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Laureneb
  19 juin 2018
Les Rougon-Macquart, tome 11 : Au bonheur des dames de Émile Zola
Ce n'est pas mon roman préféré du cycle, puisque je préfère l'épopée

et la grandeur tragique de Germinal. A contrario, je lis ce roman comme un conte - d'où la fin qui me semble un peu mièvre ou fleur bleue, en tout cas la fin positive, ce qui est assez rare dans / chez les Rougon-Macquart.

Ce conte récompense la jeune innocente vertueuse qui triomphe du monstre - l'orgueil et la vanité de Mouret. Ce monstre vit tapi dans son antre - sa caverne - parcouru par des escaliers, exploité par un peuple de vendeurs. Il dévore les chairs des employés, les murs des boutiques voisines, et la santé des commerçants traditionnels. Cette caverne est le temple de la consommation, avec une vision très actuelle du marketing contemporain. Car ce monstre vit des sacrifices financiers de ses adoratrices, les acheteuses, qui, si elles ne vendent pas leur âme, ne sont pas loin de vendre leur corps pour du tissu. La chair est faible mais veut être bien habillée.

Denise illumine donc ce conte par sa tendresse, son dévouement et son optimisme.

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Laureneb
  18 juin 2018
Les Rougon-Macquart, tome 4 : La conquête de Plassans de Émile Zola
Ce roman évoque de façon puissante les intrigues politiques, amoureuses, familiales qui se mêlent dans cette petite ville provinciale où tout se sait et rien n'est secret. C'est une vision bien glauque de l'âme humaine, puisque chacun dissimule son hypocrisie, son désir, ses ambitions.

Cette conquête est menée par un général qui reste dans l'ombre, Eugène Rougon, le ministre qui reste dans son cabinet à Paris, et par son fantassin envoyé sur le terrain, l'abbé Faujas. Ce personnage de prêtre qui manipule toute une famille pour lui dérober son harmonie et une partie de son argent pourrait faire sourire, tel un nouveau Tartuffe. Mais bien au contraire, il est glaçant, c'est un manipulateur pervers, qui prend plaisir à faire souffrir Marthe en la dominant, qui ôte à la famille son harmonie, sa joie de vivre et son bonheur. Comment ne pas ressentir de la pitié pour François qui sombre progressivement dans la folie en étant délaissé par ceux qu'il aimait ?
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Ingannmic
  16 juin 2018
Les Rougon-Macquart, tome 19 : La Débâcle de Émile Zola
Après "La curée", et l'immersion dans les salons bourgeois du Paris du second Empire, "La débâcle" nous entraîne sur les champs de bataille de la guerre franco-prussienne de 1870, nous proposant une facette plus macabre et plus pitoyable de cette période troublée, qui aboutira à la chute de Napoléon III. L'auteur nous emmène plus précisément sur le front de l'Est, aux côtés du 106e régiment, dont nous partageons, de Belfort à Sedan, l'intimité de certains des soldats. Parmi eux, deux hommes qu'a priori tout oppose, qui vont pourtant nouer une solide amitié.



Jean Macquart, paysan, s'est engagé dans l'armée, où il est devenu caporal, suite au décès de sa femme et à la perte de ses terres. Fort d'une expérience acquise lors de la campagne d'Italie, il allie à son bon sens et à sa rigueur pragmatique une empathie et une simplicité héritées de sa condition rurale. Maurice Levasseur, est, à l'inverse, un lettré imbu de sa personne, un jeune homme capricieux qui a dilapidé en frivolités les restes d'une fortune familiale déjà bien diminuée, quand il était censé suivre à Paris des études de droit. Son enrôlement répond à une volonté de racheter son inconséquente conduite aux yeux de sa sœur Henriette, dont il est très proche, et qui s'est occupée de lui à la mort de leur père.

D'instinct, les deux hommes éprouvent l'un pour l'autre une inimitié réciproque, alimentée chez Maurice par la répugnance d'être sous les ordres d'un membre de la classe inférieure, et chez Jean par le dépit complexé que suscite ce mépris. Le courage et la générosité dont Jean fait preuve, malgré la dureté de leurs conditions de vie, et la maturité qu'acquiert peu à peu Maurice fait évoluer leurs rapports qui évoluent en un attachement quasi fraternel lorsque l'un sauve la vie de l'autre.



Immergé, avec quelques autres de leurs camarades, dans un quotidien rendu très difficile par les privations, puis par l'omniprésence de la mort, nous suivons les étapes d'un conflit que l'on devine perdu d'avance... Ce qui devait, selon les arrogantes certitudes d'une certaine élite française, n'être qu'une simple promenade militaire se concluant par l'écrasement, en quelques semaines, de l'armée prussienne, se transforme en effet en désastre.



D'abord motivées par les discours vantant la puissance de l'armée française s'opposant à la soi-disant déstructuration allemande, les troupes stationnées dans un premier temps à Belfort subissent le découragement de longs jours d'inaction, ponctués par les informations contradictoires qui leur parviennent du commandement, qui semble hésiter sur la stratégie à adopter. Dévorés par l'attente, déplacés, sans but évident, d'un site à l'autre, tantôt se repliant sans même s'être battus, tantôt se préparant pour une offensive qui ne survient jamais, les hommes se démoralisent d'autant plus vite que les erreurs récurrentes d'une intendance désorganisée les privent de vivres. Face à la faim, au froid, à l'humidité, à l'épuisement, la ferveur patriotique ne fait pas long feu.







Puis c'est l'arrivée à Sedan, et la bataille enfin... La France des victoires légendaires, payant cher son manque de cohésion, son infériorité numérique et matérielle, se fait culbuter par un petit peuple dédaigné... Cette défaite est la conséquence logique de l'agonie d'un second Empire à bout de souffle, que symbolise celui qui apparaît à plusieurs reprises dans le récit comme le pitoyable Napoléon III, dont le règne comme la santé sont considérablement affaiblis. Il y est dépeint comme une ombre traînant sa faiblesse parmi la déroute, en perte de légitimité, empereur qui n'a plus vraiment de trône depuis qu'il a confié ses pouvoirs à l'impératrice régente, et chef d'armée fantoche, puisqu'il a remis au maréchal Bazaine le commandement suprême...



"La débâcle" est ainsi le récit de la fin d'une époque, de la transition politique et sociale qui bouleverse la société française. Le roman se termine juste après la Commune de Paris, qui à la fois renforce l'implantation en France de la République -qui a montré qu'elle était capable de venir à bout des désordres populaires- et devient un véritable mythe unificateur au sein du mouvement ouvrier.







Le personnage de Maurice est également érigé comme symbole de cette évolution, de cet épuisement de la grande bourgeoisie militaire qui jusqu'au milieu du XIXème siècle, représenta la grandeur de la nation. Il est en effet le dernier maillon d'une lignée qu'un aïeul a porté à son apogée en brillant au sein de la grande armée, dont le délitement, entamé avec une génération intermédiaire de bureaucrates, se parachève avec ce jeune homme superficiel devenu un simple soldat subissant la défaite.



Ce contexte fait de "La débâcle" un texte passionnant d'un point de vue historique, mais pas seulement...



Le réalisme dont bénéficie le récit, riches en détails macabres et sanglants, en scènes épiques -telle l'image de ces chevaux abandonnés, qui hantés par la faim, parcourent en hordes galopantes la dévastation des champs de bataille- comme en anecdotes significatives, parfois très violentes, lui confère une sorte de grandiloquence, mais une grandiloquence parfaitement maîtrisée qui, alliée à la précision documentaire avec laquelle l'auteur décrit les étapes de la bataille, donne à "La débâcle" éloquence et densité. Et les personnages, principaux comme secondaires, n'en sont pas pour autant négligés, leur complexité, la façon dont ils évoluent au fil de l'intrigue démontrant une fois de plus le talent d'Emile Zola comme peintre de l'âme humaine.


Lien : https://bookin-ingannmic.blo..
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