-
Par Couperine, le 18/06/2010
Bucoliques de
Virgile
Mélibée.
En reposant, Tityre, à l’ombrage couvert
De ce hêtre au feuillage épanchement ouvert,
Tu mets sur le pipeau d’une avène légère
L’air de mainte chanson doucement bocagère.
Et nous, pauvres chétifs, nous laissons loin de nous,
Les fins de notre terre et nos villages doux :
Nous fuyons notre terre, en saison si mauvaise.
Toi cependant, Tityre, en l’ombrage à ton aise,
Tu apprends aux forêts à rebruire en chansons
La belle Amaryllide au rebat de tes sons.
Tityre.
C’est un dieu, Mélibée, qui nous a fait la grâce
De vivre en repos : aussi toujours sera-ce
Mon Dieu que celui-là, et de mes parcs souvent
Maint agnelet ira ses autels abreuvant.
Il permet à mes bœufs comme tu vois de paître,
Et à moi de jouer d’un chalumeau champêtre
Tout ce que je voudrai.
> lire la suite
-
Par Couperine, le 18/06/2010
Bucoliques / georgiques de
Virgile
Je chante les moissons : je dirai sous quel signe
Il faut ouvrir la terre et marier la vigne ;
Les soins industrieux que l’on doit aux troupeaux ;
Et l’abeille économe, et ses sages travaux.
Astres qui, poursuivant votre course ordonnée,
Conduisez dans les cieux la marche de l’année ;
Protecteur des raisins, déesse des moissons,
Si l’homme encor sauvage, instruit par vos leçons,
Quitta le gland des bois pour les gerbes fécondes,
Et d’un nectar vermeil rougit les froides ondes ;
Divinités des prés, des champs et des forêts,
Faunes aux pieds légers, vous, nymphes des guérets,
Faunes, nymphes, venez ; c’est pour vous que je chante.
Et toi, dieu du trident, qui de ta main puissante
De la terre frappas le sein obéissant,
Et soudain fis bondir un coursier frémissant ;
Pallas, dont l’olivier enrichit nos rivages ;
Vous, jeune dieu de Cée, ami des verts bocages,
Pour qui trois cents taureaux, éclatants de blancheur,
Paissent l’herbe nouvelle et l’aubépine en fleur ;
Pan, qui, sur le Lycée ou le riant Ménale,
Animes sous tes doigts la flûte pastorale ;
Vieillard, qui dans ta main tiens un jeune cyprès ;
Enfant, qui le premier sillonnas les guérets ;
Vous tous, dieux bienfaisants, déesses protectrices,
Qui de nos fruits heureux nourrissez les prémices,
Qui versez l’eau des cieux, qui fécondent les champs,
Ainsi qu’à nos moissons présidez à mes chants !
> lire la suite
-
Par Couperine, le 18/06/2010
Enéide de
Virgile
Il dit ces mots en pleurs, et lâche au gré des ondes
La bride à ses vaisseaux volant à voiles rondes ;
Enfin léchant la rive, il vient borner son cours
Où Cumes renommée au Ciel porte ses Tours.
La proue à contresens vers l’Onde est détournée,
L’ancre d’un ferme arrêt tient la flotte enchaînée,
Les poupes au grand ventre ombragent tout le bord.
Les escadrons Troyens d’un saut gagnent le port,
Pressant gais et brillants l’Hespérienne rive.
Les uns deçà, delà, cherchent la flamme vive
Dans sa semence occulte aux veines des cailloux.
Un Gros courant au bois prend le cerf au poil roux,
Ceux-ci la tendre biche aux verts taillis rencontrent,
Ceux-là trouvant des eaux à leurs troupes les montrent.
> lire la suite
-
Par Couperine, le 26/10/2010
Bucoliques de
Virgile
La ville que l’on nomme Rome, Mélibée, moi je me la figurais
Pareille à la nôtre, dans ma grande naïveté, où nous avons souvent pour coutume,
Nous autres les bergers, d’amener les tendres agneaux à nos brebis arrachés.
Ainsi je savais les chiots semblables aux chiennes, les chevreaux à leurs mères pareils m’apparaissaient,
Comparer les grandes choses aux petites : cette habitude était mienne.
Mais elle, entre toutes les villes, sa tête, elle l’a dressée,
A l’image des cyprès parmi les souples viornes.
> lire la suite
-
Bucoliques / georgiques de
Virgile
Voici l’abeille emplir les fourrés et les bois.
Goûtant aux riches fleurs, à fleur d’onde elle boit.
Légère. Alors joyeuse, une douceur l’habite.
-
Bucoliques / georgiques de
Virgile
Ainsi le souple osier et le genêt flexible.
Le tremble, le blanc saule et son feuillage glauque.
Tel sort d’un germe au sol : c’est le haut châtaignier,
feuillage cher au Dieu, géant des bois le chêne,
ou le rouvre qu’en Grèce on croit riche d’oracles.
-
12 récits de l'Enéide de
Virgile
"Je chante les combats et l'homme qui, banni de Troie par le sort, vint le premier en Italie, [...]. Longtemps sur terre et sur mer, il fut malmené par la puissance des dieux, à cause de la colère tenace de la cruelle Junon."
-
Par Christian, le 12/10/2007
Géorgiques de
Virgile
« Après les grands troupeaux, il est temps que je chante
Des chèvres, des brebis la famille bêlante.
Ô vous, heureux bergers, veillez à leurs besoins ;
Leur toison et leur lait vous paîront de vos soins.
Et moi, puissé-je orner cette aride matière !
Des ronces, je le sais, hérissent ma carrière ;
Mais des sentiers battus je détourne mes pas ;
Oui, les déserts du Pinde ont pour moi des appas :
Dans ces sentiers nouveaux qu'a frayés mon audace,
Mon œil d'aucun mortel ne reconnaît la trace. »
> lire la suite
-
Par Christian, le 12/10/2007
Géorgiques de
Virgile
« Le jour, au fond des bois, au penchant des collines,
Elle vit de buissons, de ronces et d'épines ;
Le soir, fidèle à l'heure, elle rentre au hameau :
Elle-même rassemble et conduit son troupeau ;
Et, le sein tout gonflé des tributs qu'elle apporte,
Du bercail avec peine elle franchit la porte.
Soigne-la donc au moins durant les froids hivers,
Et tiens sa maison chaude et tes greniers ouverts. »
> lire la suite
-
Bucoliques / georgiques de
Virgile
Vois encore l’amandier, quand au bois mille fleurs
Vont vêtir et ployer ses branches odorantes