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Si par une nuit d'hiver un voyageur de
Italo Calvino
- Lire, dit-il, c'est cela toujours : une chose est là, une chose faite d'écriture, un objet solide, matériel, qu'on ne peut pas changer; et à travers cette chose on entre en contact avec quelque chose d'autre, qui n'est pas présent, quelque chose qui fait partie du monde immatériel, invisible, parce qu'elle est seulement pensable, ou imaginable, ou parce qu'elle a été et n'existe plus, parce qu'elle est passée, disparue, inaccessible, perdue au royeume des morts...
- Ou bien parce qu'elle n'existe pas encore, quelque chose qui fait l'objet d'un désir, d'une crainte, possible ou impossible (c'est Ludmilla qui parle) : lire, c'est aller à la rencontre d'une chose qui va exister mais dont personne ne sait encore ce qu'ell sera...
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Le Baron perché de
Italo Calvino
Les exploits que forment une obstination intérieure doivent rester secrets; pour peu qu'on les proclame ou qu'on s'en glorifie, ils semblent vains, privés de sens, deviennent mesquins.
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Par gwenlaot, le 18/08/2010
Le Baron perché de
Italo Calvino
A vrai dire, on nous avait déjà interdit de nous laisser glisser sur les rampes de marbre de l'escalier. Non de peur que nous nous cassions jambes ou bras - nos parents ne se soucièrent jamais de cela, si bien qu'effectivement nous ne nous cassâmes jamais rien - mais parce que, croissant en taille et en poids, nous risquions de renverser les statues d'ancêtres que notre père avait fait placer sur de petites colonnes surmontant les balustres, à chacun des paliers. Côme avait déjà fait dégringoler une fois un trisaïeul évêque, avec sa mitre et tout. Puni, il avait appris à freiner son élan un instant avant d'arriver au palier et à sauter en bas au moment précis où il allait cogner la statue.
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Par gwenlaot, le 18/08/2010
Le Baron perché de
Italo Calvino
Côme monta jusqu'à la fourche d'une grosse branche, où il pouvait s'installer commodément, et s'assit là, les jambes pendantes, les mains sous les aisselles, la tête rentrée dans le cou, son tricorne enfoncé sur le front.
Notre père se pencha par la fenêtre:
- Quand tu seras fatigué de rester là, tu changeras d'idée! cria-t-il.
- Je ne changerai jamais d'idée, répondit mon frère, du haut de sa branche.
- Je te ferai voir, moi, quand tu descendras!
- Oui, mais moi, je ne descendrai pas.
Et il tint parole.
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Par brigetoun, le 18/11/2009
La spéculation immobilière de
Italo Calvino
Lorsque Quinto montait vers sa villa, qui dominait autrefois ....l'entassement des maisons rongées par les mousses et les moisissures de la vieille ville, puis, entre le versant de la colline au couchant, où l"oliveraie, au dessus des potagers, devenait plus touffue, et le levant, un royaume de villas et d'hôtels aussi verts qu'une forêt, et en dessous, la croupe aride des champs d'oeillets sur lesquels scintillaient les serres, jusqu'au cap : il n'y avait plus rien désormais, il ne voyait qu'une superposition géométrique de parallélépipèdes et de polyèdres, d'angles et de pans de maisons