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Liana Lévi

Cette maison d'édition fondée en 1982 par la journaliste italienne Liliana Lévi édite une trentaine de titres dont une dizaine de poches par an. Elle dispose d'un catalogue de 400 titres, dans les domaines les plus divers : essais, témoignages historiques, romans policiers, beaux livres, et littérature étrangère et française qui se répartissent sur les sept collections de la maison.

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Dernières critiques
vincent34380
  21 juin 2018
Kisanga de Emmanuel Grand
Paris, cimetière de Montrouge : Michel Kessler, ingénieur du groupe minier Carmin, assassiné en République Centrafricaine, est porté en terre. Michel, pourtant habitué de l’Afrique et de ses dangers, était sorti sans protection rapprochée. Olivier Martel est venu rendre un dernier hommage à celui qui fut son mentor.



Le même jour à 20 heures, au Musée de la Marine à Chaillot, une conférence de presse est organisée par le groupe Carmin, dans le but d’annoncer la création d’un partenariat entre Carmin et Shanxi, une compagnie chinoise. Cette association concerne l’exploitation d’un gisement de cuivre à Kisanga, en République Démocratique du Congo (anciennement Zaïre).

Raphaël Da Costa, journaliste d’investigation, est chargé par son rédac-chef de couvrir cet événement. Dix ans auparavant, Raphaël avait découvert un scandale impliquant CMA, une filiale du groupe Carmin. Sans preuves pour appuyer son dossier, cette affaire lui avait explosé à la figure et laissé professionnellement brisé.

A la City de Londres, en marge des tractations commerciales, se joue une autre partie. Edwin Prescott, un jeune trader, est chargé de « vendre » le projet à des investisseurs, avant la publication officielle de l’accord de partenariat.

L’équipe restreinte, à laquelle participe Olivier Martel, se rend sur le territoire congolais, pour les premiers sondages sur les sites d’extraction.

Parallèlement, les Services secrets français rappellent un de leurs meilleurs agents, et le chargent de récupérer un document compromettant, en rapport avec le scandale qu’avait découvert Raphaël il y a dix ans.



Avec ce roman, Emmanuel Grand nous fait toucher du doigt la situation dramatique de la République du Congo, et de l’Afrique en général. L’extraordinaire richesse de son sous-sol en matières premières rares attise toutes les convoitises. Toutes les industries ont un besoin pressant des matériaux que l’on trouve ici en quantité, parmi lesquels le coltan et la cassitérite, essentiels à la fabrication des téléphones portables et autres matériels de haute technologie.

Le pillage en règle des ressources du pays est organisé, depuis l’intérieur, par divers groupes armés, des factions rebelles au gouvernement, comme les tutsis de la région du lac Kivu, soutenus par le Rwanda voisin, mais également par les pays industrialisés, comme la France ou la Chine, entre autres. A ce propos, Emmanuel Grand met l’accent sur la main mise grandissante de la Chine sur le continent africain, ce pays ayant de gigantesques besoins pour alimenter sa formidable croissance.



La narration, alternant les points de vue des différents protagonistes de l’histoire, progresse à un rythme soutenu, qui nous tire toujours plus vers l’avant, en un formidable page-turner. Les personnages sont psychologiquement bien campés, Tuju Olonga, le « fixeur1 » illustre à lui seul toute la complexité de ce pays déchiré. Olivier Martel le jeune ingénieur, Raphaël Da Costa l’opiniâtre journaliste et le mercenaire Pierre Lauzière, chacun obéit à des motivations différentes dans le cadre de cette intrigue. Entre magouilles politiques, tractations financières et coups tordus, Kisanga, mirifique accord d’exploitation minière, ne serait-il en réalité qu’un vaste marché de dupes ?



Ce roman nous dépeint la réalité géographique, politique et économique de cette région des Grands lacs d’Afrique où, dans le silence assourdissant des nations, une guerre civile dure depuis 20 ans, et a causé plus de 5 millions de morts, autant que la Shoah. La communauté internationale reste passive, les intérêts commerciaux passant avant toute considération humanitaire.



C’est à la fois un thriller, roman d’aventures et roman noir, qui mêle l’espionnage, la politique et les magouilles financières. La frontière entre la fiction et la réalité étant bien mince dans ce cas, c’est une réflexion, très documentée et pleine de bon sens sur la situation géopolitique en République du Congo et en Afrique en général.



De ce roman ressort l’affection profonde que l’auteur porte à ce continent. Emmanuel Grand aime l’Afrique, la ressent, la respire et retransmet au lecteur ses propres émotions, intactes.

J’ai adoré lire ce roman, et je le recommande sans réserve aux amoureux de l’Afrique …et aux autres.
Lien : https://thebigblowdown.wordp..
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Archie
  21 juin 2018
Pour services rendus de Iain Levison
Iain Levinson, romancier américain d’origine écossaise, a longtemps tiré le diable par la queue, avant de rencontrer le succès grâce à des romans noirs inspirés de ses galères personnelles. Ses personnages sont habituellement des braves types un peu paumés. Pour échapper au décrochage social qui les menace dans un univers américain impitoya-a-ble, ils ont le chic pour s’embarquer dans des projets ne pouvant les conduire qu’à une issue tragique.



Dans son dernier ouvrage, Pour services rendus, Iain Levinson change de registre. Ses deux principaux personnages ne sont pas n’importe qui. L’un est sur la fin d’une longue carrière de chef de la police dans une ville du Michigan, l’autre, sénateur au Nouveau-Mexique, est en campagne électorale pour le renouvellement de son mandat.



Les deux hommes s’étaient perdus de vue après s’être côtoyés, quarante-sept ans plus tôt, dans une section de combat au front, lors de la guerre du Vietnam. Des états de service sur lesquels le sénateur en campagne s’est publiquement étendu en se targuant imprudemment d’une anecdote arrangée à son avantage. Une vantardise insignifiante sur des faits sans intérêt et très anciens. Mais son adversaire, en difficulté dans les sondages, réussit à produire un témoin délivrant une autre version de l’anecdote. En Amérique, il n’est jamais bon d’être confondu de mensonge, même pour des faits sans intérêt et très anciens.



Appelé à la rescousse pour accréditer la version de son ancien camarade de combat, le vieux policier n’aime pas le mensonge et s’avère maladroit. Pourquoi accepte-t-il alors de s’enferrer dans des faux témoignages au profit d’un homme avec lequel il ne partage plus rien depuis si longtemps ? Peut-être dissimule-t-il lui aussi un épisode dont il n’y a pas lieu d’être fier…



Toujours est-il que nos deux notables bien installés pourraient s’avèrer être des losers au même titre que les personnages habituels de l’auteur. Leur risque : s’embourber dans une suite de mensonges et de justifications inextricables qui pourraient leur faire tout perdre.



L’ouvrage est l’occasion d’un retour sur le traumatisme laissé dans les consciences par la guerre du Vietnam. Dans la perception de la présence militaire américaine dans le monde, ce conflit aura marqué sa différence par rapport à la seconde guerre mondiale, où l’enjeu de l’intervention des États-Unis était clair, car il était simple de faire la part entre les bons et les méchants.



Iain Levinson reste fidèle à sa vision critique d’une Amérique cynique et individualiste, où tout est compétition et où « gagner » est une fin qui peut justifier des moyens misérables, jusqu’à discréditer l’adversaire par des informations plus ou moins exactes. Une dérive qui, tant s’en faut, n’est pas l’apanage de la démocratie américaine.



Alors que les réseaux sociaux sont accusés de permettre la manipulation de l’opinion par la prolifération de fake news, il est rassurant de constater que ces mêmes réseaux sociaux ne mettent personne à l’abri du démenti cinglant d’une contre-vérité.



Pour services rendus est un roman sympathique qui se lit rapidement. Son synopsis est intéressant et original, avec des questions qui restent en suspens jusqu’à la dernière page.


Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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listo
  20 juin 2018
Terres promises de Milena Agus
la terre promise n'est peut être pas si loin que cela et qu'elle est à notre portée c'est ce que nous dit Milena Agus . Elle nous le dit avec philosophie, elle nous le dit avec son écriture aérienne, elle nous le dit avec ses personnages à part, elle nous le dit avec le sentiment que tout acte n'est pas inutile et que le malheur ne nous empêche pas de rire
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