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Note moyenne 3.85 /5 (sur 23 notes)

Nationalité : France
Né(e) : 1960
Biographie :

Titulaire d'une maîtrise en lettres moderne de l'Université Denis Diderot - Paris VII (1983), Patrice Kleff est professeur de français au collège.

Il est éditeur scientifique de nombreux ouvrages (anthologies) de la collection "Étonnants classiques", publiés au catalogue des Éditions Flammarion, ainsi que de fiches pédagogiques correspondantes.

Il est également auteur d'un roman, "Un mois de sécheresse" (Souffles, 1989).

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Citations et extraits (6) Ajouter une citation
Ziliz   07 février 2019
C'est à ce prix que vous mangez du sucre de Patrice Kleff
On nous donne un caleçon de toile pour tout vêtement deux fois l'année. Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main ; quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe : je me suis retrouvé dans les deux cas. C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe.

Cependant, lorsque ma mère me vendit dix écus patagons sur la côte de Guinée, elle me disait « Mon cher enfant, bénis nos fétiches*, adore-les toujours, ils te feront vivre heureux, tu as l'honneur d'être esclave de nos seigneurs les Blancs, et tu fais par là la fortune de ton père et de ta mère. »

Hélas ! je ne sais pas si j'ai fait leur fortune, mais ils n'ont pas fait la mienne. Les chiens, les singes et les perroquets sont mille fois moins malheureux que nous. [...]



* statue ou objet considéré comme sacré, auxquels sont attribués des pouvoirs surnaturels

___

extrait de 'Candide', Voltaire, 1759.

(lorsque Candide et son serviteur Cacambo, entrant dans la ville de Surinam, rencontrent un esclave mutilé)
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Ziliz   11 février 2019
C'est à ce prix que vous mangez du sucre de Patrice Kleff
- Pourquoi le [physiquement] fort servirait-il le faible ? rugit-il, tandis que ses bras s'élevaient, comme tirés par une force invisible. Pourquoi la dureté servirait-elle la mollesse ? Pourquoi le nombre servirait-il une poignée ? Nous gardons leur bétail et nous aidons le veau sanglant à sortir des entrailles de sa mère, mais ce n'est pas pour enrichir notre troupeau. Nous leur construisons des piscines, mais nous n'avons pas le droit de nous y baigner. [...]

Nous sommes le nombre et nous les avons servis parce que nous étions aveugles et que nous ne nous sommes jamais demandé pourquoi. Mais dès que nous nous le demandons, c'est la fin de leur pouvoir sur nous. Et je vous le dis, c'en sera fini d'eux, et ils pourriront comme le tronc d'un homme qu'on aurait amputé de ses quatre membres. Nous suivrons notre propre voie et nous rirons d'eux.



• extrait de 'Spartacus', Arthur Koestler (1938)
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Ziliz   10 février 2019
C'est à ce prix que vous mangez du sucre de Patrice Kleff
Fait unique en Europe, la France a connu deux abolitions de l'esclavage. La première date de la Révolution française et émane directement de la philosophie des Lumières qui eut cours au XVIIIe siècle. [...]

Ce sont les esclaves qui prennent les choses en main, se révoltant à Saint Domingue en août 1791 et obtenant, après deux ans et demi de guerre - et grâce au soutien de Robespierre - l'abolition de l'esclavage le 4 février 1794.

Huit ans plus tard, la Révolution achevée et Bonaparte gouvernant la France en tant que Premier consul, l'esclavage est entièrement rétabli dans les colonies françaises, 'Code noir' inclus. [...]

Il faut attendre l'éphémère IIe République pour que le gouvernement provisoire, sous l'impulsion de Victor Schoelcher, revienne aux principes de droit naturel qui font de l'esclavage « un attentat contre la dignité humaine », et l'abolissent.

Problème définitivement résolu ? Retour à la grande devise républicaine, 'Liberté, Egalité, Fraternité' ? Ce serait faire peu de cas de l'idéologie coloniale qui se met en place en ce milieu de XIXe siècle et qui verra suivre les pires clichés racistes, au nom de la mission civilisatrice que la France se doit de mener auprès des « races inférieures »...

(p. 108-109)
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Ziliz   07 février 2019
C'est à ce prix que vous mangez du sucre de Patrice Kleff
• Elodie Barthélemy, née en 1965 de mère haïtienne et de père français, est plasticienne. Dans ce tableau intitulé 'Madame la marquise de Vaudreuil', elle juxtapose deux discours radicalement différents : le portrait en pied d'une aristocrate française, conformément aux règles académiques de peinture en vigueur au XVIIIe siècle, et le texte* d'une petite annonce authentique de la même époque. La place prépondérante du texte, qui barre un portrait presque fondu dans l'arrière-plan, a pour effet de déplacer le centre d'intérêt du tableau : la marquise s'efface au profit de ses chiens et d'un texte qui, avec le recul historique, porte en lui sa propre dénonciation.



* texte :

POUR CAUSE DE DÉPART

EN VENTE EN GROS OU

EN DÉTAIL UN ATELIER

DE 80 NÈGRES TANT

MALES QUE FEMELLES

DANS UN ASSEZ BON ÉTAT - 3 AVRIL 1785



>> http://www.elodie-barthelemy.com/petites-annonces/
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Ziliz   06 février 2019
C'est à ce prix que vous mangez du sucre de Patrice Kleff
• 2005 : Promulgation de la loi du 23 février, qui stipule : « Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l'Histoire et aux sacrifices des combattants de l'armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit. »

Une vive polémique s'ensuit.

• 2006 : Le Président de la République, Jacques Chirac, demande au Conseil constitutionnel de supprimer l'article controversé de la loi de février 2005. La date du 10 mai est retenue pour commémorer l'abolition de l'esclavage en France.



(Quelques repères historiques sur l'esclavage, p. 26)
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raynald66   25 novembre 2013
Ceux de Verdun : Les écrivains et la Grande Guerre de Patrice Kleff
GEORGES BRASSENS : LA GUERRE DE 14-18



Depuis que l'homme écrit l'histoire

Depuis qu'il bataille à coeur joie

Entre mille et une guerres notoires

Si j'étais t'nu de faire un choix

A l'encontre du vieil homère

Je déclarerais tout de suite

Moi mon colon celle que je préfère

C'est la guerre 14-18

...
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