il faut bien repartir d’un pied nouveau ! Mais il faut bien célébrer les promesses nouvelles !

Le défilé se déroule invariablement sur le même tronçon du boulevard Voltaire, entre la place Léon-Blum et le boulevard Richard-Lenoir. Jamais au-delà. La veille, aucune décoration, aucune banderole, aucun cotillon, rien ne vient habiller le boulevard Voltaire pour annoncer la fête. Jusqu’aux premiers crépitements de pétards. Et là, un moment surpris et vaguement inquiet, ne comprenant pas ce qu’il se passe, Saint-Ambroise finalement réalise. Ah oui, c’est le jour de la fête des Chinois. Quelques riverains du boulevard ouvrent alors fenêtres et volets pour assister, à travers l’objectif d’un appareil photo ou d’un caméscope, au défilé des dragons et des tigres chaussés de Nike et de Reebok.

Une toute petite fête, le nouvel an chinois à Saint-Ambroise.

C’est ce jour-là qu’est revenu Guillaume-Alexandre Demontfaucon.
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yv1   01 avril 2015
Nouvel an chinois de Koffi Kwahulé
Aussi ses séances où le plaisir était constamment différé constituaient-elles à ses yeux une prière. Une prière à lui-même adressée. Une profonde méditation. Plus la séance durait, plus la jouissance et surtout le sperme lui paraissaient de meilleure qualité. Au fond de lui-même, depuis la découverte de cette maîtrise de soi, cette recherche d'équilibre, Ézéchiel se considérait comme un moine des temps modernes. Certains jours, Ézéchiel priait plus que de raison. (p.28)
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yv1   01 avril 2015
Nouvel an chinois de Koffi Kwahulé
Vous aimez ?



Je ne comprends pas tout. (...) Ça parle d'identité... (...) C'est marrant, enfin je veux dire joyeux. Un peu compliqué parfois, mais ce n'est pas grave. Parce que le vrai sujet du roman, c'est la langue. Parler comme si on faisait l'amour. Ça doit être compliqué d'écrire aussi simplement. (p.138)
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Gangoueus   15 novembre 2015
Nouvel an chinois de Koffi Kwahulé
Je ne me savais pas capable d’aimer à ce point, d’être heureux que quelqu’un d’autre aime la femme que j’aime […] J’aurais bien sur préféré qu’elle m’aime tout court, mais ça me suffit qu’elle m’aime que bien. Ce qui importe c’est ce que j’éprouve pour elle. Cette émotion-là, je sais qu’elle rassasie mon âme. En revanche, l’amour que l’autre nous porte reste toujours un sentiment flou, un truc hypothétique, un tourment souvent. Voilà pourquoi il est plus important d’aimer que d’être aimé.
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