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Omnibus

Les éditions Omnibus est une maison d`édition parisienne fondée en 1988 et spécialisée dans la réédition des livres classiques de la littérature française et étrangère sous forme de sommes et d`intégrales. Omnibus fait partie du groupe des éditions Belfond. Ces éditions ont en particulier réédité l`œuvre complète de Georges Simenon. mnibus propose un catalogue de 370 titres : trouvailles ou redécouvertes, littérature classique, populaire ou de genre, anthologies d`auteur ou thématiques, dictionnaires ou ouvrages de référence.

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AMR_La_Pirate
  28 novembre 2022
Le Lys dans la vallée de Honoré de Balzac
Pourquoi les livres les plus connus de Balzac sont-ils aussi les plus difficiles à lire, les plus ennuyeux… ? J’ai entamé la relecture du Lys dans la vallée en juillet dernier, traînant ce roman épistolaire jusqu’en novembre… Celles et ceux qui me suivent assidument savent mon grand intérêt pour La Comédie humaine ! Eh oui, c’est la première fois que je perds mon enthousiasme et que les longueurs balzaciennes, au lieu de me détendre, m’ont endormie.



Faut-il rappeler l’histoire ?

Le jeune Félix de Vandenesse écrit une très très très longue lettre à la femme qu’il aime, Natalie de Manerville, dans laquelle il lui narre par le menu ses premiers émois amoureux pour la Comtesse Blanche-Henriette de Mortsauf, une femme mûre, mariée, pure et vertueuse, qui, quoiqu’il lui en ait coûté, est toujours restée stoïquement fidèle à son mari au point d’en mourir de chagrin. Il ajoute à sa lettre les détails de son autre idylle amoureuse avec Lady Dudley qui a parachevé son éducation sentimentale de manière plus sensuelle…



Déjà, je dois préciser que je n’éprouve aucune sympathie ni même empathie pour les tourments de Félix… Personnage récurrent, chez Balzac, je l’avais pourtant trouvé plein de délicatesse en mari attentionné dans Une Fille d’Eve… Les hasards de l’ordre de publication de l’intégrale de La Comédie humaine en ma possession font que je découvre son enfance malheureuse et ses premières années de jeunesse, directement inspirées de celles de l’auteur, après sa prise de position dans le monde. Il est plutôt niais au début ; perdu dans ses amours, il mène cependant mieux sa carrière, trouvant sa voix et obtenant une place de choix auprès de Louis XVIII.

Je me suis davantage intéressée aux portraits en miroir d’Henriette de Mortsauf et de Lady Dudley, antagonistes, savoureux contraires, dont l’alternance des postures et points de vue rythment un peu la narration. Henriette a tantôt des côtés Princesse de Clèves, se fustigeant d’être tentée sans avoir succombé, tantôt des égoïsmes et des caprices de diva, exigeant un amour platonique voire mystique, tout en regrettant de ne pas aller plus loin. Lady Dudley agit en amazone, au sens propre car elle est excellente cavalière, et figuré car, d’un naturel hardi, elle assume ses désirs et ses choix. Henriette est parfois maternelle avec Félix, le conseille avec bon sens et bienveillance pour mener sa carrière débutante tandis que l’anglaise est pragmatique, entreprenante et libertine. Balzac, sous la plume de Félix, s’amuse d’ailleurs à comparer, de manière générale, la manière d’aimer des femmes anglaises et des femmes françaises…

Encore une fois, la plume de Balzac se met au service de la psychologie féminine et explore même les violences conjugales décrivant le Comte de Morsauf comme un pervers narcissique et un tyran domestique.



Si je devais choisir un personnage, ma préférence irait à la destinataire des lettres de Félix ; en effet, je m’identifie complètement à Natalie de Manerville, à son ressenti plein de bon sens. Elle juge Félix « ennuyeux et ennuyé », l’accuse d’avoir puni Madame de Mortsauf de ne pas être comme Lady Dudley, ne se sent pas de taille à lutter avec le souvenir tenaces des premieres amours de son soupirant et le quitte « sans rancune », donnant au roman une chute exemplaire et brutale.



Même si ma relecture a été laborieuse, je reconnais avoir retrouvé avec bonheur des passages connus et étudiés par le passé comme la mort de Madame de Mortsauf, scène pathétique et controversée par les critiques de l’époque qui lui trouvaient des accents trop humains, des appels trop charnels, même si, au moment suprême, l’héroïne, confessée, retrouve sa vertu et sa piété. Il y a aussi les belles descriptions de la Touraine, les pages consacrées à l’économie rurale et, en filigrane, la transposition romancée de l’amour de Balzac pour Mme de Berny.



Un roman un peu trop long, à connaître, mais je conseille de ne pas commencer par lui pour découvrir Balzac.


Lien : https://www.facebook.com/pir..
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noid
  28 novembre 2022
Maigret et l'homme tout seul de G. Simenon
Quand on prend les Maigret sous l’angle de l’alcool, ils en deviennent très amusants. Et là, ma foi, j’étais surpris ! Pas de chopines, de fines ou de demis. Rien !

Rien jusqu’à la page 48 et cette petite phrase « On ne pouvait pas lui supprimer tous les plaisirs sous prétexte qu’il approchait de ses cinquante-cinq ans. »



Avec, quelques pages plus tard la confirmation : "Mon médecin me recommande la sobriété..." [sic]



Heureusement, comme pour les banquets de la mythique dernière page d’Asterix… tout est bien qui fini bien.



Une enquête autour du meurtre d’un clochard bien solitaire
Lien : https://www.noid.ch/maigret-..
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JBLM
  27 novembre 2022
Le Lys dans la vallée de Honoré de Balzac
Alors j'étais plutôt sur une bonne dynamique avec Balzac, mais là je n'ai pas réussi à adhérer. C'est de loin le livre le plus difficile que j'ai lu de lui.



Qu'on ne s'y trompe pas, ce n'est pas "mal écrit", c'est même un tour de force esthétique au sens où l'écriture comme agencement de sonorités et de rythmes prend tout son sens. On s'abandonne à la musicalité extrêmement travaillée des phrases au point d'en négliger le sens, de sorte que l'on est amené à revenir en arrière assez régulièrement pour se concentrer cette fois sur le fond. D'habitude, je regrette que des idées très intéressantes soient présentées maladroitement ; ici, c'est rigoureusement l'inverse : la forme est tellement méticuleuse, tellement sophistiquée qu'on perd le fil de la pensée de l'auteur, non pas par désintérêt mais par fascination pour la qualité de la langue. Lorsque je vois la complexité des phrases et la longueur superlative des paragraphes, je n'arrive pas à concevoir que cette œuvre a été conçue dans l'urgence. Des passages entiers sont des fioritures qui relèvent plus du prétexte à assouvir la soif d'écrire de l'auteur que de l'approfondissement du récit. Il en résulte que chaque acte ou conversation entre Félix et Mme de Mortsauf donne lieu à des épanchements et des digressions à n'en plus finir, lesquels ne sont pas forcément inintéressants quoique souvent pleurnichards, mais m'amènent à déconseiller vigoureusement cette lecture en première approche de la création balzacienne. On a une étrange sensation de chercher son chemin, de tergiverser dans un embrouillamini de répétitions, de paradoxes et de contradictions entre la parole et l'acte, qui prend son sens dans la nature de cette relation amoureuse particulière, mais qui peut vite épuiser l'endurance du lecteur.



L'histoire en elle-même est d'autant plus intéressante qu'elle est rare au milieu des dialogues, des descriptions et des cogitations du narrateur. Les aspects qui se rapportent au contexte des Cent-Jours et de la Restauration sont passionnants. On note aussi favorablement une lettre de Mme de Mortsauf où elle résume sa conception (celle de l'auteur ?) de ce à quoi il faut se plier pour réussir dans le monde, dont beaucoup de préceptes sont applicables au temps présent. Le personnage du comte de Mortsauf, tyran domestique faible mais pas caricatural, est particulièrement réussi, jurant en cela avec un narrateur plutôt insipide.



J'ai mauvaise conscience à juger défavorablement un livre, que, si l'on résume grossièrement, j'ai trouvé "trop" bien écrit. Le sentiment récurrent durant la lecture de n'être pas en réalité à la hauteur de l'ouvrage m'amène à prendre la résolution d'y revenir ultérieurement, lorsque j'aurai acquis un peu plus d'expérience du monde et des êtres.
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