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Note moyenne 3.83 /5 (sur 47 notes)

Nationalité : France
Né(e) : 1962
Biographie :

Pierre Mikaïloff est né loin d'Ann Arbor. Traumatisé à jamais par les dix secondes d'intro de "God Save The Queen", il s'essaiera lui-même à la fuzz box, avec les Désaxés, puis avec Jacno, avant de composer - sans fuzz, cette fois - la B. O. de Shimkent Hôtel (2004).

Il publie, avec un certain retentissement, "Some Clichés", une enquête sur la disparition du Rock'n'roll (2006), est aussi l'auteur d'un polar, Tournée d'adieu (2007), de nouvelles, publiées dans Minimum Rock'n'roll et ailleurs, et pratique à l'occasion le journalisme gonzo (Rock&Folk, Nuke Mag, Fluctuat.net...).

2008 voit la sortie d'un premier roman noir, "Tournée d'adieu", aux éditions La Tengo.

Début 2009 il publie un portrait de Françoise Hardy, suivi trois mois plus tard d'une biographie de Noir Désir.

À la rentrée 2009, il publie une biographie d'Alain Bashung préfacée par Boris Bergman et intitulée "Bashung - Vertige de la vie".

Il publie son premier recueil de poèmes, "Au son des Remington", en octobre 2011.

En 2014, il réalise le documentaire Alain Bashung, la musique du hasard pour la série de France Culture, Une vie, une œuvre.
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Entretien avec Pierre Mikaïloff pour son roman Gasoline Alley


Pierre Mikaïloff, on vous connait pour vos nombreux écrits autour de la musique rock et moins pour vos romans. Avez-vous toujours été intéressé par la fiction ?

Oui, j`ai toujours écrit de la fiction parallèlement à mes écrits autour de la musique. Ma première publication, Some clichés : Une enquête sur la disparition du rock`n`roll, était un recueil de nouvelles, imprégné, il est vrai, de références musicales. Suite au bon accueil critique de celui-ci, des éditeurs m`ont proposé d`écrire des biographies de musiciens et des essais consacrées à des mouvements socioculturels comme le punk. Les nombreux ouvrages liés à la musique que j`ai publiés depuis 2007 ont un peu (beaucoup) éclipsé ma production de fiction, mais le rapport va désormais s`inverser.


Gasoline Alley est un polar qui s`inscrit dans une certaine tradition américaine : on y croise des détectives alcoolisés, des femmes fatales et des gens peu fréquentables. L`intrigue se déroule pourtant en France, à Paris et dans sa proche banlieue. Quelles ont été vos influences pour ce roman ?

Elles sont diverses. Je connais assez bien le polar classique américain, des années 1930-50, que j`adore, les Chandler, Hammett, Thompson… Mais j`aime aussi la relecture qu`en ont fait certains écrivains qui appartiennent à la contreculture des années 1960, comme Richard Brautigan ou, bien sûr, Bukowski, avec son superbe Pulp. Je lis ici et là des polars contemporains, mais je ne m`inscris pas dans cette approche qui privilégie la précision factuelle au détriment de l`imaginaire. Je ne m`intéresse pas aux détails techniques : par exemple, la façon dont les différents services de police fonctionnent. Je ne fais pas du reportage. Ce qui m`importe, c`est l`histoire, les personnages, et les interactions entre ces derniers. En ce qui concerne le format « policier », je suis très influencé par le cinéma, peut-être plus que par la littérature : les frères Coen, les premiers Tarentino, Guy Ritchie, et leurs ainés, Siegel, Aldrich, Fuller…


L`enquête porte sur les écrits d`un certain prêtre jésuite du XVIIIème siècle du nom de Ruđer Josip Bošković qui a réellement existé. Pouvez-vous nous le présenter ?

Je le vois comme une sorte de Leonard de Vinci ou de Nikola Tesla, un scientifique en avance sur son temps, dont les seules limites sont les moyens techniques disponibles à son époque. Je suis loin de posséder un esprit scientifique, j`arrive à peine à effectuer une division, mais d`après ce que j`ai compris, en extrapolant un peu, les travaux de Bošković portaient sur les univers parallèles, la réalité virtuelle… Toutes choses qui intéressent particulièrement les complexes militaro-industriels. D`autre part, Bošković présentait la particularité d`être jésuite. de là à conférer à ses recherches une dimension mystique…


Les deux personnages principaux de votre roman sont deux anti-héros : Andy, le narrateur est receleur de sa profession et Schmack un détective privé. Qu`est-ce qui rapproche ces deux personnages ?

L`argent ! Non, ça, c`est ce qu`ils croient, mais au fond, malgré les deux décennies qui les séparent, ils se ressemblent. Ils sont seuls et inadaptés. Schmack a raté tout ce qu`il a entrepris, il a été viré des services spéciaux pour alcoolisme. Et Andy est un receleur sans ambition, pas spécialement malhonnête, simplement, il n`a pas envie de se lever chaque matin pour se rendre au bureau. Ce qui fait de lui un être censé. Tous deux sont des individualistes forcenés. Ils ne sont pas spécialement brillants, mais suffisamment lucides pour n`adhérer à aucune des philosophies en « isme » que l`humanité a produites au cours des deux derniers siècles.


Votre roman est traversé d`allusions et de références à la musique rock : on y croise les noms de Rod Stewart, Van Morrison ou des frères Asheton, le château d`Hérouville... Ce roman était-il une façon pour vous de jouer autour de quelques icônes du rock de façon plus informelle que pour une biographie ?

Le roman est effet tapissé de références rock. Lorsque l`on aménage un nouvel appartement, on y introduit des objets familiers pour s`y sentir chez soi. C`est peut-être ce que j`ai voulu faire. On trouve notamment une courte digression sur Rod Stewart et le rock prolo anglais, entre deux actions qui font progresser l`enquête. Lorsque j`ai cherché un nom pour les deux frères, anciens du Vietnam, lancés à la poursuite d`Andy, il était tentant de faire un clin d`œil aux frères Asheton (membres fondateurs des Stooges, pour ceux qui auraient besoin d`une piqure de rappel). Les vrais Asheton étaient déjà tellement caricaturaux qu`il n`y avait pas à forcer le trait. Ron Asheton, par exemple, montait sur scène en treillis, avec une Croix de Fer en guise de sautoir, et avait appelé l`un de ses groupes New Order, en référence au projet géopolitique d`Adolf Hitler. Charmant personnage, n`est-ce pas ?


Les chapitres du roman sont très courts. Certains ne dépassent pas deux pages. de fait, les actions s`enchaînent à un rythme assez effréné ! Certains lecteurs y ont vu une influence du cinéma de Guy Ritchie ou de Tony Scott. Comprenez-vous ces références ?

Je ne m`en étais pas rendu compte, mais peut-être que cela transparaît : je dévore au moins un film par jour et lis également des scénarios. Je suis sensible à l`impact d`un dialogue, au rythme d`une scène… J`essaie d`appliquer dans mes écrits deux règles scénaristiques essentielles : get in late, get out early et show, don`t tell.


Que retenez-vous de cette nouvelle expérience dans l`écriture d`un roman ? Y avez-vous pris autant de plaisir que pour l`écriture d`une biographie ou d`un essai sur le rock ? Comptez-vous continuer sur cette lancée ?

C`est un bonheur sans partage de revenir à la fiction à travers ce roman, d`autant qu`il est bien accueilli, les lecteurs comprennent où je veux aller et ont envie de faire le voyage avec moi, enfin, avec Schmack et Andy. L`investissement est très différent de celui que nécessite une biographie. Dans le cas d`une bio, l`histoire a déjà été écrite par un autre. Tu la racontes avec ton regard et ta sensibilité, certes, mais aussi fidèlement que possible. Dans le cas d`un roman, tu poses ta petite barque sur l`immense océan et, à partir de là, tu es seul face à tes personnages. Tu as la responsabilité de les amener à destination, quel que soit la nature de celle-ci.



Pierre Mikaïloff et ses lectures


Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?

Je ne suis pas sûr qu`il y en ait un en particulier. le besoin de raconter une histoire préexiste à l`écriture. C`est aux histoires que j`ai d`abord été sensible, avant de songer à qui en était l`auteur. Quand j`y réfléchis, il y a sûrement un épisode fondateur : je me souviens de longues promenades en été, lorsque j`étais enfant, durant lesquelles ma tante me racontait les films qu`elle venait de voir en salle. Les promenades duraient à peu près le temps d`un long-métrage et, pendant qu`elle me racontait Soleil vert, de Richard Fleischer, mon imaginaire fonctionnait à plein régime, pour produire les images qui allaient avec. Écrire, c`est poursuivre une longue tradition qui a dû commencer au coin d`un feu, dans une grotte, pour se consoler d`une chasse à l`auroch dont on serait rentré bredouille.


Quel est l`auteur qui vous a donné envie d`arrêter d`écrire (par ses qualités exceptionnelles...) ?

Aucun, parce que nous boxons tous dans des catégories différentes. Mais quand, dans ma catégorie, je ne suis pas au niveau, je me dis : « Là, mon petit gars, il faut bosser ! » Il y a cependant des phrases que j`aurais aimé écrire, comme : « Il y avait pire que d`être dans la dèche, mais là tout de suite, Jack Levitt ne voyait pas quoi. » (Don Carpenter)


Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

La science-fiction. C`est passé par des romans populaires, comme la série des Fantômas, de Souvestre, puis très vite, j`ai découvert la SF américaine, et enfin, française, avec des gens comme Jean-Pierre Andrevon. Pendant mon adolescence, j`ai passionnément lu Asimov, Ray Bradbury, James Graham Ballard, A.E. Van Vogt… grâce aux collections « Présence du futur », chez Denoël, « Science-fiction », dirigée par Jacques Sadoul, chez J`ai Lu, ou encore « La Grande anthologie de la Science-fiction » du Livre de poche, avec ces titres inoubliables : Histoires de robots, Histoires de fin du monde…


Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Probablement Women , de Bukowski, ex-aequo avec Paris est une fête, d`Hemingway, et Jours tranquilles à Clichy, de Henry Miller.


Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

La Guerre et la paix, de qui vous savez.


Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Armageddon Rag, de George R. R. Martin. Une claque !


Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?

Rien de ce qui est considéré comme « classique » ne présente d`intérêt. La vie, la création, sont dans les marges. La plupart des auteurs qui étaient au programme quand j`étais au collège, puis au lycée, étaient illisibles. J`y ajouterais ces "must read" de la littérature du XXème siècle, comme Le Livre de ma mère, d`Albert Cohen, ou les ouvrages de Le Clézio, qui, vus de (très) loin, me paraissent être des sommets d`ennui.


Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Issues de la littérature, je ne sais pas, mais j`aime bien cette phrase de Lou Reed, « I don`t answer questions like that », et celle-ci, de Waron Zevon, « Enjoy every sandwich. »


Et en ce moment, que lisez-vous ?

Je viens de terminer Armageddon Rag et ai repris la lecture de Train de nuit pour Babylone, de Ray Bradbury. En outre, je recommande celle d`Appareil volant à basse altitude, de James Graham Ballard, que je survole en parallèle.



Découvrez "Gasoline Alley" de Pierre Mikaïloffaux éditions Romart :



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V2 sur mes souvenirs, à la recherche de Daniel Darc
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
RAMBAUD   16 octobre 2014
Bashung, vertige de la vie de Pierre Mikaïloff
Il a marché sur mes plate-bandes et y a fait pousser des fleurs.

Un hommage de Christophe à Alain Bashung pour sa reprise des mots bleus.
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Bazart   16 février 2014
V2 sur mes souvenirs : A la recherche de Daniel Darc de Pierre Mikaïloff
La mort est romantique pour ceux qui survivent.
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Bibalice   03 octobre 2013
Téléphone ça (c'est vraiment eux) de Pierre Mikaïloff
Si Ezrin ne renverse pas des canettes de bière sur les pianos à queue pour obtenir le son ultime, comme tous les top producers, il cultive sa touche de bizarrerie : les premiers temps, il est tout simplement absent. Corinne : "ça faisait quinze jours qu'on répétait l'album tout seuls dans un studio. Bob tournait dehors dans le couloir. Et puis, un jour, après une chanson, il est entré comme un fou et à dit : "ça y est, j'ai trouvé. J'ai trouvé ce qu"il faut faire de vous sur le disque".

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Bibalice   07 avril 2014
Gasoline Alley de Pierre Mikaïloff
Tandis que je versais une goutte de quelque chose dans sa tasse, il a sorti son arme et l'a posée devant lui. Je ne savais pas s'il fallait interpréter ce geste comme un signe de paix ou une menace.
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Bibalice   16 mai 2014
Gasoline Alley de Pierre Mikaïloff
Schmack était à la peine. Le sac de sport dans lequel il avait entassé un échantillon de son armurerie, en cas de mauvaise rencontre , le ralentissait. Il avait vainement tenté de m'expliquer le maniement d'un automatique, avant de conclure, fataliste :

-Au pire, tire dans le tas. On a souvent de bonnes surprises.
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Bazart   12 février 2014
V2 sur mes souvenirs : A la recherche de Daniel Darc de Pierre Mikaïloff
"Ce que je fais maintenant, c'est plus forcément du rock 'n' roll. Le rock'n'roll je l'ai avec moi."
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Bibalice   23 juillet 2016
Terminus Las Vegas de Pierre Mikaïloff
Ces gars de Nashville sont tout de même un peu tordus. Trouvez pas ?
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Bibalice   03 octobre 2013
Téléphone ça (c'est vraiment eux) de Pierre Mikaïloff
Cette agitation n'est pas vaine. Ces nuits sans sommeil, ces rappels arrachés avec les dents, ces litres de sueur déversés fidélisent peu à peu un premier noyau de fans. Les journalistes les plus perspicaces remarqueront bientôt que cette fille et ces trois freluquets ont quelque chose de plus.
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Bibalice   07 avril 2014
Gasoline Alley de Pierre Mikaïloff
Il m'a alors tendu son calibre en me demandant de viser les pneus. Ma nature veule m'aurait plutôt poussé à négocier , mais autant essayer de dissuader Hitler d'envahir la Pologne. Le chaos était une seconde nature chez Schmack.
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Lolitalaura   24 février 2018
Génération(s) Téléphone de Pierre Mikaïloff
"C'est comme une pyramide, illustre Corine. T'enlèves une pierre, tout se casse la gueule."
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