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Le Vicomte pourfendu de
Italo Calvino
Mort pour mort, à tous les cadavres ils faisaient le nécessaire pour qu'ils revinssent à la vie. Et je te scie par ci et je te couds par là, et je te tamponne des lésions et je te retourne des veines en doigts de gants pour les remettre en place avec plus de ficelle que de sang à l'intérieur, mais bien rapiécées et bien étanches. Quand un patient mourait, tout ce qu'il avait de bon servait à rapetasser les membres d'un autre, et ainsi de suite. Ce qui donnait le plus de fil à retordre, c'étaient les intestins : une fois déroulés, on ne savait plus comment les replacer.
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Le Vicomte pourfendu de
Italo Calvino
Galopant de l'avant, ils s'aperçurent que les morts de la dernière bataille avaient presque tous été enlevés et ensevelis. On n'apercevait plus que quelques membres épars, en particulier des doigts posés sur le chaume.
"de temps en temps il y a un doigt qui nous indique la route, demanda mon oncle Médard. Qu'est ce que ça veut dire ?..."
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Par ballad, le 17/05/2012
Le Vicomte pourfendu de
Italo Calvino
Dans son pavillon rempli de tapisseries et de trophées, le souverain étudiait sur des cartes géographiques le plan des batailles à venir. Les tables étaient encombrées de cartes déroulées : l’empereur y plantait des épingles. Il les prenait sur une pelote que lui tendait un de ses maréchaux. Les cartes étaient tellement chargées d’épingles qu’on n’y comprenait plus rien ; pour pouvoir y lire quelque choses il fallait enlever les épingles et les replacer ensuite ; C’est ainsi qu’à force d’ôter et de remettre, pour conserver leurs mains libres, aussi bien l’empereur que les maréchaux gardaient les épingles entre les lèvres et ne pouvaient parler que par grognements.
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Le Vicomte pourfendu de
Italo Calvino
...Une nuit, il poussa jusqu'aux maisons de Préchampignon et lança sur leur toit de paille de la poix enflammée. Les lépreux ont la vertu de ne pas souffrir quand ils rissolent. Surpris par les flammes dans leur sommeil, ils ne se fussent certes pas réveillés. Mais tandis qu'il prenait la fuite au galop, le vicomte entendit s'élever du village une cavatine au violon; les habitants de Préchampignon veillaient, absorbés par leurs jeux. Ils roussirent tous un peu mais sans souffrir.
Ils s'en amusèrent même, comme c'est dans leur tempérament. Ils eurent aussitôt fait d'éteindre l'incendie; et leurs maisons, peut-être bien parce que lépreuses comme eux, ne subirent que peu de dommages.
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Le chevalier inexistant de
Italo Calvino
Veille de départs,ce soir-là,au camp des Français.Agilulfe s'équipa méticuleusement et prit grand soin de sa monture. L'écuyer Gourdoulou empoigna au petit bonheur couvertures,étrilles,gamelles,en fit un énorme tas qui l'empêchait de voir dans quelle direction il allait,prit la route opposée à celle de son maître et s'en fut au galop,éparpillant en chemin tout son bagage.
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Le chevalier inexistant de
Italo Calvino
L'ordre de l'univers,en cet Age ancien où se déroule mon histoire,était encore plein de hasards.Plus d'une fois,il arrivait qu'on se trouvât mis en présence de vocables,de notions,d'institutions et de formes à quoi ne correspondait rien de réel;en revanche,le monde regorgeait de choses,d'énergies et d'êtres que rien ,pas même un nom ne différenciait du reste: bref une époque où la volonté opiniâtre d'être là,de marquer son passage,de se colleter avec tout ce qui existe,demeurait souvent sans emploi.
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Le chevalier inexistant de
Italo Calvino
Cette besogne des vautours est loin d'être chose simple. Sitôt que le combat tire à sa fin,les voilà qui descendent :seulement,le terrain est parsemé de corps vêtus de cuirasses d'acier contre lesquelles les becs des oiseaux de proie cognent,cognent en vain;pas moyen de faire brèche.
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Le chevalier inexistant de
Italo Calvino
Le moindre laisser-aller dans l'accomplissement du service donnait à Agilulfe une envie furieuse de tout contrôler,de surprendre négligences ou bévues dans le travail du voisin. Il ressentait une irritation douloureuse devant tout ce qui a été fait de travers,mal à propos.;;
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Marcovaldo de
Italo Calvino
— La lune, c'est pas une société qui l'a mise là. C'est un satellite, la lune, et elle est toujours là.
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Par Pasdel, le 13/03/2012
Marcovaldo de
Italo Calvino
— Papa, dirent les gosses, les vaches, c’est comme les trams ? Elles ont aussi des arrêts ? Où que c’est qu’il est le terminus des vaches ?
— Elles ont rien à voir avec le tram, expliqua Marcovaldo. Elles vont à la montagne.
— Elles mettent des skis ? demanda Pietruccio.
— Elles vont au pâturage, manger de l’herbe.
— Et on leur colle pas une amende si elles abîment les prés ?