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Feneyrolles
  25 juin 2019
Les Esclaves du sablier: Hystérie et technocratie de Jan Marejko
Puissant penseur. Black out inexcusable. A découvrir.
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Cricri124
  24 juin 2019
Le voyage du pèlerin de John Bunyan
Pfiou que ces 150 pages m’ont paru longues, mais looooongues ! J’ai mis presque deux mois pour en venir à bout, c’est dire. Pas que ce soit ardu à comprendre, bien au contraire, mais ce n’est clairement pas mon truc.



A l’origine, c’est la curiosité, et en particulier ma récente lecture de « la Foire aux vanités » de William Thackeray, qui m’ont amenée au Voyage du pèlerin. Quand j’ai découvert que le titre du livre de Thackeray s’inspirait du livre de Bunyan, j’ai évidemment voulu savoir en quoi, comment, et peut être jusqu’où, il s’en était inspiré. C’est que les deux livres n’ont a priori aucun rapport entre eux.



Publié en 1678, traduit dans plus de 100 langues, le voyage du pèlerin (titre original : The Pilgrim's Progress from This World to That Which Is to Come) aura été pendant plus de deux siècles (peut être encore maintenant ?) l’un des livres les plus lus et les plus influents dans le monde anglophone après la bible. Vrai ou faux, je n’en sais rien, personnellement, je n’en avais jamais entendu parlé, mais que Thackeray y fasse référence avec la publication de son livre en 1846 semble le conforter. Bunyan en aurait commencé la rédaction en prison. Il aura été incarcéré plus de 12 ans pour avoir prêché en public et tenu des réunions illégales hors de l’église anglicane.



Bon, et le livre dans tout ça ?



C’est un récit allégorique sur la foi chrétienne. Un homme, nommé le Chrétien, essaye d’atteindre la cité céleste de Sion. Il devra surmonter des obstacles, éprouver sa foi, vaincre ses doutes, se remettre en question, éviter les tentations, fera des rencontres qui essaieront tantôt de le détourner de son chemin, tantôt de le guider. Mon édition numérique était de plus agrémentée d’extraits de la bible auxquels certains passages faisaient référence.



C’est certainement une approche de la foi et de la religion intéressante, plus facile, voire même ludique car elle met en scène sous forme de métaphores faciles à comprendre le parcours d’un homme ordinaire, un monsieur tout le monde du 17ème siècle en quelque sorte, dans des situations concrètes. Mais pour la mécréante que je suis, cela reste tout autant indigeste. Certains passages m’ont même fait bondir. Ceux qui ont la foi, se posent des questions, ou la recherche, s’y retrouveront surement. Moi, je ne l’ai pas, et c’est un chemin de résilience qui ne me convient pas, bien trop exclusif et excessif. J’y ai cependant trouvé certaines des réponses que j’étais venues chercher concernant la Foire aux vanités. C’est déjà pas si mal.

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Warrenbismuth
  22 juin 2019
Pour une juste cause de Vassili Grossman
Puisqu’il est de bon ton de raisonner en « actes », ce « Pour une juste cause » est l’acte 1 du roman fleuve « Vie et destin » de Vassili GROSSMAN. Il représente une immense fresque de plus de 1000 pages sur la bataille de Stalingrad qui s’étalera entre juillet 1942 et février 1943, mais aussi et surtout à son déclenchement, soit l’invasion de l’U.R.S.S. par les troupes nazies malgré le pacte de non agression germano-soviétique de 1939.



Au cœur de cette épopée, la famille Chapochnikov, dont presque tous les personnages principaux du romans sont intimement ou plus indirectement liés. Auprès des nombreux personnages fictifs y évoluent d’historiques, retraçant ainsi avec une rare précision cette guerre au cœur de la deuxième guerre mondiale.



Le roman fait la part belle au quotidien, au mode de vie des soviétiques durant cette période : généralisation des kolkhozes, outils de travail dépassés, bavardages informels en famille sur les mesures à prendre sur l’invasion allemande, l’amour entre protagonistes, défense du stalinisme malgré les difficultés à se nourrir, à survivre devant l’agression. Étalage sans concession de la fierté russe, mais nombreux éléments sur l’esprit de compétition, entre soldats notamment.



Pour l’aspect purement guerrier, nombreuses mises en abyme sur les stratégies militaires de part et d’autre, des attaques repoussées aux encerclements en passant par les attentes, longues. L’essence est un élément primordial du récit : il faut sans cesse ravitailler les engins de guerre et l’Allemagne a en partie la mainmise sur les carburants. Les usines sont le centre d’affrontements violents puisqu’elles renferment nombre de matières premières utiles à la guerre et qu’elles deviennent de fait un enjeu majeur. GROSSMAN n’oublie pas l’exode massif de familles entières vers l’est pour fuir l’armée nazie et les combats, tout comme il tient à préciser certaines alliances internationales signées et non respectées. La violence est omniprésente, quoique pas exagérée par des superlatifs de mauvais alois : « Les immeubles mouraient comme meurent les hommes. Les uns hauts et maigres, s’affaissèrent sur le côté, les autres, trapus, restèrent debout, tremblants et chancelants, éventrés, laissant voir tout ce qui jadis était caché : les portraits au mur, les lits à deux places, les bocaux de céréales, une pomme de terre à moitié épluchée sur une table recouverte d’une toile cirée maculée d’encre ». Épluchée aussi avec force détails la situation à Stalingrad durant cette période troublée et prise de folie.



Dans ce récit vertigineux, le temps semble figé : alors que de nombreux événements se déroulent sur le terrain, les dates n’avancent pas, ou peu, c’est à mon sens l’un des aspects majeurs du livre. La nature est beaucoup dépeinte, sans doute parce qu’elle aussi possède une place de choix, notamment la Volga et ses eaux majestueuses qui jouera un rôle prépondérant dans la victoire soviétique. GROSSMAN n’oublie pas non plus que les animaux souffrent au quotidien de cette guerre, dépérissent ou tentent de trouver une porte de sortie, se recroquevillent sur eux-mêmes ou amorcent un baroud d’honneur.



La guerre par le prisme de personnages fictifs en croisant des réels, ça nous rappelle forcément quelque chose. En effet, on peut voir « Pour une juste cause » puis « Vie et destin » comme les « Guerre et paix » du XXe siècle, d’autant que les accents sont bougrement tolstoïens dans l’écriture. Et puis il y a les chiffres, eux aussi dans la démesure : pour ce premier volet, 176 chapitres en plus de 1000 pages présentant des centaines de personnages dont la plupart ne feront qu’un tour rapide, mais tout de même 33 personnages principaux énoncés comme une sorte de généalogie au début du récit. Ils n’auront bien sûr pas tous le même destin (la version proposée est ponctuée de 131 notes très instructives).



GROSSMAN trempe aussi sa plume du côté de l’Allemagne nazie, il brosse notamment au cœur du récit un portrait au vitriol d’HITLER, comme pour tenter de comprendre son parcours depuis la première guerre mondiale : « L’Allemagne vaincue eut besoin des idées d’un Hitler faisant son microscopique homme de chemin. Aujourd’hui, il est devenu évident que le surhomme fut engendré par le désespoir des faibles et non par le triomphe des forts. Les idées de liberté individuelle, d’internationalisme, d’égalité sociale de tous les travailleurs sont celles d’un homme sûr de la puissance de son esprit, de la force créatrice de son labeur. Ces idées-là ne connaissent qu’une seule forme de violence : celle de Prométhée à l’égard de ses chaînes ». HITLER avait prévu la fin de la guerre pour novembre 1941, il voyait le nazisme régner sur le monde pour 1000 ans. L’Histoire lui prouvera ses torts.



« Qu’elle aille se faire foutre, la vie ! », pourtant les combattants russes sont courageux, un brin têtes brûlées, ils défendent leur patrie vaille que vaille contre l’agresseur nazi, malgré le brasier que va devenir la ville de Stalingrad, ses quartiers flambants comme de vulgaires allumettes, la panique de la population, mais toujours l’espoir.



Dans ce roman, GROSSMAN n’utilise jamais le mot « U.R.S.S. » pour désigner son pays, comme s’il refusait le stalinisme. Cependant, malgré quelques pistes, il ne met pas la nuque de STALINE sur le billot, il ne critique pas ouvertement sa politique. « Pour une juste cause » (sorti tout d’abord en version censurée en 1952, il paraîtra en version intégrale en 1954, juste après la mort de STALINE survenue en 1953) s’attelle à mettre l’accent sur la défense soviétique durant cette bataille sanglante et éprouvante, repoussant les assauts de l’envahisseur nazi. Il se fait patriote, admirateur de la stratégie militaire. Le livre va remporter un franc succès qui donnera les coudées franches à GROSSMAN pour dépeindre l’envers du décor en 1962 : « Vie et destin ». Mais stoppons ici puisque, d’une part cette chronique est suffisamment longue, d’autre part parce que nous avons déjà évoqué « Vie et destin » dans nos colonnes, vous pourrez vous reporter au lien suivant pour en savoir plus sur le « destin » de ce livre si votre curiosité est piquée :



https://deslivresrances.blogspot.com/2018/05/vassili-grossman-vie-et-destin.html



Quoi qu’il en soit, ces deux oeuvres de GROSSMAN représentent une documentation historique de haut vol et se placent comme une seule œuvre, l’une des plus surdimensionnées de la littérature russe du XXe siècle.



https://deslivresrances.blogspot.fr/
Lien : https://deslivresrances.blog..
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