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Critiques filtrées sur 5 étoiles  
Ellroy décide de donner une suite à son Dahlia Noir. Là où le premier opus du quatuor de Los Angeles était très personnel pour l'auteur puisqu'il était également un hommage à sa mère décédée, ce deuxième tome permet à Ellroy de développer un type de narration qu'il utilisera de façon aboutie dans la trilogie Underworld USA.

En effet, ici l'histoire est racontée par trois protagonistes séparés. L'histoire, bien que totalement crédible et inscrite dans son contexte historique, est une invention d'Ellroy. Mais le style inimitable du "demon dog" fait qu'on se prend à aller vérifier si les personnages qu'il décrit n'ont pas réellement existé. L'auteur parvient à être plus réel que la réalité ! Comme souvent avec Ellroy, les personnages ont leur faiblesse, leurs travers, leur violence pas trop rentrée. Ils en sont d'autant plus attachants car ils prennent une profondeur que les films en 3d ne parviennent pas à nous offrir ! Les deux dimensions de la page de roman suffisent parfois bien mieux à nous mettre face aux humains, si l'auteur a du talent bien sûr.

Ce livre est aussi pour moi l'occasion de continuer ma réflexion sur le personnage Ellroy, qui ne peut être dissocié de l'auteur. A l'heure des questions autour des Polanski ou des Woody Allen, on ne peut éluder qu'Ellroy est souvent décrit comme raciste, macho, violent, détestable personnage. Ce qui est sûr c'est qu'Ellroy éprouve une fascination (morbide ?) pour cette époque des années d'après-guerre où la violence permise aux forces de l'ordre était quasi sans limite et où les opinions sur les Noirs, les homosexuels ou les communistes étaient bien tranchées. J'ai pu lire dans certaines interviews que cette fascination était teintée de nostalgie chez Ellroy.
Il faut d'abord dire que cette époque est tellement éloignée de nous dans les comportements (alors qu'elle ne l'est pas tant que ça dans le temps) qu'elle en devient fascinante. Pour ce qui est du "personnage" Ellroy, je conseillerais de lire justement ce "Grand Nulle Part" et de me dire si un homme profondément raciste, misogyne et homophobe (comme on le décrit parfois) aurait pu imaginer une fin comme celle-là à son roman.

En bref, Ellroy décrit si bien ses personnages qu'il ne semble pas pouvoir vivre autrement qu'en leur ressemblant. Sa plongée dans le passé de la société américaine l'a sans doute rendu fou... mais que serait les artistes sans la folie ?
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Le Grand Nulle Part

Dans la nuit du 1er janvier 1950, un homosexuel est retrouvé mort, le corps déchiré de mutilations sexuelles et d'étranges morsures. D'autres meurtres similaires suivront dans l'année. Mal Considine, héros controversé de la seconde guerre mondiale, agent du L.A.P.D., mène l'enquête avec Dudley Smith, un policier dont le passé semble entaché d'une sombre affaire. Ellis Loew, adjoint du procureur de Los Angeles lance un Grand Jury sur l'influence communiste à Hollywood. La Menace Rouge fait trembler et les syndicats de machinistes de l'industrie du cinéma font peur. Danny Upshaw, jeune criminologiste du Comté de Los Angeles, est engagé pour infiltrer les réseaux communistes et trouver des preuves accablantes contre les communistes, en se rapprochant de Claire de Haven, une riche pasionaria communiste surnommée la Reine Rouge. Buzz Meeks, ancien flic du L.A.P.D. au département des Stups, homme de main d'Howard Hugues se retrouve sur les deux affaires. Réintégré dans ses fonctions de policier, il met ses talents au service de Mickey Cohen, chef de la pègre en rivalité avec Jack Dragna, un autre gangster de Los Angeles. Buzz Meeks prend les plus grands risques en s'amourachant d'Audrey Anders, la poule attitrée de Mickey Cohen. « Ça me plaît bien que ce soit dangereux d'être avec toi. J'aime ça. » (p. 275) Ce couple d'amants terribles ira au-devant de grands remous alors que Los Angeles est encore et toujours secouée par des vagues de crimes.
Dans ce deuxième volet du Quatuor de Los Angeles, on découvre la rivalité qui existe entre les services du L.A.P.D. (département de police) et ceux du L.A.S.D. (département du shérif). le récit est mené à la troisième personne par un narrateur omniscient qui saute d'un flic à l'autre. L'intrigue est complexe, notamment en raison du point de vue adopté. Les chapitres projettent le lecteur au milieu d'une scène sans indiquer quel personnage est suivi. Cela participe de l'enchevêtrement des enquêtes et de la ramification de l'intrigue. Chaque fil mène à la même conclusion mais dévider l'écheveau demande patience et relecture. J'ai suivi avec jubilation les mêmes pistes que les flics, réécrit leurs théories et rédigé les mêmes conclusions. James Ellroy parvient à créer une intrigue policière ultra complexe sans perdre en route son lecteur. Mais il s'agit de garder l'oeil ouvert et l'esprit alerte pour ne pas manquer un indice.

Je me suis attachée aux trois flics. Ils sont torturés, comme ceux du premier volet, mais leurs fêlures sont moins monstrueuses, plus humaines. Leurs faiblesses et leur violence bouillonnante sont des armes dont ils usent avec maladresse, comme des pantins qui voudraient couper leurs liens. Buzz Meeks surtout a retenu mon affection. de brute notoire au passé dégueulasse, il gagne en délicatesse à mesure que l'amour lui ouvre les yeux sur des valeurs autres que l'argent. Sans mièvrerie, James Ellroy montre comment un homme peut changer de voie sans renier ce qu'il est mais en effaçant une partie de l'ardoise qu'il porte dans le dos.

Une nouvelle fois, James Ellroy se fonde sur un fait réel, le meurtre de Sleepy Lagoon, pour développer une intrigue qui emprunte au réel et à l'imaginaire. La réalité dépasse parfois toutes les folies que pourrait se permettre le roman. le talent de James Ellroy, c'est de ne jamais faire oublier le substrat réel en l'alimentant de fictif. Il ne s'agit pas de recréer la vérité mais d'imaginer des voies parallèles et de donner au crime de nouvelles voies à explorer.

Et finalement, le Grand Nulle Part, c'est quoi ? C'est où ? Pour moi, c'est là où se perdent les flics de valeur, comme Lee Blancharddans le premier volet. C'est aussi un air de jazz aux notes mélancoliques et sinistres. le Grand Nulle Part, c'est Los Angeles, cité d'anonymes et de solitaires, cité d'êtres perdus, cité aux valeurs en déroute, cité oubliée du destin.
Lien : http://lililectrice.canalblo..
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Le choix de Jérôme pour Collectif Polar
James Ellroy, le grand nulle part
Trois destins parallèles de policiers, à l'aube de l'année 1950. C'est la pleine époque de la lutte contre la menace rouge, aux Etats-Unis.
Et le deuxième volet de la tétralogie le quatuor de Los Angeles.

J'étais entré dans le roman noir. Et les grands de ce genre qui en contient tant, qui est l'une des composantes majeures de la littérature actuelle, m'ont bouleversé.
En commençant par Ellroy. Après quelques romans dont une trilogie autour du personnage de Lloyd Hopkins, il s'est attaqué à sa ville et ses aspects les plus sombres dans une trilogie, le quatuor de Los Angeles. Un quatuor magistral dont "Le grand nulle part" est pour moi le plus réussi. le plus marquant. Il bouscule, met K.O. le lecteur et recommence, encore et encore.
Les personnages sont torturés, chacun ayant son lot de tares à porter, la société est pourrie et la rédemption n'est pas à la portée de tous. Un grand roman malade dont on sort changé.
Lien : https://collectifpolar.blog/..
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Derrière le Grand Nulle Part, il y a toute la compassion et la rédemption que James Ellroy parsème dans ses livres même de façon presque imperceptible. Dans ce livre c'est une forme d'apothéose (enfin ce n'est que mon avis). le final n'a d'égal que l'ensemble de l'histoire, des personnages. Upshaw est un personnage de tragédie grecque, qui va vers son destin même si celui-ci est la fin. Je me suis demandée "ce livre aurait pu finir autrement ?". Probablement non. le plus grand livre d'Ellroy.
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Danny Upshaw est un jeune enquêteur adjoint brillant, du bureau du sheriff de Hollywood ouest. Il se penche sur une série de crimes atroces et bien "graphiques". Mal Considine est un lieutenant des services du procureur, chargé d'enquêter - aux fins de la création d'un grand jury, sur les agissements du syndicat Alliance Unifiée des Figurants et Machinistes, que les autorités considèrent comme un instrument de la subversion communiste qui noyaute les studios de cinéma locaux. Enfin, Buzz Meeks est un ancien flic marron, homme de main d'un magnat du cinéma et qui a des accointances avec la pègre. L'ambiance est plutôt tendue entre les flics du comté et les agents du LAPD, c'est pour tout dire une guerre larvée, après les révélations fracassantes du caid Mickey Cohen, dévoilant les parties fines qui se déroulaient dans les locaux de la police de Los Angeles, grâce aux bons offices de la mère maquerelle locale, Brenda Allen. Nos trois hommes, dont chacun à un talon d'Achille, vont se retrouver dans la vaste opération de chasse aux sorcières rouges.

Le Grand Nulle part offre une immersion passionnante dans le Los Angeles du Maccarthisme. C'est un véritable panier de crabes, les flics s'accoquinent avec les truands, ces derniers voulant passer pour des bons patriotes en envoyant leurs nervis briseurs de grèves, membres du syndicat des camionneurs, bref en combattant l'ennemi commun, le communiste et les gauchistes de tout bord. L'intrigue est très efficace, mélange de scènes de crimes barbares, de réunions entre gens peu fréquentables, de planques, et de plongées dans la vie privée de policiers qui n'ont rien d'angélique. N'étant pas un très gros lecteur de polar, je me bornerai juste à dire que j'ai beaucoup goûté l'ambiance trouble et le cadre historique du récit, que c'est le meilleur roman du genre qu'il m'ait été donné de lire et que pour cette raison même, je m'enquille dans la foulée le troisième volume du Quatuor de Los Angeles, L.A. Confidential.
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Ellroy comme Faulkner est un des grands de la littérature américaine. J'ai plongé dans ces romans dans les années 2000 avec délectation et crainte, et peur et enthousiasme.
Cette Amérique qui par son cinéma des années 90 nous renvoyé une image de grandeur, de liberté, de tout est possible si l'on veut se retrouve bien fracassé sous la plume d'Ellroy.
Je crois qu'après avoir lu Sapiens, je porte un nouveau regard sur l'oeuvre d'Ellroy et son entreprise de regard sur les coté sombre des histoires qu'on se raconte, des mythes auquel on croit pour pouvoir vivre ensemble.
Ellroy veut raconter son histoire de l'Amérique ! comment la bine raconter ? quel mot choisir ? Quel phrase construire ? Quand la mettre, quand la tronquer ? C'est un acte de littérature pour raconter !
La grand Nulle Part, n'est pas une oeuvre conceptuel, c'est trois histoire qui tissent une toile organique nous plongeant dans l'Amérique, ses rêves, ses illusions et ses cauchemars !
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Danny Upshaw,Buzz Meeks, Mal Considine,trois flics de Los Angeles au début de l'année 1950.Chacun ses félures, chacun ses angoisses , chacun ses ambitions et son rapport personnel à la morale, la « conscience professionnelle » , et à sa propre personnalité . Leur trajectoires mêlées forment la trame de ce roman complexe et magnifique . A l'arrière-plan , il y a la Ville grouillante et corrompue , la chasse aux sorcières dans les milieux du cinéma et le racisme omniprésent. Se dessinent aussi les silhouettes de personnages récurrents , Loew , l'ambition froide et Dudley Smith l'archange noir du mal . Également des personnages réels , Mickey Cohen , roi de la pègre et Howard Hughes le milliardaire dément.Du très grand roman !
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quoi dire de plus apres l'exellente critique de lili galipette!
je rajouterai juste que le grand nulle part est aussi lelieu d'affrontement entre la sensibilite de l'homme(voire sa féminite)et sa virilité qu'il doit à la fois dompter-bestialité-et afficher-l'homme fort et protecteur.
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Le grand nulle part de James Ellroy


Le tout commence la nuit de la saint sylvestre en 1950.

On rencontre Dany Upshaw qui enquêtera sur le meurtre ignoble d'un homosexuel. Je vous épargne la description du corps mais Ellroy ne nous épargne aucun détail.

D'un autre côté, Mal, enquêteur à la division du grand jury et Buzz, l'ex flic un peu accro aux paris, s'embarquent dans une enquête au sein des studios de cinéma pour rassembler des preuves contre un syndicat communiste.

C'est époustouflant tant c'est dense et maîtrisé. Car les deux enquêtes finiront par se rejoindre. le trio va, à coup de menaces, de chantages et de coups, remonter les pistes.

Ellroy nous enferme dans un monde noir, une ville violente, des scènes qu'il nous décrit minutieusement pour nous saisir souvent par leur horreur. Toutes les images se forment dans notre tête. le langage n'est pas censuré. On est chez les flics des années 1950, on a leur accent, leur vocabulaire.

Tous ces détails livrés par une plume fine, détaillée et adaptée nous met au centre de ces enquêtes complexes et passionnantes. 

J'ai été impressionnée par ces 714 pages

C'est LE livre dont on peut dire il se mérite, j'étais accompagnée d'un petit carnet pour tous les personnages, manipulée par cet auteur incroyable.



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Poursuite de ma relecture d'Ellroy et son quatuor de Los Angeles, 30 ans après une première découverte qui fut pour moi une révélation et le début d'un engouement pour le roman noir américain.
Ce deuxième opus est une merveille, bien plus complexe et abouti que le Dahlia noir, qui est déjà un très grand roman.
Les 640 pages, l'enchevêtrement des histoires des trois personnages principaux, l'intrigue alambiquée et le contexte historique très documenté de ce début des années 1950 à Los Angeles pourraient décourager certains. Mais, accrochez-vous ! L'intrigue, la complexité des personnages principaux et secondaires, le mélange des personnages de fiction et ayant réellement existés (Mickey Cohen, Howard Hugues..), le panorama de l'Amérique de 1950, raciste, anticommuniste, la corruption de la police et ces liens avec la mafia, sans parler de la description des milieux jazzy, de l'industrie du cinéma et des syndicats qu'ils soient "communistes" ou du crime, font de ce Grand Nulle Part, à mon avis, l'un des plus grands romans romans de l'auteur préfigurant la trilogie Underworld future.
Le coté réactionnaire et conservateur qu'Ellroy revendique, pouvant rendre l'auteur antipathique, doit être, selon moi, mis au second plan à coté de l'immensité du talent de l'écrivain (comme, toute proportion gardée, Céline ou d'autres avant lui).
Enfin, vous pouvez tout à fait lire ce deuxième volet, indépendamment du Dahlia noir, ce qui peut permettre aux chanceux qui ne connaissent pas encore James Ellroy d'entrer dans son univers par une de ces oeuvres les plus abouties.

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