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sur 209 notes
UN ROMAN HYPNOTISANT... ✨️

"J'ai l'automne à l'envers. En dedans au lieu d'en dehors. Humide, tiède dans le creux des joues. du vent qui craque dans la cage thoracique. C'est octobre. Ma mère est morte et j'ai pas encore pleuré."

Ainsi s'ouvre le roman. V. vient d'apprendre que l'on a retrouvé le corps sans vie de sa mère dans le ressac des vagues d'une plage non loin de la maison familiale. Sa mère, qui a choisi d'en finir, qui s'est changée en sirène, pour toujours et à jamais.

L'autrice quitte alors Montréal, direction la Gapésie, pour retrouver sa soeur et sa tante, les deux autres femmes qui ont été laissées, orphelines de celle qui n'est plus. Difficile de trouver la force, face à l'absence pour trier les affaires, vider la maison, ne conserver que l'essentiel.

Les falaises, c'est l'histoire d'un deuil ô combien vertigineux. C'est un voyage introspectif, au coeur de l'apocalypse de la maternité. Suivi d'un voyage sur un autre continent, pour s'assurer qu'on existe encore, ailleurs.

Pour combler l'absence, pour pardonner, V., va se plonger dans l'histoire de sa mère, et celle de sa grand-mère qu'elle n'a pas connue, partie juste avant qu'elle naisse...

Un roman rempli de poésie. Si brut et délicat à la fois. Virginie Dechamplain utilise du "parlé québécois" et ses mots sentent la Gapésie, le parfum des embruns. Les souvenirs qui jaillissent, les vagues qui frappent le ressac...
Un très court roman qui se lit d'une traite et qui secoue. Car on a tous nos falaises à gravir, nos vertiges à affronter...

Pas d'inquiétude, ce roman n'est pas larmoyant, la douceur l'emporte face à la tragédie et la souffrance est transcendée. Un récit qui marque par sa brutalité, son apreté. Même s'il est clair qu'il ne pourra pas plaire à tout le monde, j'ai été très touchée. Emportée par cette héroïne, dans cette valse des souvenirs et cette découverte des femmes qui l'ont précédée.

"Les femmes de ma vie. On se succède sans se voir, comme des ombres qui courent devant les miroirs, sacrent des coups de poing dedans et continuent leur route pour voir le monde."

Merci harpercollins pour cet envoi surprise et cette belle découverte !
Si vous l'avez-lu qu'en avez-vous pensé?



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Un roman francophone mais… Ultra dépaysant!!

Tout le monde connaît le basicobasic du parlé québécois (genre le char au lieu de la voiture) mais ici beaucoup de termes encore plus imagés et étranges pour moi qui suis novice…

Le récit est à l'image du parlé de là protagoniste: haché et parfois agressif, parfois mélancolique, toujours perdu et déroutant. le livre est court, certains chapitres font 2-3 pages, d'autres un paragraphe (ou même une ligne) ce qui donne une impression de course effrénée…

Course effrénée dont on attend la fin, avec une espèce de curiosité tenant presque du voyeurisme: quels mystères se cachent derrière tant de souffrances? Quelle relation avait-elle avec sa mère? Comment tout cela va-t-il finir?

C'était un roman étrange, dont la lecture était addictive mais déroutante, j'en sors essorée émotionnellement et interrogative: ai-je aimé? Oui… mais… C'est dur à expliquer! Il est gênant mais beau, troublant et intéressant…

Une lecture OVNI et originale!! A tester!
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Roman tout en émois dont je sors de la lecture frustrée car l'auteur a choisi de laisser aller sa plume, avec un certain brio cependant, au détriment du contexte. Et pourtant il y avait matière à développer : l'exil de la grand-mère, la fuite de la mère, la peur de la folie de la fille, ce qui nous pousse à fuir un coin perdu pour mieux y revenir plus tard (Chloé), la beauté des paysages gaspésiens, la dureté de la vie des femmes de pêcheurs etc.
Un roman ne peut être fait que d'émotions balancées au fil des pages. Il faut l'étoffer d'une histoire et ce, même si l'écriture et le style de l'auteur véhiculent ces émotions avec puissance comme c'est le cas dans ce livre.
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Histoire de femmes, histoire d'un deuil. Celui que doit faire V. à la mort de sa mère Frida, une mère tout à fait imparfaite, une mort que Frida a choisi de se donner.
V. retrouve à cette occasion la maison familiale, une maison habitée par des femmes sans homme, par les vents de Gaspésie et dans laquelle sa grand-mère a laissé de précieux cahiers de souvenirs.
C'est un livre bouleversant bien sûr, qui raconte la difficulté à se reconstruire, à faire des projets, à aimer. Mais aussi l'envie plus forte de se réaliser malgré tout, qui que l'on soit, d'où que l'on vienne. Une histoire de voyages.
L'écriture de Virginie DeChamplain est musicale, rythmée de mots québécois inconnus pour moi jusqu'alors et qui ajoutent au plaisir de la lecture.
Je vous recommande chaudement ce roman !
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V. revient en Gaspésie après le suicide de sa mère. Elle revient sur les terres qu'elle a fui il y a quelques années, comme sa mère avant elle. Cette mère qui, toute sa vie, a parcouru le monde avec ses deux filles comme on fuirait le chaos du quotidien.
V. a besoin d'être seule, de comprendre ce geste, de vider cette maison où elle a grandi entre deux voyages, de faire le point sur elle même car cette perte a créé un véritable vide en elle.
Dans le grand nettoyage, elle retrouve les lettres de sa grand-mère, décédée le jour de sa naissance, qui lui permettent de remonter et de comprendre un peu mieux les méandres de la généalogie familiale féminine.
Ces lettres entrecoupent régulièrement le récit et lui donnent du rythme.
Au départ un peu déboussolée par le québécois dans le texte, j'ai finalement été chamboulée (je n'irai pas jusqu'à dire bouleversée) par la puissance du récit, la rage de cette langue crue qui agit telle une catharsis sur les failles de la narratrice.
Les falaises, du Québec à l'Islande, vont avoir raison des émotions refoulées de V. Et nous on plonge dans les eaux glacées de ce voyage introspectif pour en ressortir finalement apaisé.e.s.
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Harmonieux « Les falaises » est une ode à la Femme. Un châle brûlant sur des épaules frêles frigorifiées. Retenir ces brassées de mots. Ce style admirable qui contre les ressacs, les violences intérieures. Les points fixes et les douleurs infinies. « Les falaises » est l'espoir à flanc de falaises. Un pas de côté qui désire forcer la marche des existences englouties et à venir. Virginie Dechamplain délivre un premier roman majestueux, tissé d'une main de maître, dentelles sur des genoux écorchés. Portraits de femmes blessées à vif par les affres de la vie, cherchant l'issue et les croisements salvateurs. Macrocosme d'une féminité en excellence dans un espace- temps où tout est encore plausible. « Je pense que je suis brisée. » « J'ai l'automne à l'envers. » « V. » la narratrice est une jeune femme qui apprend le décès brutal de sa maman. Noyée dans un lac, l'emblématique « le Saint-Laurent », femme égarée, « « Folle » disent-ils. » Pas de pathos ici dans « Les falaises ». Virginie Dechamplain écrit avec de l'encre douce. Dans un style contemporain qui râcle l'écorce et encense l'invisible. « Ma mère est morte et je n'ai pas encore pleurée. » V. choquée se heurte aux flots du Saint-Laurent. Fleuve, grotte abyssale, matrice, « Ma mère en sirène ». V. retrouve sa soeur Ana et vont franchir les frontières mentales. Plonger dans les entrailles des souvenirs. Métaphore d'une mère disparue. Elles vont aller à La Gaspésie dans l'antre familial. « Il ne reste que nous. Marie, Ana et moi. Marie, protectrice de ces jeunes femmes refuge pour V. et Ana. « Ses petites mains froides comme des serres douces. » constante et consolante. « Marie nous regarde de côté, avec des grands yeux inquiets…. Je regarde Ana. Ses yeux de feux de forêts. » L'écriture sublime délivre ces pans de vies subrepticement à pas de velours et de persévérance. On entrevoit ce que murmure mélancoliquement l'après où la force des courants du Saint-Laurent charrie un générationnel écartelé. V. va se frayer un passage. Chercher le point d'appui. Revenir seule. Ranger, jeter, acter une délivrance, retirer les milles peaux qui enserrent ses espoirs. Brûler ce passé convulsif. Violente envers elle-même, en colère contre le mal de sa mère et ses silences abandonnés. Se doutant à l'extrême d'être son double. Emancipation, puiser l'amour dans les écueils des doutes. Ne rien trouver d'autre qu'un amas de sanglots meurtris sur des cahiers. Dissonance. Elle va lire. Page après page, les confidences de sa grand-mère. Comprendre. Femme ivre d'espaces, de liberté, broyée bien avant l'heure du jour. Piégée par un trop plein d'espoirs et d'illusions, le bovarysme en absolu. Mère devenue. « Un jour nous irons. Je te jure. Toi et moi nous les femmes. » Ainsi, cette grand-mère, assoiffée d'un féminisme écrit. Transmet son mal être qui, en manichéenne attitude cherche à vaincre tel le Mythe de Sisyphe, les contresens oppressants. V. va lire. Affronter les parois des falaises paraboliques. Transmettre le flambeau d'une génèse accomplie. Ce récit est un pèlerinage. Une pelote de laine qui roule à flanc des falaises existentialistes. Démêlant les noeuds et désirant l'ultime renaissance. « Ma grand-mère devant ma mère et moi dans leur sillage. Les plaines sauvages brunes et vertes me rappellent La Gaspésie après un hiver triste. L'océan à ma gauche. Les cahiers tirent à leur fin. J'entame le dernier. » Que dire de V. hôte de ces pages glaises où s'épanche Virginie Dechamplain dans un jeu de lumière impressionnant. Ces falaises sont bleues nuit. Bouleversant, ce grand récit est une mappemonde. Les femmes se retrouvent dans l'orée où l'horizon tremble par leurs convictions, leurs souffrances, leurs désirs. « Les falaises » est un hymne à la femme, à la transmission, au générationnel, à l'héritage des coeurs, à la quête des origines. Bien plus qu'une résilience, on apprend à vivre, à Revivre. Publié par les majeures Editions La Peuplade.
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V. a fui la Gaspésie dès qu'elle a pu, laissant derrière la maison, la mère, les femmes de sa vie. Mais un appel vient la chercher au coeur de la ville. Sa mère est morte, elle est partie. Alors V. revient. Un départ pour un autre, le dernier pour l'une, le nécessaire pour l'autre. Pour que la vague vienne, il faut que l'eau qui la compose se replie. Alors retour au nid, ni chaud ni douillet. Retour à l'enfance. Mais ça étourdit, ça engourdit, ça creuse le trou en dedans. Et au creux des murs, le long de la galerie, à travers les fenêtres qu'on laissent ouvertes, le vent s'engouffre, le froid avec. Plus de protection. Mise à nu. V. se découvre. de l'origine de son monde.

Sa mère est morte, sirène échouée, et son chant lui crie aux oreilles. Alors V. se recroqueville dans les carnets de sa grand-mère. Elle la lit, l'apprend. Cette grand-mère jamais connue se dessine et les femmes de sa vie prennent corps tandis que V. se souvient de son enfance, courue, au long des voyages incessants, imposés. Odeurs des villes, des paysages. Crises de mère. Partir encore. Fuite en avant. Courir le monde. Croiser les amants éphé-mères. Alors, petit à petit, tandis que les fils tissent, le voyage se profile. Des rives du Saint-Laurent à l'Islande. Suivre les traces. Elle qui était restée pour les effacer, ranger, nettoyer, les laisse finalement la guider. Venue pour faire le vide, elle fait le plein.

Ainsi, au pied des côtes hautes et abruptes, il y a le fleuve et parfois la mère, mais c'est dessus qu'il faut aller pour la trouver, et sentir son vide en-dessous. Nous avons tous nos falaises, nos blocs de roches érodées par le sel et le vent, par nos vies et ce qui les a construites. Nous les grimpons ou restons en bas à les regarder. Les falaises, créatrices d'écho quand on y crie, mères de vertiges si l'on regarde en bas, bâtisseuses d'horizons nouveaux si l'on regarde au loin. Et, sous la plume forte et poétique de Virginie DeChamplain, un peu tout ça, mais surtout un magnifique roman à lire absolument. Pour la beauté brute de son paysage, l'oralité à fleur de peau de son verbe, le souffle nouveau entre ses lignes. Et le voyage, par-delà les mères.
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J'ai longtemps cherché les premiers mots pour ce billet. Je ne savais pas quoi vous dire, j'avais juste envie de vous tendre ce livre pour que vous le lisiez à votre tour.

Finalement, j'ai relu Les Falaises pour me remettre dans l'ambiance et pour retrouver ces phrases qui m'avaient tant touchée à la première lecture. La seconde fois était tout aussi intense.
En le relisant une phrase s'est imposée à moi et qui est si infime par rapport à la force de ce roman : « Je cherche ma mère ma grand mère ma galaxie de femmes. Éparpillées dans le monde, j'essaie de les retracer«
Les Falaises est un roman sur le deuil mais qui est aussi sur tout autre chose de plus grand et plus universel.
L'amour un peu bancal et destructeur d'une mère pour ses deux filles « Elle nous aimait mais tellement mal », une renaissance par le voyage, l'abandon de ses repères, la filiation, les drames qui se répètent entre les femmes de cette famille.

Je vais m'arrêter là, ne plus essayer de trouver les mots, mais vous laissez le lire.
Lien : https://pagesversicolores.wo..
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Je suis complètement passée à côté de cette lecture, et je suis dégoûtée. le résumé me faisait tellement envie, j'aurais tellement aimé, mais non malheureusement. Ce qui m'arrive très rarement, je n'aime pas faire ce genre de chronique, mais pour moi, ça ne l'a pas fait. C'est sûrement un avis très personnel, j'ai lu beaucoup de bons avis sur ce livre.

Déjà, il faut savoir que ce livre est bourré de québécois, ce qui m'a complètement bloquée dans mon écriture. Je n'y connais rien, à part le char qui veut dire voiture, je n'ai donc pas compris toutes les expressions utilisées dans le texte. Un énorme frein pour moi, je n'ai pas réussi à passer au-dessus, je suis donc resté assez hermétique à l'histoire.

C'est en plus une lecture vraiment particulière, très courte (moins de 200 pages), où tout va très vite, trop vite pour moi. J'avais été étonné de sa taille à la réception et quand j'ai commencé à le feuilleté encore plus. Tout est plus ou moins survolé, tout manque de profondeur et j'ai eu du mal avec certains aspects de l'histoire. J'ai trouvé ces femmes vraiment étranges, je ne les ai pas comprises, elles ne m'ont pas touchées.

L'auteure a une plume très particulière, très crue, très cash, mais avec un sens de la poésie et des rimes assez prononcées.

Pourtant, ce livre avait tout pour me plaire, une histoire de femmes, de générations, de passé plus ou moins cachés, de voyages, de liberté. Une histoire de deuil, de page à tourner, de chemin à trouver.

Toutes les femmes de cette famille ont été à un moment donné perdue. Je crois que ce que j'ai le plus aimé dans ce livre, ce sont les extraits du carnet de la grand-mère de la narratrice.

C'est donc une lecture très mitigée pour moi, je suis passé complètement à côté de ma lecture, je n'ai pas été touchée. Sans doute à cause de la plume particulière de l'auteure et du parlé Québécois. Une lecture qui n'était pas faite pour moi, mais si mes points négatifs ne vous dérangent pas, n'hésitez pas à vous faire votre propre avis.
Lien : https://rowenabookine.com/20..
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Hello à tous, hier soir j'ai terminé Les Falaises de Virginie Dechamplain. J'ai lu ce livre dans le cadre du prix du jury Harper Collins poche.
J'ai un sentiment bizarre avec ce livre, j'ai aimé, pas de coup de coeur mais j'ai quand même vachement bien aimé. Et à la fois, j'ai trouvé le roman spécial.
A savoir que c'est mon premier roman québécois, heureusement j'avais les références de certaines expressions ou mots qui je pense vont en perdre quelques uns.
C'est un récit très court avec des chapitres très court entre lettres et poèmes.
On y retranscrit la vie de femmes, de mères, de personne déboussolés par la vie je dirai. V. va faire une quête d'elle même après avoir appris le décès de sa mère.
Ce roman a réussi à me toucher.
Ma chronique est complètement décousu, ce roman est pas facile à raconter si je puis dire. Allez je vous laisse le résumé et vous vous ferez votre propre idée :
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Résumé :

V. vient d'apprendre que l'on a retrouvé le corps sans vie de sa mère, rejeté par le Saint-Laurent sur une plage de la Gaspésie, l'équivalent "du bout du monde". Elle regagne là-bas, brusquement, sa maison natale, et se confectionne une "île" au milieu du salon venteux, lieu désigné pour découvrir et mieux effacer - ou la ramener - l'histoire des femmes de sa lignée à travers les journaux manuscrits de sa grand-mère. V. se voit prise dans sa lecture, incapable de s'en détacher. Sa seule échappatoire réside derrière le comptoir d'un bar au village, dans une chevelure rousse aérienne, et s'appelle Chloé.


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