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Ce livre m'a intriguée, frappée, interpellée et parfois m'a glacé le sang. On est ici dans le déni total de la femme pour ce qu'elle est. Dans cette île, la femme est à la maison pour les tâches ménagères, se marier et faire des enfants. Dès leur jeune âge, les filles savent qu'elles devront passer par là et se marier, être enceinte et accoucher d'un garçon dans l'idéal. Toutes suivent les préceptes inculqués dès leur naissance, parce que c'est ainsi que les ancêtres l'ont décidé. Mais certaines jeunes filles vont se rebeller pour avoir la liberté d'être elles, de choisir ou pas de se marier et d'avoir ou pas des enfants. Un livre bouleversant, très sombre, violent et puissant et qui rend hommage à la féminité, qui est un ouvrage féministe.
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Vanessa, Janey, Caitlin et Amanda vivent sur une petite île, dernier endroit de paix alors que le monde entier a brûlé. Leur société est dirigée par les hommes et pour contrôler les naissances, les couples n'ont droit qu'à deux enfants. Mais mettre deux enfants au monde en bonne santé est de plus en plus rare. Les filles savent qu'une fois pubère, elles devront se marier et passer sous l'autorité de leur mari. Pour certaines, comme pour Amanda, tout vaut mieux que l'autorité de son père. Les autres attendent l'été avec impatience, quelques mois de pluie, de boue et de moustiques, mais aussi de totale liberté qui leur est offerte. Toutes savent que ces temps de liberté ont une fin. Sauf Janey qui refuse de manger pour contraindre son corps à rester dans l'enfance.

Même si on peut considérer la société dans laquelle vivent les filles comme une secte, je considère ce roman comme une dystopie. En effet, on retrouve de nombreux thèmes qui reviennent dans ce genre-là, un monde en flamme, quelques survivants, une société avec des règles en défaveur des femmes pour faire perdurer l'espèce, et justement des adolescentes en rébellion contre ces règles. Ce roman se lit comme du Young Adult, mais pour le coup, vraiment pour adulte. S'il n'y a pas de descriptions vraiment choquantes malgré tout ce qui est décrit, c'est sur le psychologique que le roman joue. Et est admirablement bien construit, j'ai trouvé ! En effet, on est tout le temps du point de vue des filles. de cette manière, certains détails se construisent peu à peu, permettant de dévoiler l'horreur de certaines situations sans tomber dans le pathos, parce que les filles ont été élevées ainsi et qu'elles considèrent normal ce qu'on leur fait subir. Même Janey, la rebelle, qui refuse de grandir, refuse la vie qu'on lui promet, ne remet pas forcément en cause certaines choses considérées comme normales, mais refuse que cela lui arrive à elle.

Les 4 filles sont vraiment attachantes, chacune avec leurs idéaux et leur caractère.

J'ai trouvé le roman vraiment bien construit et très prenant. L'auteur est en revanche sans concession avec ses personnages et d'une certaine manière, est extrêmement réaliste quant à la cruauté de la vie.

De nombreux sujets sont abordés dans le roman, pas forcément fouillés, mais suffisamment mis en avant pour nous pousser à réfléchir. En tout cas, c'est un roman qui reste et auquel on repense.

Je vais d'ailleurs ne pas vous en dire plus pour ne pas spoiler, mais il y a quantité de détails sur lesquels je pourrais revenir et analyser ! Ce roman est une vraie mine !

Alors, attention, certaines scènes et sous-entendus peuvent être choquants pour le lecteur, mais ça a été un gros coup de coeur et si vous êtes curieux, je vous le conseille vivement !
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Publié l'année dernière aux États-Unis, Gather the Daughters est le premier roman de l'américaine Jennie Melamed, infirmière en psychiatrie spécialisée dans le traumatisme de l'enfant. Acclamé par le New York Times, The Guardian ou encore Kirkus Reviews, l'ouvrage figure parmi les nominés au prix Arthur C. Clarke aux côtés d'American War d'Omar El Akkad ou de Borne de Jeff Vandermeer. Traduit en France par Marie de Prémonville pour les éditions Anne Carrière, Et nous ne vieillirons jamais n'a guère connu de presse dans l'Hexagone. Il était temps d'en savoir davantage à son sujet.

Jennie Melamed installe un climat mystérieux sur une île jamais nommée à l'écart du reste du monde. Sur celle-ci, une communauté très pieuse a (re)construit une société patriarcale absolue autour d'un ouvrage néobiblique appelé Notre Livre. Chaque famille de l'île possède un patronyme évoquant les grands personnages de la Bible (Adam, Salomon, Joseph) et se plie au culte des ancêtres, les fondateurs de la communauté. Les vadrouilleurs occupent une place de choix dans la hiérarchie puisque ce sont eux et eux seuls qui disposent du droit d'aller dans les Terres Perdues, au-delà de la mer/océan qui sépare les habitants de l'île du reste du monde. Un monde détruit par le brasier des guerres, de la famine et de la maladie où l'humanité n'en finit pas de crever. Pour guide, Jennie Melamed choisit plusieurs jeunes filles : Vanessa, fille de vadrouilleur et curieuse invétérée, Janey, adolescente farouche qui utilise l'anorexie pour retarder la survenue de ses règles et Caitlin, jeune fille effacée sous le joug d'un père violent. Et nous ne vieillirons jamais se penche sur l'histoire d'une rébellion, celle de ces gamines-là, et surtout sur une histoire de filles en passe de devenir femmes. Dès lors, le roman de Jennie Melamed devient un roman féministe et engagé…ce qui joue un tantinet contre lui.

En effet, avec le succès phénoménal remporté par The Handmaid's Tale, l'adaptation de la Servante Écarlate de Margaret Atwood, Jennie Melamed est forcément soumise à la comparaison. Problème, Et nous ne vieillirons jamais n'a pas les mêmes buts que le roman d'Atwood. Alors que celui-ci édifiait un monde science-fictif construit et détaillé sur des enseignements bibliques, Jennie Melamed reste volontairement plus flou, ce qui handicape son récit.
En effet, le principal mystère qui plane sur l'île, c'est de savoir s'il s'agit du refuge d'un lambeau de l'humanité après l'apocalypse…ou une secte ayant choisi de couper toute communication avec le continent. Jennie Melamed en fait l'un des moteurs de l'intrigue mais l'on sait très (trop) rapidement ce qu'il en est. La prévisibilité d'un roman n'est, en soi, pas forcément un défaut lorsqu'elle s'inclut dans une logique narrative précise… sauf lorsque cette prévisibilité vient contredire un suspense maintenu artificiellement par l'histoire. Ainsi, le récit peine à se renouveler et, surtout, rate de nombreuses occasions d'aller étudier d'autres thématiques beaucoup plus intéressantes. Contrairement à La Servante Écarlate, il ne s'agit pas d'histoire de femmes et d'exploitation patriarcale, du moins pas frontalement. le roman élude quelques points cruciaux dont le plus douteux tourne autour du viol des filles par leurs propres pères jusqu'à l'été de la fructification où les enfants sont mariés entre eux. Là où le roman d'Atwood tentait de donner une explication au viol rituel de son héroïne, celui de Melamed le pose comme une base, de façon opportune et maladroite. le rôle du viol et de l'inceste n'a ici aucune justification farfelue, on ne sait absolument pas pourquoi cette communauté a décidé de cette règle tacite. Ce qui laisse perplexe sur l'objectif poursuivi par Jennie Melamed.

Le propos fondamental de ce récit hésitant entre post-apocalyptique et secte, c'est avant tout le passage à l'âge adulte. Contrairement aux récit traditionnels, il ne s'agit pas tant ici d'observer les changements psychologiques des enfants qui deviennent adultes mais bien de remarquer la marche forcée de la fille vers la condition de femme. En filigrane, Jennie Melamed explore une thématique tout à fait fascinante : la conception de la femme dans une société patriarcale et son obligation à procréer. Ici, on inculque aux jeunes filles leur rôle dans la perpétuation de l'espèce et de la communauté. Il est intéressant de voir comment Jennie Melamed explique le conditionnement dès le plus jeune âge pour devenir une mère, et pas simplement par les hommes mais également par les femmes elles-mêmes qui deviennent de facto des bourreaux ou des complices. de même, l'américaine confronte la belle image bien lisse que nous avons de la maternité et la réalité, bien moins reluisante. Un peu à la façon de Tully, le roman insiste sur les charges qui écrasent les femmes lorsqu'elles deviennent mères, d'autant plus ici car celles-ci sont bien trop jeunes pour l'être. La description minutieuse des trois héroïnes joue grandement dans l'implication émotionnelle du lecteur, notamment par le personnage fragile et pudique de Caitlin. Et nous ne vieillirons jamais décrit à la fois une emprise patriarcale totale mais aussi l'étincelle de révolte qui contamine la jeunesse sur l'île. La rébellion viendra des jeunes, pas de vieux englués dans leurs principes…à moins qu'on ne les secoue durement.

L'autre thématique qui sauve le roman de l'échec, c'est le discours de Jennie Melamed quand au repli sur soi. L'île, qu'elle soit dans un monde post-apocalyptique ou actuel, symbolise finalement l'isolement à la fois social, culturel et anthropologique. À force de vivre entre eux, ces différentes familles deviennent consanguines et les “défectueux” de plus en plus nombreux. Les opinions finissent par pourrir et la morale par vaciller devant la nécessité de l'isolement. Même si beaucoup de critiques ont voulu voir avec ce roman un avatar de la Servante Écarlate, l'ouvrage s'avère bien plus efficace pour critiquer l'intolérance et le devenir d'une civilisation à l'écart du reste du monde que pour disséquer la dystopie. Une critique qui interpelle à l'heure du Brexit et autres replis identitaires. La nécessaire rébellion passe ici par la curiosité et la volonté de s'ouvrir au monde, à travers les livres ou à travers les autres. En cela, Et nous ne vieillirons jamais insiste sur le rôle de la culture et de l'échange. Si l'on peut reprocher le manque de détails quant aux traditions de cette communauté et une certaine difficulté à définir des personnages au-delà du trio principal, le récit de cette adolescence volée a quelque chose de poignant dans le fond et touche à quelque chose d'éminemment actuel dans la perception de la femme (et de la fille) dans notre société moderne.

Et nous ne vieillirons jamais souffre d'évidentes lacunes narratives dans la caractérisation de sa société sectaire. Surtout, le roman de Jennie Melamed s'évertue à entretenir un suspense qui n'a pas lieu d'être et anéantit une part de la force du récit. Cependant, le récit s'avère assez puissant pour discuter de la place de la fille dans une société qui lui réserve une place asphyxiante. Grâce à son questionnement sur les méfaits de l'isolement et du repli sur soi, Et nous ne vieillirons jamais finit par s'imposer comme un bon premier roman. Mais il aurait pu être bien davantage cependant.
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Jennie Melamed signe un premier roman original, sombre et puissant.

Voilà un premier roman qui ne peut laisser indifférent, un roman qui nous plonge au coeur d'un petit microcosme, au coeur d'une société sectaire vivant en autarcie sur une île américaine. Une atmosphère glaçante s'installe au fur et à mesure que Jennie Melamed dépeint les rites, coutumes et moeurs de cette communauté.

Dans un premier temps Jennie Melamed nous fait entrer dans le quotidien de ces familles puis nous amène à faire connaissance avec différentes jeunes filles.

Ce roman est à la fois terrible et terrifiant du fait du traitement réservé aux filles et aux femmes de cette société recluse. On peut penser à La Servante écarlate en lisant ce roman, il y a une violence sous-jacente qui amène un sentiment de révolte et d'injustice dans le coeur du lecteur et des jeunes héroïnes de cette histoire.

C'est une histoire qui semble irréelle et pourtant qui trouve un écho de nos jours. C'est un roman important car il permet au lecteur de mettre en perspective, remettre en question ses propres certitudes et sa propre vision de la société. C'est un roman qui frappe en plein coeur, qui peut nous mettre mal à l'aise, qui peut nous entraîner vers de nombreux questionnements.

En définitive, un premier roman qui révèle un nouveau talent sur la scène littéraire : Jennie Melamed.
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De boue et de sang

Bon, lourde tâche que de résumer ce livre… Commençons par les personnages centraux du récit : il s'agit de jeunes filles, à peine adolescentes pour les plus âgées, isolées avec leurs familles sur une île où elles vivent en vase clos au sein d'une communauté post-apocalyptique régie par une sorte de gourou et soumises à pléthore de règles qui les maintiennent sous une coupe patriarcale loin des « Terres Perdues », celles au-delà des étendues d'eau qui baignent l'île.

Les règles qui gouvernent la vie sur l'île n'ont pas d'autres buts que de maintenir l'île isolée au milieu de ses secrets et de réduire au silence ses habitants. le style de Jennie Melamed rend parfaitement l'atmosphère glaçante dans laquelle cette communauté tente de vivre. le terme vivre est d'ailleurs particulièrement déplacé tant personne ne semble être en capacité de vivre : la survie est le mot d'ordre de l'organisation qui oppresse les habitants de l'île, la peur et le respect des règles finissant de faire office de chape de plomb.

La société dans laquelle les adolescentes grandissent est un monde replié sur lui-même, froid et effrayant, bâti sur un socle constitué exclusivement de rites et de règles dont le seul objectif est un formatage en bonne et due forme de ces jeunes filles. Dès l'apparition de leurs premières menstruations, les voilà jetées dans les bras des hommes à marier de l'île, quelque soit leur âge. Elles quittent les griffes de leurs pères qui abusent d'elles en toute légalité pour tomber dans celles de leurs futurs maris au cours de bacchanales que les habitants tentent de faire passer pour de simples appariements maritaux !

Enfermer, réduire au silence, opprimer pour mieux diriger semblent être les credos qui sous-tendent l'organisation générale de cette communauté.

A travers une sacralisation des terres de l'île, présentées comme un havre de paix, de sérénité et de sécurité, par opposition aux terres perdues, présentées comme le danger extérieur qui pourrait venir perturber la bonne organisation de l'île, le pouvoir en place, qui concentre dans les mêmes mains l'ordre séculier et religieux.

A travers son récit, Jennie Melamed tente de répondre intelligemment à répondre à la question suivante : « qu'est-ce qui se cache sous la boue ? ». Si l'auteur donne bon nombre d'éléments, décrits précisément certains rites, pour influencer le lecteur dans ses interprétations, elle n'en laisse pas moins beaucoup de pistes que le lecteur devra emprunter seul. le lecteur doit faire l'effort qui semble être refusé aux adolescentes qui vont pourtant entrer en rébellion : le rythme de l'habitude et de la tradition doit empêcher les jeunes filles de se poser des questions, de remettre en cause le système existant.

Vous aurez compris que ce roman est écrit pour déranger le lecteur, pour l'obliger à s'interroger sur le rôle des habitudes, des traditions et la nécessité vitale de ne jamais prendre les choses pour acquises car elles se révèlent souvent être des fausses pistes, des chausses-trappes.

Utopie qui vire au cauchemar, patriarcat dévoyé au plus profond de sa chair, souffle de liberté (de penser, d'agir, d'être), ce roman dense exigera beaucoup de son lecteur mais lui offrira plus encore. Une longue épure de plus de quatre cents pages magnifiquement écrite, sans aucun relâchement que ce soit en terme de style ou de rythme. Une belle et sombre découverte.

« Les pensées deviennent des mots, répond Caitlin, citant Notre Livre. Les mots deviennent des actes, les actes des habitudes. Surveillez vos pensées, ou bien vous vous retrouverez à vous battre pour des causes auxquelles vous n'avez jamais vraiment cru. »
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Un très remarquable premier roman, qui flirte avec le fantastique. Sur une île perdue , peut être bien en Amérique (mais aucune précison n'est donnée) , vivent des habitants, avec leurs règles d'un autre âge, leur église et leur livre "saint" . La toute puissance des pères y est consacrée, célébrée, et les jeunes filles la subissent ou s'en accommodent tant bien que mal...Les non -dits pullulent, l'atmosphère est pesante, et on comprend vite le drame qui se noue et le nécessaire besoin de liberté qui agite certaines d'entre elles. ..
Un de mes coups de coeur du mois de mars. La critique ne s'en étant pas encore emparée, il est plus que temps de les devancer pour une fois.
A découvrir!!!
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"Et nous ne vieillirons jamais" de Jennie Melamed est un grinçant roman, choquant et dérangeant. Dès les premières lignes, il immerge le lecteur dans une sorte de communauté Amish vivant sur une île. Les pères violent leurs filles, les mariages sont arrangés, la consanguinité est de mise, la violence régulière... Mais cette soif de liberté, d'aller voir ce qu'il y a en-dehors de l'île devient de plus en plus forte. Nous suivons alors un groupe de jeunes filles courageuses et rebelles, désireuses de mettre un terme à cette vie rigoriste et déréglée. de plus, celles qui n'obéissent pas aux règles finissent par être assassinées ! En cela, ce roman original est intéressant au début, mais il finit par tourner en rond et par donner la nausée, jusqu'au dénouement tant attendu, mais décevant. Alors oui, peut-être, mais au final, non merci !
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Un roman saisissant bien que loin de mes "habitudes" de lecture...
Passé la première centaine de pages introduisant cette île et ses règles où des familles vivent en autarcie à l'écart des terres perdues décrites comme en permanent chaos, on découvre la rébellion des jeunes filles face à l'autorité paternel tout à fait particulière sur l'île et de celle des "vadrouilleurs", mais aussi face aux dogmes des ancêtres et du grand Livre. Chapitre après chapitre, endossant tour à tour le quotidien de Vanessa, Amanda, Caitlin et Janey, nous entrons dans l'intimité de ses familles avec leur contradiction et leurs espérances. Sans cesse balancé entre un retour à l'ordre et l'aboutissement de la rébellion de ces jeunes filles, l'intrigue se termine de manière tout à fait surprenante avec à la pointe, une lueur d'espoir pour une d'entre elle (seulement...).
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« Et nous ne vieillirons jamais » est le premier roman de Jennie Malamed, aux éditions Anne Carrière. le récit se construit autour de la vie de quatre très jeunes filles, Vanessa, Amanda, Caitlin et Janey: elles vivent sur une île, où l'expression ‘violences faites aux femmes' n'a pas cours. Il n'existe là-bas aucun mot pour désigner ce qu'elles subissent; dès lors il leur faudra inventer leur propre mode de rébellion contre l'innommable.
Coupée du monde extérieur (baptisé ‘les terres brûlées'), une petite communauté vit sur une île, dans ‘l'observance' de règles strictes et implacables : régulation des naissances, mariages forcés lors de ‘l'été de la fructification', euthanasie pour les anciens…La vie est insalubre, âpre, marquée par une alternance de saisons au climat particulièrement rude. Sous l'impulsion de Janey, un groupe de filles décide de se soulever contre l'ordre établi, et part s'installer à l'écart sur une plage – enfin libres ???
Dans la première partie, Jennie Melamed expose le fonctionnement d'une micro-société qui pourrait être une secte, et en démonte le mécanisme : éducation rudimentaire, diffusion de croyances, description apocalyptique du monde extérieur, crainte de représailles physiques et sociales, en cas de déviance – et surtout un sort abominable réservé aux femmes, tout au long de leur vie. Jusque là finalement, rien de bien révolutionnaire pour une dystopie. C'est à partir de la 150ème page, à l'arrivée de l'automne et avec la véritable entrée en scène de Janey, que le roman prend son envol. Subitement, on se sent solidaire de ces filles littéralement ‘en grève', et la tension monte. Peu à peu, les pièces du puzzle s'agencent, et à l'image de l'église qui s'enfonce inexorablement dans les profondeurs du sol, les mensonges ne tiennent plus. A la violence des situations s'oppose la calme détermination des jeunes filles, qui avec leur naïveté et leurs questionnements, parviennent à bousculer les fondations d'une société vérolée par des principes absurdes et dangereux. Pour la suite, cliquez sur le lien !
Lien : https://bit.ly/2JUSN43
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Une atmosphère sombre et pesante... des héroïnes lumineuses. L'auteure arrive à sous-entendre la violence et l'horreur sans les décrire précisément, un tour de force! Un roman bouleversant qui me restera longtemps en tête.
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