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Note moyenne 3.83 /5 (sur 519 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Créteil , 1974
Biographie :

Estelle-Sarah Bulle est née en 1974 à Créteil, d’un père guadeloupéen et d’une mère ayant grandi à la frontière franco-belge.
Après des études à Paris et à Lyon, elle travaille pour des cabinets de conseil puis pour différentes institutions culturelles.
Elle vit dans le Val-d’Oise.

Elle a reçu le prix Stanislas du premier roman pour son ouvrage 'Là où les chiens aboient par la queue'.

Source : Liana Levi
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Les Etoiles les plus filantes d'Estelle Sarah_Bulle électrisent le ciel du Brésil des années cinquante en plein tournage du film Orfeu negro. Et la jeune danseuse Gispsy Dusk compte bien emporter le rôle de sa vie sous la direction de Marcel Camus. Chronique brulante d'une époque où le Brésil et son métissage propulsent une société cosmopolite à son apogée, où les corps exultent et se fondent au temps de la guerre froide, Les Étoiles les plus filantes dénonce aussi la perversité du star-system. Estelle-Sarah Bulle nous embarque dans une fiction qui nous transporte de Rio à Paris, au son du jazz et de Boris Vian en arrière-plan. Travelling compensé sur le racisme ambiant et les luttes de pouvoir animées par les concepts d'identité aux contours flous, les mots de l'écrivaine tatouent l'imaginaire de sa prose poétique. Estelle Sarah-Bulle a reçu une Bourse de découverte en 2019 pour l'écriture de ce roman paru aux Éditions Liana Levi. Son premier roman « Là où les chiens aboient par la queue » également paru chez Liana Levi a reçu une subvention attribuée par la commission extraduction pour sa traduction en anglais. #rentréelittéraire #EstelleSarahBulle #Brésil #jazz #poésie #starsystem Un podcast réalisé par Pauline Carayon du CNL et le musicien, auteur, compositeur et interprète Nicolas Lockhart, illustré par l'auteur de bandes dessinées et artiste plasticien Pierre LaPolice. Rendez-vous tous les jeudis pour un nouvel épisode de Son Livre, le podcast du CNL qui vole dans les plumes... des auteurs, et vous dévoile nos coups de coeur de la rentrée littéraire ! Suivez le CNL sur son site et les réseaux sociaux : Site officiel : www.centrenationaldulivre.fr Facebook : Centre national du livre Twitter : @LeCNL Instagram : le_cnl Linkedin : Centre national du livre
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Citations et extraits (247) Voir plus Ajouter une citation
sebastolivre   30 octobre 2018
Là où les chiens aboient par la queue de Estelle-Sarah Bulle
C'était le temps où nous regardions Dallas chaque samedi soir. Il n'y avait pratiquement aucun Noir à la télévision française, et absolument aucune Noire. Mais parfois, nous apercevions Sidney Poitier ou Ray Charles que ma mère adorait, des hommes bourrés de talent et sûrs d'eux, classieux, infiniment plus glamour que les Antillais que nous connaissions. Ils nous rendaient fiers, d'une fierté tout artificielle.



Page 94, Liana Levi, 2018.
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sebastolivre   28 octobre 2018
Là où les chiens aboient par la queue de Estelle-Sarah Bulle
Hilaire traitait ses enfants comme il traitait ses animaux : un verre de tendresse, un seau d'autorité et un baril de « débrouyé zôt' ». Dans ce désert du bout du bourg, il n'y avait que nous et les boeufs. A une demi-heure à pied, sur le chemin principal qu'on ne pouvait pas appeler route, même avec les critères de l'époque, Morne-Galant somnolait, ramassé sur lui-même. Encore aujourd'hui, les Guadeloupéens disent de Morne-Galant: « Cé la chyen kajapé pa ké. » Je te le traduis puisque ton père ne t'a jamais parlé créole : « C'est là où les chiens aboient par la queue. »



Pages 9-10, Liana Levi, 2018.
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sebastolivre   31 octobre 2018
Là où les chiens aboient par la queue de Estelle-Sarah Bulle
Les Antillais et les Noirs américains partageaient une même expérience minoritaire et une part d'histoire commune, mais la France et les États-Unis ne modelaient pas du tout les individus de la même façon. Il y avait indéniablement moins de violence à subir en France mais en revanche, les Antillais n'avaient aucun modèle auquel s'identifier.

Quel héros aurions-nous pu avoir ? Gaston Monnerville ? Absent de la mémoire nationale, lui qui dirigea dix ans le Sénat et faillit être président. Louis Delgrès ? Rappel cinglant que la Révolution a rapidement trahi ses propres valeurs. Camille Mortenol ? Relégué dans la poussière des siècles malgré sa force et son courage. Gerty Archimède ? Trop femme et trop communiste pour être célébrée. Quelques écrivains et sportifs noirs apparaissaient de temps en temps à la télé, très peu. Aucun chef d'entreprise n'avait cette couleur de peau, aucun banquier, aucun « capitaine d'industrie », aucun trader, aucun chercheur, aucun président d'université, aucune « figure du grand banditisme », aucun évêque, aucun directeur d'une prestigieuse institution culturelle. Nous étions pourtant à l'affût; c'était devenu un réflexe. Quand on apercevait un Noir à la télévision française, on s'exclamait en riant: « Qu'est-ce qu'il fait perdu là, celui-là ? » La France se renvoyait à elle-même l'image d'un peuple lisse, sans spécificités ethniques. Au cours de ces années quatre-vingt, la notion d'égalité des chances commençait sérieusement à perdre de sa force, notamment face aux réalités vécues par les premières générations d'enfants d'immigrés, nés en France, diplômés, chômeurs. Mon père défilait de Nation à République contre les privatisations des banques, des usines automobiles, du téléphone et de la télévision. Partout, l'État se retirait comme une vague sur la grève. Heureusement, Yannick Noah avait gagné Roland Garros, ce qui nous remontait le moral. Les Antillais persistaient à vouloir s'intégrer au paysage national et même à célébrer avec ferveur les valeurs de la patrie, mais nous sentions bien que quelque chose n'était pas en accord avec les promesses de la République.



Pages 94-95, Liana Levi, 2018.
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Bookycooky   07 septembre 2018
Là où les chiens aboient par la queue de Estelle-Sarah Bulle
Tu dis que chez les Antillais, il n’y a pas de solidarité. Mais si tu mets dix personnes dans une salle d’attente, tu crois qu’ils vont finir par former une grande et belle famille ? La Guadeloupe, c’est comme une salle d’attente où on a fourré des Nègres qui n’avaient rien à faire ensemble. Ces Nègres ne savent pas trop où se mettre, ils attendent l’arrivée du Blanc ou ils cherchent la sortie.
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Bookycooky   09 septembre 2018
Là où les chiens aboient par la queue de Estelle-Sarah Bulle
Saute encore vingt ans, et alors là ça a été la goinfrerie, la grande fête à Lafarge, qui s’était installé au port*sur ordre de de Gaulle pour cimenter sur place. Dans les années soixante-dix, toutes les maisons se mirent à arborer des piliers avec des barres de fer griffant le ciel comme des promesses : c’était l’étage à venir de la maison pour les enfants. Et comme ce n’était jamais fini, on attendait pour peindre. Le béton grisaillait partout sous le soleil. Même au fin fond de la campagne, tu dirais dans les Grands Fonds, ça bétonnait, bétonnait, c’était comme une démangeaison de faire comme La-France.

*Point-à-Pitre,Guadeloupe
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Bookycooky   10 septembre 2018
Là où les chiens aboient par la queue de Estelle-Sarah Bulle
Tu ne voyais jamais un grand patron noir, malgré toute la vieille citoyenneté française qu’on nous avait donné à ronger depuis des siècles, et c’était peut-être tant mieux, parce qu’il n’y a rien de plus terrible qu’un chien créole qui se gonfle le poil pour se faire passer pour un loup. 
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palamede   06 janvier 2019
Là où les chiens aboient par la queue de Estelle-Sarah Bulle
Conserver est un réflexe de gens bien nés, soucieux de transmettre, de génération en génération, la trace lumineuse de leur lignée.
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iris29   05 novembre 2018
Là où les chiens aboient par la queue de Estelle-Sarah Bulle
Je peux te raconter, moi aussi, ce que c'était la Guadeloupe. Quelques éblouissements, et puis rien que des blessures.
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iris29   03 novembre 2018
Là où les chiens aboient par la queue de Estelle-Sarah Bulle
Hilaire traitait ses enfants comme il traitait ses animaux : un verre de tendresse, un seau d'autorité et un baril de " débrouyé zôt".
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Mimeko   19 mai 2022
Là où les chiens aboient par la queue de Estelle-Sarah Bulle
En quelques années, beaucoup de choses avaient changé. Un hypermarché et ses fast-foods avaient posé leurs gros sabots à l’entrée de Pointe-à-Pitre, ruinant les petits producteurs locaux, accélérant le mimétisme de la consommation métropolitaine, multipliant par deux le prix des denrées par rapport à la France continentale. Il y avaient bien quelques protestations de-ci de-là, des syndicats prônant la résistance, mais rien n’y faisait. La course à la surconsommation était lancée, la dependance vis-à-vis de l’extérieur devenait absolue.
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