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Citations de Alessandro Manzoni (119)


Alessandro Manzoni
Un des plus grands bonheurs de cette vie, c'est l'amitié ; et l'un des bonheurs de l'amitié, c'est d'avoir à qui confier un secret.
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Le 21 juin 1630, vers quatre heures et demie du matin, une femme de condition modeste, répondant au nom de Caterina Rosa, se trouvait, par un malencontreux hasard, à la fenêtre d'une galerie qui surplombait à l'époque l'entrée de la via Vetra dei Cittadini, du côté donnant sur le cours de la Porte du Tessin (presque en face des colonnes de Saint-Laurent) ; elle vit venir un homme portant une cape noire, un chapeau rabattu sur les yeux et un papier en main, sur lequel, déclarat-elle dans sa déposition, il metteit les mains, qu'on aureit dist qu'il escriveit dessus. Elle remarqua que l'homme, au moment où il s'engageait dans la rue, vint se metre près de la muraille des maisons, qui commence juste après qu'on a torné le coin de la rue, et qu'il passeit de proche en proche ses mains sus le mur, Alors, ajoute-t-elle, il me vient à penser si par hasard ce sereit pas un peu un d'iceux qui, ces jours derniers, ont venu barbouiller les murailles. Saisie de ce soupçon, elle passa à une autre fenêtre, qui donnait le long de la rue, pour garder à l'œil l'inconnu qui y cheminait ; et j'ay vu, dit-elle, qu'il alleit touchant ladite muraille avec ses mains.

(INCIPIT)
Vous savez ce que c'est que l'attente. Elle se crée des images; elle y croit; elle est sûre de son fait; à l'épreuve ensuite, elle est difficile, dédaigneuse; elle ne trouve jamais son compte parce que, dans le fond, elle ne savait pas elle-même ce qu'elle voulait; et elle fait payer sans pitié la faveur qu'elle avait accordée sans raison.
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Le comte leur oncle, homme de robe, et l'un des anciens de ce Conseil, y jouissait d'un certain crédit ; mais pour le faire valoir et fructifier auprès d'autrui, il n'avait pas son pareil. Un parler ambigu, des silences significatifs, des demi-mots, un clignement d'yeux qui voulait dire "je ne puis parler" ; une manière de flatter sans promettre, de menacer avec cérémonies ; tout était dirigé à cette fin, et tout tournait, plus ou moins, à son avantage. À tel point qu'un "je ne puis rien à cette affaire", dit quelque fois en pure vérité, mais de manière à n'être point cru, lui pouvait servir à renforcer l'idée, donc la réalité de son pouvoir : comme ces boîtes, que l'on voit encore dans certaines boutiques d'apothicaires, et où sont écrits des mots d'arabe, mais sans rien à l'intérieur : elles entretiennent le crédit de la boutique.

Chapitre XVIII, p. 417
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Don Abbondio avait beau lui commander fermement, et la prier cordialement, de se taire ; elle avait beau lui répéter qu'il n'était pas même besoin de lui suggérer chose si claire et si naturelle ; le fait est qu'un grand secret, dans le coeur de la pauvre femme, était, comme dans une vieille barrique mal cerclée, un vin très jeune, qui bouillonne, et gargouille, et fermente, et qui, s'il n'envoie pas le bondon en l'air, suinte tout autour, sort en écume, transpire entre les douves, et goutte même ça et là, si bien qu'on peut l'essayer, et dire à peu près ce qu'il est.

Chapitre XI, p. 280
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Mais le manteau de l'iniquité est court : on ne peut le tirer pour couvrir un côté sans en en découvrir un autre.
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Sur quoi ils interrompirent l'interrogatoire et renvoyèrent le malheureux en cellule.
Mais aurait-on tout dit en l'appelant malheureux ?
Devant cette question, la conscience se confond, se dérobe, voudrait se déclarer incompétente ; vouloir juger quelqu'un qui se trouvait plongé dans pareilles angoisses, pris dans pareils filets, cela ressemble presque à de l'acharnement, à de l'arrogance, à une pharisienne ostentation. Mais contrainte de répondre, la conscience doit dire : il fut aussi coupable.
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Il y a parfois, sur le visage et dans le maintien d'un homme, une expression si immédiate, et comme une effusion, semble-t-il, du plus profond de son cœur, qu'une foule entière de spectateurs jugera ce cœur unanimement.
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Ce bras du lac de Côme, qui tourne vers le midi entre deux chaînes ininterrompues de montagnes, tout en golfes et criques, selon les saillies ou les rentrants de leur relief , en vient à se rétrécir presque d'un seul coup, et à prendre cours et figure de fleuve, entre promontoire, à droite, t une large de l'autre bord; et le pont ,qui relie en ces lieux les deux rives, fait encore mieux paraître à l'œil cette transformation marquant le point où cesse le lac, et ou l'Adda recommence son cours , pour reprendre ensuite le nom de lac, à l'endroit où ses rives, s'écartant de nouveau, laissent l'eau s'étendre et s'attarder en nouveaux golfes et en nouvelles criques.
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L'un des caractères singuliers et incommunicables de la religion chrétienne est de pouvoir diriger et consoler quiconque, en quelque conjoncture, en quelque état qu'il soit, recourt à elle. S' il y a un remède à ce qui est fait, elle le prescrit, l'administre et donne lumière et force pour le mettre en oeuvre à tout prix. S'il n'y en a pas, elle donne le moyen de faire réellement, et en effet, comme dit le proverbe, de nécessité vertu. Elle enseigne de poursuivre avec sagesse ce qu'on avait entrepris par légèreté ; elle plie l'esprit à embrasser comme par inclination ce qui a été imposé par abus, et donne à un choix qui fut téméraire, mais qui est irrévocable, toute la sainteté, toute la sagesse, et disons le franchement, toutes les joies de la vocation. C'est une voie ainsi faite, qu'en quelque labyrinthe ou précipice que l'homme soit tombé, s' il la trouve et y fait un seul pas, il peut dès lors y marcher avec assurance et de bon coeur, pour parvenir avec bonheur à une heureuse fin. Par ce moyen, Gertrude pouvait être une religieuse sainte et contente, de quelque manière qu'elle le fut devenue. Mais la malheureuse se débattait au contraire sous le joug, et en éprouvait plus fort, ainsi, le poids et les secousses. Un regret continuel de la liberté perdue, l'horreur de son état présent, un abandonnement à des désirs qui ne seraient jamais satisfaits, voilà ce qui lui occupait principalement l'esprit.

Chapitre X, p. 266 - 267
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C'est l'un des avantages de ce monde, que de pouvoir haït et être haï sans se connaître.
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Le fiancé s'en alla, une tempête dans le coeur, répétant sans cesse ces étranges paroles : "Il y a tout de même une justice en ce monde !"
Tant il est vrai qu'un homme accablé par la douleur ne sait plus ce qu'il dit.
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Una delle più gran consolazioni di questa vita è l'amicizia ; e una delle consolazioni dell'amicizia è quell'avere a cui confidare un segreto. Ora, gli amici non sono a due a due, come gli sposi ; ognuno, generalmente parlando, ne ha più d'uno : il che forma una catena, di cui nessuno potrebbe trovar la fine. Quando dunque un amico si procura quella consolazione di deporre un segreto nel seno d'un altro, dà a costui la voglia di procurarsi la stessa consolazione anche lui. Lo prega, è vero, di non dir nulla a nessuno ; e una tal condizione, chi la prendesse nel senso rigoroso delle parole, troncherebbe immediatamente il corso delle consolazioni. Ma la pratica generale ha voluto che obblighi soltanto a non confidare il segreto, se non a chi sia un amico ugualmente fidato, e imponendogli la stessa condizione. Cosi, d'amico fidato in amico fidato, il segreto gira e gira per quell'immensa catena, tanto che arriva all'orecchio di colui o di coloro a cui il primo che ha parlato intendeva appunto di non lasciarlo arrivar mai.
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Il se plongea, en somme, et vécut, au milieu de la pestilence, s'émerveillant lui-même, à la fin, d'en être sorti indemne.
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"Et ne saviez-vous pas, que si les hommes promettent trop souvent plus qu'ils ne peuvent tenir, il n'est pas rare qu'ils menacent de plus qu'ils ne se risquent à commettre ? Ne saviez-vous donc pas que l'iniquité ne se fonde pas seulement sur ses propres forces, mais aussi sur la crédulité et la terreur d'autrui ?" (chapitre XXVI - page 559).
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Des vieillards qui, s'ils avaient perdu leurs crocs, n'en semblaient pas moins prêts, pour peu qu'on les irritât, à montrer les gencives ; et de ces femmes aux traits hommasses, aux bras nerveux prompts à venir en aide à la langue quand elle ne suffit pas (chapitre V - page 145).
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Il est de ces moments où l'esprit, surtout celui des jeunes gens, est dans de telles dispositions, que les moindres instances suffisent pour en obtenir tout ce qui ait une apparence de bien et de sacrifice : comme une fleur à peine éclose s'abandonne mollement sur sa tige, prête à offrir ses parfums au premier zéphyr qui vienne à point souffler autour d'elle. Crs moments qui ne devraient inspire à autrui qu'admiration et timide respect, sont justement ceux que l'astuce intéressée épie attentivement et cueille au vol, pour lier une volonté qui ne se garde pas.
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On devrait penser davantage à faire du bien qu’à être bien : ainsi finirait-on par aller mieux. Le bon sens était là; mais il restait caché, par peur du sens commun.
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L'activité de l'homme est limitée ; et tout l'excès qui se trouvait dans le commandement devait produire ce manque dans l'exécution.
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Il y a des livres qui n’appartiennent pas à une seule nation, mais au monde entier. La beauté littéraire est universelle, et tous ont le droit et le devoir de s’en emparer. Shakespeare, Byron, Goethe, Schiller, Voltaire, Rousseau, Dante, le Tasse, par la nature de leur génie, par la beauté de leurs œuvres, ne sont ni Anglais, ni Allemands, ni Français, ni Italiens ; toute la terre est leur patrie ; leur langage est devenu universel, car tout le monde lettré les comprend, les admire et s’efforce de les imiter. Manzoni, dont le nom est acquis à la postérité, est du nombre de ces hommes universels, moins par la quantité et la diversité de ses œuvres, que par leur beauté, et par l’influence qu’elles ont exercée sur la littérature moderne de l’Italie. Par ses hymnes et par ses tragédies, il a servi de modèle à la poésie romantique ; par son roman les Fiancés, il a montré aux classiques qu’on peut allier l’invention à l’histoire, sans nuire ni aux œuvres d’imagination ni à celles d’érudition.
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