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Editions du Rouergue

Les Editions du Rouergue ont été fondées en 1986 à Rodez, puis ont fusionné avec Actes Sud en 2005. La maison d'édition possède une ligue éditoriale tournée vers la littérature gastronomique, la littérature régionale et un catalogue nature et jardin régulièrement primée par des prix spécialisées. La maison s'est ensuite ouverte à d'autres genres comme le polar ou la jeunesse.

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Collections de Editions du Rouergue



Dernières parutions chez Editions du Rouergue


Dernières critiques
Aifelle
29 mai 2017
Une activité respectable de Julia Kerninon
C'est un premier contact avec l'écriture de Julia Kerninon et je suis totalement sous le charme. Je savais qu'elle parlait de sa passion pour la lecture et l'écriture, ce qui a priori ne m'attire pas trop, mais il s'y mêle bien d'autres impressions sur sa famille, son enfance, son adolescence, son parcours, ses bonheurs, ses doutes etc ..



Il y a autant de choses tues que dites, avec subtilité et élégance. Elle extorque à son père la permission d'aller vivre un an à Budapest pour se consacrer entièrement à l'écriture. S'y mêle ses aventures de jeune femme, on devine de cuisantes déconvenues, mais aussi des moments de joie totale. L'évocation de son enfance est un délice, avec une première visite mémorable à cinq ans, à la librairie Shakespeare and Company. Ses parents sont assez fantasques et atypiques, beaucoup de tendresse court entre ces soixante pages.



Une petite pépite dont il ne faut pas se priver.


Lien : http://legoutdeslivres.canal..
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Lademoiselleauxcerfs
28 mai 2017
La plus grande chance de ma vie de Catherine Grive
Juliette dit Ju a toujours eu beaucoup de chance dans la vie. Un jour quelconque, sa précieuse amie porte-bonheur l’a quitte et les ennuis commencent et s’enchaînent sans jamais s’arrêter. Les parents de Ju se séparent, test ADN à la clé. Le pire est annoncé lors des résultats, bien pire qu’un adultère. Non, l’histoire est plus compliquée que ça … autant pour son père que pour sa mère.



Nous suivons Ju, une jeune adolescente de treize ans dans un monde dans lequel tout va bien. Peu à peu, l’histoire défile et le caractère de Juliette change. Nous découvrons ses craintes, ses peurs et sa colère. Lorsque le lecteur est plongé dans le roman, il ne peut que comprendre les réactions de cette adolescente en détresse et en panique face à un fait comme celui qu’elle vit. Bien que je puisse comprendre ce qu’elle ressent, son comportement m’a parfois agacé. Je pense que l’auteure appuyait sur certains mots si bien que j’ai senti comme une forme d’exagération, quelque chose d’extrême dans les écrits de Catherine Grive m’a dérangé, pas dans le comportement de Ju qui est compréhensible. Quant à ses parents, le lecteur ne peut que détester son père. Sa mère est adorable, elle n’a que de l’amour à donner. Sa relation fusionnelle avec sa fille m’a un peu dérangé, encore une fois, l’exagération dans les mots de Catherine Grive m’a fait défaut.



Je me suis lancée dans cette lecture heureuse. Les premières impressions sont essentielles et j’ai senti que ce livre allait me plaire. J’ai dévoré 50 pages très rapidement et j’ai dû me forcer à mettre en pause ma lecture pour aller dormir. Cela montre bien que mon enthousiasme était de haut niveau. Je l’ai terminé le lendemain, le jour où j’écris ces mots. J’ai donc continué ma lecture, toujours avec autant d’entrain mais j’ai trouvé que le rythme de l’histoire prenait un autre tournant.



En effet, il y a dans une grande partie des romans un élément déclencheur. Je me suis pris celui-ci en pleine figure, je n’ai pas pu l’éviter, il est arrivé si rapidement que j’en étais déçue. Selon moi, cet événement, le cœur de l’histoire est mal exploité, du moins, je ne l’imaginais pas comme cela. J’ai eu l’impression que l’auteure nous jetait son idée sans vraiment l’avoir intégré à l’histoire de Juliette, sans avoir cherché à prendre son temps. Le rythme a accéléré d’un coup et tout le récit me semblait brouillon. Je me suis habituée à la plume de l’auteure et vers la fin, je n’ai pas reconnu Catherine Grive.



Ce livre parle de bébés échangés à la naissance, un thème peu courant en littérature. Tout de suite, la motivation était présente pour le dévorer. Mon avis est peu élogieux car je me suis surtout concentrée sur les défauts qui m’ont perturbé. Mais il possède ses qualités. Un thème atypique, un amour entre enfant-parent très présent, une jolie plume, une lecture agréable. J’ai passé un moment avec ou sans les défauts que j’ai pu noter. J’ai apprécié ce que j’ai lu et je le conseille. Des livres comme celui-ci on en lit très peu. Je reste plutôt satisfaite de ce petit roman que j’ai englouti en à peine deux heures.
Lien : https://lademoiselleauxcerfs..
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Antyryia
28 mai 2017
Seules les bêtes de Colin Niel


L'amour est dans le pré.

Comment ne pas penser à cette émission en lisant Seules les bêtes ?

Après tout, deux de ses principaux thèmes sont les sentiments et l'agriculture, sur les plateaux érodés du Massif Central.

A l'image de Joseph, éleveur solitaire, doux-dingue rêveur et taiseux qui avait espéré il y a fort longtemps pouvoir trouver une compagne.

"Une qui aurait pas rechigné à filer un coup de main à la ferme."

Et qui finira par dénicher la femme idéale, pour laquelle il éprouvera enfin une étrange forme d'amour.

"De cet amour que maman disait que je trouverais jamais parce que j'étais trop romantique."



"Parce que seules les bêtes croient encore en l'amour...", c'est l'intrigante dédicace que Colin Niel m'a rédigé au salon du polar de Lens.

Merci à Ydamelc sans laquelle je serais probablement passé à côté de ce petit bijou.

Ce roman, c'est cinq histoires en une, cinq points de vue différents, et également cinq histoires d'amour. Cinq fragments de vie qui vont se connecter et s'articuler autour d'un drame principal : celui de la disparition d'Evelyne Ducat, l'épouse d'un riche homme d'affaires revenu dans la région comme pour narguer ses anciennes connaissances.

Et à ces cinq voix va s'ajouter une sixième : celle du lecteur. Omniscient, il sera le seul à pouvoir tout comprendre et reconstituer, alors qu'il manque beaucoup trop d'éléments aux différents narrateurs. Et que leurs déductions sont de ce fait bien souvent erronées malgré leur imparable logique.

Aux trois quarts du roman j'ai même fait un schéma, sachant qu'à priori j'en savais maintenant assez pour expliquer le drame. Ce sont huit noms en tout ( certains personnages importants ne prendront pas la parole ) que j'ai inscrits, les reliant par des flèches et des traits pour avoir une vue d'ensemble.

"Marié à", "amoureux", "jaloux", "répulsion", "attiré par", "N'aime plus", "Amant de", "Sentiments à sens unique" ... Une toile relationnelle complexe tissée entre ces huit protagonistes d'horizons différents est alors apparue. Tout s'est enfin éclairci même si j'ai fait fausse route pour le mobile.



Je parle énormément d'amour mais ne vous y trompez pas, on n'est pas dans une intrigue à l'eau de rose. Le roman est extrêmement noir, triste, pessimiste. Pas vraiment un polar d'ailleurs. La première disparition ( une seconde suivra bientôt ) donne bien lieu à une enquête mais la place qui lui est attribuée est minuscule.

"C'est bizarre, il avait l'air dépassé par l'ampleur de l'affaire."

Le véritable détective ici c'est nous, et les évènements que nous allons reconstituer au fur et à mesure des témoignages ne s'arrêteront pas au cas d'Evelyne Ducat. La construction très habile de Colin Niel nous amène à remettre bien des faits en perspective et à distinguer progressivement les coïncidences des préméditations et à comprendre le sens d'évènements qui paraissaient inexplicables en premier lieu. Parce qu'on a beau être l'enquêteur, on se fait mener par le bout du nez pendant longtemps avant que tout ne s'emboîte. Un travail d'orfèvre où même d'innocents détails peuvent prendre plus tard une toute autre signification.



Concernant les personnages, je n'évoquerais que les deux premiers narrateurs. La première s'appelle Alice, et elle est assistante sociale. Elle aide les agriculteurs de la région pour tout ce qui est administratif, elle leur dit à quelles aides ils ont droit, elle fait tout pour que leurs exploitations puisse perdurer malgré les difficultés économiques et sociales.

"en France, un agriculteur se suicidait tous les deux jours."

Rien ne va plus dans son couple, son époux est de plus en plus renfermé et distant. Alors elle se trouvera un amant improbable en la personne de Joseph, un de ces agriculteurs à la dérive. Qui finira par la repousser sans qu'elle n'y comprenne rien, et sans qu'elle n'obtienne jamais de réponses à ses questions.

Et puis nous aurons le point de vue de Joseph. On revivra en partie l'histoire d'Alice, mais de son point de vue. Et on réalisera que les raisons de cette brusque rupture n'avaient rien à voir.

"Moi j'étais juste celui qu'elle avait choisi pour mettre un peu plus de bordel dans sa vie."

Au fur et à mesure, on apprend à connaître les Ducat également, le mari comme la disparue. Et déjà on commence à sombrer dans un récit très dérangeant. On pense avoir déjà une première vue d'ensemble au travers de ces deux témoignages régionaux.

Trop évoquer les narrateurs suivants nuirait en revanche à la découverte du livre, leur rôle étant en corrélation avec la résolution de l'énigme. Disons juste que la trame prendra une direction inattendue. La troisième est une femme, Maribé, dont on ignore tout avant qu'elle ne prenne la parole même si on l'a déjà croisée précédemment sans le savoir. Et il faut que ça demeure ainsi pour préserver l'effet de surprise. Vous allez tomber des nues quand tout va se mettre en place. Et malgré quelques indices, il est quasiment impossible de tout deviner même s'il est possible d'anticiper quelques révélations. Et quand un mystère semble résolu, quand un suspect est identifié, alors les certitudes basculent aussitôt au bénéfice d'une nouvelle incompréhension.



Et pour revenir au faux côté harlequin, vous verrez que la vision de l'amour est très sombre, torturée. Chaque personnage essaie de le trouver, chacun d'une façon différente, chacun éprouvera des sentiments au travers d'une relation particulière et luttera contre une forme de solitude jusqu'à l'obsession. La passion prendra de biens étranges visages, sans tabous. L'amour peut-il exister sans douleur ? Certains de ces témoignages sont révoltants, jusqu'au merveilleux final tellement logique, intense et désespéré.



Ce n'est pas un livre qui se lit à toute vitesse. C'est un livre qui se savoure lentement. Chaque mot est minutieusement choisi, chaque information est susceptible d'avoir son importance.

Ce livre a tout pour lui. Il est original, très bien écrit, nous raconte cinq histoires en une en nous mettant successivement dans la peau, les pensées et le langage d'hommes et femmes à la personnalité unique reliés à une imprévisible tragédie.

C'est intelligent, c'est émouvant, c'est instructif, c'est captivant.



Pour ceux qui l'ont lu, mon seul bémol c'est ce qui a trait aux envoûtements permettant le succès du quatrième narrateur. Choc des cultures peut-être, mais j'ai trouvé que ses épreuves n'avaient pas de sens et donnaient un côté grand-guignolesque à un roman très sérieux par ailleurs et qui n'en n'avait pas besoin. Mais c'est un petit détail qui ne nuit pas au plaisir ressenti.



Un roman dont je me rappellerai longtemps.





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