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Par Pauline, le 05/04/2008
Lolita de
Vladimir Nabokov
" Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta.
Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. "
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Par Malaura, le 06/04/2012
Natacha de
Vladimir Nabokov
Je sentis alors la tendresse du monde, la profonde bonté de tout ce qui m'entourait, le lien voluptueux entre moi et tout ce qui existe, et je compris que la joie que je cherchais en toi n'était pas seulement celée en toi, mais flottait partout autour de moi, dans les bruits fugitifs qui s'envolaient dans la rue, dans la jupe remontant bizarrement, dans le grondement métallique et tendre du vent, dans les nuages d'automne débordant de pluie. Je compris que le monde n'était pas du tout une lutte, n'était pas des successions de hasards rapaces, mais une joie papillotante, une émotion de félicité, un cadeau que nous n'apprécions pas.
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La Vénitienne et autres nouvelles de
Vladimir Nabokov
L'air printanier. Légèrement duveteux. Vois-tu ces tilleuls le long de la route ? Les branches noires, dans des paillettes vertes et humides. Tous les arbres au monde se déplacent quelque part. Pèlerinage éternel. Te souviens-tu des arbres qui marchaient le long des fenêtres des wagons quand nous venions ici, dans cette ville ? Te souviens-tu des douze tilleuls qui se concertaient pour savoir comment traverser la rivière ? Et il y a plus longtemps encore, en Crimée, j'ai vu un cyprès penché au-dessus d'un amandier en fleur. Le cyprès avait été autrefois un grand gaillard de ramoneur avec sa brosse en fil de fer et son échelle sous le bras. Il était, le pauvre, fou d'une blanchisseuse, rose comme les pétales de fleurs d'amandier. Ils avaient alors fini par se retrouver, et ils allaient ensemble quelque part. Son tablier rose se gonfle ; il s'est penché timidement vers elle, comme s'il avait encore peur de la tacher avec de la suie. C'est un très joli conte.
Tous les arbres sont des pèlerins. Ils ont leur Messie, et ils le cherchent. Leur Messie est le royal cèdre du Liban, mais peut-être aussi un tout petit buisson, tout à fait insignifiant, dans la toundra...
Aujourd'hui, les tilleuls traversent la ville. On a voulu les retenir. On a entouré les troncs de grilles rondes. Mais de toute façon, ils se déplacent...
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La Vénitienne et autres nouvelles de
Vladimir Nabokov
Il y a dans l'air une subtile odeur d'essence et de tilleul. Qui sait maintenant quels effluves saisissaient imperceptiblement l'hôte qui entrait dans un atrium de Pompéi ? Dans un demi-siècle les hommes ne sauront pas ce que sentaient nos rues et nos chambres.
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La Vénitienne et autres nouvelles de
Vladimir Nabokov
Tu ris. Quand tu ris, j'ai envie de transformer le monde entier en ton miroir. (...) Car toi et moi, nous sommes des dieux... Je sens la rotation des univers inexplorables dans mon sang...
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La Vénitienne et autres nouvelles de
Vladimir Nabokov
Je compris que tu n'avais pas de pouvoir sur moi, que ce n'était pas toi seule, mais la terre entière qui était ma maîtresse. Mon âme semblait avoir émis d'innombrables antennes sensibles, et je vivais en toutes choses, percevant en même temps le grondement du Niagara quelque part au-delà de l'océan et le chuintement, le crépitement des longues gouttes dorées, là, dans l'allée.
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La Vénitienne et autres nouvelles de
Vladimir Nabokov
Ainsi, j'entre dans tes yeux d'intempérie, dans la venelle d'un éclat noir où bruit et murmure la pluie nocturne. (...) Toute la nuit les étoiles ont crié de leurs voix enfantines et quelqu'un sur le toit a déchiré et caressé un violon de son archet acéré. (...) Dans tes yeux la poussière s'est mise à tournoyer : des millions de mondes dorés.
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La Vénitienne et autres nouvelles de
Vladimir Nabokov
Je t'interrompis par mon silence. Une tache de soleil glissa de ta jupe sur le sable : tu t'écartas légèrement.
(...) Un moment s'écoula : durant cet instant beaucoup de choses s'étaient passées dans le monde : quelque part un gigantesque bateau était allé par le fond, on avait déclaré la guerre, un génie était né. Ce moment s'était écoulé.
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rire dans la nuit de
Vladimir Nabokov
Il faut que tu lui fasses vendre ces terres qu'il a en Poméranie et ses tableaux, continua Rex, ou alors une de ses maisons berlinoises. Avec un peu de ruse nous devrions y arriver. Pour l'heure, le carnet de chèques fait parfaitement l'affaire. Il signe tout comme un automate, mais son compte en banque ne va pas tarder à se tarir. En plus, il faut nous dépêcher. Ce serait bien de le laisser tomber à l'hiver, disons, et avant de partir nous lui achèterons un chien, petite attention pour exprimer notre gratitude.
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Par Disorder, le 16/07/2009
Lolita de
Vladimir Nabokov
"Tu sais ce qu'il y a de si affreux quand on meurt, c'est que l'on est complétement seul" et tandis que mes genoux d'automates allaient et venaient je pris soudain conscience que je ne savais absolument rien des pensées de ma doucette et que derrière ses affreux clichés juvéniles, il y avait peut-être en elle un jardin et un crépuscule, et la porte d'un palais - des régions sombres et adorables dont l'accès m'était totalement et lucidement interdit, avec mes haillons souillés et mes misérables convulsions (...).