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Note moyenne 3.69 /5 (sur 13 notes)

Nationalité : États-Unis
Né(e) à : Californie , 1970
Biographie :

Meghan Daum est écrivaine, essayiste et journaliste.

Elle a obtenu son baccalauréat du Vassar College et son MFA de l'Université Columbia.

Elle est l'auteure d'un recueil d'essais, "The Unspeakable" (2014), qui a obtenu le prix du PEN Center USA en 2015.

Ses autres livres incluent le recueil d'essais "My Misspent Youth" (2001), le roman "The Quality of Life Report" (2004).

Elle est également auteure de l'ouvrage collectif, "Ils vécurent heureux et n'eurent pas d'enfants" (Selfish, Shallow, and Self-Absorbed: Sixteen Writers on the Decision Not to Have Kids), publié en 2015.

Elle a écrit pour de nombreux magazines, notamment The New Yorker, le New York Times Magazine, le New York Times Book Review, The Atlantic et Vogue. Elle est chroniqueuse pour le Los Angeles Times depuis 2005.

Meghan Daum est professeur auxiliaire au programme de master en beaux-arts (MFA) en écriture créative de la School of the Arts de l'université Columbia.

son site : https://www.meghandaum.com/
Twitter : https://twitter.com/meghan_daum
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
fertiti65   01 janvier 2020
Ils vécurent heureux et n'eurent pas d'enfants de Meghan Daum
Les enfants apprennent rapidement qu'ils ne peuvent attendre un amour inconditionnel que de leurs parents. Pour s'assurer qu'ils sont en sécurité dans cet amour, ils le testent, le poussent à bout, le mesurent et s'éprouvent eux-mêmes contre lui.
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fertiti65   31 décembre 2019
Ils vécurent heureux et n'eurent pas d'enfants de Meghan Daum
Je voulais montrer qu'il y a autant de façons d'être un non-parent qu'il y a d'être un parent. On peut le faire paresseusement et égoïstement, ou on peut le faire généreusement et avec imagination. On peut être très cool, ou un parfait imbécile.
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fertiti65   31 décembre 2019
Ils vécurent heureux et n'eurent pas d'enfants de Meghan Daum
Bien que tous les auteurs soient plus que satisfaits, et dans certains cas carrément ravis de leur décision de renoncer à la parentalité, il n'y a pas deux qui soient arrivés à cette décision par le même chemin.
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Writer   27 janvier 2019
Ils vécurent heureux et n'eurent pas d'enfants de Meghan Daum
Les femmes n’atteindront pas l’égalité sociale tant qu’une alternative technologique n’aura pas été inventée pour nous libérer du fait d’être le seul des deux sexes auquel on demande de supporter ça [la maternité] - (Laura Kipnis)
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gazellll   21 janvier 2020
Ils vécurent heureux et n'eurent pas d'enfants de Meghan Daum
C'est donc quelques semaines après que je me suis retrouvée assise avec une voyante, paume retournée, à me demander s'il y avait encore un enfant dans mon futur ou si (..) j'avais laissé passer ma seule chance. Je n'étais pas pressée de le savoir. Si la maternité était prévue dans mon futur, celui-ci était encore très, très lointain.

D'abord vient l'amour. Et l'amour était ce que je désirais le plus. Un grand amour, qui transfigure.(..)

Entre 25 et 35 ans environ, j'ai connu une série d'aventures amoureuses chronophages et palpitantes. (..)

Entre-temps, mes amis se mariaient. Ils s'épousaient les uns les autres, ou des amis d'amis, ou encore quelqu'un qu'ils avaient rencontré au travail ou à une fête. Personne ne faisait la grande rencontre amoureuse du siècle. Et personne n'était très pressé d'avoir des enfants. La contraception avait changé la donne dans ce domaine ; nous autres, baby-boomers, pouvions remettre à plus tard la parentalité. Et c'est ce que nous avons tous fait.

Mais ensuite, au cours de la trentaine, un changement de cap s'opéra. A la fin des années 1980, des bébés commencèrent à arriver.

Une amie a dit que le fait d'acheter une maison lui avait donné envie de remplir les pièces.

Une autre était tellement amoureuse de son mari, beaucoup plus âgé, qu'il fallait qu'elle porte ses bébés.

Deux couples d'amis ont eu des difficultés à concevoir. Après des années de frustration et de coeur brisé, les 2 femmes tentèrent une FIV ; un couple conçut un bébé ; l'autre finit par adopter la fille d'une mère de 15 ans originaire de Bakersfield.

Les amis encore célibataires désirant des enfants revirent leurs critères à la baisse en matière de partenaire : l'une prit en charge l'ivrogne de la ville, en le désintoxiquant suffisamment longtemps pour qu'il l'épouse et la féconde ; une autre amie, à 41 ans, séduisit un caissier de 21 ans au supermarché local, et éleva leur magnifique fils en mère célibataire.

J'attendais de ressentir ce que ressentait mes amis. Ou au moins une once de leur émotion.

J'assistai aux baby showers, abhorrai les déjeuners chaotiques, les jeux horripilants (préservatifs à dérouler sur des bananes, pièces de monnaie à attraper sur les genoux), et particulièrement l'ennuyeux et cérémonieux déballage sans fin des cadeaux : les minuscules combinaisons, les doudous tricotés main, les mixeurs de nourriture pour bébé..

Consciencieusement, je faisais acte de présence à l'hôpital pour rencontrer ces nouveaux humains. J'embrassai leurs visages chauds et pleurnicheurs, je les tenais dans mes bras, tout emmaillotés de flanelle et de tissu éponge ; les porter me rendait délicieusement sereine et détendue. Mais cela ne me donnait pas envie d'en avoir un à moi.

"Tu devrais faire un bébé, m'a déclaré une amie, un jour après avoir accouché, ne serait-ce que pour sentir le raz-de-marée d'amour que ça t'envoie."

Je ne voulais pas ressentir un tel amour pour quelqu'un. Je voulais encore être l'objet de ce raz de marée.

Je savais bien qu'il valait mieux ne pas le formuler, bien sûr. (..)

Entre-temps, ces nouveaux petits arrivants transformèrent mes amitiés. Tout ce qu'un bébé faisait - glousser, roter, émettre un cri perçant - passait avant tout ce dont nous parlions, nous les adultes. La conversation, qui avait été un de nos grands plaisirs, consistait désormais en échantillons sonores arrachés entre deux négociations concernant les jouets et les bonbons. Une amie qui vivait à 60 km m'invita à dîner - son mari était en déplacement, et nous pourrions donc parler toute la nuit ! Avant le dessert, elle partit coucher son enfant de 3 ans. Et ne revint jamais. Je l'appelai quelques fois, à intervalles réguliers. Je suis restée assise pendant plus d'une heure, me retenant poliment de dévorer le dessert.

Et puis j'ai pris ma voiture et refait les 60 km jusque chez moi.

Avec la naissance des seconds enfants, les amis disparurent complètement dans leur vie de famille. Ils étaient initiés à de nouveaux modes de socialisation que je n'enviais ni ne désirais rejoindre : des fêtes d'anniversaire pour enfants, des séjours groupés en camping avec d'autres jeunes familles et de rares fragments de conversation entre adultes. Alors même que je regrettais la cessation de ces amitiés longtemps appréciées, jamais je ne fus tentée de rejoindre les rangs de la maternité.

Je n'étais pas interessée par l'idée d'avoir une famille ni d'appartenir à une famille.
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gazellll   22 janvier 2020
Ils vécurent heureux et n'eurent pas d'enfants de Meghan Daum
Pour beaucoup de gens, avoir un enfant et l'élever représente la chose la plus enrichissante de leur vie. Un certain nombre d'amis, qui auraient été indifférents au fait d'avoir des enfants, ont trouvé qu'une fois le pas franchi - souvent accidentellement - leur vie avait un but et un sens qui lui avaient manqué jusque là. Les gens découvrent qu'une vie qui avait semblé appréciable (les voyages, la vie sociale, les histoires d'amour) et enrichissante (le travail) était en fait vide et dénuée de sens. Alors ils vous pressent de rejoindre le groupe des parents : ils veulent que vous en partagiez, les richesses, les plaisirs, les joies. Je les soupçonne de vouloir simplement partager leur supplice. (Savoir que quelqu'un est en liberté ou s'est échappé rend la douleur de l'incarcération doublement difficile à supporter.)

De tous les arguments en faveur de la parentalité, celui son lequel cela donnerait un "sens" à la vie est celui auquel je suis le plus hostile - loin devant tous les autres. Croire que la vie nécessite un sens ou un but ! Je suis très détendu avec l'idée que la vie n'a absolument aucun sens et est dépourvue de tout but. Ce serait beaucoup moins drôle s'il y avait un but - parce qu'alors nous serions tous obligés de - et stupides de ne pas - poursuivre ce but.

D'accord, si vous n'êtes pas capables de gérer la vacuité de la vie, très bien : faites des gosses, remplissez le vide. Mais certains d'entre nous sont assez heureux avec ce vide, merci bien, et n'ont aucun désir de le remplir.
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Writer   23 janvier 2019
Ils vécurent heureux et n'eurent pas d'enfants de Meghan Daum
"Comme de chier une citrouille" : c'est par cette célèbre phrase que la féministe radicale Shulamith Firestone a décrit l'accouchement, bien qu'elle ne l'ait pas vécu elle-même [...].
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gazellll   21 janvier 2020
Ils vécurent heureux et n'eurent pas d'enfants de Meghan Daum
Par la suite, Gabriella s'est résignée à ne pas avoir d'enfants. "Aurais-je pu alors faire face à l'épuisement des premières années sans sommeil? Aurais-je pu accepter, comme mes amies l'avaient fait, de cesser, durant les 5 premières années, toutes conversations intéressantes avec des adultes de mon âge pour me contenter d'échanges puérils, les yeux dans le vide, tels que j'avais pu en observer de l'extérieur?" Non.
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gazellll   21 janvier 2020
Ils vécurent heureux et n'eurent pas d'enfants de Meghan Daum
Enfin, je vous ai dit que Gabrielle était franche, et c'est le genre de propos que beaucoup de femmes sans enfants - ou d'hommes, en l'occurence - de ma génération pourraient honnêtement tenir, mais que vous lirez rarement : "Je suis athée. Je suis solipsiste. En ce qui me concerne, bien que je sache intellectuellement que le monde et ses habitants continueront d'exister après ma mort, cela n'a aucune signification réelle pour moi. Je suis terrifiée et obsédée par ma propre extinction, et ce qui arrive après ne présente que peu d'intérêt pour moi. Je n'ai certainement pas la sensation de devoir quoi que ce soit au futur, et cela inclut mes gènes et ma descendance. Je ne sens absolument aucune responsabilité vis-à-vis de la propagation de la race humaine. Il y a déja beaucoup trop d'êtres humains dans le monde. Je suis heureuse de laisser cette tâche à quelqu'un d'autre."
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gazellll   21 janvier 2020
Ils vécurent heureux et n'eurent pas d'enfants de Meghan Daum
Je me souviens d'avoir été stupéfaite de rencontrer des femmes de mon âge qui avaient décidé d'avoir des enfants en sortant de l'université. Cela me paraissait absolument insensé. Nous étions là, à peine libérées des contraintes fastidieuses d'études qui semblaient sans fin, financièrement indépendantes pour la première fois de notre vie, goûtant enfin à la liberté, et la première chose qu'elles décidaient de faire, c'était de s'enfermer dans la parentalité, avec son lot de routines ennuyeuses et de responsabilités effarantes. Avoir des enfants dans la vingtaine aurait signé pour moi la mort de tout ce pour quoi j'avais passé ma vie à travailler et que je m'apprêtais à apprécier pour de bon : la capacité à dépenser de l'argent comme je le voulais, à voyager où je voulais, à choisir mes partenaires, à vivre comme je le souhaitais.
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