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EAN : 9782268035291
174 pages
Les Editions du Rocher (14/03/2000)
3.2/5   5 notes
Résumé :
" Contrairement à ce qu'imaginent la plupart de nos concitoyens, la Bibliothèque est un lieu où il fait bon vivre. Elle n'est sévère qu'en apparence, avec ses tables bien cirées, ses officiants en blouses grises, ses avalanches de reliures où dominent les bleus de nuit, les verts passés, les terre de Sienne, enfin son hall qui ressemble à une salle des pas perdus. Au-delà de cette physionomie un peu conventionnelle, elle réserve à ceux qui viennent l'habiter des sen... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique

N°363– Aout 2009

LA BIBLIOTHÈQUE - Jean LIBIS – Éditions du Rocher.

Cela commence plutôt bien, cela parle d'une bibliothèque, un lieu que j'apprécie tout particulièrement, d'une période sabbatique obtenue par l'auteur pour procéder à quelques recherches, devant accoucher d'un travail universitaire célébrant la beauté des femmes dans l'histoire de l'art, ce qui est un vaste et passionnant programme... Ce roman avait donc tout pour le séduire.

Pourtant, il s'ensuit une relation par le menu du quotidien de ce qui se passe dans et à l'extérieur de cette bibliothèque, le personnage de Mlle Simonetta, sorte de cerbère qu'on imagine bien dans ces lieux, faisant tout, sachant tout, supervisant tout, avec la certitude qu'elle est indispensable à la bonne marche de l'établissement et que sans elle on va droit vers le chaos, M. Paul manutentionnaire besogneux, sérieux, crépusculaire et poussiéreux, le ramassage d'escargots envahisseurs de pelouses, la description de poissons apathiques habitant un aquarium... Ses travaux amènent notre auteur à examiner divers documents dont le « dictionnaire de théologie » traitant, en 28 volumes indigestes et décourageants de la concupiscence, des interrogations théologiques, de la localisation géographique des limbes... Rien de bien séduisant et en tout cas bien loin du sujet. Et ce d'autant que cela se complique par la consultation des écrits anciens sur les préoccupations théologiques d'après-mort, les chants liturgiques, les angoisses judéo-chrétiennes que suscite le jugement dernier, avec en prime la vie un peu agitée d'un docte jésuite, son goût immodéré pour la casuistique, les mortifications purificatoires, les anathèmes définitifs, les tentations qu'on doit fuir, mais aussi les écrivains classiques et néanmoins latinisants, leurs syllogismes, leurs interrogations sur le sexe des anges et les tourmentes de la chair ...

Par le miracle de la mémoire de l'auteur, et de ce père jésuite, surgissent l'évocation de l'enfance, de l'adolescence boutonneuse et gauche, l'éveil à la vie et des premiers émois amoureux, l'apparition d'une jeune fille diaphane, Cécilia, et la fugace vision d'une partie de son corps, un sein, d'ordinaire jalousement caché. Nous avons tous bien connu ces fantasmes, ils s'incrustent dans notre inconscient et, bien qu'on s'en défende, ne nous lâchent pas de toute notre vie. Nous y voilà donc, et cette évocation nous rapproche du sujet d'autant que cet appas féminin va prendre une proportion inattendue et pour tout dire extravagante.

Une lettre parfumée à laquelle il n'a pas répondu prend, vingt plus tard une importance surréaliste, l'érotisme reprend sa place, l'imagination déborde... Une rencontre fortuite, l'homonymie d'un prénom et c'est tout un mécanisme qui se met en place, d'autant que le hasard s'en mêle par le truchement d'une traduction latine laborieuse.

Mais la vie cruelle et quotidienne reprend ses droits, parfois inflexibles et inattendus et vous ramène sur une terre que vous n'auriez jamais dû quitter, même si, heureusement «  il y a dans une vie deux ou trois événements extraordinaires »

Et les recherches universitaires dans tout cela? Rien! Je dirais heureusement, si on veut bien me le permettre, tant pis pour la thèse, tant mieux pour le lecteur!

J'ai bien aimé ce roman que j'ai lu d'un trait avec curiosité. le style est fluide, évocateur, les phrases agréablement humoristiques et chantournées, pleines de citations bienvenues et pertinentes.

Hervé GAUTIER – Aout 2009.http://hervegautier.e-monsite.com


Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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Le narrateur obtient de son employeur un congé sabbatique de six mois pour mener des études d'histoire de l'art. Cet objectif le conduit à fréquenter assidument la bibliothèque locale où il trouve tour à tour des ouvrages barbares puis passionnants et chronophages. Il prend ses aises et ose même fureter parmi les ouvrages de théologie et particulièrement sur un article qui l'intrigue et le pousse à dévier de ses études initiales.

L'auteur peint bien plus qu'un lieu : des odeurs, des bruits indistincts, de la mémoire vivante et ces passagers ponctuels qui viennent recueillir l'information où elle se trouve.

On plonge dans la quête du narrateur, un homme à la quarantaine bien sonnée, un solitaire à la poursuite de son passé, de ses souvenirs et qui en entreprenant des recherches soulève des idéologies jusque-là ignorées.

Livre sympathique au vocabulaire très riche, aux images presque drôles (l'aquarium, étape obligatoire avant l'entrée en salle, le jardin anglais vision de la place du narrateur où fourmillent les gastéropodes baveux...) et d'où se dégagent de multiples sensations. Et il y a un charme suranné qui se dégage de l'ambiance fort vieillote dans laquelle évolue notre personnage. Personnellement il m'a rappelé un stage passé dans une bibliothèque qui correspondait en tous points à la description formulée dans ce livre.

En somme, un bien bon moment qui m'a touché et m'a fait regretter de ne pas passer plus de temps parmi les rayons chargés de livres. Les bibliophiles pourraient trouver un fort écho avec ce livre.

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les livres:moyen de connaissance d'apprentissage d'art de culture

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Citations et extraits (2) Ajouter une citation

Celui qui fouille dans son passé est menacé de langueur maligne. Le monde appartient aux oublieux, aux spécimens qui se lèvent tôt, à ceux qui ne font pas de rêves la nuit. Quant aux gens qui entassent leur courrier dans des caisses de carton, qui lisent le père Gury dans le texte, qui regardent les aquariums bien plus assidûment que la télévision, ceux-là sont des figures de musées, des mannequins bourrés de paille.

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Si vous ne voyez pas comment on peut en boire les silences, en manger les odeurs, lisez ce livre. Et si vous pressentez déjà tout cela, vous serez peut-être plus étonné encore...

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