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ISBN : 2917112190
Éditeur : Demi-Lune (22/02/2012)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Au cours de sa visite aux États-Unis, effectuée lors de la fête de Pourim, le Premier ministre israélien Netanyahou a offert au Président Obama le Livre d'Esther. Lisez ci-dessous (Chapitre 19 de l'ouvrage de Gilad Atzmon, disponible en PDF) en quoi cela est révélateur... Vous comprendrez également l'importance du livre d'Atzmon, et pourquoi il convient donc - pour les lobbies pro-israéliens - de taire jusqu'à son existence...

« L'identité ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Pirmin
  04 juin 2019
Petit-fils d'un membre de l'Irgoun, l'auteur est né à Jérusalem où il a vécu une vingtaine d'années. Après son service militaire, il est parti vivre à Londres. Dans la "Parabole d'Esther", il nous explique pourquoi il rejette une certaine judéité sioniste fanatique négative.
Il dit :" Dans le monde intellectuel juif, on commence par décider ce que doit être la morale de l'histoire, après quoi on invente un passé qui correspond". Historiquement, il y a d'abord la vision des juifs antiques qui souhaitent que leur peuple soit unique, exceptionnel, au-dessus du reste de l'humanité, jusqu'à dominer le monde politiquement, matériellement et spirituellement. Ce programme une fois défini, il fallait élaborer une histoire ou plus exactement un mythe pour enraciner le projet dans la psyché communautaire. De plus, durant la diaspora, il fallait à tout pris préserver l'identité judaïque et s'opposer à l'assimilation. Le reste de l'humanité, les Chrétiens en particulier, devenait un ennemi à soumettre. Il représentait une adversité permanente. Celle-ci deviendra la base structurante de la psyché judaïque et de l'idéologie. Autrement dit, la nature de la communauté juive s'identifie au moyen d'une négation. Elle s'est constituée sur l'adversité, ce qui favorise la fermeture. L'Autre devient une explication à toutes les difficultés. Cette nature se définit par rapport aux autres plutôt que par rapport à ce qu'elle est réellement. La pensée éthique est la première victime de la dialectique de la négation. Kant disait :" la pensée morale a une orientation positive, authentique, sincère, qui incite le sujet à une introspection à la recherche d'une vision universelle". Par contre, une identité fondée sur le principe de la négation, contre quelqu'un ou quelque chose, ne favorise pas l'autocritique, ni l'ouverture, ni une conduite franche et sincère. Pour se protéger, dominer et s'enrichir, des moyens contestables seront admis par l'idéologie, comme le paralogisme et le sophisme afin de tromper l'ennemi. Pour les minorités, la ruse et la duplicité sont des armes essentielles bien que non-éthiques.
La "Parabole d'Esther" est un exemple qui confirme la théorie de l'auteur. Ce dernier voit dans la Bible et Yahvé, des incitatifs qui fondent une idéologie mystique souhaitant favoriser un peuple jusqu'à faire de chaque membre un dieu. C'est une programmation rationnelle de l'Histoire. Dans le Deutéronome, il est dit : " Yahvé promet à son "peuple élu" l'établissement d'un empire mondial avec la domination et l'asservissement de l'humanité à la fin des temps". le scénario était écrit. La "Parabole d'Esther" vient révéler certaines stratégies pour atteindre l'objectif. Cette fiction évoque un projet de génocide contre les juifs qui est ourdi à la cour d'Assuérus, un empereur perse. La nouvelle épouse de ce dernier, Esther, ne lui a pas révélé ses origines juives. Elle convainc son époux de châtier les auteurs du complot pour sauver ses coreligionnaires. En plus, ceux-ci recevront l'autorisation de s'armer pour se défendre contre d'éventuels ennemis. Gilad Atzmon y voit le message suivant :" Si les juifs veulent survivre, ils ont intérêt à infiltrer les arcanes du pouvoir. Cependant la tentative de génocide est fictive. Cette histoire installe un syndrome de stress pré-traumatique collectif dans les esprits judaïstes, faisant de leur destruction imaginaire une idéologie de survie. Cette parabole esquisse une identité exilique. Elle provoque le stress existentiel et constitue un prélude à la "religion de l'Holocauste", réunissant les conditions qui finiront par faire de l'Holocauste une réalité".
Notre auteur constate que la judéité est un engagement politique. Les acteurs de l'idéologie ont pris l'Occident en otage. Au XXIe siècle, mais déjà bien avant, ils ont investi les postes de commandements politiques et financiers, ainsi que les médias. Ce faisant, ils insufflent un courant de pensée judaïque à l'Occident qui est, à l'origine, de tradition helléno-chrétienne. On a vu s'installer une identité négative, surtout chez les anglo-saxons. La raison d'être du bloc occidental était définie par la diabolisation russe qui malgré la Perestroïka de 1989 reste toujours un épouvantail méprisable. Il y a aussi la vision judaïque du choc des civilisations entre Chrétiens et Musulmans qui obsède l'esprit des occidentaux. Des politiciens de haut niveau vont jusqu'à accuser le système de vouloir provoquer des conflits intentionnellement. Henri Guaino, dans son livre "Ils veulent tuer l'Occident", a dit :" La guerre des civilisations n'est pas fatale, sauf quand on fait tout pour qu'elle ait lieu, quand on en crée avec obstination les conditions".
Alors pour Gilad Atzmon, l'Occident doit prendre ses distances avec Jérusalem et réinstaurer l'esprit d'Athènes. Israël doit être désionisée et les juifs renoncer à l'Election et faire de l'introspection. Il critique le paradoxe d'une judaïté qui prêche le mondialisme cosmopolite pour l'humanité et le tribalisme pour elle-même.
Le livre est très intéressant car il fait une recherche approfondie sur les raisons qui font qu'un petit peuple uni par sa judéité se trouve être souvent au coeur des plus grands conflits historiques en Occident depuis plus de deux mille ans.
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klairobskur
  07 janvier 2017
Une analyse passionnante des différentes formes du judaïsme. L'auteur partitionne celui-ci en trois catégories, deux inoffensives selon lui sur lesquelles il n'insistera pas, et une troisième plus problématique qu'il dissèquera tout au long de l'ouvrage. Il abordera longuement le concept de "juif de gauche" (israélien ou de la diaspora). Il expliquera son parcours personnel, sa jeunesse en israël, son parcours dans l'armée sioniste et sa rupture définitive avec le sionisme et le judaïsme. Un témoin privilégié, un témoignage précieux.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
GentilpalotinGentilpalotin   11 mars 2012
De même que Wolfowitz avait renversé Saddam, qui avait entraîné l'Empire américain dans la tombe avec lui, les Américains pauvres, dont on avait obtenu qu'ils facilitent la guerre de Wolfowitz, entraînèrent dans leur chute le capitalisme américain, ainsi que le système monétaire et bancaire de l'Amérique. La politique de Greenspan provoqua la ruine de toute une classe de la société, laissant dans le système financier américain un trou aujourd'hui évalué à mille milliards de dollars.
Greenspan et Wolfowitz me font penser à cette blague au sujet d'un chirurgien indifférent qui sort de la salle d'opération après une intervention cardiaque de 12 heures en disant à la famille du patient, morte d'inquiétude : "L'opération s'est très bien déroulée, mais malheureusement, le patient n'a pas survécu".
Les doctrines Greenspan et Wolfowitz semblaient prometteuses, sur le papier. L'opération a en effet réussi, mais l'Empire américain ne l'a pas supportée jusqu'à son terme. Il est aujourd'hui condamné à perdre sa primauté. Greenspan, selon ses dires, a fait tout cela "pour les immigrés" et "pour les Américains pauvres". Wolfowitz, quant à lui, a proposé que la Grande Amérique devienne le gendarme du monde. Il l'a fait pour les Irakiens, pour la "morale" et pour la démocratie. Tout du moins, c'est ce qu'il voulait nous faire croire. Le modèle est familier, c'est celui d'une poignée de personnes "touchées par la grâce", qui s'efforcent, à chaque fois, de sauver le monde au nom de tel ou tel idéal. Ils "apportent" la démocratie aux "sauvages", ils "apportent" l'égalité aux nécessiteux. Ils emploient des concepts éthiques abstraits. Mais, quoi qu'il en soit, l'Etat juif doit en profiter d'une manière ou d'une autre. Il suffit de lire le premier et éminent prophète sioniste Théodore Herzl pour savoir que le sionisme politique se résume à faire en sorte que les superpuissances servent la cause sioniste.
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GentilpalotinGentilpalotin   11 mars 2012
C'est alors que je tombai sur une approche intéressante de la question de l'antisémitisme, selon laquelle "alors que, par le passé, un 'antisémite' était quelqu'un qui haïssait les juifs, de nos jours, c'est l'inverse : un antisémite, c'est quelqu'un que les juifs haïssent." La politique de haine peut être aussi efficace qu'elle est vicieuse. Vous auriez tendance à penser que des activistes juifs tribaux seraient les premiers à le comprendre. Nous savons tous en effet que les juifs souffrent de haine et de discriminations depuis des siècles. Mais les activistes juifs ethniques ont apparemment tellement bien appris la haine auprès de leurs ennemis que le discours politique juif laïc a été entièrement modelé par celle-ci.
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GentilpalotinGentilpalotin   11 mars 2012
Si Sand est dans le vrai, alors les juifs, plutôt que constituer une race, sont un collectif de nombreux peuples qui ont été pris en otages par un mouvement nationaliste basé sur des mythes.
Si les juifs ne sont pas une race et s'ils n'ont rien à voir avec le sémitisme, alors l'"antisémitisme" est, formellement, un mot vide de sens. Autrement dit, la critique du nationalisme, du lobbying et du pouvoir juifs ne peut être considérée comme autre chose qu'une critique légitime d'une idéologie, d'une politique et d'une praxis (parmi d'autres).
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GentilpalotinGentilpalotin   11 mars 2012
Je n'avais pas encore saisi que ma dévotion naissante pour le jazz avait pris le dessus sur mes tendances juives nationalistes, ni que c'était probablement en cet endroit et à ce moment-là que j'avais renoncé à l'Election pour devenir un être humain ordinaire. Des années plus tard, j'allais effectivement comprendre que le jazz m'avait sauvé.
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Videos de Gilad Atzmon (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gilad Atzmon
Gilad Atzmon "La France est devenue un pays dictatorial" (27/05/2014) Interview du jazzman britannique d’origine israélienne, Gilad Atzmon par la journaliste indépendante Silvia Cattori au théâtre de la Main d'Or à Paris le 27 mai 2014. Cet entretien se déroule au lendemain d'une conférence donnée par Gilad Atzmon et Alain Soral à Lyon, sur le thème "Les Juifs et les Autres" (disponible plus bas sur cette page)....
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