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EAN : 9782366585087
Éditeur : KERO (16/01/2019)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Un témoignage drôle, percutant et pertinent de seize écrivains américains qui n’ont pas voulu avoir d’enfants

Dans ces seize essais, des écrivains des deux sexes et de tout âge expliquent pourquoi ils ont décidé de ne pas avoir d'enfant. Certains d'entre eux n'en ont jamais voulu, d'autres en ont désiré passionnément avant de changer d'avis. L’une est allée jusqu'à acheter le sperme d'un donneur dans l'espoir de devenir mère célibataire ; une autre, q... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
motspourmots
  11 mai 2019
A l'origine de ce projet, Meghan Daum, écrivain et journaliste installée à Los Angeles fait un constat tout bête : on demande systématiquement d'expliquer ses raisons à quelqu'un qui décide de ne pas avoir d'enfant, alors qu'on ne demande jamais à personne pourquoi il veut des enfants. Il y aurait donc un état naturel, vouloir et faire des enfants et un autre, si bizarre qu'il mérite d'être expliqué et même justifié. Elle-même sans enfant, par choix, Meghan Daum s'est mise en quête d'autres écrivains américains dans ce cas et leur a proposé de témoigner à leur tour. Ce recueil présente 16 textes passionnants, écrits par des hommes et des femmes, auteurs, habitués à réfléchir et à coucher leurs pensées sur le papier. Ils ont ainsi accepté de s'interroger et partager leurs ressentis. Cela donne quelque chose d'à la fois sincère, émouvant, très intelligent, parfois drôle et surtout très salvateur.
Ce qui s'exprime à travers ces pages, ce sont autant de parcours, d'hésitations, de tâtonnements et de choix, conscients ou pas. Mais également les difficultés auxquelles cette décision confronte leurs auteurs face aux injonctions de la société. A commencer par l'idée reçue la plus ancrée : ceux qui ne veulent pas d'enfants ne les aimeraient pas. C'est peut-être le point commun à tous ces témoignages, réfuter cette idée. Encore une obligation de se justifier. Ce qui est certain, c'est que chacun des textes ici proposés s'attache à élever sacrément le débat. Qu'il soit question d'instinct maternel (ou paternel), de prédisposition, de traumatisme d'enfance, d'ambition ou de vision du couple, chaque propos est pesé, calibré et réfléchi. Critères socio-économiques, écologiques, philosophiques... puisqu'il faut chercher des raisons, celles-ci ne manquent pas. Tout ceci dans un état d'esprit très apaisé : il ne s'agit pas de faire du prosélytisme, simplement d'exprimer une autre manière de s'épanouir hors de la parentalité érigée en norme.
Si certains témoignages sont assez tranchés, d'autres sont beaucoup plus nuancés. On sent parfois des cheminements compliqués. Tous ne se sont pas réveillés un beau matin en se disant "je ne veux pas d'enfants", c'est beaucoup plus subtil, un cheminement sur plusieurs décennies. C'est cette sincérité et cette diversité de parcours qui font tout l'intérêt de ce recueil. J'avoue avoir un petit faible pour le texte de Geoff Dyer, à l'ironie mordante, un poil provocante, n'hésitant pas à teinter sa réflexion d'une dose de mauvaise foi pour la rendre plus percutante. Notamment lorsqu'il déclare à propos de ceux qui vous pressent de rejoindre le groupe des parents : "Je les soupçonne de vouloir simplement partager et répandre leur supplice (savoir que quelqu'un est en liberté ou s'est échappé rend la douleur de l'incarcération doublement difficile à supporter)". Par cette posture poussée à l'extrême, il illustre parfaitement le souci d'avoir à adopter une position défensive face à un choix individuel fait en toute conscience mais rejeté par une majeure partie de la société.
En bonus, un avant-propos de la traductrice, Julia Kerninon, qui a découvert ces textes alors qu'elle s'interrogeait elle-même sur une future maternité. Elle explique comment ces témoignages l'ont amenée à se poser les bonnes questions avant de décider d'être mère à son tour. Et de s'attacher à leur traduction, le berceau de son bébé posé près de son bureau car dit-elle "c'est peut-être le livre le plus honnête sur les enfants que j'aie jamais lu, parce qu'il affronte la question pleinement, joyeusement, intelligemment". Effectivement, on est loin de la moralisation, de la stigmatisation ou de la culpabilisation. Plus du côté de l'acceptation de chaque individualité dans ses désirs profonds.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Maghily
  16 mars 2019
Mon avis est assez mitigé sur cet essai : peut-être n'était-ce pas le bon moment pour moi de le lire car certains essais ont encore augmenté mon angoisse déjà bien présente.
De manière générale, j'ai trouvé ce recueil assez redondant : l'écrivain.e qui préfère accorder son précieux temps à son oeuvre littéraire ou l'absence d'envie de materner suite à des traumatismes vécus dans l'enfance sont des tropes qui reviennent souvent. Bien sûr, je peux les comprendre et les entendre, simplement c'était trop pour moi, à ce moment-là.
Les deux essais qui m'ont le plus touchée sont ceux de Sigrid Nunez et Jeanne Safer, deux autrices que je ne connaissais pas.
Dans ce livre, certain.es ont choisi de ne pas avoir d'enfant, d'autres non. Leurs raisons sont multiples mais rares sont celleux qui n'aiment pas les enfants, c'est simplement une responsabilité trop lourdes pour elleux. Or, c'est une critique qu'on entend souvent à l'égard des non-parents.
Je ne sais pas si je vais parvenir à retirer quelque chose de cette lecture... Disons qu'au moins, elle permet d'entendre un autre discours sur ce sujet et nous offre des arguments mieux exprimés qu'ils ne le sont dans notre esprit.
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Writer
  30 mai 2019
Ce recueil de témoignages sur celles et ceux qui n'ont pas d'enfants de manière volontaire (ou parfois de manière complexe) est rafraîchissant, parfois triste mais somme tout novateur. En effet, s'il est une des choses que la société et le sens commun tiennent pour acquis : c'est bien d'engendrer. Or, tout le monde ne veut pas d'enfants ! Ce n'est pas une étape obligatoire dans la vie de chacun.e d'entre nous, et ces différents textes tentent de le montrer, de l'expliquer sous différents registres.
C'est pourquoi, j'ai beaucoup apprécié ce livre ; il tente de sentir des sentiers battus de la parentalité. Alors... Je vous conseille de lire cet ouvrage, que vous soyez parents ou non, car dans tous les cas, il faut faire avancer le débat et comprendre le point de vue de chacun concernant une entrée ou non en parentalité. Ne pas avoir d'enfant, n'est pas une tare !
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dacotine
  10 mars 2019
J'ai adoré ! Merci à Babelio et aux Editions Kero .
Ce recueil présente une image différente des femmes, certaines femmes sont féministes à outrance , d'autres revendiquent seulement la liberté de ne pas être obligées de n'être qu'utérus.
C'est un collectif qui a le mérite d'exister et de faire passer une parole, des idées souvent cachées car encore perçues comme honteuses.
Les personnes qui ont choisi de ne pas avoir d'enfants ont tendance à devoir plus réfléchir , à intellectualiser leur motivation , leur non-motivation, leur non-engagement, à devoir en tout cas se justifier.
Ce collectif réunit 16 témoignages d'écrivains qui ont eu l'opportunité d'évoquer leur choix de ne pas avoir d'enfants, de ne pas s'engager dans la parentalité . Ce sont majoritairement des femmes qui reviennent sur ce choix important de leur vie, mais on lit aussi la confession de deux hommes, tous sont américains.
Ces récits de vie sont émouvants, chacun se retourne sur son chemin et sur les tenants et les aboutissants de leur choix.
Une lecture qui invite à écouter l'autre et ses choix, à accepter et à comprendre.

Lien : http://passeuredelivres.over..
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lireetsortir
  20 février 2019
Un livre émouvant qui relate seize témoignages d'écrivains de tout âge et tout sexe confondu et nous dévoile comment et pourquoi ils en sont arrivés au fait qu'ils ont décidé de renoncer à la parentalité.
Souvent jugés d'égoïstes, de personnes n'aimant pas les enfants ou encore de personnes ne sachant pas s'en occuper ...
Tout ça parce qu'ils ont renoncé à ne pas avoir d'enfants.
Tous ces aveux aussi touchants les uns que les autres nous amènent à une belle leçon de vie.
Avant de porter un jugement sur les choix d'une personne, il faut s'intéresser à savoir pourquoi elle en est venue à faire ce choix qui lui est propre.
Chacun vit les événements avec ses propre émotions et ressentis.
Certains nous évoquent leur enfance douloureuse, d'autres le fait d'en avoir fortement désiré, d'avoir essayé pour renoncer par la suite, d'autres évoquent le fait que certains vivent dans la culture où on attend des femmes qu'elles fassent des enfants, hors ce n'est pas une nécessité.
Tant de témoignages aussi touchants les uns que les autres parfois même avec une touche d'humour.
Un livre qui éveille la conscience.

Lien : https://www.lireetsortir.com..
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
gazellllgazellll   21 janvier 2020
C'est donc quelques semaines après que je me suis retrouvée assise avec une voyante, paume retournée, à me demander s'il y avait encore un enfant dans mon futur ou si (..) j'avais laissé passer ma seule chance. Je n'étais pas pressée de le savoir. Si la maternité était prévue dans mon futur, celui-ci était encore très, très lointain.
D'abord vient l'amour. Et l'amour était ce que je désirais le plus. Un grand amour, qui transfigure.(..)
Entre 25 et 35 ans environ, j'ai connu une série d'aventures amoureuses chronophages et palpitantes. (..)
Entre-temps, mes amis se mariaient. Ils s'épousaient les uns les autres, ou des amis d'amis, ou encore quelqu'un qu'ils avaient rencontré au travail ou à une fête. Personne ne faisait la grande rencontre amoureuse du siècle. Et personne n'était très pressé d'avoir des enfants. La contraception avait changé la donne dans ce domaine ; nous autres, baby-boomers, pouvions remettre à plus tard la parentalité. Et c'est ce que nous avons tous fait.
Mais ensuite, au cours de la trentaine, un changement de cap s'opéra. A la fin des années 1980, des bébés commencèrent à arriver.
Une amie a dit que le fait d'acheter une maison lui avait donné envie de remplir les pièces.
Une autre était tellement amoureuse de son mari, beaucoup plus âgé, qu'il fallait qu'elle porte ses bébés.
Deux couples d'amis ont eu des difficultés à concevoir. Après des années de frustration et de coeur brisé, les 2 femmes tentèrent une FIV ; un couple conçut un bébé ; l'autre finit par adopter la fille d'une mère de 15 ans originaire de Bakersfield.
Les amis encore célibataires désirant des enfants revirent leurs critères à la baisse en matière de partenaire : l'une prit en charge l'ivrogne de la ville, en le désintoxiquant suffisamment longtemps pour qu'il l'épouse et la féconde ; une autre amie, à 41 ans, séduisit un caissier de 21 ans au supermarché local, et éleva leur magnifique fils en mère célibataire.
J'attendais de ressentir ce que ressentait mes amis. Ou au moins une once de leur émotion.
J'assistai aux baby showers, abhorrai les déjeuners chaotiques, les jeux horripilants (préservatifs à dérouler sur des bananes, pièces de monnaie à attraper sur les genoux), et particulièrement l'ennuyeux et cérémonieux déballage sans fin des cadeaux : les minuscules combinaisons, les doudous tricotés main, les mixeurs de nourriture pour bébé..
Consciencieusement, je faisais acte de présence à l'hôpital pour rencontrer ces nouveaux humains. J'embrassai leurs visages chauds et pleurnicheurs, je les tenais dans mes bras, tout emmaillotés de flanelle et de tissu éponge ; les porter me rendait délicieusement sereine et détendue. Mais cela ne me donnait pas envie d'en avoir un à moi.
"Tu devrais faire un bébé, m'a déclaré une amie, un jour après avoir accouché, ne serait-ce que pour sentir le raz-de-marée d'amour que ça t'envoie."
Je ne voulais pas ressentir un tel amour pour quelqu'un. Je voulais encore être l'objet de ce raz de marée.
Je savais bien qu'il valait mieux ne pas le formuler, bien sûr. (..)
Entre-temps, ces nouveaux petits arrivants transformèrent mes amitiés. Tout ce qu'un bébé faisait - glousser, roter, émettre un cri perçant - passait avant tout ce dont nous parlions, nous les adultes. La conversation, qui avait été un de nos grands plaisirs, consistait désormais en échantillons sonores arrachés entre deux négociations concernant les jouets et les bonbons. Une amie qui vivait à 60 km m'invita à dîner - son mari était en déplacement, et nous pourrions donc parler toute la nuit ! Avant le dessert, elle partit coucher son enfant de 3 ans. Et ne revint jamais. Je l'appelai quelques fois, à intervalles réguliers. Je suis restée assise pendant plus d'une heure, me retenant poliment de dévorer le dessert.
Et puis j'ai pris ma voiture et refait les 60 km jusque chez moi.
Avec la naissance des seconds enfants, les amis disparurent complètement dans leur vie de famille. Ils étaient initiés à de nouveaux modes de socialisation que je n'enviais ni ne désirais rejoindre : des fêtes d'anniversaire pour enfants, des séjours groupés en camping avec d'autres jeunes familles et de rares fragments de conversation entre adultes. Alors même que je regrettais la cessation de ces amitiés longtemps appréciées, jamais je ne fus tentée de rejoindre les rangs de la maternité.
Je n'étais pas interessée par l'idée d'avoir une famille ni d'appartenir à une famille.
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fertiti65fertiti65   01 janvier 2020
Les enfants apprennent rapidement qu'ils ne peuvent attendre un amour inconditionnel que de leurs parents. Pour s'assurer qu'ils sont en sécurité dans cet amour, ils le testent, le poussent à bout, le mesurent et s'éprouvent eux-mêmes contre lui.
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gazellllgazellll   22 janvier 2020
Pour beaucoup de gens, avoir un enfant et l'élever représente la chose la plus enrichissante de leur vie. Un certain nombre d'amis, qui auraient été indifférents au fait d'avoir des enfants, ont trouvé qu'une fois le pas franchi - souvent accidentellement - leur vie avait un but et un sens qui lui avaient manqué jusque là. Les gens découvrent qu'une vie qui avait semblé appréciable (les voyages, la vie sociale, les histoires d'amour) et enrichissante (le travail) était en fait vide et dénuée de sens. Alors ils vous pressent de rejoindre le groupe des parents : ils veulent que vous en partagiez, les richesses, les plaisirs, les joies. Je les soupçonne de vouloir simplement partager leur supplice. (Savoir que quelqu'un est en liberté ou s'est échappé rend la douleur de l'incarcération doublement difficile à supporter.)
De tous les arguments en faveur de la parentalité, celui son lequel cela donnerait un "sens" à la vie est celui auquel je suis le plus hostile - loin devant tous les autres. Croire que la vie nécessite un sens ou un but ! Je suis très détendu avec l'idée que la vie n'a absolument aucun sens et est dépourvue de tout but. Ce serait beaucoup moins drôle s'il y avait un but - parce qu'alors nous serions tous obligés de - et stupides de ne pas - poursuivre ce but.
D'accord, si vous n'êtes pas capables de gérer la vacuité de la vie, très bien : faites des gosses, remplissez le vide. Mais certains d'entre nous sont assez heureux avec ce vide, merci bien, et n'ont aucun désir de le remplir.
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fertiti65fertiti65   31 décembre 2019
Je voulais montrer qu'il y a autant de façons d'être un non-parent qu'il y a d'être un parent. On peut le faire paresseusement et égoïstement, ou on peut le faire généreusement et avec imagination. On peut être très cool, ou un parfait imbécile.
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gazellllgazellll   21 janvier 2020
Enfin, je vous ai dit que Gabrielle était franche, et c'est le genre de propos que beaucoup de femmes sans enfants - ou d'hommes, en l'occurence - de ma génération pourraient honnêtement tenir, mais que vous lirez rarement : "Je suis athée. Je suis solipsiste. En ce qui me concerne, bien que je sache intellectuellement que le monde et ses habitants continueront d'exister après ma mort, cela n'a aucune signification réelle pour moi. Je suis terrifiée et obsédée par ma propre extinction, et ce qui arrive après ne présente que peu d'intérêt pour moi. Je n'ai certainement pas la sensation de devoir quoi que ce soit au futur, et cela inclut mes gènes et ma descendance. Je ne sens absolument aucune responsabilité vis-à-vis de la propagation de la race humaine. Il y a déja beaucoup trop d'êtres humains dans le monde. Je suis heureuse de laisser cette tâche à quelqu'un d'autre."
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