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Par FRANGA, le 28/01/2012
La Désobéissance de
Alberto Moravia
Autrefois, Luca avait eu un très grand amour-propre et il avait été au nombre des meilleurs élèves. A présent, au contraire, dès le premier mois de cours, il était parmi les derniers. Sous cette avalanche de reproches et de mauvaises notes, il éprouvait une particulière satisfaction, car il lui semblait que ces reproches étaient, en réalité, des éloges, et ces mauvaises notes de bonnes notes pour la conduite qu'il avait désormais décidé d'avoir. Mais, en même temps, il ne pouvait s'empêcher de se sentir envahi par une profonde amertume à la pensée que sa condition d'écolier empirait de jour en jour et allait bientôt devenir incurable. Souvent, il se demandait pourquoi diable il se comportait de la sorte, et il s'apercevait qu'il ne pouvait trouver d'autre motif qu'une sorte de point d'honneur obscur, aride, ingrat, entièrement négatif et pourtant presque insoutenable. "Pourquoi est-ce que je fais cela ?" se demandait-il. En attendant, au milieu de ces contradictions, le temps passait.
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Par gaillard1, le 20/09/2010
La Désobéissance de
Alberto Moravia
[...] c'était cela vivre, cela continuer à vivre : faire avec passion et ténacité des choses absurdes et insensées, pour lesquelles il était impossible de fournir la moindre justification et qui mettaient continuellement ceux qui les faisaient dans un état de servitude, de remords et d'hypocrisie.
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Par Audreyy, le 27/11/2011
Le Mépris de
Alberto Moravia
Il est possible de se réprésenter les choses les plus épouvantables et de les imaginer en sachant pertinemment qu'elles existent. Mais voir confirmer ces suppositions ou plutôt ces certitudes provoque toujours un choc douloureux, comme si on les avait jamais envisagées.
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Par Cath36, le 28/08/2011
Lettres du Sahara de
Alberto Moravia
Ce qui me frappe le plus tandis que je les regarde vivre, c'est que, parmi les Lobi... l'accent est mis sur la question existentielle beaucoup plus que sur le travail... ça ne veut pas dire que le travail, qui est absolument indispensable dans une économie de subsistance comme celle-ci, n'a pas sa place dans les pensées des habitants du village ; mais... on dirait qu'il est vécu sans effort et quasiment sans intention, autrement dit intégré dans le rythme biologique au même titre que tout ce qui n'est pas du travail, par exemple dormir, manger et surtout jouer. Car c'est vrai, on pourrait dire des Africains ce que Léopardi dit des oiseaux : que chez eux, il y a une joie naturelle qui dépasse continuellement la limite de l'utilité et transforme en jeu jusqu'aux tâches les plus exaspérantes.
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Par Cath36, le 28/08/2011
Lettres du Sahara de
Alberto Moravia
A la fin, les musiciens, zélés et indifférents, accélèrent le rythme de la mélopée et alors, soudain, les femmes se précipitent sur le sorcier comme si elles voulaient le mettre en pièces. Mais elles n'en font rien ; elles le placent au milieu de leur cercle et, avec une intensité frénétique, elles dansent avec lui et autour de lui. Cependant il fait toujours aussi chaud... A tel point que les sons rauques des cornes et les coups sourds des tambours paraissent dire que les morts vont bien mieux que les vivants, qui triment dans les champs, paient des impôts, tombent malades, souffrent, subissent les conséquences de la sécheresse et de la pluie; tandis que les morts, au contraire, libres, insouciants et délivrés de toute inquiétude, se baladent dans le grand espace extravagant de la brousse... Cela confirme l'idée de la danse non comme exercice et distraction, mais comme rapport au monde.
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Par line70, le 24/03/2011
Le Mépris de
Alberto Moravia
Pénélope est fidèle à Ulysse, mais nous ne savons pas jusqu'à quel point elle l'aime... comme vous le savez, on peut être parfois absolument fidèle et cela sans aimer... Dans certains cas même, la fidélité est une forme de vengeance, de chantage, de revanche de l'amour-propre...
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Par Cath36, le 30/08/2011
Lettres du Sahara de
Alberto Moravia
Au fond de la lande pâle et chauve, le village lacustre de Vitsumbi nous présente un front de cabanes noircies par l'humidité, dont les toits de tôle ondulée grouillent curieusement de hautes et minces cheminées.Mais comme nous approchons, nous découvrons qu'en réalité ces cheminées sont des marabouts, dressés sur une patte, inclinant vers le bas leur tête doctorale au bec énorme et au jabot pendant, comme s'ils méditaient. Ces oiseaux sont de véritables caricatures naturelles des professeurs du XIXe siècle, portant redingote, jabot et lunettes. Mais pourquoi donc mettre des professeurs sur les toits ,... La nature dit-on fait toujours bien ce qu'elle fait. Mais alors, dans le cas des marabouts, qu'a-t-elle voulu faire ?
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Par Cath36, le 28/08/2011
Lettres du Sahara de
Alberto Moravia
On voit ici une des grandes différences entre Africains et Européens. Ceux-ci attribuent d'abord le mal à eux-mêmes, et ensuite aux autres ; ceux-là l'attribuent essentiellement aux autres, et presque jamais à eux-mêmes.
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Par Cath36, le 30/08/2011
Lettres du Sahara de
Alberto Moravia
Nous sommes pressés parce que nous n'avons pas le temps, et, paradoxalement, nous n'avons pas le temps parce que nous voyageons en voiture. Si nous allions à pied, nous aurions plus de temps et ne serions pas pressés.
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Par Cath36, le 30/08/2011
Lettres du Sahara de
Alberto Moravia
Même en les regardant de loin il est évident que les hippopotames sont convaincus qu'il en ira toujours ainsi. C'est-à-dire qu'un jour suivra l'autre pendant des millions d'années ; que le soleil se lèvera et se couchera sans fin ; que le fleuve sera toujours là pour les accueillir dans ses flots... J'ai dit qu'en me penchant sur ce panorama j'ai eu l'impression de contempler un autre monde." Mais quel monde au juste ? J'y réfléchis et je comprends que c'est précisément le monde dont, en des temps immémoriaux, l'humanité a été exclue à jamais.