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Note moyenne 3.65 /5 (sur 580 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Versailles , le 10/03/1973
Biographie :

Chloé Delaume, de son vrai nom Nathalie Dalain, est une écrivaine et éditrice française, née d’une mère française et d’un père libanais.

Elle a passé son enfance à Beyrouth pendant la guerre avant de revenir à Paris où elle vit. En 1983 se déroule le drame familial qui hantera toute son œuvre : alors qu'elle n'a que 10 ans, son père tue sa mère devant ses yeux puis se suicide. Elle va ensuite vivre chez ses grands-parents puis chez son oncle et sa tante.

Voulant devenir professeure comme sa mère, elle s'inscrit à la faculté de Nanterre en Lettres modernes jusqu’à la maîtrise et entame un mémoire inachevé sur La Pataphysique chez Boris Vian. Déçue par le système universitaire, elle quitte la faculté et se met à écrire en travaillant dans des bars à hôtesses.

Entre 1999 et 2002, elle fait partie du noyau dur de la revue revue littéraire "EvidenZ" fondée par le philosophe Mehdi Belhaj Kacem (son mari de 1999 à 2002).

Elle publie 3 textes dans la revue, pour la première fois sous le nom de Chloé Delaume. Le prénom Chloé a été emprunté à l'héroïne du roman "L'Écume des jours" de Boris Vian et le patronyme Delaume provient de l'ouvrage d'Antonin Artaud, "L'Arve et l'Aume".

Elle publie son premier roman, "Les Mouflettes d'Atropos", en 2000, chez Farrago/Léo Scheer. Elle collabore ensuite un temps sous son vrai nom à la revue littéraire "Le matricule des anges".

En 2001, elle obtient le prix Décembre pour son deuxième roman, "Le Cri du sablier". Entre janvier 2005 et juin 2007, elle gère le forum de l'émission "Arrêt sur images", présenté par Daniel Schneidermann sur France 5. D'avril 2011 à avril 2012, elle est pensionnaire à la Villa Médicis.

À partir de mai 2012, elle tient une chronique hebdomadaire intitulée "Bienvenue à Normaland", sur le site Arrêt sur images et en 2013, elle publie avec Daniel Schneidermann, "Où le sang nous appelle" au Seuil, roman consacré à Georges Ibrahim Abdallah qui est à la fois son oncle et le chef présumé des Fractions armées révolutionnaires libanaises.

En 2015, elle expérimente l'écriture numérique et publie, avec l’illustrateur Franck Dion, "Alienare", un livre hybride entre texte, film et musique. En 2019, elle publie "Mes bien chères sœurs", un court texte incisif qui prône la sororité comme outil de puissance virale.

son site : http://www.chloedelaume.net/

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Chloé Delaume Mes bien chères soeurs Dans ce texte incisif, Chloé Delaume aborde la question du renouvellement du féminisme, de l'extinction en cours du patriarcat, de ce qu'il se passe, et peut se passer, depuis le mouvement #metoo. C'est a grands traits une histoire de la femme, du feminisme ; c'est un recit qui rappelle des donnees autobiographiques de l'autrice, en particulier l'assassinat de sa mere par son pere, devant elle alors qu'elle etait enfant. En France, la quatrieme vague feministe a fait son entree : non plus des militantes, mais des femmes ordinaires. Qui remettent en cause les us et les coutumes du pays de la gaudriole, ou une femme sur dix est violee au cours de sa vie. Retour sur un parcours personnel pour une reflexion collective, ce livre est une prise de parole qui prone la sororite comme outil de puissance virale. À lire – Chloé Delaume, Mes bien chères soeurs, coll. « Fiction & Cie », Seuil, 2019. Le Vendredi 8 mars 2019 - 21H00
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Harioutz   13 avril 2019
Mes bien chères soeurs de Chloé Delaume
Le crépuscule des guignols



Le patriarcat bande mou. Quelque chose est pourri au royaume de la flaque, les indices et symptômes croissent et se multiplient.

A se regarder jouir de son impunité, le mâle alpha n'a pas vu surgir l'obsolescence de ses propres attributs et fonctions symboliques.



Vigueur, combativité, courage, maîtrise : les canons occidentaux antiques sont en cours de fossilisation.

Le mâle alpha s’éteint, ses pouvoirs s'amenuisent.

L'époque est historique et les faits indéniables.



Les critères et fictions virilistes se périment à mesure que la technologie se substitue à l'humain.

Force et puissance physiques : les muscles de ces messieurs, l'automation s'en branle, drones et exosquelettes partout se greffent et se déploient.



Les formes et stratégies d'oppressions séculaires s'avèrent déjà inefficaces.

Intimider un algorithme ne relève pas plus de l'envisageable que de culpabiliser une base de données.

Les logiciels sont insensibles au chantage affectif, l'intelligence artificielle hermétique aux effets de la testostérone.



Au contact de la quatrième révolution industrielle, la phallocratie devient soluble : tous égaux devant le chômage et les applications de rencontre.

Des corps usés, nervures dissoutes, de la viande au rabais qui à force de râteaux s'est tellement attendrie, c'est dur de distinguer l'identité sexuelle de la chair à pâtée, quel que soit le marché sur lequel elle évolue.



Le couillidé ne contrôle plus rien mais à part la taille de sa barbe. Les jeunes filles codent et les enfants rient de la fable du chevalier.

Evolution des mœurs et des pratiques de vie.

Sur les écrans, trop de héros; dans la réalité, protéger est un verbe qui ne se conjugue plus qu'à l'échec antérieur.



Le mythe du papatron pilier sécuritaire se consume à même la souche, en sachant le roi nu, personne ne se veut plus prince.

Un sceptre, une dynastie. Faillite pour héritage et anosognosie, des châteaux en hospice avec vue sur le bilan carbone, la corruption transmise de gourdin en gourdin.

Les trésors de papy, la jeunesse le remercie, mais elle n'a pas de placards dans sa colocation.



C'est l'histoire d'une espèce qui se regarde dans le miroir sans admettre que son visage est celui de Donald Trump.

No que le monothéisme li fait une vilaine peau.

C'est l'histoire de la chute du vieux papatronat à l'heure où la puissance ne sait plus dans quel corps elle devrait s'incarner.

C'est l'histoire du pouvoir qui, soudain, change de camp.
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wiggybis   20 juin 2013
La règle du Je de Chloé Delaume
Ce qu’est pour moi l’autofiction, le dire, le raconter. Le compte rendu d’un Je qui s’emploie à s’écrire, ce que ça peut signifier. Vivre son écriture, ne pas vivre pour écrire. Ecrire non pour décrire, mais bien pour modifier, corriger, façonner, transformer le réel dans lequel s’inscrit sa vie. Pour contrer toute passivité. Puisque. On ne naît pas Je, on le devient.

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Molly   03 décembre 2010
Le Cri du sablier de Chloé Delaume
Maman se meurt première personne.

Elle disait malaxer malaxer la farine avec trois œufs dedans et un yaourt nature. Papa l’a tuée deuxième personne.

Infinitif et radical.

Chloé se tait troisième personne.

Elle ne parlera plus qu’au futur antérieur.

Car quand s’exécuta enfin le parricide il fut trop imparfait pour ne pas la marquer.
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MarianneDesroziers   13 juillet 2010
Dans ma maison sous terre de Chloé Delaume
Lettre de Chloé Delaume

Paris, le 27 décembre 2007

Chère Madame La Mort

(…)Vous m'avez forcée à survivre, et cela depuis le début. J'ai tant porté le deuil que mes iris sont noirs et mes paupières de crêpe, vous m'êtes si familière que je pourrais vous dire tu. J'ignore votre dessein concernant les remugles de ma famille maternelle. Il reste la tante et son époux, leur fille et surtout la grand-mère. A chaque Noël, j'espère que me vienne ce cadeau, ils seraient en voiture et ce serait terminé. Car je me languis, voyez-vous. Je n'en peux plus d'attendre qu'une bonne pelletée de terre referme la crevasse, je me suis reconstruite mais sur des courants d'air. Ce n'est pas ma faute, j'ignorais le mensonge, la faute originelle. Je croyais que maman était juste malheureuse et papa très méchant, jusqu'à trente et un an, j'avais foi, j'avais vu, je ne savais que ça et ramassais les pierres ".

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Bibalice   11 janvier 2012
Une femme avec personne dedans de Chloé Delaume
L’envoi de son texte, son histoire familiale déversée

brutalement dans la conversation, ce n’était pas vraiment un appel au secours. Elle voulait que je la reconnaisse, elle qui affirmait sa souffrance. Que je la reconnaisse comme écrivain, parce qu’elle ne pouvait être que cela, son statut de victime légitimait sa démarche autant que le résultat. Elle prenait le trauma comme une preuve implacable : puisque l’horreur est vraie, il y a littérature. Elle n’avait pas saisi qu’une plaie seule ne chante guère, mais je ne pouvais pas lui dire la vérité.
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Efery   25 août 2011
Le Cri du sablier de Chloé Delaume
J'avais trop peu d'amis pour me crever chez eux. Et je suis bien élevée. On ne meurt pas chez les gens ce n'est pas très poli.
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Yuyine   31 mai 2020
Mes bien chères soeurs de Chloé Delaume
La France reste le pays des droits de l’homme, c’est pourquoi une femme sur dix y est victime de violences conjugales.
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brigetoun   24 novembre 2009
Les mouflettes d'Atropos de Chloé Delaume
C'est amusant la haine quand même. ça crée des liens. ça va faire un vide quand on vous aura finie. C'est étonnant aussi la haine, voyez-vous. Moi j'ai tellement de haine. Tellement de haine à l'intérieur. Que je me demande souvent comment un si petit corps peut en contenir autant. C'est vrai. Combien elle peut bien peser toute cette haine. Je me demande souvent. Alors je monte sur ma balance. Et je lis 54 kg. Et je me dis que c'est bien peu 54 kg, pour toute cette haine. Pour toute cette haine si lourde. Tellement plus lourde que ça.
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MarianneDesroziers   13 juillet 2010
Le Cri du sablier de Chloé Delaume
Comme ça s'appellait l'amour ils firent le nécessaire. Ils n'eurent jamais d'enfants pour contrarier tout le monde et vécurent dans une île retranchée dont le nom fut perdu. Car la confiance luisant le reste importait peu.
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Bibalice   11 janvier 2012
Une femme avec personne dedans de Chloé Delaume
Vous êtes Chloé Delaume ? Voix sans âge et femelle légèrement

anguleuse au creux du téléphone. Isabelle Bordelin,

ça vous dit quelque chose ? Un blanc, quelques secondes.

Ça vous dit quelque chose ? J’identifie enfin. Une lectrice,

des échanges le mois précédent. Une histoire déplaisante,

j’aimerais mieux oublier. Elle s’est suicidée avant-hier.
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