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Les Editions du Rocher

Les Éditions du Rocher ont été fondées en 1943 à Monaco, et tirent leur nom de cette localisation. Le Rocher publie principalement des documents (biographies, actualités, histoire..)., des romans français et étrangers, à travers la marque «Le Serpent à plumes» et la collection de poche « Motifs ».

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Collections de Les Editions du Rocher



Dernières parutions chez Les Editions du Rocher


Dernières critiques
Osmanthe
  01 juin 2020
La Femme de Villon de Osamu Dazaï
Madame Otani, jeune femme de 26 ans, mère d’un enfant de 4 ans manifestement attardé, voit rentrer une nuit son alcoolique de mari dans leur miséreuse demeure…poursuivi par un couple, auquel il aurait volé de l’argent. Brandissant un couteau, il se sauve ! La laissant se débrouiller avec ces gens qui vont lui raconter le forfait et son contexte : ils sont tenanciers d’un bar et ont parmi leurs habitués Monsieur Otani, poète souvent sans le sou, qui a pris la fâcheuse habitude de ne pas payer ses consommations. Madame Otani apprend d’eux qu’il est souvent accompagné de femmes, et que sa dette envers l’établissement a pris une ampleur que les patrons aimeraient résorber. Si ce récit des aventures de son mari fait rire Mme Otani, qui ne semble pas surprise outre mesure, un minimum d’honneur exige que cette dette soit remboursée. Elle va donc s’y atteler dès le lendemain en se proposant à travailler gratuitement au bar. Elle va avaler quelques couleuvres, entre le mari qui se pointe pour s’attabler avec de nouvelles dames, des clients masculins pas toujours délicats, et la nécessité d’assumer la responsabilité du gamin, et d’éponger les dettes de Monsieur à la sueur de son front.



Comme la plupart du temps, Dazai commet ici un texte quasi-autobiographique. Très court, il s’agit en fait d’une nouvelle, dont la lecture est agréable. Bien sûr, on y trouve les aspects noirs de la vie de Dazai : la pauvreté, l’alcoolisme, le goût pour les femmes, son instabilité qui n’en font pas un père très fiable, cet homme fuyant ses responsabilités. On ajoutera que l’enfant attardé est aussi autobiographique, car un de ses enfants souffre en effet d’un handicap mental. Mais la narration est assez enlevée, grâce à l’heureuse insertion de dialogues finalement assez légers, qui viennent soulager la narration de Mme Otani.



S’il se glisse clairement dans la peau de M.Otani, poète assez connu, son tour de force est de prendre comme narratrice sa femme. Il se met ainsi en quelque sorte à sa place, comme pour mieux comprendre ce que lui, Dazai, peut faire endurer à sa femme au quotidien. Son personnage masculin a écrit un essai sur François Villon, dont on connaît les frasques et la fin tragique. C’est en fait Dazai qui s’identifie à Otani qui s’identifie à Villon…Et si Mme Otani assume courageusement de laver l’honneur de son mari sans se plaindre, le seul moment où elle craque est justement de voir le rapprochement Otani/Villon sur une affiche dans le train : « De voir ainsi accolés le nom de mon mari et celui de François Villon, je ne sais pourquoi, j’ai senti mes yeux s’embuer de larmes amères et je n’ai plus rien vu. »

C’est que Dazai est pétri de contradictions, se montrant à la fois irresponsable, dépensier, alcoolique et infidèle, et en même temps parfaitement conscient de ses terribles défauts, qui le minent de culpabilité et de remords, le poussant aux pensées et propos masochistes et suicidaires. Au fond, ce n’est pas un mauvais bougre, et d’ailleurs, contrairement à une des critiques lues par ailleurs sur cette nouvelle, non non non, je ne pense pas que M. Otani soit un monstre violent, il ne semble pas qu’il lève la main sur sa femme. Simplement, il peut s’emporter quand il a bu, et de ce fait devenir dangereux.



L’écriture est comme toujours chez Dazai simple et classique à la fois, je dirais un style populaire de qualité. C’est un bon moment de lecture, un texte court, que j’aurai plaisir à relire un jour. Selon moi il n’est pas si noir, éclairé par des dialogues bien sentis et teintés d’une forme d’humour qui dédramatisent la situation.

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Tobidhambourg
  31 mai 2020
Frankenstein ou Le Prométhée moderne de Shelley Mary W.
C'est un classique, assurément. Mais peut-être "trop" classique... Quelque chose dans la forme a vieilli, et c'est principalement la psychologie des personnages : on a affaire ici à des caractères romantiques, que ce soit dans le meilleur (la part de tragique, notamment dans le discours de la créature à la fin) que dans le plus caricatural (la mélancolie surabondante, l'emphase sur le paysage montagnard, les références peu subtiles...). Si l'on fait l'impasse sur ces personnages quelques peu clichés (mais en même temps l'époque veut cela) le récit lorgne davantage sur le fantastique et le tragique plus que sur la science-fiction (comme l'indique le résumé). En effet si les diverses adaptations cinématographiques ont forgé l'image d’Épinal du savant fou se prenant pour Dieu dans une tour lugubre le récit originel s'attarde finalement peu sur la création en elle-même ; l'intrigue tourne autour des remords du docteur et du parcours de la créature en liberté, affrontant à la fois ce qu'il peut y avoir de sublime et terrible chez l'Homme. Bien que le personnage principal soit Victor c'est davantage la créature que l'on retiendra, surtout via ce passage de la ferme qui, s'il peut être excessif dans la construction du personnage permet de développer une véritable empathie pour cette figure mythique.
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Polardesglaces
  31 mai 2020
Pleure, Géronimo de Carter F
Grand amateur de polar et de thriller, j’ai décidé d’abandonner le genre, le temps d’un livre. Le thème du roman, les Amérindiens, à travers la vie du plus célèbre d’entre eux, Géronimo, me séduisait. Hélas, je n’ai pas aimé ce livre. J’ai bien souvent failli l’abandonner et ne suis allé jusqu’au bout que parce que je me suis fixé comme règle de ne pas laisser tomber un livre dont j’ai dépassé la 20ème page. Certes, il y a bien, ici ou là, quelques épisodes qui ont suscité (ou plutôt éveillé) un intérêt, notamment dans la deuxième moitié de l’ouvrage. Mais ils furent peu nombreux. Globalement, j’ai trouvé que ce roman était mal écrit et je ne suis pas entré dedans. Les descriptions des recoins de canyons et des différents itinéraires m’ont bien souvent lassé. Il m’aurait fallu, parfois, une boussole ! Je ne pense pas retrouver Forrest Carter sur mon chemin de lecteur.
Lien : http://www.polardesglaces.com/
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