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3.83/5 (sur 15 notes)

Nationalité : France
Né(e) le : 28/07/1983
Biographie :

Youssef Abbas travaille dans le secteur financier.

Il a grandi en région Centre et vit désormais à Paris.

"Bleu Blanc Brahms" (2019) est son premier roman.

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Bibliographie de Youssef Abbas   (1)Voir plus

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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
Sur le chemin du retour, il se questionnait: à sa connaissance tous les livres ne traitaient que de trois thèmes en pointillé: le temps, l'amour, la mort. Aucun n'y échappait. Comment le football, l'art le plus populaire au monde, s'insérait-il dans ce trinôme? Sans doute embrassait-il les trois à la fois, et c'était trop pour un roman.
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Guy Lermot occupait le premier appartement de son étage. Ses cheveux châtains tirés en arrière découvraient une calvitie naissante. Sa fossette sur le menton lui donnait du caractère. Des rides naissantes sous ses yeux aqueux racontaient une vie différente. Il dégageait ce charisme des gens sans sourire. On ne savait d’où il venait. Il suscitait un tas de rumeurs. Il avait été banquier, il était lettré, il avait tout perdu au jeu, il avait voyagé, c’était un repenti. On lui prêtait la vie du comte de Monte-Cristo. Seule certitude : il aimait Brahms.
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Hakim et Yannick avaient été abandonnés par les autres après le repas. Au quartier, on fréquentait de plus en plus la mosquée. Hakim y allait bien un peu, lui aussi. À la vérité, c’était un prétexte habile pour retrouver tous les copains dans un même mouvement, sans sentir le chacal en sortant et sans rien avoir à payer. Cela réjouissait son père, croyait-il. Yannick y passait aussi parfois, pour tuer le temps. Les grands disaient s’y rendre afin de cumuler des sortes de miles et ainsi filer au paradis en première classe.
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Selon eux, tout y était gratuit, le vin, le miel et les filles. Ils disaient que les murs sales seraient remplacés par une végétation luxuriante. Pourtant, Hakim aurait aimé les garder ces murs, au paradis. C’était une preuve irréfutable du progrès social. Sa génération à lui savait lire. Maltraitait les mots, les torsadait dans une bouillie d’insultes et de slogans. Mettait la langue en pièces et la répandait sur la façade des bâtiments pour la partager avec le plus grand nombre. Ça valait bien l’émigration des parents.
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C'était un sacré numéro 10 et un grand espoir du club de la ville. On l'appelait "Le sénateur", car il jouait toujours la tête levée. Il pensait plus vite que les autres, décelait les espaces et les agrandissait. Avant de recevoir le ballon, il en anticipait l'usage à la manière d'un joueur d'échecs, déviait la balle là où un autre s'empalait sur les adversaires à force de dribbles superflus. Tout paraissait simple. Contrôle-passe-contrôle-passe-contrôle-passe. Il jouait comme Modiano écrit.
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On ne bossait pas comme une dératée avec un gamin sur les bras, sans jamais se plaindre ni faillir, sans manquer d’énergie, simplement pour des « je t’aime » et des « tu es tout pour moi ». On ne passait pas un coup de sabre sur sa vie, femme avant, mère après, et puis c’est tout, sans être une Sapiens avec un truc en plus. Quand il entendit prononcer le mot « enceinte », il se demanda comment lui pourrait y arriver, lui, surtout lui. Il découvrit alors que s’il ne devait se choisir qu’une seule identité, il n’opterait pas pour « Français », ni même pour « pauvre » : il serait d’abord « fils de mère seule ». Et Yannick a pensé très fort à tous ces « ta mère la pute ».
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Autour d’eux, certains garçons tenaient fermement les mégots, d’autres tiraient sur leur joint du pouce et de l’index, le reste de la main en éventail, un œil mi-clos à chaque inspiration. D’autres encore toussaient un peu en s’esclaffant. C’était un frisson les premières bouffées, le risque des plaisirs nouveaux avec les copains. On ne s’excusait de rien. Le soleil s’abaissait lentement, douchait la ville de D. de lumière. Avec les balcons ouverts, le quartier résonnait comme une salle de concert en été. Des lambeaux de musique parvenaient en stéréo du bas de leurs blocs. Le soir venu, ils partageaient l’agenda de leurs voisins à l’oreille.
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Vivre était à nouveau une occupation tout entière. Il remonterait le temps une dernière fois, exhumerait son passé pour lui donner un visage, celui de cette page, cette balance, tribunal en papier. Un ange à gauche, un ange à droite, pour juger. Sa conscience intensifiée, pour embrasser cette responsabilité. Il rédigerait des mots, sans les peser, en les séparant d’un trait vertical, bien vertical. Une écriture serrée, ses pattes de mouche. Les bonnes raisons de rester. Les bonnes raisons de partir.
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Cassez-vous. Dégagez. Je vous connais, sale race. L’Arabe n’avait pas froid aux yeux, reste tranquille Brahms, il avait fait, regarde, la France a gagné. Le blond avec ses airs de Benjamin, ses yeux verts et intelligents, voulait l’amadouer. Guy lui a dit, je veux en finir avec la chose. Éteins cette radio. Couche-toi. C’est ça, par terre. Je veux entendre le silence. Je veux voir la chose mourir en silence. Plus besoin de Brahms, plus besoin de personne.
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La vie saque toujours plus en novembre. Le changement d'heure,le bleu plus profond de la nuit, la sensation d'entamer la montée d'un Everest gris de six mois.
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