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Le Vicomte pourfendu de
Italo Calvino
Il n'avait dans le cœur ni nostalgie ni doute ni appréhension. Pour lui, les choses étaient encore intactes, indiscutables, et lui-même était tel. S'il eût pu prévoir le terrible sort qui l'attendait, peut-être l'eût-il trouvé lui aussi naturel et parfait malgré toute sa douleur.
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Par brigetoun, le 02/02/2012
Si par une nuit d'hiver un voyageur de
Italo Calvino
Là-dessus, une violente jalousie m'envahit : jaloux non pas des autres, mais de ce moi d'encre, de points et de virgules, qui a écrit des romans que je n'écrirai plus, de l'auteur qui continue à pénétrer dans l'intimité de cette jeune femme, alors que moi, le moi d'ici et de maintenant, avec mon énergie physique que je sens tellement plus assurée que mon élan créateur, je suis séparé d'elle par la distance immense d'un clavier de machine à écrire et d'une feuille blanche sur le chariot
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Le Vicomte pourfendu de
Italo Calvino
Nos sentiments devenaient incolores et obtus parce que nous nous sentions comme perdus entre une vertu et une perversité également inhumaines.
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Le Vicomte pourfendu de
Italo Calvino
Mon oncle était alors dans sa première jeunesse, âge où les sentiments n'ont qu'un élan confus dans lequel le bien et le mal ne sont point encore distincts, âge où l'amour de la vie rend chaude et trépidante toute expérience nouvelle, même inhumaine et macabre.
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Par brigetoun, le 02/02/2012
Si par une nuit d'hiver un voyageur de
Italo Calvino
Je ressens un élancement douloureux. Pour cette femme, je ne suis rien d'autre qu'une énergie graphique impersonnelle, toujours prête à faire passer de l'inexprimé à l'écriture un monde imaginaire qui existe indépendamment de moi. Pourvu qu'elle ne vienne pas à apprendre qu'il ne me reste plus rien de ce qu'elle croyait ; ni l'énergie expressive ni quoi que soit à exprimer.
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Par gwenlaot, le 18/08/2010
Le Baron perché de
Italo Calvino
Côme monta jusqu'à la fourche d'une grosse branche, où il pouvait s'installer commodément, et s'assit là, les jambes pendantes, les mains sous les aisselles, la tête rentrée dans le cou, son tricorne enfoncé sur le front.
Notre père se pencha par la fenêtre:
- Quand tu seras fatigué de rester là, tu changeras d'idée! cria-t-il.
- Je ne changerai jamais d'idée, répondit mon frère, du haut de sa branche.
- Je te ferai voir, moi, quand tu descendras!
- Oui, mais moi, je ne descendrai pas.
Et il tint parole.
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Le Baron perché de
Italo Calvino
Les exploits que forment une obstination intérieure doivent rester secrets; pour peu qu'on les proclame ou qu'on s'en glorifie, ils semblent vains, privés de sens, deviennent mesquins.
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Le Vicomte pourfendu de
Italo Calvino
"L'avantage d'être pourfendu est de comprendre dans chaque tête et dans toute chose la peine de chaque être d'être incomplet. J'étais entier, je ne comprenais pas. J'évoluais sourd et incommunicable parmi les douleurs et les blessures semées partout, là même où un être entier ne saurait l'imaginer. Ce n'est pas moi seul qui suis écartelé et pourfendu mais toi aussi, nous tous.
Et maintenant je sens une fraternité qu'avant, lorsque j'étais entier, je ne connaissais pas. Une fraternité que me lie à toutes les mutilations, toutes les carences du monde. Si tu viens avec moi, tu apprendras à souffrir des maux de tous et à soigner les tiens en soignant les leurs."
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Par Heureuse, le 24/09/2010
Le Baron perché de
Italo Calvino
Il mourut sans jamais avoir compris, après une vie toute entière consacrée à la foi, en quoi au juste il pouvait croire - mais s'efforçant d'y croire fermement, jusqu'à la fin.
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Le Vicomte pourfendu de
Italo Calvino
"C'est le propre de l'homme que d'attendre. De l'homme juste d'attendre avec confiance ; de l'injuste, avec crainte."