> Jean-Michel Gardair (Éditeur scientifique)

ISBN : 2080705253
Éditeur : Flammarion (1993)


Note moyenne : 4.01/5 (sur 69 notes) Ajouter à mes livres
Capri! Au pied des Faraglioni, l'île rayonne d'azur et de sérénité. Pourtant, le drame couve entre Emilia et Riccardo. Perdu dans les méandres d'un scénario sur l'Odyssée, Riccardo sent sa femme se détacher de lui. Emilia ne l'aime plus. Pire, elle le méprise. Drôle de ... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(5)

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par Madamedub, le 03 mai 2012

    Madamedub
    « Le mépris« , pour beaucoup de gens, c'est avant tout le célèbre film (1963) de J.L. Godard, avec Brigitte Bardot.
    Mais il s'agit avant tout du livre d'Alberto Moravia, auteur italien réputé entre autres pour « L'ennui » et « Le conformiste« .
    Si le début du film de Godard demeure célèbre (Bardot demandant lascivement à Michel Piccoli s'il aime chaque partie de son corps), l'incipit du roman n'en n'est pas moins fameux: Durant les deux premières années de mon mariage, mes rapports avec ma femme furent, je puis aujourd'hui l'affirmer, parfaits. L'objet de ce récit est de raconter comment, alors que je continuais à l'aimer et à ne pas la juger, Emilia au contraire découvrit ou cru découvrir certains de mes défauts, me jugea et, en conséquence, cessa de m'aimer.
    Ricardo est un jeune homme cultivé et passionné de théâtre. Pour palier aux envies de sa femme, il accepte des scénarios de films et s'éloigne de plus en plus de son idéal littéraire d'indépendance. Pris de compromis en compromis, son intégrité s'étiole au fil du roman, alors que son intention n'en demeure pas moins bonne. Le mépris est l'histoire d'une spirale infernale, d'un labyrinthe sans issue, qui semble faire le jeu de la société moderne.
    Roman sur le cinéma, comme le met en exergue Godard, « Le mépris » aborde la question de la modernisation des moeurs et de la société. le film dont il est question de faire le scenario pour Ricardo n'est rien de moins que la célèbre « Odyssée » d' Homère. Fresque héroïque par excellence, elle contraste habilement avec les tribulations du scénariste italien. Un défi insurmontable pour le héros mortel?
    Car en héros moderne, Ricardo endure mille tourments; la précarité, la peur de perdre un emploi, et l'estime de sa femme, les compromis douloureux avec sa boîte de production…Lui qui était un artiste, Ulysse un roi, tout deux se retrouvent jetés sur les chemins de l'errance par quelques facéties d'un dieu à l'humour cruel. Destin tragique, ou quête identitaire, « psychanalytique »? Moravia dépeint cette époque de la découverte de la psychanalyse, ou tout prend un sens intimiste et freudien.
    A son réalisateur allemand qui entend donner un sens tout personnel et individuel à un Ulysse qui a peur de rentrer au foyer, héros civilisé et rusé, face à une Pénélope barbare et pétrie de tradition, Ricardo appelle un héros cathartique, pleinement « ancien », issu d'une époque révolu. Il a le goût du sacrifice sans réaliser que la cause, elle, est morte, ou pire, dépassée, déclassée.
    C'est ce monde post-moderne, trop intimiste ou trop spectaculaire que décrit « Le mépris », au milieu duquel le héros flotte comme un individu solitaire, pathétique finalement, dans son incapacité à reprendre sa vie en main ou même à se résigner. Lutte perdu d'avance d'un héros antique en proie à des maux modernes, il souffre du mépris implacable de cet Emilia dont le mystère s'évapore peu à peu. de l'héroïne tragique, farouche nymphe, elle n'incarne que le drame de la petite bourgeoise en quête de stabilité et de protection masculine.
    Moravia nous dépeint une société oscillant entre deux extrêmes, du grand cinéma à l'introspection de soi. Ricardo malgré lui incarne ce déséquilibre social. Homme de théâtre, il se « vend » au cinéma et à ses grandes productions pour les besoins bourgeois de sa femme qui Le méprise finalement de cette bassesse. Entre ces deux écueils, quel issue reste t-il? C'est bien son impossibilité que Ricardo expérimente, car au bout de chaque chemin se trouve dressé comme un Sphinx moderne l'énigme du mépris contemporain.


    Lien : http://madamedub.com/WordPresse3/
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par coquecigrue, le 05 septembre 2011

    coquecigrue
    Je n'ai pas vu le temps passer. J'ai bien fait de lire "Le mépris" aujourd'hui et non à vingt ans. Pour l'apprécier, il faut avoir vécu, je pense.
    C'est un personnage en quête intellectuelle des raisons du désamour et du mépris de sa femme, que Moravia fait monologuer sur fond de l'Odyssée et de psychanalyse sommaire. Cette introspection minutieuse, déprimante et captivante est le fait d'une écriture incroyablement efficace mais qui ne manque pas de quelques notes de poésie, et qui force (ou facilite) l'identification tant à l'homme qu'à la femme. Les rapports hommes-femmes sont quelque peu désuets - il ne s'est pas écoulé plus d'un demi siècle depuis la sortie de ce roman sans modifier nos sociétés - mais c'est sans importance.
    Il en ressort notamment que l'amour peut se passer de fidélité alors que la fidélité sans amour n'est rien, si ce n'est souffrance.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Sand94, le 14 juin 2011

    Sand94
    Ce court roman d'Alberto Moravia (Il disprezzo, titre original) est bien sûr connu, aussi, pour l'adaptation cinématographique réalisée par Jean-Luc Godard, sortie en 1963 avec dans les rôles principaux : Brigitte Bardot et Michel Piccoli. Toutefois, Godard transpose le couple italien de Moravia en un couple français, et mène une réflexion sur le film Voyage en Italie de Rossellini. le thème principal, du roman comme du film, est le couple, et comment celui-ci peut voler en éclat.
    Le narrateur de Moravia, Molteni, couche par écrit la décomposition de son couple, opère une analyse des évènements qui ont, petit à petit, conduit le couple à se séparer. Roman d'introspection donc avant tout, de réflexion, d'analyse. Les faits sont racontés du point de vue de l'homme. Sa femme, Emilia, est présentée comme une belle femme, très attachée à son mari, dépendante même de la présence de l'homme, soucieuse de son intérieur. le roman fut écrit en 1954, et la perception du rôle de la femme en est symptomatique. Emilia est la Femme italienne des années 50, du moins est-ce la perception qu'en donne Molteni. Elle reprochera d'ailleurs à son mari de ne pas se comporter en Homme. S'opposent donc deux perceptions de l'homme et de la femme. Quel est le rôle de l'homme, quel est la place de la femme dans le couple ? Chaque chapitre révèle la progressive rupture du couple et les tentatives de Molteni pour comprendre le changement de comportement de sa femme.
    En parallèle, et dans une mise en abyme assez bien orchestrée, Molteni se voit charger d'écrire le scénario d'un film, adaptation de l'Ulysse de Homère. Un deuxième couple vient donc s'immiscer dans le roman, celui de Pénélope et d'Ulysse. Pourquoi Ulysse tarde-t-il tant à rentrer auprès de Pénélope ? ou comment l'analyse de ce couple mythologique finit par donner la solution aux problèmes de couple de Molteni.
    L'adaptation moderne de Godard donne une vision partielle du roman de Moravia. Ce dernier est particulièrement intéressant pour son aspect psychologique, pour son analyse du couple, et comment, par certains malentendus, attitudes non réfléchies, l'amour peut être remplacé par Le Mépris. Emilia est une figure féminine marquante, même si elle incarne une féminité un peu démodée. Femme soumise, entièrement abandonnée à l'homme, incapable de vivre une journée loin de son mari, Emilia va petit à petit se libérer. Molteni, sûr de l'amour de sa femme, ne se rend pas compte qu'il fait jouer à sa femme un rôle dégradant, contre lequel elle va se révolter.
    Cette lecture fut pour moi à la fois agréable et par moment un peu lassante. Les réflexions de Molteni tournent parfois en rond, la perception de la femme ne pouvant exister que dans l'amour et le regard admiratif de l'homme m'a paru quelque peu démodée, il faut donc bien prendre en considération l'époque de l'écriture. Godard en prenant BB pour incarner Emilia (rebaptisée Camille Javal dans le film) modernise incontestablement le roman, l'aspect sulfureux et séducteur de l'actrice ne sont pas évoqués dans le roman, bien au contraire, Emilia ne cesse de baisser les yeux, de se taire, et Godard a effacé (du moins dans mon souvenir du film) l'aspect bonne ménagère d'Emilia.
    Ce fut toutefois une lecture intéressante, et pour moi l'occasion de me replonger dans la littérature italienne.

    Lien : http://leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/2010/12/01/le-mepris..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par eternel, le 07 octobre 2011

    eternel
    Quel est ce couple qui vivrait du même amour et des mêmes sentiments tout au long de sa vie, sans ruptures, sans crises, sans remises en questions, sans interrogations, sans erreurs, sans provocations, ...L'idée même d'un amour immuable est insensée. C'est une matière vivante, sauvage, volatile qu'il faut dompter pour le conserver.
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Afifa, le 05 décembre 2011

    Afifa
    Jamais ce sentiment n'a été aussi bien décrit que dans ce livre;sous forme d'une scène presque banale le personnage féminin bascule dans Le Mépris,un petit détail qui construit tout le reste du texte,du grand Alberto Moravia.
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (6)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Audreyy, le 27 novembre 2011

    Il est possible de se réprésenter les choses les plus épouvantables et de les imaginer en sachant pertinemment qu'elles existent. Mais voir confirmer ces suppositions ou plutôt ces certitudes provoque toujours un choc douloureux, comme si on les avait jamais envisagées.
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par line70, le 24 mars 2011

    Pénélope est fidèle à Ulysse, mais nous ne savons pas jusqu'à quel point elle l'aime... comme vous le savez, on peut être parfois absolument fidèle et cela sans aimer... Dans certains cas même, la fidélité est une forme de vengeance, de chantage, de revanche de l'amour-propre...
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par liliverte, le 22 septembre 2011

    A vingt-sept ans, on a généralement un idéal... le mien est d'écrire pour le théâtre... pourquoi ne puis-je le suivre? Parce que le monde d'aujourd'hui est fait de telle manière que personne ne peut choisir la voie qu'il désire et doit faire au contraire ce que veulent les autres... pourquoi l'argent tient-il une telle place, dans ce que nous faisons, ce que nous sommes, ce que nous voulons devenir, dans notre métier, nos meilleures aspirations et jusque dans nos rapports avec ceux que nous aimons?
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par coquecigrue, le 05 septembre 2011

    Tout ceci passa dans mon esprit rapidement, tumultueusement, comme le tourbillon de vent qui s'engouffre dans la chambre dont la fenêtre s'est ouverte à l'improviste et qui apporte avec lui feuilles, poussière et débris de toute sorte. Et de même qu'une fois la fenêtre close, la chambre retrouve aussitôt son silence et son immobilité, ainsi mon esprit se vida et se tut d'un seul coup et je me retrouvai, anéanti, les yeux perdus dans la nuit, insensible et sans pensées.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par coquecigrue, le 05 septembre 2011

    J'ai remarqué que plus on est envahi par le doute, plus on s'attache à une fausse lucidité d'esprit avec l'espoir d'éclaircir par le raisonnement ce que le sentiment a rendu trouble et obscur.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)









Acheter sur Amazon

Faire découvrir Le Mépris par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (145)

> voir plus

Quiz